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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/10/1676-1750-thionville-la-famille-weis-de-veymerange.html

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 17ème siècle

Maréchaux ferrants bien entendu !

 

Avant de poursuivre avec deux documents sur la famille Weis de Veymerange, je voudrais rectifier une erreur (faute de frappe) parue dans mon article précédent, Thionville est bien française officiellement depuis 1659 et non pas 1759.

 

Nous avons vu qu’en 1763,  la justice de Veymerange était sous l’autorité du maire, Damien Weis, alors maréchal ferrant du village. Métier exercé dans la suite de son père Mathis Weis, dont il avait « hérité » la forge.

 

Les deux documents qui suivent nous donnent quelques éléments supplémentaires sur cette famille.

 

Premier document  daté du 11 décembre 1676

 

(Acte notarié passé devant le notaire thionvillois Helminger ADM 3E7530)

 

« Par devant les notaires royaux établis à Thionville et y résidants, soussignés, furent présent en leur personnes, les dames abbesses et religieuses du monastère de Sainte-Catherine, ordre de Sainte-Claire, en cette ville de Thionville, lesquelles de leur bon gré, nous ont dit et déclarés avoir loué et laissé à titre de bail, pour terme de six années consécutives et s’en suivant, sans intervalles qui commencent à la Saint-Georges dernière et finiront à pareil jour, à Mathis Blanc (Weis) , demeurant à Veymerange, maître maréchal ferrant de sa profession, présent et acceptant, les biens immeubles provenant de Yvon Grein, alias « Petit », obtenus par sa veuve en qualité de pensionnaire perpétuelle de notre couvent.

Biens situés au ban de Volkrange et environs, constitués de terres arables et non arables et prairies. Conformément aux instructions que lesdites dames abbesses et religieuses donneront au preneur (Mathis Blanc » celui-ci sera tenu de livrer chaque année à ses frais à Thionville, six bichets de bon moitange (mélange de grains) et quatre livres et dix sols tournois monnaie de France payables à la Saint-Martin de chaque année.

 

A l’expiration dudit bail, ledit preneur devra rendre les biens en bon et suffisant état. Ledit preneur oblige tous ses biens présents et à venir envers les dames religieuses, s’il ne remplit pas ses obligations.

 

Passé à Thionville  le douzième de décembre 1676, nous (les notaires) et les dames abbesses et religieuses avons signé, Mathis Blanc n’ayant l’usage d’écrire, a fait sa marque

Signatures au bas de ce premier document

Signatures au bas de ce premier document

Remarques sur le document :

 

 On voit que le monastère en question est dénommé monastère de Sainte-Catherine, ordre de Sainte-Claire, situé à Thionville. Ce monastère, je dirais plutôt couvent, correspond au couvent, des clarisses urbanistes [1], dit du Saint-Esprit qui s’était établi à Thionville dans les années 1630. Le bâtiment abritant ce couvent est aujourd’hui l’hôtel de ville de Thionville. [2]

 

Pour appuyer ma remarque [3] sur la francisation des noms propres dans la suite de « l’annexion de fait » par la France en 1643, on voit que Mathis Weis est appelé Mathis Blanc. Cette pratique fut courante à l’époque, par la suite, pour la plupart, les noms d’origine, furent de nouveau utilisés.

 

On voit aussi que les terres mises à bail et situées à Volkrange, appartenait auparavant à un certain Yvon Grein [4] dit « Petit » et que c’est sa veuve qui avait donné ses terres au couvent de Sainte-Catherine de Thionville, en dédommagement,  le couvent ayant pris ladite veuve, en pension jusqu’à sa mort.

Principalement dans les premières années d’établissement d’un couvent ou d’un monastère, c’était une pratique courante, de subvenir à leur fonctionnement, par  ce genre d’arrangement.

 

Nous voyons que dans les signatures, seules l’abbesse et une sœur ont signé :

 

Sœur Marie de Beurthé, indigne Abbesse

 

Sœur Anne Françoise Baur

 

Le qualificatif « Indigne » est réservé à l’abbesse, les sœurs en général font suivre leur nom du qualificatif de « Discrète ».

 

La famille de Beurthé a donné plusieurs abbesses à ce couvent, toutes, au moins dans les premières années, venaient de familles nobles ou pour le moins de notables.

 

La sœur Anne Françoise Baur était la directrice des novices, c’est elle qui prenait en charge les « nouvelles recrues ».

 

Mathis Blanc ne sachant signer, une croix marque son accord et nous trouvons aussi les signatures des notaires thionvillois, Helminger et  Fourot.

