Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Nous avons vu dans les articles précédents que la ville avait des difficultés financières et des réticences, voir des refus, de payer l’impôt de la part de sa population.

 

L’acte qui suit nous montre que quatre vingt ans plus tard, la ville a toujours d’énormes difficultés financières, mais les choses ont-elles vraiment changé à cet égard ?

 

« Aujourd’hui 18 août 1783 à 8h du matin, l’assemblée générale des notables ayant été convoqué de la part du maire, il y a été dit que sa majesté ayant autorisé cette ville de Thionville, par un arrêt en son conseil du 30 août 1777, à percevoir pendant six années les octrois mentionnés dans sa délibération du 25 janvier de l’année précédente et cela pour satisfaire à son besoin de remboursement de l’emprunt d’une somme de 46000 livres tournois pour achever le paiement de la reconstruction de son église paroissiale [1] et acquitter en argent le logement des officiers supérieurs des corps qui sont en garnison dans la ville.

 

Ce terme de six années devant expirer au 1er décembre prochain sans qu’il ait été possible d’éteindre aucune partie de la somme de 46000 livres, tant à cause des charges qui subsistent suite à l’établissement des octrois que des nouvelles charges survenues comme la nécessité où s’est trouvé la ville de reconstruire à neuf les glissoirs [2] et les dégorgeoirs [3] de son moulin sur le glacis de la place, de plus la ville fait actuellement reconstruire à neuf le grand pont dormant sur le premier fossé de la place à la porte dite de Metz et cela coûtera environ 10000 livres, l’année prochaine la ville reconstruira à neuf le grand pont dormant sur le même fossé à la porte dite de Luxembourg, suite à l’adjudication qui en a été passé le 8 juillet dernier et approuvé par monsieur l’intendant le 19 du même mois.

 

Outre les glissoires et les dégorgeoirs de son moulin de Daspich [4] qui sont dans le plus mauvais état et beaucoup de réparations à faire aux corps de garde dans l’intérieur de la place. En conséquence, après examen sommaire des comptes de la ville, il avait été arrêté par délibération provisoire du 16 juin dernier approuvé par monseigneur l’intendant le 18 du même mois de demander la prorogation des dits octrois pour six autres années à commencer le 1er décembre prochain avec la réserve toutefois de celui sur l’entrée des moutons, brebis, boucs et béliers dont la régie générale faite depuis le 1er avril dernier qui a été majoré par le recette aux comptes pour tenir lieu de don gratuit de cette ville. Surquoi ayant été de nouveau conférée et délibérée, il a été unanimement arrêté de se pourvoir au conseil de sa majesté pour obtenir le prolongement desdits octrois.

 

 

 

[1] Voir à ce sujet le blog 2016 ou le Miscellanées 2016 aux archives municipales

[2] Les glissoirs sont des dispositifs charger de faire changer de niveau une matière quelconque, ici de l’eau, ais ils existaient aussi pour les sacs de farine.

[3] Les dégorgeoirs sont des moyens de laisser garder un certain niveau dans un bief en laissant s’écouler l’eau au travers de grilles ou d’un petit canal. Attention, dans un moulin à foulon comme à Beauregard, le dégorgeoir servait à laver les tissus, à les laisser « dégorger »

[4] Attention, ici Daspich ne doit pas être confondu avec le village, le moulin dit de Daspich était en fait le moulin rouge de Terville

Premièrement :

Sur les pieds fourchus, le bois de chauffage et le charbon qui entreront dans la ville pour y être consommés, soit d’achat, de rente ou pour y être vendus, même les bestiaux qui y auraient été « nourris ».

 

A savoir :

 

5 livres sur chaque bœuf ou taureau3 livres sur chaque vache ou géniss3 deniers pour chaque livre pesant de viande desdites espèces qui entreront par quartier ou en détail.

10 sols sur chaque veau

6 deniers pour chaque livre pesant de viande de veau qui entrera par quartier ou en détail.

20 sols pour chaque porc

10 seulement si l’acheteur justifie qu’il pèse au-dessous du poids de 50 livres.

10 sols pour le porc par bande.

6 deniers par livre pesant des autres pièces de lard et de viande qui se vendrons au détail.

Les mêmes droits sur les porcs en bande de lard et quartier qui entreront dans la banlieue de Thionville, attendu la grande consommation qui s’y fait.

 

15 sols pour chaque voiture à quatre roues de bois de chauffage ou fagots et moitié pour chaque voiture à deux roues.

30 sols pour chaque banne de charbon et 2 sols pour chaque sac.

 

Deuxièmement :

Sur tous les vins, bières, cidre, eaux de vie, liqueurs qui entreront dans la ville et dans sa banlieue soit pour y être consommés ou non, à l’exception de ceux qui passeront « Debout » ou qui resteront en dépôt pendant trois jours pleins, à savoir :

5 sols sur chaque hotte de vin d’achat, rouge ou blanc, du ressort du bailliage de Thionville, du pays messin et des quatre mairies du Val de Metz.

