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Thionville – Confréries et corporations (Confrérie du rosaire) Fin de la série d’articles sur ce sujet

Publié le par Persin Michel

Cette confrérie du rosaire créée en mars 1666 concurrença fortement la confrérie historique de la ville qu’était la confrérie du Saint-Sacrement. Elle fut édifiée avec toutes les autorisations utiles et les protections les plus adéquates, elle connut un vrai succès. Succès assuré également par le fait qu’elle put exercer dans la chapelle Sainte-Elisabeth, ancienne chapelle de l’hospice des pauvres, située dans les bâtiments du beffroi à quelques pas de l’église paroissiale.

 

Comme vu dans l’article précédent, la pratique religieuse exigée des confrères est relativement simple ce qui permet à chacun de se sentir capable d’être un bon confrère. Des indulgences et pardons sont octroyés aux pratiquants assidus et l’organisation ainsi que la tenue de la confrérie est exemplaire. La confrérie a un règlement intérieur comportant 14 articles que chaque confrère doit connaître et qu’un maître se doit de faire appliquer.

 

Le maître est nommé le premier dimanche d’avril lors de l’assemblée générale, il est secondé par un régent qui lui est élu parmi les confrères et qui l’année suivante deviendra maître à son tour. Lors de l’élection du régent, on veille particulièrement à ce que le candidat ne puisse par un moyen quelconque favoriser son élection.

 

Le principe était donc fort simple :

 

Le premier maître nommé fut le créateur de la confrérie, on élisait un régent parmi les confrères qui l’année suivante devenait le maître et ainsi de suite pendant pratiquement un siècle. (1666-1763)

 

Le maître ne pouvait l’être qu’une seule année puis redevenait simple confrère.

 

Les cinq premiers maîtres ont été : 

 

  • Charles de Fey de la Garenne, major de la place de Thionville à l’initiative de la création de la confrérie.

  • François Carlier (Gaulier) qui fut aussi à l’initiative de la confrérie.

  • Annibal Hue de Saint-Rémy, lieutenant civil et criminel de Thionville

  • Jean de Fauget, seigneur de Vazeilles, lieutenant des gardes

  • François Soucelier, conseiller du roi et avocat au bailliage de la ville

Ensuite nous trouvons, un clerc juré, un avocat, un notaire et en 1686 un chirurgien qui était aussi directeur de l ‘hôpital des pauvres, puis des marchands avec parfois des avocats ou des officiers municipaux ou bailliagers, toutefois clairement à partir de 1700, la plupart des maîtres seront issus des corporations, marchands et artisans.

 

Les cinq derniers maîtres furent :​​​

  • Nicolas Blaise marchand (1759-1760)

  • Pierre François Lacoveille, marchand (170-1761)

  • Jean Bastien, tourneur (1761-1762)

  • Jean Pierre Soustre, chaudronnier (1762-1763)

  • Nicolas Tinus, tailleur (1763-1764)

Un autre personnage important de la confrérie était le chapelain. Chargé de recevoir les confrères, de tenir le registre de la confrérie, des dons et d’organiser toute la partie religieuse. Il se doit aussi de dire une messe tous les dimanches dans la chapelle.

Le premier chapelain fut Nicolas Thiriat, prêtre à l ‘église paroissiale Saint-Maximin. Il exerça de 1666 à son décès en 1683 et fut parfois en délicatesse avec la paroisse qui n’avait pas toujours vu d’un bon œil la création de cette confrérie faisant du tort à la paroisse elle-même et à sa confrérie associée, celle du Saint-Sacrement. 

 

A son décès le poste de chapelain ne fut pas pourvu pendant quatre années, la fonction fut assurée par des prêtres des environs et puis le 16 mars 1687, on fit élire par 16 confrères[1]un religieux de l’abbaye de Justemont, Jean Maurice Martinot, comme chapelain de la confrérie et à partir de cette date, le chapelain fut toujours élu par les confrères et rétribué 100 livres tournois par an pour ses services.[2]

 

Le chapelain était en poste de son élection à sa mort ou à sa mutation dans une autre paroisse. Il faisait aussi office de chantre et de sacristain et devait veiller au bon ordre de la chapelle, des ornements et des cérémonies.