 

 

 

 

[1] Les clarisses urbanistes suivaient une règle moins stricte que les pauvres dames, elles avaient le droit de posséder des biens mobiliers et immobiliers.

[2] J’ai entrepris depuis quelques mois des recherches sur l’établissement de ce couvent à Thionville. Ces recherches feront l’objet d’un ouvrage qui devrait paraître en 2018

[3] Voir l’article précédent

[4] Sans doute « Klein »

Deuxième document  daté du 9 février 1750 :

 

(Acte notarié passé devant le notaire thionvillois Probst  ADM 3E7687)

 

«Par devant nous notaires royaux établis à Thionville et y résidant, soussigné, fut paru Mathis Veisse, maréchal ferrant demeurant à Veymerange, lequel a déclaré avoir vendu, cédé, dès maintenant en toute propriété à Damien Veisse, son fils, aussi maréchal ferrant demeurant au même lieu, les outils que le vendeur a en sa possession et servant à son métier de maréchal ferrant, consistant notamment en un soufflet de forge, une enclume, un étau et les marteaux et autres outils de ladite forge avec le charbon qui se trouve dans la forge audit Veymerange, sans en rien réserver.

La présente vente faite pour et moyennant le prix et somme principale de 150 livres tournois sans y comprendre les frais.

 

Laquelle somme de 150 livres tournois, ledit Veisse père, vendeur, a reconnu avoir reçu dudit Damien Veisse, à son contentement et quittance.

 

Ledit Damien Veisse pourra jouir de tous les outils nécessaires au métier de maréchal ferrant en y comprenant la pierre meule à aiguiser les outils.

 

Ledit vendeur engage ses biens présents et à venir, passé à Thionville le 9 février 1750, la lecture et les explications faites en langue germanique, nous avons signé avec Damien Veisse et Mathis Veisse n’ayant l’usage d’écrire a fait sa marque. »

Signatures au bas du deuxième document

Signatures au bas du deuxième document

Remarques sur le document :

 

En premier lieu nous constatons qu’en 1676, nous voyons le nom de famille « Blanc » soit le nom d’origine « Weiss »  francisé (traduit) et qu’en 1750, nous sommes revenu au nom d’origine même si le notaire l’orthographie à la française soit « Veisse ».

Mais on constatera sur les signatures que Damien signe « Weis » et que son père fait une marque « MW »  pour Mathis Weis.

Il est intéressant que voir qu’un certain Jean Blanche, propriétaire de la poste aux chevaux de Hayange en 1690, passe un acte de vente avec le meunier de Marspich, Didier Scholler dont l’épouse est Anne Marie Blanche et de constater qu’il signe de son vrai nom  « Weis ». Il est probable que cette famille « Blanche » de Hayange/Marspich soit apparentée à celle des maréchaux ferrants de Veymerange.

Jean Blanche, signe Joannes Weiss

Jean Blanche, signe Joannes Weiss

Toujours au sujet des signatures, on remarquera qu’en 1676, Mathis Blanc donc Weis fait une croix et qu’en 1750, Mathis Weis signe de ses initiales. C’est tout simplement que ce ne sont pas les mêmes personnes car il est impossible que Mathis Weis, père de Damien Weis, signe un document en 1750 et qu’il signe un bail en 1676, soit 74 ans auparavant ! En fait, Mathis Blanc (Weis) qui signe le bail de 1676 était le grand-père de Damien Weis.

 

Mathis Blanc (Weis) le grand père de Damien:

 

Il était né à Veymerange en 1647 et décédé à Veymerange un peu après 1701, il exerçait le métier de maréchal ferrant. Marié à Marie Limbourg de Volkrange, il eut plusieurs enfants dont Mathis Weis.

 

Mathis Weis le père de Damien :

 

Né à Veymerange et décédé le 3 novembre 1755 à Veymerange, lui aussi maréchal ferrant. Marié le 23 février 1701 à Veymerange avec Suzanne Schweitzer, ils eurent plusieurs enfants dont Damien Weis.

Damien Weis :

 

Né à Veymerange, le 15 janvier 1716, décédé à Veymerange, le 18 février 1780, maréchal ferrant, comme son père et son grand père.

Marié une première fois avec Catherine Bonaventure le 7 janvier 1744, puis une seconde  fois le 10 janvier 1769 avec Madeleine Scheiltien. Ils eurent également plusieurs enfants.

 

Nous avons affaire à une lignée de maréchaux comme c’était souvent le cas dans cette profession qui exigeait d’avoir suivi un apprentissage qui se faisait alors au sein de la famille. C’était souvent le cas dans les familles de meuniers.

