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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Persin Michel

Après avoir vu la succession d’un riche bourgeois de Thionville, marchand de son état, nous allons voir la succession d’un tisserand d’Elange, Nicolas Neisse.

Voici la vente de ses biens par la justice d’Elange :

L’an 1763, le 15 février à environ huit du matin à la requête de François Dubois, tailleur d’habit, demeurant à Elange, étant là en qualité de tuteur de l’enfant mineur du défunt. Martin Neis et Humber Neis, curateur dudit mineur et Jean Koque (Koch), sergent de la justice d’Elange.

Nous avons procédé à la vente de meubles et d’effets personnels provenant de la succession de Nicolas Neise [1], aïeul dudit mineur, au plus offrant et dernier enchérisseur à crédit jusqu’à la Saint-Martin, onzième novembre prochain, ainsi qu’il s’en suit :

NB: L’orthographe et la grammaire ne sont à priori pas le préoccupation du greffier de la justice d’Elange, aussi n’en tenez pas compte. La phonétique est à l’honneur dans la première partie du document !

 

[1] Marié à Catherine Koch, exerçait le métier de tisserand et de manouvrier quand le travail manquait.

Extrait de l'acte de justice

Extrait de l'acte de justice

  • Une table, avec ses quatre pieds, vendue à Jean Clément de Terville pour 20 sols
  • Cinq brebis vendues à Mathis Koche, manouvrier à Veimerange (Veymerange)  pour 30 livres, il a donné pour caution Jacques Koche demeurant à Veimerange.
  • A François Dubois tailleur d’habit a été vendu une mère de porque (truie) pour 18 livres.
  • A Jean Clément manouvrier à Terville a été vendu un kochant  d’lais (cochon de lait) pour 4 livres.
  • A François Dubois a été vendu un lit de plumes pour 6 livres.
  • A Jaque (Jacques) Koche (Koch) manouvrier à Veimerange a été vendu un traversin pour 5 livres et 1 sol.
  • A Catterin Hoche (Catherine Koch) veuve du deffunt (défunt) Nicolas Neise, ont été vendus un traversin et un autre traversin pour 15 livres 5 sols.
  • A François Dubois a été vendu un lit de plume pour 5 livres 10 sols.
  • A Catterin Koche (Catherine Koch) ont  été vendus un toit de lit et un bois de lit avec ses ridots (rideaux) pour 5 livres et 1 sol.
  • A Pïerre Cune de Guentrange a été vendue un couvert de lain (couverture de laine) pour 24 sols.
  • A Jean Wagener de Bivange (Beuvange) a été vendu un nabit (Habit) de toile pour 4 livres et 11 sols.
  • A Christian Neise, jeune garçon, a été vendue une pére (paire) de bas noire pour 18 sols.
  • A Jean Wagener a été vendue une paire de gette de tridaine (guêtre) pour 7 sols.
  • A Nicolas Probst, laboureur de Wolkrange a été vendue une paire de soullier (soulier) pour 34 sols.
  • A Jean Brouche, manouvrier d’Elange, a été vendu un schodron (chaudron) de fer de font (de fonte) pour 4 livres et 6 sols.
  • A Nicolas Welfe ont été vendues 7 onces de Paris de tridaine [1] pour 18 livres et 10 sols.
  • A Pierre Cune ont été vendues 2 plote (pelotes) de fils avec une bobine de laine pour 8 sols.
  • A Thomas Benedic, garde survaillian de la schapel de Saint-François (garde surveillant de la chapelle) a été vendue une nape (nape) pour 35 soils.
  • A Jean Lideleiner de Bivange (Beuvange) ont été vendues 2 naps  (nappes) pour 51 sols.
  • A Thomas Bénédic ont été vendues 3 serviet (serviettes) pour 27 sols
  • A François Dubois a été vendu un tulle de traversin pour 2 sols et une paire de dras (draps) de toile détoub (étoupe) [2]pour 5 livres 13 sols.
  • A Thomas Bénédic a été vendu un toit de lit pour 7 livres.
  • A Catterin Koche (Cayherine Koch) a été vendu une paire de dras (draps) de toile pour 5 livres et un tuil de toile de schanvre (chanvre) pour 6 livres .
  • A Humber Neise d’Elange a été vendu un vieux toit de lit pour 21 sols.
  • A Pierre Cune a été vendu un dras (draps) pour 2 livres et 2 sols.
  • A Thomas Bénédic a été vendu une paire de dras (draps) de toile de schanvre (chanvre) pour 7 livres 13 sols, il a donné pour caution Jean Genes d’Elange pour tout ces articles.
  • A la femme de Nicolas Wolf d’Elange a été vendu une paire de vieux dras (draps) pour 3 livres 4 sols et à Jean  Adelainer (le même que Lideliener déjà cité) de Bivange (Beuvange) a été vendu une paire de vielles chemises pour 2 livres 1 sol.
 

