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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 19ème siècle
Photo de Nicolas Noël (collection JC Curé à Liverdun)

Photo de Nicolas Noël (collection JC Curé à Liverdun)

Voilà donc Nicolas Noël qui entre chez un maître comme apprenti forgeron, il a fait l’école communale et maitrise la lecture, l’écriture et le calcul.

 

Nous sommes dans les années 1850 et l’organisation des métiers est encore teintée de celle de l’ancien régime. Au moyen-âge et juste avant la révolution française, on parlait alors de corporations. On était apprenti, puis compagnon et parfois maître, je dis parfois, car pour passer maître il fallait être introduit, être parrainé ou fils de maître, enfin c’était très difficile. Toutefois au 18ième siècle les règles s’étaient assouplies devant la pression des compagnons et la logique fit que la révolution mit fin aux corporations en avril 1791.

 

La barrière entre compagnons et maîtres ayant disparu, les compagnons vont se regrouper par métiers et devenir une force non négligeable que l’état surveillait de très près. Ainsi vers 1850, la France compte 200.000 compagnons réunis au sein de quelques organisations très structurées. Les compagnons effectuent alors leur « Tour de France [1] » pour apprendre tous les tours de mains et toutes les façons de faire un ouvrage en fonction de la région et même du pays, car certains font un circuit qui dure plusieurs années et qui englobe des pays étrangers limitrophes à la France.

 

 

 

[1]  Très souvent à pied.

Ils deviennent des ouvriers de l’excellence et terminent leur apprentissage par un ouvrage  appelé « chef d’œuvre » qui est jugé par leurs maîtres puis deviennent maîtres à leur tour.

 

Cette organisation du compagnonnage fut mise à mal par le syndicalisme naissant du début du 20ème siècle. Ceux-ci dénigrent les compagnons et leurs pratiques ancestrales. L’industrialisation de la France progresse, les syndicats ouvriers de même et les effectifs du compagnonnage baissent, toutefois, il ne meure pas et renaît de ses cendres après la 2ième guerre mondiale. Aujourd’hui, il attire de plus en plus de jeunes car il fait la synthèse de l’excellence du métier et de sa pratique avec une tradition ouvrière multiséculaire [1].

 

Notre jeune Nicolas Noêl n’échappa pas à cette pratique, il trouva un maître d’apprentissage sur Metz et commença son tour de France en passant par Bar-le –Duc puis Paris. Cette période de son existence est peu connue, on sait qu’il a beaucoup voyagé en France mais aussi en Europe et même en Algérie qui venait de rentrer dans le giron de la IIème République en 1848.

 

Au cours de son « Tour de France » et de ses voyages, où il a beaucoup travaillé dans le milieu agricole, réparant machines et outils, il a une idée simple mais géniale découlant directement de ses observations.

 

Il remarque que beaucoup de gens et spécialement les agriculteurs et les autres entrepreneurs de la terre ont un besoin vital qui est peu comblé par les dispositifs alors existants, mal pratique et chers.

 

Ce besoin :  Ce sont toutes les opérations qui concernent les fluides divers

qu’il faut pomper, refouler, pulvériser.

 

 Nicolas Noêl va créer une pompe simple et robuste à qui il donne le nom de « Pompe NOEL ». Il va produire aussi toute une gamme de pulvérisateurs, l’oïdium et le mildiou  sévissent dans nos campagnes à partir de 1830 « boostant » les ventes de pulvérisateurs, la crise viticole de 1864 avec le phylloxéria va encore accentuer l’engouement pour les « sulfateuses »[2]

Il est alors à Paris, il achète un terrain vers la rue d’Angoulême et l’avenue Parmentier où il crée un atelier encore modeste pour fabriquer ses pompes et pulvérisateurs, nous sommes en 1865, il n’a que 28 ans, il est marié à Barbe Hulo  qu’il a rencontrée en Lorraine, vers Ars-sur-Moselle et Liverdun.

 

[1] Voir les Compagon du Devoir.

[2] Dans la publicité : Mildew est le nom anglais signifiant moisissure, francisé en mildiou.

Publicité d'époque pour un pulvérisateur "Noël"

Publicité d'époque pour un pulvérisateur "Noël"

Effectivement, le destin de la famille Noêl va basculer en 1870/71 avec la guerre franco-prussienne de 1870. Guerre que la France va perdre. L’alsace et la Moselle vont devenir terres d’empire et passées aux mains prussiennes.