10 sols par hotte de vin de Lorraine ou de Bar, Verdun, Toul, Alsace et pays de Luxembourg

4 livres par hotte de vin de Bourgogne, Champagne, Moselle venant des pays étrangers et du Rhin, du Dauphiné, du Languedoc, de la Provence et généralement de tous ceux connus dans le pays sous la dénomination de vin étranger.

2 sols sur chaque bouteille de liqueur et autre bouteille commune

5 sols sur chaque hotte de bière, soit grosse, mêlée ou petite, indistinctement qui quoique fabriquée dans la ville ou la banlieue sera conduite en ville chez un particulier.

7 sols et 6 deniers pour chaque hotte de bière qui proviendra des fabriques située hors de la banlieue et de la ville.

5 sols pour chaque hotte de cidre.

30 sols pour chaque hotte d’eau de vie fine et 5 sols pour chaque hotte d’eau de vie commune,.

Pour tous qu’ils soient de cru ou d’achat, sans que l’on puisse compter les pots en plus des hottes de chaque pièce qui contiendra trois hottes et plus, ni que les vins d’un admoniateur ou fermier, adjudicataire ou bailliste, s’ils sont réputés vins de cru, ne seront assujettis aux droits d’octroi.

Sa majesté sera en outre très humblement suppliée d’ordonner que tous les droits d’octroi seront exigibles dans les 24 heures après l’entrée en la ville, à l’exception de ceux dont les objets seront destinés pour le service ou compte du roi, pour la consommation des malades de l’hôpital militaire, de l’hôpial des pauvres de Sainte-Elisabeth et de la communauté des pères capucins. Tous les octrois seront perçus conformément aux charges, ordres et défenses retenues par l’arrêt du conseil du 30 septemebr 1777, une copie sera jointe à la présente délibération et adressée à Monseigneur le directeur général des finances.

 

Fait et décidé en l’assemblée générale des notables en l’absence de messieurs les députés du bailliage qui ont été invités..

 

Suive les signature du maire, Petit,  et des notables

Les signatures

Les signatures

Ce problème du remboursement du prêt effectué pour la reconstruction de la nouvelle église paroissiale a été dès 1757, une crainte constante des officiers de l’hôtel de ville. Ainsi, ils alertaient les autorités dès le 3 juillet 1757 en ces termes :

 

« Si les nouveaux octrois mis en place pour le remboursement de cet emprunt ne sont pas continués ou que par le manque de garnison, ils se trouvaient réduit, alors la dette deviendrait « éternelle » car la ville n’au aucune autre ressource ! »

 

Le 11 juillet 1757 : « Ils mettaient l’accent sur la nécessité d’avoir une garnison capable d’opérer le débit des vins dont dépend le produit des octrois »

 

En décembre 1757, le fermage des octrois de la ville ne trouve pas preneur à cause des guerres et du manque de garnison en la ville, en conséquence, le fermage ne sera proposé que pour une année afin de voir venir.

 

Au 19ème siècle, les bureaux d’octrois qui se trouvaient à l’extérieur des portes [1] de la ville assuraient une bonne part des revenus de la communauté et faisait l’objet d’un règlement très précis.

 

 

[1] Au 18ème siècle les octrois se trouvaient aussi à l’extérieur des portes la ville dans des bâtiments en planches

Page de garde du règlement

Page de garde du règlement

1ère page du règlement

1ère page du règlement

Sur la photo a droite le petit bureau d'octroi en 1913

Sur la photo a droite le petit bureau d'octroi en 1913

======================

 

SOUSCRIPTION 

 

Quelques mots sur la souscription pour l'ouvrage "Histoire de l'ancienne chapelle des lépreux" à Thionville Saint-François qui est lancée jusqu'au 18 avril 2017.

Déjà de nombreuses souscriptions, n'attendez pas, c'est un ouvrage qui donne beaucoup de clés sur l'histoire de la chapelle de Saint-François et celle du mont Saint-Michel de Beuvange mais aussi sur la ville de Thionville.

 

Aussi pensez à réserver rapidement votre ouvrage 

 

 

Après deux années de recherches dans tous les dépôts d'archives de Moselle,

l'histoire de l'ancienne chapelle des lépreux à Thionville - Saint-François est enfin établie.

 

Le dernier chapitre de l'ouvrage est consacré à l'histoire de la chapelle du lépreux de

Thionville - Beuvange-sous-Saint-Michel.

 

Vous y trouverez aussi de nombreux renseignements sur l'histoire de Thionville et de très nombreuses illustrations en couleur. (Voir le sommaire en fin d'article)

 

Le livre est au format A4 pour 190 pages.

 

La clôture de la souscription aura lieu le 18 avril, la sortie du livre se fera le 2 mai 2017 (délai de fabrication) et sera en vente à l'Espace Culturel Leclerc au centre commercial des capucins à Thionville.

 

Le prix de souscription est de 20€ TTC, les chèques ne seront encaissés qu'après la livraison.

 

Après le 2 mai, le prix public sera de 25€

1783 – Thionville - Finances et octrois
1783 – Thionville - Finances et octrois
1783 – Thionville - Finances et octrois
IMPORTANT:  Bon de souscription a retourner avec votre chèque établi à l'ordre de Michel Persin

IMPORTANT: Bon de souscription a retourner avec votre chèque établi à l'ordre de Michel Persin

1783 – Thionville - Finances et octrois

Voir les commentaires

Publié le par Persin Michel

Après deux années de recherches dans tous les dépôts d'archives de Moselle, l'histoire de l'ancienne chapelle des lépreux à Thionville - Saint-François est enfin établie.

