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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Terville 18ème siècle

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Rappel

Début décembre sort l'ouvrage "Terville Histoires retrouvées" dont la description figure dans ce blog. Le tirage original en étant très limité (100 ex), si vous êtes intéressés, il est prudent de le réserver au prix de 30€ (port gratuit), car il sera relativement vite épuisé.

Pour le réserver, vous pouvez me laisser un mail à l'adresse: terville.histoire@gmail.com, vous recevrez alors un bon de commande à me retourner. Cette même adresse peut être utilisée pour obtenir des renseignements sur l'ouvrage ou sur l'histoire de Terville.

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Maintenant nous allons voir un bail typique du 18ème siècle, concernant une métairie à grains à Terville. Traduit en français d'aujourd'hui, avec quelques termes de l'époque...

(La métairie à grains ne comportait aucune habitation, ni grange, ni écurie, ce n'était que des terres à cultiver. La métairie conventionnelle était une exploitation agricole avec ses bâtiments et ses terres)

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"Le 17 avril 1709, par devant les notaires royaux de Thionville et en l'occurrence le notaire Robin, étant présent en personne, le sieur Jean Lanio, avocat au parlement du siège de Thionville (du bailliage) et demeurant à Thionville, dit va volonté de louer à bail pour 9 années consécutives commençant à la fête de Saint-George et se terminant à pareil jour à la fin des 9 années, à l'honnête Mathis Wolff, laboureur de Terville, sa métairie située à Terville, consistant en terres labourables, jardins, prés, haies et buissons sans rien en réserver ni retrancher. A charge par le preneur, Mathias Wolff, de payer tous les charges seigneuriales et foncières sur la métairie. Le bail aura un canon ou limel (redevance ou rapport) annuel de 10 maldres de grains, mesure de Thionville, réparties comme suit:

4 maldres de froment

4 maldres de moitange (mélange de froment et de seigle)

2 maldres d'avoine

1 bichets de poix et un cens de chaux, de paille. (Cens = 100)

Le grain devra être loyal et marchand. (C'est à dire sec et de bel aspect, sans moisissure)

Le preneur, Mathias Wolff devra tous les ans à la Saint-Martin livrer à ses risques et périls et à son compte sur le grenier du sieur Lanio à Thionville , les quantités désignées ci-dessus, sauf la chaux et la paille qu'il devra livrer à Guentrange chez le vigneron du dit Lanio. la première livraison est exigée pour l'année 1711.

Le preneur, Mathias Wolff, devra aussi fumer et amender les terres tous les ans afin qu'à la fin des 9 années du bail, elles soient rendues dans un bon et suffisant état.

Ce bail est fait en contrepartie de l'engagement de tous les biens meubles et immeubles du preneur Mathias Wolff."

La famille Lanio avait des biens à Terville assez importants dont je parle dans l'ouvrage "Terville Histoires retrouvées".

Notes:

La chaux et la paille servaient à faire des enduits pour les murs.

1 maldre à Thionville valait un peu plus de 2 hectolitres. Le sieur Lanio recevrait donc tous les ans: 8 hectolitres de froment, 8 hectolitres de moitange, et 4 hectolitres d'avoine.

Soit 20 hectolitres de grains ce qui représentait environ 1600 kg de grains.

Le bichet était une mesure de contenance qui variait beaucoup d'une région à l'autre et qui se convertissait en poids. Un bichet à Terville valait environ 60 kg.

​Bien entendu si le fermier n'arrivait pas à fournir les quantités demandées, il devait les régler en argent au cours du grain sur le marché, souvent il pouvait reporter d'une année sur l'autre, une partie de la redevance en nature, à la discrétion du bailleur.

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Villages d'en bas

Sauf Terville, tous ces villages sont aujourd'hui des quartiers de Thionville, Quartiers souvent résidentiels où les lotissements ont lentement assiégé le coeur des anciens villages. Avant les années 1970, c'était des villages essentiellement agricoles qui bien qu'indépendants les uns des autres (sauf Metzange qui fit toujours partie intégrante de Volkrange) ont toujours été liés par des liens ancestraux.

Si nous remontons avant l'an mille, la campagne à l'ouest de Thionville, n'était qu'une succession de petits hameaux ou écarts de quelques maisons (faites de bois et de pisé) souvent regroupées autour d'une grosse exploitation agricole, elle même n'étant très souvent que la continuité plus ou moins régulière d'anciennes "villas" gallo-romaine.

Lors de la christianisation de notre région, certains villages, parce qu'ils appartenaient, tout ou partie, à des abbayes ou à des chapitres de grandes villes, eurent très tôt une chapelle comme à Veymerange, mais en règle générale, les églises furent construites au centre géographique de plusieurs écarts ou hameaux et idéalement sur une hauteur afin de fédérer au mieux un ensemble d'habitations, donc de populations qui avaient vue sur l'église et quelques kilomètres à faire pour s'y rendre et s'y retrouver. N'oublions pas que ces populations avaient la même culture, les mêmes centres d'intérêts; ils étaient paysans en grande majorité.

Il y avait le laboureur, exploitant une grosse ferme qui souvent ne lui appartenait pas mais qu'il avait en bail où il employait plusieurs ouvriers agricoles (manouvriers) qui habitaient de petites maisons groupées autour de la ferme. Quand les travaux agricoles ralentissaient suivant la saison, ces manouvriers étaient aussi vannier, bucheron, maçon, tisserand... Certains devinrent ainsi des artisans à temps plein.

Plus tard, viendront s'agglomérer autour de ce noyau primitif, quelques artisans et quelques commerçants. Ces écarts ou hameaux deviendront de vrais villages qui dès lors, demanderont et obtiendront une église, puis une école. Les liens d'origine entre ces villages restèrent vivaces très longtemps, même si aujourd'hui devenus résidentiels, ils les perdent peu à peu.

