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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Dans mes deux articles de mai et juin, sur le couvent des clarisses et sa chapelle, aujourd’hui mairie et salle des mariages, je vous avais dit que nous allions reparler prochainement de ce couvent, mais il me manque encore quelques documents pour avoir une vision plus claire de son histoire, des recherches sont en cours.

Je vais donc regarder avec vous le testament d’un riche marchand thionvillois du début du 18ème siècle et nous verrons ensuite l’inventaire après décès qui a été fait de sa maison.

La famille Degoix était alliée à la famille Delhaye étudiée dans mon dernier ouvrage sur la chapelle des lépreux de Thionville Saint-François [1].

Jean Degoix était né vers 1650, marié à Françoise Col qui été née vers 1655.

Françoise Col est décédée avant 1709, année du décès de Jean Degoix, alors âgé d’environ 59 ans. Ils ont eu trois filles, l’aînée Christine, née vers 1685 et mariée à Pierre Jacques Petelot puis Marie Catherine, mariée en 1713 avec Nicolas Conset (Conseil) ainsi qu’une autre fille plus jeune. En 1703, le couple avait eu un garçon prénommé Jean décédé en bas âge.

 

Voici son testament :

 

« Par devant nous, notaires royaux établis à Thionville et y résidant, soussignés fut présent en personne, Jean Degoix, marchand bourgeois de cette ville, gisant au lit de maladie dans sa cuisine. Il est sain d’esprit et d’entendement ainsi qu’il est apparu aux notaires et aux témoins ci-après nommés, dignes de foi.

 Appelé, il a dit que considérant la certitude de la mort et l’incertitude de sa vie et pour ne pas être pris au dépourvu avant d’avoir ordonné ses dernières volontés, il avait fait son testament et dicté ses dernières volontés ainsi qu’il suit :

A savoir qu’il demande très humblement pardon de toutes ses pensées à Dieu, son créateur par les mérites infinis de notre seigneur Jésus Christ, par l’intercession de la bienheureuse vierge Marie, mère de Dieu et celle de son ange gardien, de son patron et de tous les saints du paradis. Il demande pardon aussi de bon cœur à ceux qu’il aurait put offenser.

Il demande à être enterré dans l’église paroissiale de cette ville, dans le tombeau de sa femme et que ses obsèques et funérailles soient faites ainsi qu’il lui sied.

Il veut qu’il soit distribué aux pauvres pour prier Dieu, le jour de son enterrement, une maldre de blé et qu’outre les messes dites dans la paroisse, il soit encore dit incessamment après son décès par les révérends pères capucins de cette ville, cent messes de requiem pour le salut de son âme à raison de quoi, il lègue audits révérends pères capucins, la somme de trente sept (37) livres et dix sols tournois qu’il veut  délivrer à leur syndic sans aucune relance.

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[1] « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux »  paru au 1er trimestre 2017.

Il déclare qu’il a appris des habitants de Beuvange-sous-Saint-Michel, paroisse de Volkrange qu’ils avaient le dessein de faire rétablir la chapelle [1] en ruine audit lieu et voulant contribuer au rétablissement de ladite chapelle, il veut et ordonne que lors du rétablissement de la chapelle, ses héritiers abandonnent pour y souscrire certains engagements ou ventes à facultés de rachat à lui fait par Jean Baué d’un pré au même lieu de Beuvange pour soixante (60) livres tournois

 

Jean Degoix a encore deux filles mineures et à cause de leur bas âge, il lègue et leur fait don de six cent livres tournois pour les deux pour leur entretien, éducation et habillement durant leur minorité.

 

Il déclare en outre qu’il a payé pour dot, habillement de sa fille aînée la somme de onze cent vingt cinq (1125) livres tournois y compris l’achat et la réception des métiers de marchand à Jacques Petelot, son gendre et dont il a quittance qui se trouve dans ses papiers.

 

Il veut et ordonne que chacune de ses filles mineures reçoivent pareille somme de onze cent vingt cinq (1125) livres tournois pour dot.