 

La forge de Veymerange se trouvait à cette époque dans une maison aujourd’hui disparue qui se trouvait dans le bas du village, vers la ferme « Foetz ». Plus tard, au 19ème  et début du 20ème siècle, elle sera installée dans une autre maison. (voir le plan cadastral de 1807)

Plan cadastral de 1807 (Napoléon)

Plan cadastral de 1807 (Napoléon)

Détail du plan cadastral montrant les différents emplacements de la forge

Détail du plan cadastral montrant les différents emplacements de la forge

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Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/10/1763-thionville-la-justice-de-veymerange.html

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2017/10/1763-thionville-la-justice-de-veymerange.html

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
Un cabinet d'avocat ou de notaire au 18ème siècle

Un cabinet d'avocat ou de notaire au 18ème siècle

Comme convenu, nous nous retrouvons en ce mois d’octobre pour continuer nos petites découvertes de l’histoire de notre bonne ville de Thionville et des villages alentours.

 

Afin de reprendre en douceur, je vais vous présenter un document adressé à la justice de Veymerange [1] par une pauvre veuve du village ne pouvant payer ses dettes et voir comment cette justice a statué sur sa demande.

 

Pour rappel, sous l’ancien régime [2] existaient dans nos villages des justices civiles chargées de régler les différents entre les villageois. C’étaient des justices « seigneuriales »  mais qui ne géraient que les affaires mineures, une justice de proximité comme nous allons le voir.

 

Pour l’occasion, je vais vous présenter le document expurgé des formules juridiques nombreuses et redondantes qui pourraient vous le rendre indigeste !

 

Le document est adressé à messieurs les maires et échevins de la haute justice [3]

de Weymerange

 

[1] Village rattaché à la ville de Thionville en 1967.

[2] Principalement vers la fin du 18ème siècle

[3] Weymerange, Veymerange fut érigé en haute justice le 19 juin 1704.

Catherine Granier, supplie humblement les membres de la justice de prendre en considération ce qui suit :

 

« Veuve de Martin Oswalt qui était laboureur à Weymerange, j’ai le grand malheur d’avoir perdu mon mari le 26 mars 1763. Mon mari défunt avait acheté le 24 janvier 1760, par contrat devant le notaire Probst de Thionville, a son frère Antoine Oswalt, plusieurs héritages situés audit village de Weymerange pour une somme de 600 livres tournois et par un autre contrat de vente du 7 février 1760, il avait acheté à ce même frère, Antoine Oswalt, une maison, jardin et portion de grange situés aussi au village de Weymerange et cela pour une somme de 200 livres.

 

Lors de ces achats, ledit Antoine Oswalt, mon beau frère, était encore garçon, majeur d’ans et jouissant de tous ses droits [1]. Son intention était d’aller rejoindre l’armée, en conséquence; il disait n’avoir pas besoin d’argent et que son frère Martin, mon mari, pouvait garder les sommes qu’on lui devait, par devers lui.

 

Antoine Oswalt étant revenu de l’armée l’année dernière, il voulut être payé desdites sommes, soit de 800 livres tournois. Or, mon défunt mari, Martin Oswalt, n’était plus en mesure de payer ces sommes comptant, en conséquence; il passa une obligation devant le notaire Hennequin de Thionville, le 30 mars 1762, au profit de son frère Antoine Oswalt pour une somme de 700 livres tournois, payable en deux termes :

 

  300 livres tournois payables dans un an

 400 livres tournois payables dans deux ans

 

Il a aussi signé un billet de promesse d’un montant de 95 livres payable dans un an.

 

Mon mari étant décédé, moi sa veuve, Catherine Granier, je ne suis pas capable de payer ces sommes et comme je suis menacée de frais et de poursuites de la part d’Antoine Oswalt, mon beau frère, je propose l’arrangement suivant :

 

 Je voudrais relaisser à mon beau frère Antoine Oswalt, tous les biens et héritages que mon mari Martin Oswalt lui a achetés en 1760.

 

Cette demande est « montrée » au procureur d’office de la seigneurie de Weymerange qui autorise le maire de Weymerange, Damien Weis à traiter l’affaire.

 

Le maire, Damien Weis, ordonne le 25 avril 1763, qu’une assemblée de parents, tant paternels que maternels, soit faite par devant la justice, à deux heures de relevée [2] pour délibérer sur la requête de Catherine Granier.

 

En vertu de quoi, Jean Guillaume, sergent résident à Florange, va apporter assignation à Jean Poulmaire, Marthis Oswalt, Nicolas Weynant et Nicolas Oswalt, tous habitants de Veymerange et à Jean Granier, maréchal ferrant demeurant à Guénange pour qu’ils comparaissent à Veymerange et qu'ils parlent en personne à l’heure dite. »

 

Il est précisé que les débats se feront en langue allemande.