Donc, dans ce schéma général, l'église de Volkrange située sur une hauteur fut ce qu'on a appelé l'église mère des villages alentours, précisément de Beuvange, Veymerange, Elange, Terville et même Marspich. Comme ces villages étaient situés géographiquement plus bas que Volkrange, on les appelait alors les villages d'en bas.

Volkrange était la paroisse (même si Veymerange avait déjà une chapelle) et le centre adminstratif civil (seigneurie) de tous ces villages. Après la révolution, chaque village devient autonome, toutefois au début du 19ème siècle, un regroupement administratif et paroissial fut réalisé entre Terville, Veymerange et Elange. Veymerange en étant le centre géographique en devint aussi le centre administratif bien que moins peuplé que Terville et cela dura pratiquement tout au long du 19ème siècle.

Voilà un court résumé de la trame, a commencé, l'histoire de ces villages dont nous serons amenés à reparler en mettant en ligne quelques actes les concernant.

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 17ème siècle

Le 4 avril 1677 Pierre Du Bois (Dubois) meunier des moulins de la ville s'est engagé envers Jean Jacquet, entrepreneur des fortifications de la ville et citadelle de Metz et de Thionville pour faire planter tous les pieux pour les chevalets des ponts de communications dans les fossés de la place de Thionville avec des chapeaux au-dessus des pieux qui seront attachés avec de grosses chevilles de bois ou des broches de fer.

Les pieux seront chassés avec un mouton qui sera de 3 pieds et demi de long si bien que les pieux ne puisse pas être arrachés.

Les chevalets seront payés à raison de 22 sols par chevalets qui seront à une distance de 6 pieds de milieu en milieu sur 4 pieds de largeur.

Le sieur Dubois exige que les bois nécessaires lui soient livrés sur place ainsi que les ouvriers.

Ledit Dubois sera tenu de payer le fer et les cordages pour son mouton qui lui seront fourni une première fois, après quoi il sera tenu à l'entretien de son mouton.

Il se mettra au travail incessamment et en continuité jusqu'à ce que le travail soit terminé comme si c'était ses propres affaires et pour le Roi.

Le paiement du travail lui sera fait à proportion et à mesure de l'avancement du travail.

Nota:

Les fossés des fortifications comportaient des chemins de ronde et de communications entre les différentes parties de la ville. Ces chemins étaient en bois montés sur des chevalets.

Un mouton est un engin pour enfoncer les pieux en tapant dessus.

Pierre Dubois était meunier des moulins de la ville, mais il était aussi un expert dans la construction et l'entretien des moulins. Ainsi, c'est lui qui convertira le moulin à foulon de Beauregard en moulin à farine sur demande d'Etienne Blanchard d'Argelé, lieutenant du Roi et major de la place de Thionville depuis 1681, qui venait de l'acquérir.

Il avait aussi le moulin de Boler.

La prochaine fois nous parlerons un peu des villages autour de Thionvile.

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Publié le par Michel Persin

Du nouveau sur le blog Thionville histoire locale

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 17ème siècle

Bonjour à tous, me voilà rentré de vacances, je reprends donc le fil de l'histoire locale de notre ville et de ses faubourgs.

Le 31 mai de cette année,  je vous avais parlé d'un ouvrage à venir sur l'histoire de Terville (voir la page concernée) et bien la parution devrait avoir lieu d'ici 1 mois, vous pouvez donc si vous êtes intéressés, réserver ce livre au prix de souscription de 25 € frais de port inclus en me laissant un message à l'adresse mail micpersin@gmail.com je vous enverrai alors un bon de commande avec mon adresse. Après parution le livre sera vendu 30 €

Passons maintenant à l'acte du 16 février 1680 concernant une commande passée par le maréchal de camp des armées du Roi et lieutenant général de l'artillerie auprès de Jean Hofman, maitre charron à Thionville, afin qu'il fournisse au magasin de la ville les fournitures suivantes:

Premièrement de "raccommoder" 6 échelles à roulettes en bois pour servir en cas de feu et cela à raison de 6 deniers pour chaque échelle.

Puis, de fournir un essieu neuf au chariot portant le corps du gros canon de place.

Plus 3 essieux pour des canons de 8.

Il fera aussi 5 essieux pour des pièces de 6 dont on prendra les essieux ébauchés et les roues sur un vieux chariot à porter le canon de la place qui se trouve dans le magasin.

Il faudra aussi un essieu pour un affût de pièce de 4.

Tous les essieux lui seront payés à raison de 20 sols chacun.

Il devra aussi préparer et couper du bois pour ébaucher 100 gentes outre celles qui sont déjà dans le magasin à savoir 33 pour les canons de 33 et de 24. Le reste pour les pièces de 8, 6 et 4. Ce bois lui sera payé 10 livres tournois.

Il faudra aussi qu'il ébauche du bois de chêne pour faire 200 rayons de roues, pour cela il aura 10 livres tournois. Il devra aussi faire des moyeux à raison de 5 sols la paire.

Et puis, il devra fournir du bois pour 50 leviers de 7 pieds de longueur et 20 maillets à raison de 1 sol pour chaque maillet et levier.

Enfin, il ébauchera encore 40 essieux pour lesquels il touchera 4 sols la pièce.

Le paiement sera fait la moitié par avance et le reste à proportion de la livraison dans le magasin du Roi en la ville de Thionville.

Nota: Le canon de 33 est dit canon de France, c'était une pièce de place.

Les calibres correspondaient alors, non à un diamètre, mais au poids du boulet qui s'exprimait en livre (i livre valant un peu moins de 500 g)

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