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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/06/1734-thionville-la-metairie-de-marienthal-en-peril.html

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
Sceau ordinaire du couvent de Marienthal au Luxembourg

Sceau ordinaire du couvent de Marienthal au Luxembourg

En février 2014, j’avais sur mon blog www.histooiredethionville.com, initié une série d’articles sur l’histoire de la ferme de Marienthal à Thionville-Guentrange. [1]

 

Pour plus d’explication,s reportez vous à cette série d’articles sur le sujet toujours disponible sur le blog : www.histoiredethionville.com

Une fois sur le blog, taper dans la zone RECHERCHE : Val Marie et vous trouverez tous les articles parus sur le sujet.

Vous pouvez aussi consulter le « Miscellanées 2013-2014 » aux archives municipales.

 

 

 

[1] On retrouve ces articles dans le « Miscellanées 2013/2014 » consultables aux archives municipales et bien entendu sur mon blog.

Dans l’avant dernier article de la série, nous voyons que Balthazar Schweitzer, fils de Rémy Schweitzer, ayant repris la ferme [1]de « Marienthal-Vonnerhof » après son père, a des difficultés financières. Il contacte un emprunt en 1719 auprès du juif Lazard Limbourg, il est étranglé par ses dettes et en 1717, les Dames du couvent de Marienthal veulent le voir déchu de son bail, car en plus de ses dettes, il a dégradé un bois au ban d’Oeutrange, ce qui a provoqué un procès initié par le procureur du roi de la maitrise des eaux et forets de Thionville.

 

Ainsi ses dettes se montent alors à 1430 livres tournois, on lui a retiré de son bail l’exploitation du fameux bois d’Oeutrange, il doit aussi procéder aux réparations à la maison de la cense et aux dépendances..

 

En 1736, on le voit vendre à Nicolas Helminger une vigne d’un arpent pouvant être labourée, pour la somme de 200 livres tournois. Nous savons qu’il est probablement décédé le 12 mars 1739.

 

Nous ne savions pas ce qu’était devenue la ferme de Marienthal [2] après son décès et jusqu’à la révolution.

 

L’acte qui suit va nous donner la suite de l’histoire :

 

Nous soussignées Dames prieure et sous-prieure et autres dames du conseil du noble couvent de « Mariendalle », toutes capitulairement assemblées dans le lieu ordinaire où nous traitons de nos affaires temporelles, après avoir mûrement réfléchi et délibéré sur la situation du couvent et particulièrement sur le sujet de notre cense appelée « Vonnershoffe » située dans le ban de Thionville et bans circonvoisins, confessons et déclarons qu’ayant ci-devant laissé à titre de bail emphytéotique pour nonante neuf années à Rémy Schweitzer, notre dite cense étant passée dans la possession et jouissance de Balthazar Schweitzer, son fils, qui au lieu de satisfaire aux clauses et conditions énoncées par ledit bail avait entièrement négligé d’y satisfaire, ce qui nous avait obligé de le faire déchoir du bénéfice du bail par sentence du 6 avril 1732, à laquelle néanmoins, l’on avait formé opposition de la part des créanciers dudit Balthazar Schweitzer qui prétendaient la faire vendre (la cense) , le bénéfice de la vente devant couvrir leur dû.

 

Pour éviter que notre cense soit vendue, et pour le bien et la conservation de ladite cense, nous avons, c’est à dire immédiatement après la sentence du 6 avril 1732, relaissé notre cense, par bail verbal au sieur Nicolas Elminger, notre officier et admoniateur au département de Thionville, à charge de faire bâtir la maison de ladite cense à ses frais et sans espoir d’indemnité et de payer toutes les dettes hypothécaires contractées par ledit Balthazar Schweitzer jusqu’au jour de ladite sentence du 6 avril 1732 pour que le sieur

 

[1] Ferme= cense = métairie

[2] Marienthal ou Val Marie zone résidentielle située à Thionville-Guentrange, non loin du super marché Leclerc au bas de la côte menant au Kinépolis.. Ici francisé en « Mariendalle ».

Elminger puisse jouir de la cense et ses dépendances suivant et conformément audit bail de 1698 et comme ledit Rémy Schweitzer en a joui sans en rien excepter, ni réserver.