 

[1] C’était donc un célibataire majeur.

[2] Soit 14 heures

Voyons maintenant le compte rendu de cette réunion de la justice de Veymerange :

 

Le 25 avril 1763, l’après midi

 

Par devant nous maire et gens de justice de la terre et seigneurie de Weymerange est comparu Catherine Granier, veuve de Martin Oswalt, vivant, laboureur demeurant à Weymerange.

 

Elle nous a dit qu’en vertu de notre ordonnance de ce jour, elle avait fait assigner à comparaitre par devant nous ce jour :

 

Jean Poulmaire, manœuvre de Weymerange, oncle paternel audit mineur Mathis Oswalt

Jean Granier, maréchal Ferrant demeurant à Guénange, oncle maternel.

Nicolas Weynant, demeurant à Weymerange, cousin germain à cause de sa femme.

Nicolas Oswalt, tailleur d’habits, demeurant à Weymerange, aussi cousin germain.

 

L’assemblée constituée doit donner son avis sur la nécessité qu’il y a d’autoriser ladite Catherine Granier, veuve de Martin Oswalt, afin d’être dégagée et libérée de ses dettes, de relaisser les mêmes biens et héritages que son défunt mari avait achetés par actes notariés devant le notaire Probst de Thionville  en 1760 pour la somme de 800 livres, à Antoine Oswalt son beau frère, garçon majeur et qui n’a pas été payé. 

 

Catherine Granier expose en langue germanique pourquoi elle ne peut payer et signe d’une croix, ne sachant écrire, en tant que tutrice naturelle des enfants mineurs qu’elle a procréés avec Martin Oswalt, son défunt mari.

 

L’assemblée ainsi réunie, tous parents des enfants mineurs de Catherine Granier, prêtent serment de bien fidèlement et en bonne conscience, donner leur avis sur la demande de Catherine Granier.

 

Après délibération, tous sont d’avis que pour le bien des enfants mineurs et pour celui de leur mère, Catherine Granier, afin qu’elle soit libérée de ses dettes, elle soit autorisée à relaisser à Antoine Oswalt, son beau frère, les biens et héritages que lui avait acheté son défunt mari, Martin Oswalt en 1760 et cela pour la même somme de 800 livres tournois.

 

En conséquence, nous gens de justice de Weymerange, autorisant Catherine Granier à relaisser lesdits biens à Antoine Oswalt son beau frère qui lui donnera quittance.

 

Tous ont signé ou fait leur marque avec notre procureur d’office et notre greffier, commis en la personne de Dominique Pierre Winse, assermenté, notre greffier ordinaire étant empêché.

Les signatures au bas du document

Les signatures au bas du document

Comme on peut le voir, l’affaire fut relativement vite jugée, par des personnes du village et par la parenté, en prenant en compte l’intérêt des enfants mineurs à charge de leur mère. Au final, le jugement est empreint de bon sens.

 

Ce document illustre de façon claire ce que les historiens [1]  ont constaté, ces justices villageoises étaient de véritables justices de proximité auxquelles les habitants des villages avaient un accès facile et une "relative confiance.

 

Comme nous l’avons signalé dans les notes de bas de page, au début de l’article, le village de Veymerange, fut érigé en haute justice le 19 juin 1704, auparavant, siège d’une seigneurie foncière, il dépendait en partie de la seigneurie de Volkrange.

 

Son premier seigneur haut-justicier fut Charles Bernard de Failly, capitaine de cavalerie au service du roi, également seigneur de Lommerange et cela jusqu’en 1716.

C’était un « vrai » militaire qui participa à de nombreuses batailles où il perdit d’ailleurs la vie. De fait, il était très peu présent, ses seigneuries étaient en quelque sorte gérées par procuration.

 

En 1760, le seigneur en était un certain Plateau [2], apparenté à la famille De Wendel, il ajouta à son nom, le nom du village, se faisait appeler Plateau de Veymerange. Il fut conseiller au parlement de Metz, son fils reprit la seigneurie puis ses neveux en furent expropriés pour dettes. La famille Plateau de Veymerange défraya la chronique au sujet de l'affaire des Indes.

 

Le maire Damien Weis [3] avait en charge la justice foncière, aidé en cela par deux échevins, un sergent, parfois un greffier.