 

Il déclare que pour le mariage de sa fille aînée, outre la dot de onze cent vingt cinq livres tournois, il a aussi donné une croix en or et deux bagues et une chaîne d’argent et que pour égaliser avec elle, ses deux filles mineures, il leur est destiné les deux croix d’or, les quatre bagues d’or et deux chaînes d’argent qu’il a achetées pour elles.

 

Il veut, entend et ordonne que sa fille aînée et son gendre ne puissent interférer, ni contredire ses dernières volontés exprimées dans les présentes.

 

Présentes qui constituent son testament et dernières volontés, exprimées et fait en la cuisine dudit Jean Degoix, testateur, en présence du sieur Pierre Petner, marchand bourgeois de Thionville et de Noël Glaudy, maître sellier, bourgeois de Thionville, témoins dignes de foi et personnellement requis et appelés de la part du testateur, ce jourd’hui vingt sixième jour du mois de février, l’an mille sept cent neuf, à trois heures de relevée.

 

PS : Suite à un arrangement de dernière minute sur la destination des croix et bagues d’or entre les fille mineures, mais qui ne remet pas en cause le testament.

 

[1] Le dernier chapitre de mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » évoque aussi l’histoire de cette chapelle du mont Saint-Michel

 

Signatures de Jean Degoix et des témoins

Signatures de Jean Degoix et des témoins

Ce testament permet à Jean Degoix de partager entre ses filles plus de quatre mille livres [1] tournois, en comprenant la dot de sa fille aînée mariée un an auparavant.

 

Nous allons voir maintenant l’inventaire après décès de Jean Degoix dont le décès est intervenu entre la mi-mars et la mi-avril 1709.

 

Inventaire des effets de Jean Degoix du 24 avril 1709

 

Inventaire fait par nous, Etienne Heu de Saint-Rémy, écuyer, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel, conseiller aux inventaires du bailliage du siège royal de Thionville, à la requête de Pierre Jacques Petelot au nom et comme tuteur des enfants mineurs du défunt Jean Degoix, vivant, marchand bourgeois de cette ville. Inventaire de tous les meubles, effets et papiers de la famille du défunt Jean Degoix en exécution de notre ordonnance de ce jour.

 

Lequel inventaire nous avons fait rédiger par Alexandre Joseph Bailler , notaire et greffier aux inventaires, avec Pierre Jacques Petelot mari de Christine Degoix, le procureur du roi et son adjoint.

 

Du mercredi 24 avril :

 

Premièrement nous sommes montés dans une chambre haute qui prend jour dans la grande rue et dans la rue de derrière  [2]où nous avons trouvé les effets suivants :

 

  • Six (6) fauteuils en bois de noyer usés,  garnis de toile et de bourre .
  • Un vieux bois de lit garni de cinq (5) rideaux de serge verte, bordés d’un galon de fil écru, le tout en falbala avec ses tringles.
  • Un matelas avec palliasse avec leur courtille à rayures bleues et blanches, un peu usagé et une courte pointe de toile teintée.
  • Une armoire en bois de noyer à quatre battants et demi, fermant à deux serrures dans  laquelle se trouve :

                     Treize draps en toile

                       Trois draps d’étoupe

                       Douze chemises de toile de chanvre assez usées

                       Quatre autres chemises en toile fort vieilles

                       Un cendrier

                       Trois douzaines de serviettes de toile de chanvre, rappées

                       Une autre douzaine de serviettes de chanvre

                       Une douzaine de nappes de toile de chanvre de bon usage

                       Deux douzaine de serviettes, nappes en toile de lin.

                       Une taie d’oreiller tant petit que grand toile de chanvre.

                       Quatre taies de toile de lin  et de chanvre

                       Une culotte de toile avec une chemise de toile de chanvre

                       Deux tabliers de cuisine en toile d’étoupe

                       Cinq cravates de toile de cloitre

 

[1] C’est une somme importante pour l’époque.

[2] la maison se trouve donc dans rue principale de Thionville, actuelle rue Paris et la chambre a une ou des fenêtres donnant sur les rues de part et d’autre de la maison ;

Au chapitre des étains :

 

Des quarts en étains, des pots, plats et assiettes en étain à la fleurs de lys pour cinquante six livres.