Le dernier chapitre de l'ouvrage est consacré à l'histoire de la chapelle du lépreux de Thionville - Beuvange-sous-Saint-Michel.

 

Vous y trouverez aussi de nombreux renseignements sur l'histoire de Thionville et de très nombreuses illustrations en couleur. (Voir le sommaire en fin d'article)

 

Le livre est au format A4 pour 190 pages.

 

La clôture de la souscription aura lieu le 18 avril, la sortie du livre se fera le 2 mai 2017 (délai de fabrication) et sera en vente à l'Espace Culturel Leclerc au centre commercial des capucins à Thionville.

 

Le prix de souscription est de 20€ TTC, les chèques ne seront encaissés qu'après la livraison.

 

Après le 2 mai, le prix public sera de 25€ 

Pour réserver vous pouvez:

 

Récupérer le bon de commande en le copiant sur votre bureau, le remplir et me le retourner avec le règlement.

 

Me faire part de votre intention de réserver le livre (Vous recevrez par courrier un bon de souscription)

- soit par la messagerie du blog

- soit en envoyant un mail à l'adresse suivante: histoiredethionville@gmail.com

 

Vous pourrez aussi récupérer des bons de souscription dans les commerces du quartier Saint-François, à l'entrée de l'église Notre Dame. 

 

 

ATTENTION

 

Comme pour mes autres ouvrages (tous épuisés)  le tirage est restreint afin de minimiser les invendus et de ne pas utiliser des ressources coûteuses.

 

Aussi pensez à réserver rapidement  votre ouvrage !

Bon de souscription (recto)

Bon de souscription (recto)

Bon de souscription (pages intérieures)

Bon de souscription (pages intérieures)

Bon de souscription (verso)

Bon de souscription (verso)

Bon de souscription (bon de commande)

Bon de souscription (bon de commande)

Sommaire

Sommaire

Voir les commentaires

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville
Page extraite du journal municipal de Richemont

Page extraite du journal municipal de Richemont

Voir les commentaires

Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/03/1703-les-corps-de-metiers-se-rebiffent.htm

Voir les commentaires

Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/03/1703-les-corps-de-metiers-se-rebiffent.htm

Voir les commentaires

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Dans l’article précédent nous avions vu « qu’ André Blondin est en 1703, le maître de la confrérie des boulangers de la ville de Thionville, à ce titre, il fera partie du regroupement de l’ensemble des corps de métiers de la ville pour demander à Jean Larminat, conseiller du roi, receveur des amendes et espèces du bailliage, d’aller à Paris plaider leurs causes. »

 

Voici la suite :

 

« Le 14 août 1703, devant les notaires royaux de Thionville sont réunis les maîtres de métiers des confréries de la ville :

 

  • André Blondin, maître de la confrérie des boulangers.
  • Jean Hein, maître du corps des cordonniers et tanneurs.
  • Jean Guillaume Huttinger, maître du corps des drapiers.
  • François Jean Thirion, maître du corps des tailleurs d’habits.
  • Nicolas Limbourg, maître du corps des marchands, merciers, huiliers et ciriers
  • Pierre Him, maître du corps des charpentiers et menuisiers.
  • Laurent Jardinier, maître du corps des maréchaux [1], serruriers, vitriers, celliers, bourreliers, cloutiers, potiers d’étain et cordiers.
  • Pierre Leyendecker, maître du corps des maçons, recouvreurs [2] et potiers de terre.
  • Nicolas Jean, maître du corps des tonneliers.
  • François Néron, maître du corps des chirurgiens.
  • Georges Florentin, maître du corps des jardiniers.
  • Jacques Gérard, maître du corps des tisserands.
  • Jean Luttin, maître perruquier.
  • Pierre Herault, maître apothicaire.
  •  

Tous bourgeois de cette ville de Thionville et composant les corps et communautés de métiers, lesquels, tous en leur nom et aux noms de tous leurs confrères ont fait et constitué, unanimement, par les présentes en la personne de Jean Larminat [3], conseiller du roi, receveur des amendes et espèces du bailliage, leur procureur.

 

Présent en personne et acceptant, ils lui donnent pouvoir, puissance et autorité pour se transporter expressément et incessamment de cette ville de Thionville à Paris pour s’opposer formellement de leurs parts au conseil d’état du roi, tant à l’égard de la proposition faite par monsieur le maire et les échevins de Thionville, d’imposer 5 sols sur chaque hotte de vin entrant dans la ville pour sa consommation, qu’à l’arrêt rendu en conséquence le 19 juin dernier et de désavouer les officiers de cette ville, des offres qu’ils ont fait au nom de la communauté de Thionville de prendre cet impôt de 5 sols sur les hottes de vin pour payer les gages des officiers de police

 