 

Au final, la confrérie du rosaire fut plutôt démocratique ; le maître et le chapelain étaient élus par les confrères. Le maître pour une seule année, laissant la possibilité au plus grand nombre d’exercer cette charge honorifique. Maintenant, nous étions quand même au 18èmesiècle et les femmes ne furent jamais admises à se présenter à l’élection de maître mais elles purent être admises comme consoeurs et même à élire entre elles une maîtresse chargée de faire connaître au maître de la confrérie leurs remarques et désirs.

 

Pour s’inscrire à la confrérie, il suffisait d’aller voir le maître accompagné du chapelain et de se faire inscrire sur le registre de la confrérie en ayant toutefois confessé et communié juste avant.

 

Ëtre confrère ne comportait que fort peu de contrainte sauf pour la mort de l’un d’entre eux où il fallait alors réciter les prières adéquates et assister au convoi funèbre, deux par deux, un cierge à la main. On devait aussi assister aux messes dites par la famille et par la confrérie. Les inhumations avaient lieu au petit cimetière paroissial tout proche, dans la crypte de l’église ou au cimetière Sainte-Suzanne au quartier Saint-François.

On se devait aussi d’assister aux messes anniversaires en souvenir des défunts.

 

Seul huit inhumations sont signalées dans la chapelle du rosaire [3].

 

On y célèbre avec faste, le premier dimanche d’octobre, la victoire de Lépante [4]le 7 octobre 1571, victoire que les frères du rosaire avaient demandée avec ferveur à Dieu. Bien entendu on y célèbre aussi les autres fêtes religieuses : Pâques, Pentecôte et Toussaint.

 

Par-dessus tout, la confrérie a vocation à honorer, aimer et faire aimer, Marie, mère de Dieu, lien d’amour entre Jésus-Christ, son fils, et les pauvres pécheurs que sont les confrères.

 


[1]Les 16 confrères les plus « dignes » de participer à cette élection ! Que recouvrait le terme de « digne » ?

[2]La plupart des 13 chapelains qui se sont succédaient au service de la confrérie furent des prêtres de la paroisse élus par les confrères

[3]Lors de travaux dans le beffroi en 1951, on trouva un squelette sans doute inhumé là dans une partie de la chapelle du rosaire

[4]Bataille victorieuse contre les troupes turques

Chaque visite canonique faite à la paroisse de Thionville par l’évêque de Metz note l’existence de cette confrérie et de sa chapelle. Il est toujours mentionné que la chapelle est belle, bien entretenue et dotée de tous les ornements nécessaires au culte sacré. Il est souvent signalé que les registres sont bien tenus, à jour et que les rentes, dons et revenus sont suffisants. 

 

Effectivement dès sa création la confrérie reçoit de nombreux dons : (Exemples)

 

En 1668

 

 

En 1705

 

Dans ce document la chapelle est dite de Sainte-Elisabeth sous la tour de guet de la ville

 

Finances :

 

Entretenir la chapelle et faire vivre la confrérie coûtait beaucoup d’argent, mais la confrérie n’eut guère de soucis d’argent. A chaque fois qu’un habitant de la ville venait s’inscrire à la confrérie, il donnait une certaine somme en rapport avec sa fortune personnelle, cette pratique n’était pas obligatoire mais toujours respectée. De plus tous les ans chaque confrère se devait de payer sa part pour le fonctionnement de la confrérie, s’il ne payait pas dans les 30 jours, il était rayé des registres de la confrérie et n’en faisait plus partie. Pour ceux que le maître et le régent estimaient trop pauvres, on ne leur demandait aucune quote-part.

 

Les autres rentrées d’argent provenaient des quêtes lors des cérémonies, des dons soit en nature, soit en argent, de la location des bancs dans la chapelle et des rentes faites pour célébrer des messes en souvenir des défunts. Enfin, il y avait les fondations et dons de terres et maisons faites par les plus riches habitants de la ville [1].

 

Moralité :

 

Cette confrérie semble avoir été d’une très bonne tenue, il faut dire que chaque confrère qui y était reçu se devait d’avoir une bonne moralité. Les postulants soupçonnés d’aimer la dive bouteille ou les cabarets n’était pas reçus. Les danses publiques étaient interdites comme les mœurs légères et si un des confrères admis venait à prendre un mauvais chemin, il était exclu. Les petites dissensions pouvant survenir au sein de la confrérie étaient réglées en commun avec le maître, le régent et quelques confrères si besoin. L’amitié devait régner au sein de la communauté. Les maîtres furent toujours des habitants ayant une certaine assise sociale, toujours d’âge mûr à la moralité exemplaire.[2]

Les militaires très nombreux à Thionville représentent environ 30 % des confrères et les officiers municipaux, les hommes de lois et de santé furent très nombreux également à adhérer à la confrérie [3].