[1] Etoffe grossière faite de toile et de coton.

[2] L’étoupe est un tissu non tissé dérivé ou restant de la filature du chanvre. L’once est une unité de poids.

  • A Brice Bertrant de la bas Guentrange (Basse Guentrange) a été vendu une serpe et une petite hachette et un schapot (chapeau) d’homme le tout pour 46 sols.
  • A Antoine Verlain d’Elange a été vendu 2 vieilles faux, 2 martots (marteaux) et une pier (pierre à auiguiser) pour 22 sols.
  • A Nicolas Schiltz de la cense d’Haufhausse (Daubhaus = ferme du colombier)  a été vendu un petit schodron (chaudron) de fer de font pour 37 sols.
  • A Jean Clément de Terville a été vendu une pelle à fri (poëlle à frire) et une pince pour 2 livres 3 sols.
  • A Jean Brouche d’Elange a été vendu une paire de schenettz (chenets) pour 2 livres 1 sol.
  • A François Dubois a été vendu une paire de petits chenés (chenets) pour 20 sols.
  • A Nicolas Koche a été vendu un  équimoire (écumoire) et une cuillère à pot de fer pour 40 sols.
  • A François Dubois a été vendu 9 cuillier (cuillières) d’étin (étain) pour 19 sols.
  • A François Dubois a été vendu 13 fourchettes de fer pour 18 sols.
  • A Catterin Koche (Catherine Koch la veuve) a été vendu une schaisse (chaise) pour 6 sols.

 

  • A Jean Clément a été vendu un paset (une passette) de fer pour 7 sols.
  • A la femme de Damien Schweitzer d’Elange a été vendu un menut schodron de cuivre (petit chaudron) pour 4 livres 5 sols.
  • A Jean Brouche d’Elange a été vendu une pelle de bois pour 6 sols et6 deniers.
  • A François Dubois a été vendu § corbeilles pour 24 sols.
  • A la femme de Glode (Claude) Schweitzer un rouet pour 9 sols 6 deniers.
  • A ka fille de François Thièbaux (Thiebault) d’Elange  a été vendu une taque de four pour 57 sols.
  • A Humber Neise d’Elange a été vendu une carafe d’étin (étain) pour 15 sols.
  • A Jaque Koche (Jacques Koch) de Veimerange a été vendu une écuel de faienc (écuelle de faïence) pour 16 sols.
  • A la femme de Damein Schweitzer a été vendu une écuel et une petit cuillier d’étain (écuelle et cuillière d’étain qui là est bien orthographié)  pour 2 livres.
  • A Humber Neiss de Bivange (Beuvange) a été vendu 5 pots de pierre pour 26 sols.
  • A la fille de François Thibaux d’Elange a été vendu 3 assiet (assiettes) de France pour 12 sols..
  • A Glode (Claude) Schweitzer a été vendu un pot de terre pour 1 sol et 6 deniers.
  • A Humber Neis de Bivange (Beuvange) a été vendu 2 petits pots de pier (pierre) pour 7 sols et 6 deniers 
  • A Mayhis Koche (Koch) de Veimerange a été vendu un pot de fer de font pour 3à sols.
  • A Nicolas Schiltz a été vendu 2 assiet (assiettes) de terre pour 4 sols 6 deniers.
  • A Cattrin Koche  (Catherine Koch) a été vendu un pot de fer de font (fonte) , un gamel (gamelle) de terre et la lampe pour 19 sols.
  • A Cattrin Koche (Catherine Koch la veuve) a été vendu la lanterne pour 2 sols. Et la chaine du puits et un saq (sac) pour 12 sols.
  • A François Dubois a été vendu une fourche de ferre (fer) et le bichet pour 1 livre et 3 sols.
  • A Jean Brouck a été vendu 2 paniers pour 7 sols

Suivent quelques ustensiles de cuisine de terre et de fer acheté pour quelques sols.