 

Il était maréchal ferrant à Veymerange où il tenait la forge héritée de son père, Mathis Weis, le 9 février 1750

 

* Tiré des documents du bailliage de Thionville -  B4418

 

NB : On remarque qu’en 1760, la langue germanique c’est à dire le « Francique luxembourgeois » était la langue la plus usitée à Veymerange, mais aussi dans les villages environnants.[4]

 

 

 

[1] Ceux qui étudient les documents d’époque

[2] Prit possession de la seigneurie en 1751, son fils fit reprise en 1776 et ses neveux furent expropriés en l’an X, le 25 pluviôse.

[3] La famille Weis ou Weiss s’était appelée quelques années auparavant la famille « Blanc » quand la volonté et la « mode » était à la francisation des noms à consonance germanique. Ainsi lors de prise de bail le 12 décembre 1676 d'une terre à  Volkrange.

[4] Thionville n’est française officiellement que depuis 1759 et dans les faits depuis 1643.

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        INFORMATIONS  INFORMATIONS  INFORMATIONS  INFORMATIONS 

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Pour les personnes qui voudraient encore se procurer mon dernier ouvrage:

"Histoire de l'ancienne chapelle des lépreux"

Il ne reste que quelques exemplaires à l'office de tourisme et aux archives communales.

 

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A lire:

Le dernier numéro "Des cahiers du pays Thionvillois" N°22 - 2017

Un bel article bien documenté et illustré de Jean Marie Blaising

"L'âge du fer à Yutz: 90 années de découvertes"

et d'autres sujets forts intéressants....

 

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Publié le par Michel Persin

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2017/08/1679-thionville-inventaire-des-biens-de-francois-claude-hue-de-saint-remy-0.html

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 17ème siècle

François Claude Hue de Saint-Rémy, lieutenant civil et criminel au bailliage de Thionville, décède en son domicile le 15 mai 1679, il est inhumé le 16 mai à 19h en la chapelle Notre Dame des révérends pères Augustins de Thionville.

 

Le lendemain de l’inhumation, le 17 mai 1679, les gens du bailliage vont à la maison du défunt pour ouvrir la cassette (voir article précédent) et prendre connaissance du testament.

 

Le dernier jour du mois de mai 1679, vers les 3 heures de l’après midi,  Jean Nicolas  Bock, conseiller du roi et lieutenant particulier au bailliage, procède sur requête de la veuve Marie-Thérèse de La Cour, à l’inventaire et estimation des biens du défunt, comme stipulé dans le testament.

 

L’inventaire se fait en présence de deux marchands de la ville chargés de l’estimation des biens, il s’agit de Pierre Scharff et Nicolas de la Mothe.

 

L’opération débute le 31 mai 1679, par une chambre haute donnant sur la rue,  en présence des protagonistes ci-dessus, auxquels il faut ajouter, le sergent ordinaire du bailliage, Bastien Sias.

 

Cette chambre est celle de la veuve, Marie-Thérèse de La Cour, l’on y trouve les biens suivants :

  • - 10 chaises et 2 fauteuils avec des housses de ratine [1] rouge garnies de franges de soie estimés à une demie pistole la pièce, soit 6 pistoles ou 66 livres tournois.[2]
  • - 1 garniture de lit de 7 pièces et 1 tapis de la même couleur et avec les mêmes franges que les chaises, estimés à 20 écus blanc à 3 livres l’écu soit 60 livres.
  • - 2 matelas de laine dont un couvert de toile de Cologne et l’autre de toile ordinaire et sur lequel se couchait la dame, estimés à 2 pistoles d’or soit 22 livres.
  • - 1 lit de coin estimé à 22 livres.
  • - 1 paillasse estimée à 3 livres.
  •  - Une courte pointe piquée en coton estimée à 2 pistoles soit 22 livres.
  • - 1 traversin et 2 oreillers estimés à 9 livres.
  • - 1 châlit en bois de chêne estimé 6 livres.
  •  - 4 pommes de lit et des cloches de soie estimées à 12 livres.
  •  - 2 chenets de potin [3] estimés à 44 livres
  • - 1 petit rafraichisseur de rosette estimé à 3 livres
  • - 1 grille de fer à faire brûler le feu estimée 3 livres.
  • - 2 tablettes différentes de bois de noyer, bien façonnées et tournées estimées 12 livres.
  • - 1 cadre de bois avec Saint-François estimé 11 livres.
  • - 1 cadre en bois avec le Bon Dieu et la Vierge estimé 5 livres et 10 sols.
  • - 1 petit cadre en bois avec Sainte-Madeleine estimé 3 livres
 

[1] Ratine, tissu de laine dont les fils sont frisés.

[2]  Les livres sont toujours des livres tournois sans qu’il soit besoin de le préciser.

[3] Potin, alliage de cuivre et d’étain parfois de plomb .