 

Cette participation importante des notables assurait pour les autorités royales et religieuse une sorte de garantie morale contre les griefs vrais ou faux que les autorités avaient contre les corporations et les confréries. Effectivement, ces communautés d’habitants faisaient généralement tous les ans un repas rassemblant tous leurs membres et bien entendu, il arrivait que ces repas finissent en ripailles, franches débauches et hostilités envers certaines autorités occasionnant des troubles publics. Pour cette raison les corporations et les confréries furent surveillées étroitement et noyautées afin de prévenir tout débordements. Régulièrement, elles étaient suspendues, voir interdites puis ré-autorisées souvent avec d’autres statuts ou dirigeants.

 

Qui plus est, ces communautés acquéraient en matière de gestion financière et en matière juridique de réelles compétences. Les plus importantes de ces communautés affichaient une certaine richesse et pesaient souvent d’un poids important dans la vie de la cité

 

Aussi le pouvoir central n’eut-il de cesse de mettre un terme à ces assemblés de citoyens, corporations et confréries. Ce qu’il réussit à faire au travers des parlements régionaux en 1763. 

 

[1]Plus on donnait en fonction de ses moyens plus les indulgences et pardons étaient importants. Les fondations pour dire des messes duraient souvent plusieurs années provenant des loyers de terres ou de maisons et étaient payées tous les ans à la même date.

[2]Au moins extérieurement, pas de journaliste s people à l’époque !

[3]Environ un tiers des effectifs

La chapelle de Sainte-Elisabeth :

 

Elle était donc devenue en 1666, la chapelle de la confrérie du Rosaire, mais elle était bien antérieure à la confrérie. Effectivement, Thionville avait un hôpital, plus justement un hospice, dès avant 1332[1], souvent pour ne pas dire toujours, ces hospices avaient dans leurs murs une chapelle, autant pour les soignants [2]qui étaient alors des religieux que pour le salut des malades. L’hospice de Thionville au regard de sa population devait être fort petit et comme souvent dans les hospices ou hôpitaux, la chapelle se trouvait dans la même pièce que l’hospice, au bout de la salle commune, séparée parfois par un rideau. Donc, cette chapelle fut logiquement dédiée à Sainte-Elisabeth en souvenir d’Elisabeth de Hongrie (1207-1231) mariée à Louis IV de Bavière. Après le décès de son époux en 1227,  devenue franciscaine elle fit construire un hôpital pour les pauvres.

 

L’hospice se trouvait approximativement où se tient aujourd’hui le beffroi. Nous savons qu’un chapelain y exerçait en 1337 et puis vers 1564, pour des raisons inconnues, l’hospice fut transféré dans la maison des bains publics de la ville où on ne recevait plus les pauvres, la maison étant trop exigüe, on leur portait la nourriture et le bois de chauffage chez eux. En 1718, on construisit à l’emplacement de cet ancien hospice un nouveau bâtiment plus important où l’on accueilli à nouveau les indigents.  

 

Ce nouvel hospice perdura dans cette rue appelée aujourd’hui « de l’ancien hôpital » jusqu’à la révolution avant d’être transféré dans l’ancien couvent des clarisses, aujourd’hui hôtel de ville.

 

La chapelle Sainte-Elisabeth resta au beffroi à son emplacement d’origine. Suite à la création en 1666 de la confrérie du Rosaire, la chapelle qui avait toujours porté le nom de Sainte-Elisabeth, prit pour les habitants le nom de la confrérie, on l’appelait donc la chapelle du Rosaire. Après 1718, on érigea dans le nouvel hospice une chapelle à qui on redonna le nom de Sainte-Elisabeth.

 


[1]Car à cette date Nicolas Desart et son épouse Agnès lui firent une donation d’une rente hypothécaire sur des maisons de Thionville à cet hospice

[2]Ces hospices n’étaient pas des hôpitaux, pas de médecin, pas de soins médicaux proprement dit, la science médicale de l’époque en eut été bien incapable. Non, c’était à proprement des hospices où l’on prenait soin des pauvres, leur assurant un lit, de la nourriture, un peu de chaleur et de la compassion (Parfois)

Où se trouvait exactement cette chapelle ? 