 

Au chapitre de la cuisine :

 

Une vieille balance de cuisine

Un grand nombre de pots, bassinoires, poilons, tourtières en cuivre,  casseroles,                     bassin à eau, mortier, chandeliers, tant en fer, étain et cuivre rouge, hachoir,           chenets…

 Dans la  cuisine existe aussi un accouchoir [1] avec une paillasse, un matelas de       laine  et de crin garni de chanvre, des oreillers.

 

Dans cette cuisine se trouve une armoire fixée dans la muraille et dans laquelle on a trouvé :

 

Cent quarante deux livres, neuf sols en pièces de monnaies

 

Au chapitre de la cave :

 

            Seize briques de savon

            Dix cordes

            Douze brassées de grosses cordes

            Quatre vingt cinq livres de chandelles

            Dix huit fromages de Géromé

            Trois gros fromage de Hollande entier

            Un demi fromage de Gruyère

            Vingt brassée de petites cordes

            Sept manches de bêche

            Dix entonnoirs de fer blanc et un entonnoir de bois

            Un vieux coffre en bois de chêne

            Une écuelle de poix blanche

            Un baril de poix noire [2]

 

La cave semble contenir une partie des objets liés au commerce de Jean Degoix comme nous allons le voir dans l’inventaire de la boutique.

 

Au chapitre de la boutique : (Quelques éléments parmi des centaines)

 

            Huit livres et demie de ficelle, tant grosse que petite

            Sept livres de corde

            Trente sept paille de fer battu

            Quarante quatre simples gobelets de verre à boire de la bière

            Six cuillères à pot et trois écumoires

            Sept petits poilons et huit autres plus grands

            Quatre grands couvercles de pot

            Cinq faux à faucher

 

[1] On trouve dans cette cuisine le lit où était couché, Jean Degoix le jour où il a fait son testament.

[2] Poix blanche, matière jaunâtre ou blanchâtre produite par le pin et le sapin. Poix noire, obtenue par combustion lente de débris résineux. Servait à coller ou à calfater.

            Six enclumes de faux avec les marteaux

            Vingt cinq anneaux de sceau

            Vingt trois cadenas tant gros que petits

            Vingt et une étrilles

            Quatre clochettes

            Quatre vingt quinze boucles de fer

            Douze cent clous

            Quatorze mille semences de clous

            Cinq cent clous de talons

            Cinq mille broquettes

            Trois mille trois cent cinquante clous rondelest, beaucoup d’autres clous de siège

            Trente six livres de colle de menuisier

            Dix neuf livres de catéchisme

            Six douzaines de couteaux de boucher et treize couteaux de table

            Quarante cinq peignes de corne

            Quatorze petits forets

            Vingt trois pièces de pistolet

            Six livres de moutarde

            Trois livres de gingembre`

            Quatre vingt alènes de cordonnier

            Sept livres de poivre

`           Sept livres de fromage de Hollande

            Deux douzaines de pipes en bois

            Neuf livres de souffre

            Six livres de poudre à poudrer

            Vingt cinq muscades et une once de fleur de muscade

            Dix livres de riz

            Trois onces [1] de clous de girofle

            Vingt deux douzaines de boutons

            Cinquante cinq cahiers de papier

            De nombreux fils de Flandres

            Quarante cinq lacets de toutes les couleurs

            Quinze milliers d’épingles tant grosses que petites

            Deux couteaux à manche de cerf

 

            Et encore des dizaines et des dizaines d’articles différents….

 

Les marchandises sont estimées à 950 livres tournois soit le prix d’une petite maison.

 

Cet inventaire à la Prévert, nous donne à penser que Jean Degoix, qualifié de marchand, tenait en réalité un magasin de type droguerie, vendant un assortiment de produits très diversifiés allant des clous à la moutarde. Il avait ainsi une clientèle importante, tant chez les particuliers que les professionnels, autres artisans et marchands de la ville.

On remarquera aussi que de nombreux produits sont importés d’autres pays ou provinces, en particulier le fromage de Hollande et des Vosges ainsi que des épices plus exotiques comme le gingembre, la muscade et les clous de girofle.