 

Comme le sieur Elminger, en conséquence de notre bail verbal, a joui de la cense et a fait faire le bâtiment en question, qu’il a acquitté les dettes dudit Balthazar Schweitzer, nous avons délibéré et résolu par ces présentes de donner plein et entier pouvoir au sieur Jean Frédérique Béchin, notre procureur et chapelain, pour nous et en notre nom, passer bail emphytéotique, portant confirmation et ratification dudit bail verbal par nous fait au sieur Elminger et ce par devant notaire, pour notre cense de « Vonnershoffe » et ses dépendances pour lui et ses, ses hoirs et successeurs, en jouir ainsi et de même que le sieur Rémy Schweitzer en a joui jusqu’à l’expiration du bail emphytéotique du 21 octobre 1698, à charge pour le sieur Elminger de nous livrer chaque année que ledit bail durera, une somme de quatre-vingts écus (80) à trois livres tournois l’écu, monnaie au cours de France, conformément audit bail de l’an 1698, promettant de tenir pour ferme, stable et irrévocable tout ce que ledit sieur Behin gérera en vertu et au contenu de la présente procuration en foi de quoi, nous Dames prieure et sous-prieure et autre dames du conseil, assemblées comme dit, avons signé les présentes et apposé le sceau ordinaire de notre couvent.

 

Fait à Mariendalle le 10 septembre 1734.

 

Signatures :

 

Soeur M. C de Manteville, prieure

Sœur M. R de Coudenhove, sous prieure

Sœur M.U de Manteville

Sœur M. Agnès de Coudenhove

 

Dans cet acte nous voyons que Balthazar Schweitzer a été déchu de son bail le 6 avril 1732. On constate que les créanciers dudit Balthazar, pressés de recouvrer leur argent demande la vente de la métairie. Heureusement, les sœurs de Marienthal, avisées, vont le même jour de la sentence du 6 avril 1732, passer un bail verbal avec Nicolas Elminger l’admoniateur de leurs biens thionvillois, ce qui suspend la vente.

 

Le bail verbal exige que le nouveau bailli de la cense construise le bâtiment d’habitation de la métairie et règle toutes les créances de Balthazar Schweitzer. Une fois que les obligations du bail verbal sont réalisées, rassurées, les Dames de Marienthal vont signer un bail emphitéotique passé devant notaire avec ledit Nicolas Elminger afin qu’il jouisse avec sa famille et ses successeurs de l’exploitation de la cense. Le bail stipule un loyer ou limel de 80 écus soit 240 livres à verser annuellement au couvent de Marienthal.

 

Toutefois, Nicolas Elminger n’était pas fermier, aussi a-t-il mis la cense en fermage à la famille Picard qui exploitait déjà la métairie de Chaudebourg.

La cense ou métairie  aujourd'hui

La cense ou métairie aujourd'hui

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Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/06/thionville-musee-de-la-tour-aux-puces-radegonde-bathilde-et-glossinde-feminites-au-temps-des-merovingiens.html


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Publié le par Michel Persin

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 21ème

Le musée de la tour aux puces propose du 10 juin au 5 novembre 2017

une belle exposition sur les féminités au temps des mérovingiens.

(Musée ouvert du mardi au dimanche 14h à 18h)

 

Les mérovingiens :

Ils évoquent immanquablement dans nos souvenirs scolaires : Les rois fainéants

Représentation des rois fainéants au 19ème siècle

Représentation des rois fainéants au 19ème siècle

Cette appellation leur a été attribuée par Eginhard [1], biographe de Charlemagne, dans sa Vita Karoli [2], écrite au 9ème siècle. Ce faisant, il glorifiait la dynastie Carolingienne, dévaluant les rois francs de la période mérovingienne qui débuta avec Thierry III (673 – 691) pour se terminer avec Childéric III déposé par Pépin-le-Bref en 751 qui de maire du palais devint roi des francs et ouvrit ainsi la période carolingienne.

 

[1] Né vers 770 en Franconie, mort le 14 mars 840, inhumé à l’abbaye de Seligenstadt (Allemagne). Très apprécié de Charlemagne, il a laissé de nombreux écrits sur la dynastie carolingienne, faisant l’éloge de son administration empruntant aux romains et aux francs.

[2] Vie de Charlemagne écrite de 830 à 836.

Lors de l’inauguration de cette exposition (le 9juin 2017), Pierre Cuny, maire de Thionville, nous exposa avec une certaine expertise, son intérêt pour cette période de l’histoire de la ville.