Dans les documents de l’époque, on l’a dit dans le beffroi, sous la tour de guet, à côté de la tour, enfin rien de très précis [1]. Il faudra attendre 1753 et un plan du beffroi dressé par l’armée pour connaître exactement son emplacement, c’est à dire juste à l’arrière de la tour comme indiqué ci-dessous.

 

 

[1]Il existe aux archives un croquis réalisé par Charles Abel de la situation de la chapelle, ce croquis est faux

On voit sur ce plan, une coupe de l’ancien bâtiment du beffroi, avec sa tour où trois petites maisonnettes (F) étaient appuyées servant de boutiques [1]. A côté, il y avait une porte, pour accéder à la chapelle du Rosaire (B). 

 

Ellipse:      Sur la façade principale qui donnait dans la rue actuelle de l’ancien hôtel de ville (anciennement rue de la prison), on trouvait une porte pour accéder au RDC de la tour, puis une petite porte avec un escalier pour accéder aux prisons du 1eret 2èmeétage, puis une petite porte basse pour accéder aux cachots du sous-sol, ensuite une porte pour accéder à la chapelle du Rosaire et enfin au bout du bâtiment un escalier avec une porte (E) plus importante donnant accès à l’hôtel de ville et au bailliage.

 

On remarque aussi que le chœur de la chapelle où se trouve trois autels est séparé de la nef par un dispositif léger permettant de séparer la nef et le chœur à certaine occasion. Cette disposition est caractéristique des chapelles d’hôpitaux ou d’hospice. Les malades occupant la nef qui était alors la salle commune, les autels du chœur étant alors soustrait à la vue des malades sauf pendant les offices que les malades pouvaient alors suivre de leur lit pour les plus handicapés.

 

Il est probable que cette disposition datait de l’origine de la chapelle Sainte-Elisabeth au sein de ce qui fut l’hospice des pauvres.

 

[1]Ces petites maisons furent détruites en 1820 à cause des risques d’incendie causés par leur cheminée donnant directement sur le 1erétage du beffroi. Leur disparition permettra à la ville d’installer au sous-sol du beffroi le poids de la ville qui auparavant était sur la place du marché

Au-dessus de la chapelle, il y avait un clocher qui venait d’être refait à l’occasion de la création de la confrérie du Rosaire, on en profita pour fondre la petite cloche qui s’y trouvait afin d’en faire une plus grosse qui fut baptisée du nom de Marie-Catherine, le 16 septembre 1666 par le chapelain Nicolas Thiriat en présence de 6 parrains et de 6 marraines. Le 30 mars 1708, la cloche qui s’était fendue fut remplacée et baptisée Suzanne Agnès en présence de 2 parrains et 2 marraines seulement. 

 

 

Voilà donc détaillé le fonctionnement de la plus importante confrérie de Thionville sous l’ancien régime, mais toute chose a une fin et pour les confréries thionvilloises, cette fin viendra d’un arrêt du parlement de Metz en date du 10 mai 1763. Sous couvert de réaliser un état des différentes confréries du diocèse et de vérifier leurs autorisations, règlements, lettres patentes, comptes et autres statuts, on interdisait de fait toutes les confréries. 

 

Le maître de la confrérie du Rosaire associé aux anciens maîtres eurent beau faire appel de cette décision en rappelant que Louis XIV avait maintenu la ville et ses habitants dans tous leurs droits et coutumes, que la confrérie ne s’était jamais fourvoyée dans des beuveries et débordements d’aucunes sortes, rien n’y fera et le chapelain en poste alors, Michel Colesse fut obligé de remettre tous les papiers de la confrérie au curé de la paroisse.

 

Ce fut la fin des confréries thionvilloises. Les ornements et meubles de la chapelle furent transférés à la paroisse où l’on donna encore quelques cérémonies à son intention.

La chapelle resta en l’état quelques années puis vient l’affaire des bouchers en 1772 que je vous ai rapportée dans l’article sur la corporation des bouchers. A cette occasion on avait utilisé la chapelle alors sans affectation comme boucherie, en occultant le chœur [1], ce que la disposition de la chapelle permettait assez facilement ; Cette affaire terminée, on ne remit pas la chapelle dans son état premier, mais la ville s’en servit de débarras pour son matériel d’incendie. 