[1] Maréchal-ferrant

[2] Couvreurs

[3] Né en 1670 décédé en 1709, marié à Apoline Fourot. Il est un des fils de Louis Larminat (1629-1704) échevin de Thionville de 1679 à 1701

De plus, ils ne veulent pas que l’imposition de 6 sols sur chaque chariot de bois entrant en ville, soit continuée tant et si longtemps et jusqu’à ce que les dettes de l’hôtel de ville, les gages et » ustencils » soient recouvrés pendant le commandement de l’Espéroux [1] sous les ordres d’Espagnac.[2]

 

Pour cela, ils veulent que leur procureur reste à Paris, jusqu’à ce qu’il ait obtenu un arrêt définitif. Ils paieront le voyage d’aller, le séjour et le voyage de retour et même les journées d’absences dans sa charge à Thionville. »

 

[1] Gestas de L’espéroux, seigneur de Bertrange (Dans l’ouvrage de GF Teissier, on le dit commandant seulement en 1708, pourtant cet acte le désigne déjà commandant en 1703 !)

[2] Thierrat d’Espagnac, gouverneur de Thionville e 1680 à 1711

Quelques signatures en bas de l'acte

Quelques signatures en bas de l'acte

Nous n’avons pas d’acte certifiant qu’ils eurent satisfaction, mais il semble que non, car les impôts continuèrent à être prélevés. En tout état de cause, ils montrèrent aux autorités de la ville, leur détermination pour les affaires à venir, qui furent assez nombreuses, comme le prouve l’acte suivant :

 

« le 31 août 1719, pardevant nous, gens de justice de Thionville, Jean Damin, maire de la communauté de Thionville, Nicolas Lhoste, lieutenant et Nicolas Clerc, échevin est comparu Jacques Guillaume, doyen en ville de la mairie, lequel nous a dit s’être transporté en vertu de notre ordonnance, dans toutes les maisons des bourgeois de la ville et leur avoir fait plusieurs fois commandement de payer, chacun leur part, des deniers prêté par monsieur Marc « Laint ou Lainl ».

Ordonnance et condamnation contre la communauté de Thionville au sujet de leurs bois. Une partie des habitants refuse de payer leur cote part, nous avons donné audit doyen, acte de ces diligences à faire payer les refusants et nous ordonnons que les habitants seront appelés par le commandement dudit doyen à « quatre heures du matin » surquoi, lors de leur assemblée, il leur sera dit qu’ils seront incessamment contraint au paiement de la somme portée dans la condamnation et qu’alors chacun devra payer en sus le voyage de l’huissier, les intérêts et dépends, pour parvenir au paiement

Ledit maire, lieutenant comme le doyen ont requis un acte pour faire valoir leur actions d’autant que les habitants ne veulent pas payer, ni obéir au commandement du maire qui leur a déjà fait plusieurs fois lors des assemblées qui ont lieu devant l’église paroissiale pour délibérer des affaires de la ville.

1703 - Les corps de métiers se rebiffent !

Signé par le maire, Jean Damin, l’échevin, Nicolas Lhoste, le doyen, Jacques Guillaume

 

Il faut savoir que les thionvillois avait la réputation de gens difficiles à manier !

 

NB :

En 1701, les officiers de l’hôtel de ville étaient

 

Le maire :

François George, seigneur de la Grange, de Meilbourg et Macquenom, colonel de la milice bourgeoise de Thionville.

 

Les échevins :

Jean Hilt

Louis Latouche

Martin Bonjean

Nicolas Louis

Louis Larminat. [1]

 

Plus tard, vers le milieu du 18ème siècle nous avons une liste succincte des corporations de Thionville, elles semblent moins nombreuses et parfois regroupées un peu différemment :

 

Boulangers

  • Bouchers
  • Chirurgiens
  • Maréchaux
  • Maçons, Charpentiers, recouvreurs
  • Merciers, huiliers, ciriers, rôtisseurs
  • Tailleurs d’habits
  • Tisserands

 

Bonne lecture et à bientôt pour des nouvelles sur la souscription de l’ouvrage à paraître sur la chapelle des lépreux de Saint-François et

la chapelle du lépreux à Thionville-Beuvange.

 

[1] Il acheta le 29 décembre 1710, la charge de subdélégué de l’intendant de Metz qui venait d’être créée. Ce problème de charge achetée ne "colle" pas avec les informations connues sur la famille Larminat, mais je verrais cela et je vous en ferai part.

Voir les commentaires

Publié le par Michel Persin
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Coup de pied

 

Monsieur le lieutenant général civil et criminel au bailliage et siège royal de Thionville

 

Supplie humblement, André Blondin, maître boulanger, bourgeois de cette ville, disant que le jour d’hier, treizième du présent mois, François Vesque, aussi boulanger de cette ville, étant entré dans la maison du suppliant, André Blondin, et y ayant trouvé trois ou quatre des amis et confrères dudit Blondin, il se serait d’abord joint à eux et bu avec eux trois ou quatre verres de vin. Il voulait continuer de boire, mais André Blondin s’étant aperçu qu’il avait déjà bu auparavant et qu’il pouvait dans la suite troubler la joie, il lui aurait donc refusé de lui faire donner du vin avec d’autant plus de raison qu’il en demandait avec des termes daigneux [1] et blessant l’honnêteté.