 

Enfin, après la visite et l’inventaire de la boutique, nous en venons maintenant à l’inventaire des différents papiers conservés par Jean Degoix.

 

[1] Une once correspond à environ à un poids compris entre 25 et 35 g

Ils sont, là aussi, très nombreux et je ne citerai que les plus importants en terme d’avoir.

 Nous verrons en particulier que Jean Degoix avait des intérêts fonciers et immobiliers assez importants dans les villages de Beuvange-sous-Saint-Michel, Volkrange et Morlange ce qui explique son intérêt pour la réparation de la chapelle du mont Saint-Michel de Beuvange.

 

Au chapitre des papiers : (Réalisé le 27 avril 1709)

 

            Une liasse de papiers concernant le partage des biens, immeubles de la succession        de Jean Henry  Schmit, prêtre habitué en cette ville, Bernard Frisch maître boucher,          bourgeois de cette ville à cause de Madeleine Schmit sa femme et autres consors          dénommés audit partage entre ledit Jean Degoix comme tuteur des enfants mineurs     de Françoise Collin et au droit de Françoise Col sa femme.

 

NB: Ces familles : Schmit, Frisch, Collin et Col sont alliées et impliquées dans l’histoire de la chapelle des lépreux qui se trouve à Saint-François (Voir mon ouvrage sur le sujet)

 

            Un bail d’une chambre et d’un cabinet laissés à Jean Cademy par Jean Niclo,         huissier de police, portant somme de trente livres de loyer. Ledit loyer cédé à      Jean Degoix pour quatre années.

 

            Un cran de chaptel [1] par Jean Degoix à Mathis Probst de Metzange pour une         somme de trente écus en date du 28 novembre 1703, et un autre à Nicolas Jacob de            Beuvange pour vingt écus au 24 septembre 1707.

 

            Une promesse consentie par Jean Hagen, laboureur demeurant à la cense de        Daushaus [2]  pour trente huit livres en date de 1708 .

            Une obligation consentie par ledit Hagen au profit de Jean Degoix en date de        l’année 1705 pour une somme de soixante seize écus blancs.

 

            Une quittance sous seing privé donné par Jean Degoix le 25 février 1703 d’une   somme de vingt et un écus à la décharge de Didier Baué de Beuvange.

 

            Une constitution consentie par Diimanche Schweitzer de Metzange au profit de    Jean Degoix pour un principal de trois cents livres en date de 1706.

 

            Une obligation consentie par Jean Baué de Beuvange portant une somme de trois            cents livres en date de 1705.

 

            Une obligation faite au profit de Jean Degoix portant une somme de trois cents     livres par Pierre Allerborn de Thionville en date de 1709. Ladite obligation       portant intérêts au denier dix huit au profit de Marie Catherine Degoix, fille mineure, et à elle léguée par son père Jean Degoix.

 

            Il avait aussi à bail une métairie à Volkrange pour neuf cents livres de loyer

 

[1] Cela correspond à un bail à cheptel, un troupeau de bêtes est donné à garder et à prospérer à une personne qui doit en partager les bénéfices au bout de l’an.

[2] Actuellement la ferme du Colombier entre Veymerange et Elange

Dans ces papiers fut retrouvée la quittance faite par Pierre Jacques Petelot son gendre pour la dot du mariage avec sa fille aînée Christine, le festin, le linge et l’habillement.

 

Retrouvé également un billet, signé par Jean Degoix le 12 mars 1709, par lequel, il fait le partage de son argenterie et bijoux entre les trois enfants et par lequel il apparaît que les parts des deux filles mineures sont entre les mains de Jean Fischbach [1], laboureur d’Elange et de sa femme.

 

Une quittance donnée par le greffier de police portant la somme de neuf livres payées pour les droits de métier pour son gendre Pierre Jacques Petelot.

 

Enfin une liasse de vieux papiers en parchemin concernant sa maison de Thionville située dans la grande rue entre celle de Nicolas Herga et celle des héritiers Latouche avec un autre appartement situé derrière la maison dudit Louis Lamiotte.

 

Un registre journalier contenant quarante huit articles concernant les débiteurs qui n’avaient pas payé les marchandises.