 

Extraits : (tirés du catalogue de l’exposition)

 

« Cette période souvent oubliée, parfois méprisée, ne retiendra malheureusement que les guerres, rivalités familiales et les fameux « rois fainéants ». mais n’oublions pas que l’histoire est toujours écrite pat les vainqueurs (et le plus souvent par des hommes et que les carolingiens minimisèrent à loisir et à dessein leurs prédécesseur sur le trône »

On oublie ainsi le rôle majeur qu’ont joué de nombreuses femmes durant cette période. Des reines, des abbesses, des régentes on été des éléments clés et ont par leurs actions, bousculé le cours de l’histoire…. ».

L’adjoint au maire, délégué à la culture, monsieur Jackie Helfgott a ensuite mis en avant l’importance du Haut Moyen Age dans notre histoire :

« Cette période, ô combien importante fixera pour de nombreux siècles le canevas européen…La place de la femme dans cette société décrite par l’historiographie comme brutale et à dominance masculine prend alors toute son importance.

Des reines vont devenir les intercesseurs privilégiés pour l’Eglise pour se faire entendre des rois tandis que les régentes utiliseront les mêmes moyens que ceux de leurs feux époux pour agrandir leurs territoires et lutter contre les ennemis de leurs royaumes….

Au 8ème siècle, au crépuscule des mérovingiens, Thionville est mentionné dans des écrits pour la première fois. Pépin-le-Bref en fera une villa regia et son fils Charlemagne l’élèvera au rang de palais. Mais il s’agit là d’une autre histoire. »

+++++++++++

Ensuite, la commissaire de l’exposition, Isabelle Reyter,  fit une visite guidée et commentée, des principales vitrines, en insistant sur le rôle et la place de la femme pendant cette période.

Elle présenta aussi les vêtements, les bijoux et les différents petits ustensiles de tous les jours retrouvés dans les différentes nécropoles des environs.

Colliers de perles en verre, ambre et terre cuite, aux décors géométriques n’ayant rien à envier à nos bijoux fantaisies contemporains.

Les fibules cloisonnées et les bijoux en or sont admirables de finesse, montrant un art consommé de l’orfèvrerie mérovingienne.

 

 

 

Elle termina sa présentation par la tombe joliment reconstituée par l’archéologue Bénédicte Joly et léguée au musée par son découvreur, monsieur Gambs et son épouse qui en furent chaleureusement remerciés par messieurs Pierre Cuny et Jackie Helfgott.

Cette tombe faisait partie d’un cimetière mérovingien de la fin du 6ème siècle, découvert en 1971 à Montenach, lors de travaux de construction. Les tombes contenaient des armes, de la verrerie et de la céramique, des petits objets du quotidien, peignes et fibules, ciseaux et des parures que portaient alors les femmes lors de leur inhumation.

Cette exposition comporte aussi de nombreux tableaux explicatifs et un très beau catalogue rédigé par Isabelle Reyter, sous la direction de Bruno Touveron, directeur du patrimoine de la ville, où vous trouverez toutes les clés nécessaires pour appréhender cette période si méconnue de notre histoire. (En vente 10€ à la boutique du musée

 

PS :

Cette période mérovingienne (670-750) se situe donc vers la fin de ce que l’on appelait « Les grandes invasions », le politiquement correct nous amène aujourd’hui à parler de « Migration des peuples ». Ces migrations ont amené l’installation de royaumes germaniques dans une grande partie de l’Europe, les Francs et les Burgondes en Gaule, les Wisigoths en Espagne…

La période est à mettre en relation avec la question de la frontière linguistique qui a tant divisée les différents spécialistes, français et allemands. (Pour ces questions voir les ouvrages d’Alain Zimmer que vous pouvez consulter aux archives municipales ou vous procurer en librairie)

 

Visiter le site du musée de la tour aux puces pour des informations complémentaires

http://www.tourauxpuces.com

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Publié le par Michel Persin

http://www.histoiredethionville.com/
2017/06/1731-thionville-christine-rosa-16-ans-veut-etre-admise-chez-les-clarisses.html


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Publié le par Michel Persin

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
1731 – Thionville – Christine Rosa, 16 ans, veut être admise chez les Clarisses

Nous avions vu dans l’article précédent la construction de l’église des Clarisses de Thionville dont le couvent est aujourd’hui la mairie de la ville.