Sur ce refus, sortant de la chambre, il aurait menacé André Blondin en lui disant :

 

« Tu me le payeras ! »

 

Puis, sans provocation de la part dudit Blondin et ayant aperçu sa femme qui avait allumé une chandelle pour l’éclairer et lui ouvrir la porte de la maison pour le faire sortir, il se serait retourné sur le seuil et lui aurait allongé un grand coup de pied dans le ventre qui lui aurait fait pousser un grand cri et lui aurait donné de la fièvre la nuit et l’aurait mis en danger, d’autant qu’elle était enceinte de cinq ou six mois. Voilà ce qui oblige André Blondin à se pourvoir devant la justice.

 

Sur cet incident, monsieur le lieutenant général fait adjonction au procureur du roi de faire examiner l’épouse d‘André Blondin par le chirurgien juré de la ville et de la faire panser et médicamenter.

Fait le 14 janvier 170

Signé : Hue de Saint-Rémy

 

Le procureur du roi, fait suivre la requête pour servir ce que de raison.

Fait à Thionville le même jour

Signé: Bock

 

Vu la présente requête et l’action du procureur du roi, nous ordonnons qu’il sera incessamment par nous informé du cas, circonstances et dépendances à l’effet de quoi seront, les témoins qu’André Blondin voudra faire entendre assignés par devant nous ce jour 14 janvier 1703, en notre hôtel, à trois heures de relevé [2] pour déposer sur les faits amenant la plainte et j’ai promis à André Blondin de faire visiter, panser et médicamenter sa femme par le sieur Metzinger, chirurgien juré de cette ville qui en dressera son rapport.

Fait le 14 janvier 1703

Hue de Saint Rémy

 

[1] Signifie méprisant, devenu par la suite dédaigneux

[2] Soit 15h

Rapport du chirurgien juré :

Rapporté par moi, maître chirurgien juré royal pour la ville et ressort du bailliage de Thionville qu’en exécution du commandement de monsieur le lieutenant général civil et criminel du 14 janvier 1703, je me suis transporté en la maison d’André Blondin, maître boulanger de la ville pour voir et visiter la dame Fanchon Falliné [1], sa femme. Laquelle j’ai trouvé gisante au lit disant être enceinte d’environ six à sept mois [2]et sentir des douleurs à la partie moyenne de la région épigastrique et aux reins pour avoir reçu du jour d’hier à ce qu’elle dit, un coup de pied dans le bas ventre sans cependant aucune marque de contusion ou plaie. Après l’avoir touchée et visitée, lui ai trouvé le pouls un peu agité et contre le mouvement naturel causé par quelques épouvantes. Elle a dit avoir encore senti remuer son enfant le jour d’hier et depuis plus rien. Voilà sa déclaration en ma présence et en celle de sa sage femme ordinaire, dame Anne marie. Je lui ai prescrit le repos et le régime convenable. Certifié être vrai en foi de quoi j’ai signé le présent rapport pour servir et valoir à la dite dame Falliné ce que de raison.

Fait à Thionville le 14 janvier 1703

Signé : Metzinger

 

Comment souvent du fait d’un jugement rendu par d’autres instances, nous ne savons pas quelles suites seront données à cette affaire.

 

Mariage :

Toutefois, lors de mes recherches sur la chapelle des lépreux à Saint-François [3], je suis tombé sur un contrat de mariage où l’on retrouve une partie des protagonistes du fait divers en question. Contrat de mariage dont la teneur suit:

 

« Le 21 avril 1714, sont présents en personnes, d’une part, le sieur Pierre Blondin, maître boulanger de Thionville, assisté du sieur André Blondin, aussi maître boulanger de la ville, son père, est là aussi, Pierre Braillon leur bon ami, bourgeois de Thionville. D’autre part, Marie Anne Françoise Herman, jeune fille du défunt André Herman, son père qui exerçait le métier de Boulanger en cette ville et d’Eve Kées, sa mère, à présent femme au sieur François Vesque, aussi boulanger et bourgeois de la ville, qui l’assiste avec maître Richard Dupont, prêtre primissaire [4] de la paroisse de Thionville et le sieur Hubert Huberty, marchand de la ville.

 

Les clauses du contrat se résument en plusieurs points :

 

- Qu’ils se marient au sein de leur mère l’église, apostolique et romaine, le plus tôt possible.

- Que dès leur mariage, ils mettront tous leurs biens en commun.

 

- Le futur époux a constitué une dot de 500 livres tournois à prendre sur les biens de la succession qu’il a hérité au décès de sa mère, Françoise Falinette.

 

- Le père du futur époux, André Blondin, versera sous huitaine après les noces une somme de 300 livres tournois.[5]

 

[1] Ou Fallinette ou encore Falignet suivant l’humeur du scripteur

[2] Le mari André Blondin annonce lui entre cinq et six mois.

[3] L’histoire de cette chapelle devrait être éditée pour Pâques 2017

[4] De « primisarius » chargé de dire la première messe du jour.