  • - 1 cadre avec un paysage estimé 6 livres.
  • - 1 « Salutor mundi » [1] dans un cadre estimé 3 livres
  • - 1 petite table de noyer estimée à 6 livres.
  • - 1 miroir pliant estimé à 5 livres.
  • -  1 cassette de cuivre dorée estimée à 4 livres.
  • - 2 guéridons estimés 4 livres 10 sols.
  • - 1 cassette avec 24 serviettes assez fines et 3 nappes le tout estimé à 36 livres.
  • - 1 paire d’éperons en cuivre estimés 30 sols.
  • -  1 cabinet de noyer estimé 6 livres dans lequel nous avons trouvé des cuillères, fourchettes, écuelles,  salières, mouchettes [2], pot à eau le tout en argent au poinçon de Metz et un grand gobelet en argent d’Allemagne, tout cela estimé à 140 écus blancs soit 420 livres.
  • - 1 petite et vieille cassette encore scellée dans laquelle il n’y a que des papiers concernant le bailliage, estimée à 3 livres.
  • - 1 vieille chaise et & tabouret estimés à 13 sols.
  • - 1 tapisserie murale de Bergame [3] assez usée estimée à 18 livres.
  • - 2 rideaux de toile devant les fenêtres estimés à 6 livres.
  • - Un bague qui n’est pas en diamant estimée 12 livres.

Ce qui pour cette première chambre haute donne une estimation de 832 livres tournois sans y compter les sols.

 

Le 2 juin 1679, inventaire du poêle en bas de la maison où est décédé François Claude Hue de Saint-Rémy..

  • - 8 chaises et 1 fauteuil garnis de tapisserie assez vieille estimés à 6 escalins soit 25 livres et 5 sols.
  • - 1 table et 1 vieux tapis vert estimés 4 livres 15 sols.
  • - 2 cadres avec un paysage estimé 30 livres.
  • - 1 vieux tableau de l’adoration des rois mages estimé 3 livres.
  • - 1 tableau avec Saint-Luc sans cadre estimé 1 livre.
  • - 2 tableaux à l’huile estimés 4 livres.
  •  -1 lustre simple en bois argenté estimé 3 livres.
  • - 1 portrait de monsieur le doyen de Saint-Sauveur de Metz, non estimé.
  • -

Voilà l’estimation, pour le « poêle » en bas de la maison, qui est de 70 livres.

 

Ensuite nous avons été dans la cuisine en bas à coté du « poêle » où nous avons trouvé ce qui suit :

  • -  1 rafraichisseur estimé 3 livres.
  • - 5 chaudrons d’airain [4], grands et petits avec un chandelier, 2 poêllons, 2 cuillères et 1 fourchette à pot, 1 passoire,  le tout en airain estimés 18 livres.

[1]  « Salvator Mundi » C’est un représentation du Christ bénissant de sa main droite voir illustration par Léonard de Vinci

[2]  Petits ciseaux en argent que l’on  posaient sur un petit plateau

[3] Ces tapisseries généralement grises ou rouges avaient assez peu de valeur et servaient à décorer les murs.

[4] C’est un alliage de cuivre généralement c’est du laiton ou du bronze

"Salvator Mundi" tableau de Léonard de Vinci

"Salvator Mundi" tableau de Léonard de Vinci

  • - 2 pots de fer, 1 petit chaudron, 1 crémaillère, 3 chenets fort petits,  1 poêle, 1 pelle à feu, 1 lèche frite, 1 grille et 3 broches avec divers plats, le tout estimé à 5 écus blanc et 3 escalins soit 16 livres 2sols.
  • - 1 coquemar estimé à 9 livres.
  • - 2 tourtières d’airain avec couvercles estimées  7 livres 10 sols.
  • - 1 grande armoire de cuisine bien vieille estimée 9 livres

Voilà la cuisine estimée à 53 livres tournois.

 

Derrière la cuisine, nous avons trouvé une petite dépendance contenant :

 

- 1 garniture de lit, blanche, avec des franges, le tout assez vieux, estimée 15 livres.

  • - 1 coffre contenant 6 paires de linceuls forts grands en fine toile de chanvre estimées à 40 livres.
  • - 1 coffre de bois avec du linge estimé 7 livres.
  • - 1 lit de plume avec une paillasse pour coucher le domestique estimé 7 livres 10 sols.
  • - 1 vieux coffre de sapin estimé 6 escalins soit 2 livres 5 sols.

 

Voilà pour la dépendance estimée à 71 livres tournois.