En 1871, un prolongement de l’avenue Parmentier va provoquer une expropriation des terrains de l’usine des pompes « Nöel »  Le couple Noël-Hulo habite alors à Paris où ils ont leur  fabrique et commerces.   Ils vont donc logiquement opter pour la France en 1872 à la mairie du 11ème .  Dès lors ils vont essayer de se rapprocher de leur famille en Lorraine, mais dans la partie restée française soit en Meurthe et Moselle

En 1871, un prolongement de l’avenue Parmentier va provoquer une expropriation des terrains de l’usine des pompes « Nöel » Le couple Noël-Hulo habite alors à Paris où ils ont leur fabrique et commerces. Ils vont donc logiquement opter pour la France en 1872 à la mairie du 11ème . Dès lors ils vont essayer de se rapprocher de leur famille en Lorraine, mais dans la partie restée française soit en Meurthe et Moselle

Mais avant de voir le devenir de l’usine des pompes « Noël », il nous faut reparler un peu de la famille Noël.

 

Dans l’article précédent je vous disais que Jean Pierre Noël et son épouse Elisabeth Fischbach avaient eu deux enfants :  Marie et Nicolas.

 

Or, il se trouve que je viens de découvrir un autre enfant : Madeleine née le 25 mai 1835 à Volkrange et mariée à  Louis Schouller de Veymerange le 7 mars 1853.

 

Maintenant, l’autre sœur de Nicolas Noël, Marie née le 18 juin 1831 à Volkrange s’est mariée le 10 février 1857 à Volkrange avec Jean Holstein, bourrelier, originaire de Florange. Elle est décédée le 5 mars 1890 à Volkrange, âgée de 59 ans.

Jean Holstein dont le père était Jean-Pierre Holstein, bourrelier à Florange et sa mère Anne Hentz, est décédé à Volkrange le17 févriet 1899 à 79 ans.

 

Ils auront quatre enfants :

Madeleine née le 1er février 1858 à Volkrange et décédée le 1er octobre 1881 à 23 ans des suites de couches à Volkrange.

Nicolas né le 4 avril 1860 à Volkrange et décédé le 27 avril 1860 à Volkrange.

François né le 7 juillet 1861 à Volkrange.

Jean-Pierre né le 2 février 1865 à Volkrange.

 

Ce sont là les enfants de Marie, sœur aînée de Nicolas Noël.

 

Regardons d’un peu plus près le destin malheureux de Madeleine Holstein , leur fille aînée. Elle s’est mariée le 3 février 1880 à 22 ans avec Eugène Collimont né à Paris le 4 octobre 1845. Les parents d’Eugène Collimont sont Mathias Collimont et Marguerite Cureton.

Madeleine et Eugène Collimont auront une fille, Barbara née le 5 juin 1881 à Volkrange et qui décédera le 28 décembre 1942 à Seyne dans les Hautes-Alpes. Madeleine ne se remettra pas de la naissance de sa fille et décédera le 1er octobre 1881 à Volkrange à 23 ans.

 

Eugène Collimont, veuf se remariera le 22 novembre 1882 à Florange avec une cousine de son épouse décédée, Anne Hym avec laquelle il aura cinq enfants :

 

Marguerite née le 23 mai 1883 à Volkrange.

Marguerite Anne née le 27 juin 1884 à Volkrange et mariée avec Hubert Adrien Bouvier le 17 novembre 1911 à Volkrange.

Un autre enfant est encore né le 18 février 1886 à Volkrange et mort à la naissance.

Eugène né le 29 juillet 1890 à Volkrange et tué sous l’uniforme allemand le 20 juin 1917 sur le front Est.

 

Anne Hym décédera à Volkrange le 21 juillet 1903, âgée de 49 ans. Elle était la fille de Jean Hym et Marie Thérèse Holstein.

 

Pour résumer, Nicolas Noël a 20 ans au mariage de sa sœur Marie avec Jean Holstein.

Au mariage de sa filleule Madeleine avec Eugène Collimont, il a 43 ans et le marié 35 ans.

Pour finir sur une interrogation :

 

Nicolas Noël est marié à Barbe Hulo, originaire de la région d’Ars sur Moselle or en 1869, le boulanger de Volkrange, se nomme Pierre Léon Hulo, né le 16 juillet 1843 à Ars-sur- Moselle. Au final le boulanger de Volkrange n’a que 6 ans de plus que Nicolas Noël.

 

Malheureusement, je n’ai pas (encore) trouvé de lien formel entre Pierre Léon Hulo, Eugène Collimont né à Paris en 1845 et Nicolas Noêl, mais des recherches plus poussées sont en cours, nous en reparlerons au prochain article qui traitera de l’installation de l’usine des pompes « Nöel » à Liverdun puis à Tournus et de leur devenir.

 

Pour de plus amples renseignements sur Liverdun voir le site:

http://liverdun.skyrock.com

 

 

À suivre…

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