[5] Repoussé au mois de juin prochain

- François Vesques et Eve Kées, sa deuxième femme, promettent de constituer pour dot en avancement d’héritage à ladite future épouse, Marie Anne Herman, une somme de 500 livres tournois payable le lendemain des noces.

 

De plus pour l’habiller convenablement, ils lui verseront 100 livres, ils lui donneront aussi des meubles, de fins draps et de fines nappes, une douzaine d’assiettes, trois plats, un pot pinte et chopines en étain fin et la batterie de cuisine, auquels ils ajouteront un bois de lit avec matelas et couverture.

Le présent contrat de mariage passé à Thionville le 21 avril 1714 et signé de tous sauf Eve Kées qui ne sait pas écrire.

 

Comme on peut le voir nous retrouvons là les principaux protagonistes du fait divers, je veux citer :

 

- André Blondin et son épouse Françoise Falinette qui avait reçu le coup de pied au bas ventre.

- François Vesque le donneur de coup de pied.

 

C’est à dire qu’onze ans après les faits, le fils d’André Blondin, Pierre [1], se marie avec Marie Françoise Herman qui est la fille d’Eve Kées, veuve d’André Herman, à ce jour remariée avec François Vesque, le donneur de coup de pied à la mère du futur époux.

 

On peut remarquer aussi que Pierre Blondin était déjà né lors de cette affaire de coup de pied et que ce n’est pas lui qui était en gestation.

 

La punition pour ce coup de pied n’a pas dû être trop sévère et la rancune peu tenace. A leur décharge, les intérêts à s’allier entre familles du même corps de métier [2] étaient alors très importants et l’on pouvait bien passer, sur une soirée trop arrosée.

 

Enterrement :

Pour en revenir à la chapelle des lépreux de Saint-François, on trouve le décès d’André Blondin, maître boulanger à Thionville, le 26 avril 1728, et son inhumation dans la chapelle de Saint-François.

 

Pourquoi une inhumation dans cette chapelle ?

 

Simplement en vertu du fait que la famille Herman a été à une époque propriétaire de cette chapelle. (A voir en détail dans l’ouvrage à venir sur cette chapelle)

 

[1] Pierre Blondin s’était marié le 9 novembre 1706 avec Marie Thuilier avant cette seconde noce

[2] On notera que la famille Kées était aussi une famille de meuniers bienvenue dans une famille de boulangers

Acte de décès d'André Blondin

Acte de décès d'André Blondin

NB :

- Etienne Hue de Saint-Rémy, lieutenant général civil et criminel, au bailliage de Thionville époux d’Agnès Bock.

 

- Jean Mathias Bock, procureur du roi au bailliage De Thionville, subdélégué de l’intendant de Metz, seigneur foncier de Volkrange, célibataire.

 

André Blondin est en 1703, le maître de la confrérie des boulangers de la ville de Thionville, à ce titre, il fera partie du regroupement de l’ensemble des corps de métiers de la ville pour demander à Jean Larminat, conseiller du roi, receveur des amendes et espèces du bailliage, d’aller à Paris plaider leurs causes. (Nous verrons cela dans un article à venir)

Signature d'André Blondin comme maître de la confrérie des Boulangers

Signature d'André Blondin comme maître de la confrérie des Boulangers

Voir les commentaires

Publié le par Michel Persin

Voir les commentaires

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 17ème siècle
1658 - Prévôté de Thionville: Maléfices et sortilèges à Cattenom -  Sergents royaux

Comme je l’avais annoncé dans mes vœux pour 2017, cette année, je vais publier plus d’articles sur les quartiers de la ville et sur les villages environnants.

******************

Nous allons donc voir ci-après, un acte daté du 21 octobre 1658 [1], concernant principalement le village de Cattenom. L’acte commence par nommer l’autorité qui le fait rédiger : (C’est un acte de la prévôté)

« Le comte de Médavy et de Grancey, maréchal de France, général des armées du roi, conseiller en tous ses conseils, gouverneur de Thionville et pays en dépendant, prévôt et juge royal desdits lieux.[2]

Il a été démontré par le procureur du roi qu’il se commet de grands abus dans quelques villages de cette prévôté et gouvernement et spécialement en celui de « Cathenom » par les poursuites et vexations que l’on suscite à divers particuliers sous le prétexte de prétendus crimes de sortilèges. Il se trouve des personnes, en particulier le nommé Mathieu Welter qui n’ayant pas la qualité pour punir les crimes publiques, ni aucun intérêt particulier, se rendent accusateurs et parties et se font informer sur des faits de sortilèges vagues et en général sans les désigner et les spécifier comme ils devraient l’être pour ceux qui en leur personne, leurs enfants et domestiques ou même en leurs bestiaux ont souffert de préjudices ou dommages par maléfices ou sortilèges. L’ordre et la justice voudraient que les faits sur lesquels on statut soient particulièrement circonstanciés, or il arrive souvent que sur de telles informations de maléfices ou de sortilèges, les accusés soient faits prisonniers, tourmentés par tortures et autres voies odieuses, leurs biens saisis et dissipés. Quand enfin ils sont relâchés, ils n’ont aucune réparation de leur honneur ou de restitution de leurs biens, de sorte que sans être trouvés coupables, ils encourent leur ruine totale.