 

Le 3 juin 1679, nous sommes descendus à la cave où nous avons trouvé ce qui suit :

  • - 5 tonneaux de vin, dont 1 de 5 hottes, 1 de 6 hottes, 2 de 7 hottes et 1 de 8 hottes, la hotte vaut 1é escalins soit 148 livres 10 sols.
  • - 1 lit avec ses garnitures, traversin, oreillers et aussi 12 chaises et 2 fauteuils en bois de rose avec encore un tapis, le tout estimé à 600 livres.

La cave est donc estimée à 748 livres.

 

Ensuite nous sommes montés à l’étage estimer une deuxième chambre :

  • - 1 grande armoire de sapin, 1 table, 1 tapisserie de Bergame, le tout pour 7 pistoles soit 77 livres..
  • - 1 plat, 1 bassin, des assiettes et aiguières en étain estimés 36 livres 8 sols.
  • -  9 grands plats, 6 plats moyens, 6 assiettes creuses et 3 plates, une aiguière, 2 pots de chambre, le pot en étain à la fleur de lys, le tout  estimé 96 livres 18 sols.
  • - 3 chainettes estimées 15 livres.
  • - 1 rafraichisseur d’airain estimé 4 livres 10 sols.
  • - 1 passoire de cuivre estimée 1 livre 10 sols.
  • - 2 tasses en potin estimées 4 livres 10 sols.
  • - 1 lot de pots de cuivre et marmites estimés 6 livres.
  • - 1 grand plat et bassin d’airain, bien battu et façonné estimés à 22 livres.
  • - 1 grande armoire de sapin qui contenait les pots ci-dessus estimés 6 livres 15 sols.

L’estimation pour cette chambre est de 267 livres tournois.

Au même étage nous avons estimé une troisième chambre donnant sur l’arrière :

  • - 1 bahut avec 9 paires de draps de chanvre estimés à 121 livres 10 sols.
  • - 1 ensemble de draps et serviettes et nappes estimé à 90 livres.
  • -  1 bahut estimé à 7 livres 10 sols.
  • - 12 chemises du défunt qui vont servir aux enfants, non estimées.
  • - 8 petits tableaux estimés 3 livres.
  • - 1 paire de pistolets gainés à l’antique assez beaux avec une petite épée à la poignée d’argent, non estimés.
  • - 1 banc en forme de couchette estimé 6 livres.
  • - 1 autre bahut estimé 3 livres.
  • - 1 petite table pliante en sapin estimée 12 sols.
  • -  1 bois de lit en chêne estimé 7 livres.
  • - 1 grande poêle d’airain, 4 bassins d’airain pour faire les confitures,  estimé 24 livres.

Cette troisième chambre est donc estimée à 273 livres tournois.

 

Puis nous sommes allés estimer le grenier :

  • - 5 couvertures, blanches et vertes estimées 18 livres.
  • - 1 couverture piquée estimée 4 livres 10 sols.
  • - 1 lit de Conti avec le traversin estimé 33 livres.
  • - 2 oreillers en toile rayée estimés 4 livres 10 sols.
  • - De vieux sacs estimés 25 sols.
  • - 1 petit matelas estimé 4 livres 10 sols.
  • - 4 ou 5 bichets de farine et 2 bichets de froment, non estimés.
  • -  Une trentaine de livres de pratiques juridiques et autres comme par exemple :
    • Les arrêts notables du parlement de Toulouse
    • La coutume générale de l’évêché de Metz
    • La vie des hommes illustres grecs et romains
    • Le traité des droits honorifiques des seigneurs d’église
    • Les discours politiques.
  •     Ces livres n’ont pas été estimés.
  •  

Ce qui pour le grenier donne une estimation de 63 livres

 

Les biens contenus dans la maison du défunt sont estimés à 2377 livres.

 

Ensuite,  la dame Marie-Thérèse de La Cour, veuve du défunt, nous a fait l’état des dettes, tant actives (se rajoutant à la succession)  que passives (se soustrayant de la succession)

 

Dette actives :

  • - 4000 francs messins [1] dus par monsieur le doyen de Saint-sauveur de Metz par contrat de constitution du 30 juin 1673 chez le notaire Helminger.
  • - 130 livres dues par le même doyen prêtées sans promesse.
  • - 650 livres qu’il lui restent de la vente de la métairie de Choissel
 

[1] Equivalant à 2000 livres tournois

  • - 1600 francs barrois [1] dus par le sieur Moutot de Toul, elle n’a aucun papier mais espère trouver auprès du chanoine de Toul quelques preuves.
  • - 130 écus blancs soit 390 livres pour du vin vendu par Pierre Parisot et Marie Schlegler sa femme  sans promesse signée.
  • - 4 maldres de blé dues par le sieur Wilhius dont le sieur Limpach a répondu.
  • - 18 escalins dus par le sieur Girard de Yutz.
  • - 7 livres dues par Jean Leuchen de Sentzich.
  • - 18 écus blancs soit 54 livres dues par le sieur Ottring.
  • De plus la dame déclare que les enfants ont des prétentions provenant de la succession de leur grand père de Normandie. Prétentions qu’elle tâchera d’appuyer pour le profit des enfants, elle se dit prête à faire le voyage.