 

Je pourrais continuer comme cela sur plusieurs pages,  mais je vais vous épargner cette litanie de reconnaissances de dettes, de constitutions, d’obligations diverses toutes au profit du défunt Jean Degoix.

 

Le montant total des avoirs représentés par l’ensemble de ces documents se monte à plusieurs milliers de livres tournois

 

Les débiteurs sont de Thionville et des villages alentours  (extrait)

 

            Cademy et Niclo de Thionville

            Mathis Probst de Metzange

            Nicolas Jacob de Beuvange

            Jean Hagen du colombier

            Didier et Jean Baué de Beuvange

            Pierre Allerborn de Thionville

            Agnès Klopstein et son mari Robert Delapierre de Thionville

            Léonard Mathis de Fontoy

            Noël Claude de Thionville

            Barthélémy meunier à Morlange

            Louis Pichier de Thionville

            Pierre Clocqui de Morlange

            Jean Baué le jeune de maison rouge

            Le meunier d’Immeldange et Mathis Veinant de la Haute-yutz

            Martin Monnelle

            Bodard de Thionville

            Jean Michel Scharff, avocat à Thionville

            Nicolas Koch d’Elange

            Nicolas Fischbach d’Elange

            Et tant d’autres…..

           


[1] C’est lui qui donnera le verger où fut construite la chapelle d’Elange en 1726.

Nous voyons aussi que dès 1699, Jean Degoix avait acheté des biens importants à Morlange, Beuvange et Volkrange. Nous sommes là quelques dizaines d’années après la fin de guerre de Trente ans et du dernier siège de Thionville en 1643.  Les villages alentours ont payé un lourd tribu et beaucoup ont très peu d’habitants, les terres sont laissées à l’abandon depuis des années et n’ont plus guère de valeur, aussi quelques marchands de Thionville, qui profitent de la reprise économique [1] et retrouvent des liquidités, les investissent dans l’achat de terres, métairies et troupeaux dans ces villages proches de la ville.

 

Enfin comme beaucoup de bourgeois de Thionville, Jean Degoix se devait de loger un officier de la garnison. Dans la chambre occupée par cet officier, on a recensé, un vieux châlit de bois de chêne, une palliasse ou matelas avec des draps, oreillers et couvertures de toile, le tout usagé.. Il y avait aussi un plat en étain, une table en sapin, un grand chaudron et des chenets.

 

Nous savons que sa fille aînée, Christine, mariée avec Pierre Jacques Petelot fit souche à Thionville comme sa seconde fille Marie Catherine, mariée avec Nicolas Conset ou Conseil. Elles avaient toutes les deux épousé des marchands de la ville, quant à sa plus jeune fille, nous n’avons cherché plus d’informations. Contrairement à d’autres inventaires après décès, il ne figure pas de reconnaissance de dettes envers des tiers, ce qui n’est pas courant à l’époque, preuve de la bonne et saine gestion faite par Jean Degoix.

 

Voilà donc en ce début de 18ème siècle, ce que possédait un riche marchand, bourgeois de Thionville, ce qu’il léguait à ses enfants. On peut le dire, c’était là un patrimoine assez élevé, nous verrons dans les articles à venir, le patrimoine laissé par un manouvrier d’Elange et ensuite par un officier de la noblesse, seigneur de plusieurs villages alentours. 

 

Comparaison n’est pas raison, on le dit, mais à n’en pas douter, ces comparaisons nous donneront une idée assez juste de l’état de cette société  thionvilloise au début du siècle des lumières.

 

[1] Reprise favorisée par la présence française, la fin des hostilités, la pacification du pays et des voies commerciales. Aussi par l’appétit de vie des habitants sortant d’une longue période troublée, voir dévastatrice.

Dans ce document de juillet 1723, on voit que Nicolas Confes et Marie Catherine Degoix continuent à mettre à bail au sieur Baué, la métairie de Beuvange,  héritée de Jean Degoix.

Dans ce document de juillet 1723, on voit que Nicolas Confes et Marie Catherine Degoix continuent à mettre à bail au sieur Baué, la métairie de Beuvange, héritée de Jean Degoix.

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