Je requiers donc que défenses soient faites aux officiers et gens de justice des seigneuries, hauts justiciers, de prendre avis pour juger des procès dont la connaissance leur appartient, chez d’autres juges ou avocat (Souvent des villes et villages toujours luxembourgeois) que ceux qui demeurent dans les terres de l’obéissance du roi. 

 

[1] Pour rappel nous sommes 15 années après la prise de Thionville par les français, et une année avant le traité des Pyrénées du 7 novembre 1659 qui a entérine l’appartenance de la ville à la France.

[2] Il avait participé aux deux sièges de la ville 1639 et 1643. Il remplaça le gouverneur précédent, monsieur de Marolles. Il sera gouverneur de Thionville durant 25 ans et décédera à Thionville le 20 novembre 1680 âgé de 78 ans. Il avait acheté cette charge 100.000 livres tournois et en pris possession le 23 mai 1656.

********************************

Pour remédier à de pareils désordres je fais très expresses inhibitions et défenses à toutes personnes qui n’ont pas la qualité de procureur d’office ou autre qualité semblable de poursuivre la vindicte publique, de prendre parties contre qui que se soit sous prétexte de sortilèges s’ils n’ont pas d’intérêts particuliers dans les faits dont ils se plaignent.

Idem pour les officiers et juges des seigneuries hauts justiciers, défense est faite d’informer aucun faits s’ils ne sont pas précisément circonstanciés, en lieu, en temps, avec le nom et le surnom de ceux que l’on prétend avoir pris.

Passant outre ces défenses, l’on encoure pour la première fois une amende de 100 livres tournois avec tous les dépends et intérêts. Pour la seconde fois la punition sera exemplaire.

J’ordonne que la présente ordonnance sera envoyée dans chacune des justices de la prévôté, lue et publiée en présence des gens de justice et enregistrée pour être appliquée.

A Thionville le 21 octobre 1658.

 

Au bas cet acte figure une note de la main du sergent royal, précisant que le 4 novembre 1658, il avait fait connaître l’ordonnance à Luttange, Marange, Talange, Koenigsmacker Cattenom et Hayange ayant fait assembler les seigneurs de ces lieux et tous les officiers et justices à la réserve de Fontoy et la « Scholterye de Walmestroff » à ce qu’ils n’en n’ignorent rien. Fait en l’année 1658 et 1659. Le sergent royal signe : H. Louis

(Toutes seigneuries excentrées de Thionville appartenant au roi et proches d’autres pouvoirs)

 

Cet acte dénonce donc des pratiques assez courantes à l’époque, mais au final de toutes les époques, même si les manières ont changé, qui consistaient à accuser une personne de maléfices et sortilèges, crimes bien difficiles à établir et à prouver. La personne se voyait internée, parfois torturée, mais toujours dépouillée de ses biens qu’elle ne retrouvait jamais. Elle devenait alors paria dans sa commune ou partait tenter sa chance ailleurs, dans tous les cas, sa vie basculait dans la misère. Ces pratiques étaient encore largement en usage dans les seigneuries hautaines autour de Thionville dont la justice dépendait du seigneur local et de ses gens de justice. Autant les affaires criminelles ne dépendaient plus de ses seigneurs particuliers mais de la prévôté puis du bailliage et enfin du parlement de Metz, autant toutes les affaires civiles étaient encore aux mains de ses seigneurs locaux et quand ils avaient de mauvaises intentions, ils pouvaient faire beaucoup de mal.

En ce sens cette ordonnance prend acte de ses abus et tente d’y remédier mais elle est aussi une façon, pour la prévôté, de reprendre la main sur ses seigneuries hautaines et de minimiser leur pouvoirs qui d’ailleurs ne tarderont pas à devenir symboliques et honorifiques, au profit de l’intendant et de son subdélégué.

C’est un sergent royal (H. Louis) qui est chargé de porter cette ordonnance à la connaissance des seigneuries citées. Il le fera entre le 21 octobre et le 4 novembre où il certifie que toutes les seigneuries ont été averties. Nous verrons plus avant quelques informations sur les sergents royaux.

 

Précisions sur le sieur de Grancey : (Tiré de l’Histoire de Thionvillle de G.F. Teissier)

Il avait assisté aux deux sièges de Thionville puis acheté pour 100.000 livres la charge de gouverneur du roi à Thionville et tous les domaines du roi dans les environs. Cette charge devait lui rapporter tous les ans 700.000 livres tournois. Bien entendu, avec cet argent, il devait payer la garnison de la ville et entretenir les fortifications. Nous savons qu’il payait à minima.

Sa réputation à Thionville n’était guère brillante. Au siège désastreux de 1639, il était avec Feuquières puis la bataille perdue, il se fixa à Metz. Les rapports militaires de cette bataille disent :

« …Qu’après s’être vu abandonné de tout le monde sur le champ de bataille,. Il tua même quelques fuyards de sa main pour obliger les autres à tenir tête et ne se retira qu’après avoir fait tout ce que de braves gens peuvent faire pour rallier des troupes… »

Toutefois, le sieur de Grancey, fut embastillé quelques mois et le journal de Beauchez[1] connu des historiens dit qu’il aurait été un des premiers à prendre la fuite en criant : « Sauve qui peut ! ».