 

L’ensemble des dettes actives venant augmenter la succession se monte à environ 4000  livres tournois qu’il faut donc ajouter aux 2377 livres de la succession soit 6377 livres tournois.

 

Dettes passives :

  • - 4 écus blancs soit 12 livres prêtés par le sieur Edinger, échevin de la ville, à son mari.
  • - 3 écus blancs soit 9 livres dues au sieur Limpach, avocat.
  • - 6 écus blancs soit 18 livres dues à Jean Louvrier, maréchal ferrant
  • - 6 écus blancs soit 18 livres dues à Meyer Schwabe, juif.
  • - 5 écus blancs soit 15 livres dues chez un boulanger.
  • - 25 écus blancs soit 75 livres dues pour le loyer de la maison.
  • - La dame précise que les obsèques seront payées sur la succession et que les habits du défunt ont été donné à des pauvres « honteux » sauf un juste au corps de velours, fort usé, estimé à une demie pistole.
  • - La robe  du palais [2], la dame ne veut pas s’en séparer, mais l’estime à 1 pistole.

 

L’ensemble des dettes passives, qui viennent en déduction de la succession, se monte à environ 130 livres tournois, ce qui laisse une succession nette de 6247 livres tournois.

 

La dame précise encore que la charge de lieutenant civil et criminel de la ville de Thionville  a une grande valeur [3] qu’elle jugera utile de vendre à son avantage et qui viendra augmenter la succession.  Cette charge est estimée à environ 6000 livres ce qui laisse donc une succession  totale d’environ : 12247 livres tournois.

 

Voilà qui clos l’inventaire et l’estimation des biens de François Claude Hue de Saint-Rémy,.

 

Fait à Thionville le 3 juin 1679, en présence des personnes citées ci-dessus.

 

[1] Equivalent à 1066 livres tournois

[2] C’est la robe liée à la charge de lieutenant civil et criminel, comme celle d’un avocat

[3] Nous verrons plus loin à quel prix elle vendra cette charge

Pour rappel : (Voir les articles précédents)

 

L’estimation des biens du riche marchand de Thionville :  2000 livres tournois.

L’estimation des biens du tisserand d’Elange : 130 livres tournois.

L’estimation du notable de noble extraction :  12247  livres tournois .

 

Mais voyez vous, l’ Histoire n’étant que l’expression de la vraie vie, j’ai retrouvé un autre acte intéressant, venant clore  momentanément cette histoire.

 

Le 14 août 1679, Marie-Thérèse de La Cour, veuve de François Claude Hue de Saint-Rémy, décédé le 15 mai 1679, soit après trois mois de veuvage, va signer une convention de mariage avec Jean Baptiste Aubry, avocat au parlement de Paris, fils de Poncelet Aubry.

 

Bien entendu, ils se marieront  dans la religion catholique, ils mettront en commun leurs meubles et immeubles.

 

Le marié apportera avec ses parents la somme de 11000 livres tournois, 2000 en argent, 6000 en héritages et le reste à crédit.

 

La mariée apportera 4950 livres tournois venant de la succession  dues par des particuliers et la charge de lieutenant civil et criminel de Thionville qu’exercera alors le nouvel époux [1], mais qu’il pourra aussi revendre.

 

NB : En 1701, la charge de lieutenant civil et criminel au bailliage de Thionville était entre les mains de François George de Clemecy, seigneur d’Inglange.

Etienne Hue de Saint-Rémy né en 1671, fils de François Claude Hue de Saint-Rémy , fut reçu avocat au parlement de Metz le 5 mai 1692 puis devint Lieutenant général au bailliage de Thionville le 10 septembre 1702, charge qu’il exerçait encore en 1728

 

Après cette trilogie parfois un peu indigeste, mais intéressante, je vais prendre moi aussi quelques vacances et nous nous retrouverons en octobre 2017 pour de nouvelles trouvailles sur l’histoire de notre ville et de nos villages.

 

[1] On peut estimer la charge à 6100 livres tournois.

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Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/08/1679-thionville-le-testament-de-claude-francois-hue-saint-remy.html

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