 

Enfin, le coup de grâce vient le 22 mai 1786 quand la ville mit la chapelle à bail par adjudication pour 9 années. Elle se réservait le chœur et la sacristie pour son matériel d’incendie et construisit alors un mur [2]pour séparer définitivement la nef du chœur. L’adjudication fut remportée par le sieur François Abel [3], marchand en la ville pour un loyer de 120 livres annuel qui se servit de la nef comme entrepôt.

 

Le 5 mai 1817, nous trouvons une adjudication des locaux dit du Rosaire appartenant à l’hospice de la ville et géré par la municipalité. Cette adjudication est faite pour 9 années et nous voyons alors que la chapelle initiale qui avait été divisée en 2 pièces [4]en 1786, est maintenant divisée en 4 pièces devenant 4 lots distincts adjugés séparément.

 

Lot N°1 :

Une pièce ayant son entrée dans la rue de l’ancien hôtel de ville (ex rue des prisons en 1753). Cette pièce est alors occupée par un certain Didion, marchand à Thionville qui va perdre l’adjudication au profit du sieur Poinsignon [5]pour 100 francs de loyer annuel.

 

Lot N°2 :

Une pièce qui donne sur la grande place du marché où elle a son entrée et actuellement loué à Michel Abel le fils de François Abel qui avait loué cette pièce en 1786. L’adjudication fut remportée par Jean Baptiste Herga, brasseur à La Grange pour un loyer de 300 F annuel.

 

Lots N°3 et 4 :

Deux pièces tenant à la maison de la veuve Bonaventure qui en a obtenu l’adjudication.

 

Voilà qui marque la fin définitive de cette belle chapelle du Rosaire. Le beffroi subira encore de multiples modifications qui rendront illisible aujourd’hui l’état primitif du bâtiment.

 

Pour résumer :

Fin des confréries de Thionville en 1763, suppression de la chapelle du Rosaire dès 1772 par la construction d’une cloison de séparation de la nef et du chœur et utilisation du choeur et de la sacristie comme remise par la ville [6].

 

 

En février 1776, Turgot supprime les corporations pour quelques mois seulement mais c’était là de sombres prémices puisqu’en mars 1791, elles furent réellement abolie par la création de la patente et qu’en juin de la même année furent abolie les corporations ouvrières. 

 

[1]Par une cloison de planches

[2]Un mur qu’elle paya, de 11 pouces d’épaisseur crépi des deux côtés et fait par le maçon Georges Corrigeux

[3]Son petit-fils deviendra un homme politique et un érudit de Thionville, habitant à Guentrange, il laissa de nombreuses notes sur l’histoire de la ville et de la lorraine en général. 

[4]La nef pour le magasin de François Abel et le chœur et la sacristie réservée par la ville.

[5]Le sieur Poinsignon s’est déclaré de suite comme ayant enchérit pour la commune.

[6]Certains auteurs datent la disparition de la chapelle du Rosaire de 1834, c’est une erreur, cette date correspond à des modifications sur les étages du beffroi et la construction d’un logement pour le garde

La révolution dans la continuité de la monarchie essaya toujours de marginaliser les corps intermédiaires ce qui provoqua un retard considérable de la France dans la mise en place d’une démocratie plus sociale et d’une culture de la négociation.[1]

 

Il faudra attendre la fin du 19èmesiècle pour voir l’abolition du délit de coalition en 1864 puis la reconnaissance des syndicats en tant que personnes morales en 1884. Le syndicalisme put ainsi se développer.

 

Aujourd’hui, les syndicats, les associations diverses et variées représentent sous une autre forme les corporations et les confréries passées. Elles constituent souvent des groupes de pression et pèsent parfois lourdement sur les décisions politiques de l’état ou des municipalités. Mais, aujourd’hui comme hier, même si elles sont aussi courtisées, elles sont, n’en doutant pas, au moins pour certaines, sous surveillance.

 

Par cet ensemble d’articles sur les corporations et les confréries à Thionville sous l’ancien régime, j’ai voulu faire revivre un peu la vie des thionvillois dans ces communautés, confréries et corporations, non seulement leur vie mais aussi l’organisation de la commune et l’impact de ces communautés sur la structure même de la ville.

 

[1]La révolution ne fit qu’établir un parallèle entre les ouvriers et les patrons en leur interdisant aussi tout système de regroupement ou d’entente.

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