Il fut toutefois rappelé au siège de 1643 où il commanda un corps de cavalerie agissant sur la rive droite de la Moselle pour empêcher que la ville ne reçoive du secours. Mais là encore, il ne put empêcher qu’un secours de deux mille hommes entre dans la ville et le duc d’Enghien l’écarta, il n’assista pas à la reddition, malade et honteux, ce qui ne l’empêcha nullement d’en acheter la charge de gouverneur en 1655.

Pendant sa gouvernance à Thionville, il eut comme commandant de place Claude Gyrault de la Roche qui décèdera en 1671, le 18 novembre.(Fut seigneur de Bétange)

Louis XIV vint à Thionville à l’automne 1657 et délivra à la ville un certificat de confirmation des privilèges dont jouissait la ville sous les Ducs de Luxembourg. Dans ce même document, Louis XIV réduisait le pouvoir du gouverneur de la ville en attribuant au bailliage de Metz, les appels des sentences échevinales de Thionville et celles des hautes justices, toutes attributions qu’avaient alors le sieur de Grancey, celui-ci fit appel mais en vain de cette décision. Enfin en 1661, un bailliage fut créé à Thionville qui fut entièrement dans les mains de seigneurs étrangers à Thionville, certains s’y fixèrent définitivement et y firent souche.

¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨¨

Les sergents royaux:

Vous trouverez ci-dessous un exemple de billet pour un sergent royal de Thionville concernant une autre affaire :

 

[1] Journal d’un bourgeois de Metz, Jean Beauchez.

Billet d'ordre pour un sergent royal

Billet d'ordre pour un sergent royal

1658 - Prévôté de Thionville: Maléfices et sortilèges à Cattenom -  Sergents royaux

« Il est ordonné au premier sergent de la prévôté royale de Thionville, d’assigner Maugat Nicolas, maire au village de Talange, à comparaître demain 10 heurs du matin au greffe royal dudit Thionville pour répondre à la demande du sieur Louis Degerchat, cornet au régiment de Hombourg à peine en cas de défaut d’être promptement contraint par exécution de ses biens. Fait à Thionville le 25 septembre 1659.

Le sergent note de sa main sur le même billet :

L’an 1659, le 26 septembre. Sur la suite donnée copie à Mangin Nicolas, maire de « Tallange » en parlant à sa personne en son domicile, assignée à comparaître ce jourd’hui, 10 heure du matin au greffe royal de Thionville à ce qu’il n’en ignore par moi, sergent royal soussigné fait à Talange, l’an et jour… J. Martin

Ce billet illustre bien les problèmes liés à ces actes du 17 et 18ème siècle concernant les noms propres non encore fixés.

On peut voir aussi la rapidité d’exécution de cette convocation, du jour au lendemain.

 

La charge de sergent royal s’achetait, comme on le voit dans l’exemple ci-dessous :

 

"Le 18 juin 1749, Dominique Colette, sergent royal au bailliage de Thionville vend à Bernard Simonet qui est praticien [1] au bailliage, l’office de sergent royal du défunt Nicolas Haudry dont il s’est rendu adjudicataire le 14 juin.

La vente se fait pour la somme de 225 livres tournois, payée le jour même au vendeur en espèces sonnantes, sans y inclure les frais liés à la vente,

Dominique Colette, le vendeur s’engage à fournir à l’acheteur Bernard Simonet toutes les nécessaires : provisions, quittances, marques, désignations et accréditations.

L’acheteur s’engage lui même à faire diligence pour obtenir les lettres utiles à son installation dans son office audit bailliage de Thionville."

 

[1] Le métier de praticien est un terme général qui désigne souvent une personne ayant quelques connaissances juridiques exerçant comme clerc mais n’ayant pas de charge officielle.

*********************

Dans ce cas particulier, le sergent royal Dominique Colette s’est rendu adjudicataire le 14 juin 1749, de l’office du sergent royal Nicolas Haudry décédé, et l’a revendu le 18 juin au praticien Bernard Simonet

Extrait d'un acte de vente pour un office de sergent royal à Thionville ADM Notaire Robert 3E7772/7805

Extrait d'un acte de vente pour un office de sergent royal à Thionville ADM Notaire Robert 3E7772/7805

On notera, dans un acte du 3 mai 1783 qui liste les notables de la ville de Thionville qu’il est précisé que ne doivent pas être considéré comme notables : Les artisans et manouvriers et aussi les ministres trop inférieurs de la justice que sont les huissiers et les sergents !

 

Sources: Prévôté de Thionville ADM B4558 (1645 à 1658) et ADM Notaire Robert 3E7772/7805

*********************************

Je profite de cet article pour vous signaler qu’il reste encore à la vente 6 Miscellanées 2016 avant que le tirage ne soit épuisé. 

 

Vous accéderez à l'article sur le "Miscellanées 2016" par défilement ou en cliquant sur l'adresse (<-- en bleu) tout en bas de la page

 

Voir les commentaires

Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/01/thionville-histoire-le-miscellanees-2016-est-paru.html


Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>