(A partir de cette page le rédacteur a changé et l’orthographe également)

 

  • A François Dubois a été vendue une armoire de bois de chaine (chêne) pour 26 livres 3 sols.
  • A Catherine Koch a été vendu un vieux coffre pour 20 sols.
  • A Humber Neise de Beuvange a été vendu un fourneau de fonte pour 12 livres.
  • A François Dubois a été vendu un petit coffre pour 10 sols.
  • A Nicolas Koch ont été vendus une may (maie) à farine et un tour à filler pour 5livres 5 sols.
  • A Nicolas Wolf a été vendu un masque de fil d’archet (pour les abeilles) pour 12 sols.
  • A Dominique Neise a été vendu un petit coffre pour 7 sols.
  • A François Dubois a été vendue une may (maie) pour 8 sols.
  • A Catherine Koch a été vendues 2 taies d’oreiller pour 43 sols.
  • A jean Diliner de Beuvange a été vendue une paire de chemises d’homme pour 16 sols comme à Pierre Cune de la basse Guentrange aussi 2 chemises d’homme pour 2 livres et 10 sols.
  • A Jean George de la basse Guentrange a été vendus un cullot de toile et un gilet de tridaine et une camisole pour 3 livres et 1 sol et un habit de tridaine pour 2 livres et 6 sols.
  • A Humber Neis de Beuvange ont été vendus une camisole noire pour 5 sols  et toute la paille et tout le bois pour 10  livres .
  • A Humber Neis de Beuvange  a été vendu un bichet de pois blancs pour 37 sols.
  • A Catherine Koch (la veuve) un bichet de seigle pour 1 livre.
On remarquera la signature du sergent, Jean Koch, qui signe « Couq » alors que Dominique Neise  , maitrise parfaitement l’écriture et l’orthographe de son nom.

On remarquera la signature du sergent, Jean Koch, qui signe « Couq » alors que Dominique Neise , maitrise parfaitement l’écriture et l’orthographe de son nom.

Voilà la liste pratiquement exhaustive des biens du défunt Nicolas Neis d’Elange qui ont été vendu le 15 février 1763 dans la maison qu’il occupait au village. Cette maison ne lui appartenait pas, il en était locataire, souvent ces maisons appartenaient à de riches bourgeois, des marchands de Thionville comme l’était Jean Degoix (voir l’article précédent) qui louait des biens à Volkrange

La vente de ses biens a rapporté environ 130 livres à comparer aux milliers de livres de Jean Degoix. Les tisserands étaient nombreux dans nos villages, où ils exerçaient leur métier à leur domicile, au gré des demandes, louant leurs bras aux fermiers des villages quand ils n’avaient pas de commandes .Pour leur subsistance, ils avaient en général une basse cour et quelques  animaux, comme on le voit ici, dans la vente d’une truie et de ses petits ainsi que de quelques brebis.

 

Nous remarquerons que la vente se fait à l’initiative de François Dubois qui est tailleur d’habit, donc un des commanditaire de Nicolas Neisse qui était son fournisseur en tant que tisserand, il était de plus, le tuteur de son enfant mineur et la vente devait servir à assurer l’avenir de cet enfant. On remarquera aussi que la mère, Catherine Koch est considérée comme une personne étrangère à la famille, elle achète même plusieurs des biens en vente, bien qu’elle avait pourtant utilisé lors de sa vie commune avec le défunt, comme une lampe, la chaine du puits et son sceau, des draps et autres petites choses, cette façon de procéder était liée au respect de la coutume de Thionville.

 

Les acheteurs sont peu nombreux, ils se limitent à quelques personnes d’Elange, de Veymernage, de Beuvange, de Guentrange, de Terville et une personne de Thionville.

 

On retrouve des membres de la famille Neis ou Neisse dans tous les villages autour de Thionville où ils s’allièrent avec de nombreuses familles comme les « Koch » ou les « Schweitzer ».

 

Dominique Neisse qui signe ce document de la justice d’Elange, en était le maire depuis 1749, laboureur, allié à la famille Vonner,  il avait déjà acquis un ensemble de biens assez conséquent au village.

 

La croix de chemin située entre Elange et Veymerange près de la ferme du Colombier avait été érigée par Jean Neice en 1681 [1]. En 1722, un certain Jean Neis est déjà tisserand à Elange et au 19ème siècle, les premiers instituteurs des villages alentours, Terville et Veymerange,  étaient issus de cette grande famille.

 

Le mois prochain nous verrons l’inventaire des biens d’un noble, seigneur de plusieurs villages qui avait une de ses maisons à Thionville.

 

[1] Voir sur toutes ces croix et bildstocks mon ouvrage « Patrimoine – Croix et soldats » archives communales de Thionville.

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muhlmann 23/07/2017 20:20

on a retrouvé le Glode, de la soupe aux choux. Quand à l'orthographe, quand on lit les commentaires sur internet, on a l'impression de revenir à cette époque. C'est vrai que le nom de Schweitzer revient souvent, il y en a aussi à Manom, le village de mes ancêtres Cordialement Elvire