 

Un acte du 31 décembre 1731, nous éclaire sur la démarche d’une jeune fille de seize ans pour être admise au sein de la communauté des religieuses de Sainte-Claire de Thionville. [1]

 

« Le lundi trente unième et dernier jour de l’années 1731, après midi, par devant moi, Damien Augustin, notaire royal au bailliage et siège de Thionville, y demeurant, soussigné et en présence des témoins cy-après nommés est comparue en personne :

 

Christine Ana [2], fille mineure, âgée à ce qu’elle dit de seize ans, actuellement pensionnaire au couvent du Saint-Esprit des religieuses de l’ordre de Sainte-Claire en cette ville. Laquelle (Christine Ana) dans l’étude de moi, notaire susdit, et en présence des témoins a déclaré de pleine liberté, sans induction, ni suggestion de personne généralement quelconques, qu’ayant la vocation par la grâce du seigneur et souhaitant être admise au nombre des dames religieuses dudit couvent, ses parents et ses héritiers présomptifs n’étant pas en état de lui procurer cet heureux état (être religieuse) et leur en avoir parlé différentes fois.

 

[1] On notera que les religieuses de Sainte-Claire dites clarisses sont à Thionville des « Urbanistes » ayant le droit de posséder des biens matériels, contrairement aux « Pauvres clarisses » qui suivent une règle beaucoup plus astreignante.

[2] Christine Ana Rosa, fille mineure, au décès de ses parents, se voit mise sous la tutelle d’un oncle Nicolas Florentin, jardinier, marié à Antoinette Rosa, une sœur de son père

Si même, le sieur Nicolas Florantin, son tuteur, lequel au lieu de lui être reliquataire de sa gestion, lui a dit que la comparanet mineure lui était débitrice de plus de six cents livres tournois.

 

Et comme pour parvenir audit état de religieuse, elle voudrait donner audit couvent une somme de quatre milles livres tournois (4000) pour sa dot, quatre cents livres (400) pour présent à l’église et se faire un fonds de trente six livres (36) de pension viagère pour ses menus besoins et nécessités, lorsqu’il aura plu aux dames religieuses de chœur et étant d’ailleurs dénuée de tout secours temporel, n’ayant pas ou très peu de linge, ni habillement, point d’argent pour se pouvoir de meubles pour sa chambre et habits de religieuse, elle a déclaré après avoir invoqué le saint nom de Dieu à son secours, qu’elle voulait dès à présent faire rédiger par script ses dispositions et ordonnances, de ses volontés par forme de testament, comme effectivement, elle a déclaré fait et dicté à moi, notaire susdit et témoins, lesdites dispositions en la manière suivante :

 

Savoir que ses désirs étant tels que dessus et dans l’espérance d’y parvenir, elle donne, lègue et abandonne dès à présent et pour toujours audit monastère et religieuses du couvent du Saint-Esprit, ordre de Sainte-Claire en cette ville, généralement tous ses biens meubles et immeubles généralement quelconques et de quelle qualité et nature qu’ils puissent être et que ses parents lui ont dit, consister en deux métairies au village, ban et finage d’Illange, seigneurie de Meilbourg [1], dont :

 

L’une (métairie) provenant de Nicolas Rosa et Françoise Grouselier ses aïeuls paternels, métairie laissées à bail héréditaire moyennant quatre (4) maldres de froment, quatre (4) maldres de moitange, un bichet de pois et cinquante (50) œufs de rente annuelle.

 

L’autre corps de biens provenant de Baltazard Meslinger et sa femme aïeuls maternels , rapportant actuellement, trois (3) maldres de froment et trois (3) maldres de moitange [2], outre environ sept (7) nouées de vignes, portions de maisons, granges, écuries, pressoirs, jardins et vergers, biens situés au village, ban et finage d’Illange et bans circonvoisins, sans rien en réserver, ni excepter généralement quelconques consistant encore lesdits biens de la comparante dans une maison située à Thionville en la rue brûlée, provenant de ses aïeuls maternels de la valeur d’environ mille deux cent (1200) livres tournois et quelques cens en argent sur des jardins à la porte de Metz et affermés par ledit défunt Nicolas Rosa et sa femme à différentes personnes et enfin aux dires de ses parents, en une somme d’environ deux mille (2000) livres tournois à elle dû par Nicolas Florentin, jardinier, et Antoinette Rosa sa femme sur tous leurs biens et spécialement sur une brasserie située à la porte de Metz au long de la Fensch et comme elle n’a pas d’autre connaissance de ses biens et facultés, elle déclare qu’elle comprend dans la présente donation tous ses autres biens, recettes et revenus généralement quelconques sans rien en réserver ni excepter directement ou indirectement et provenant tant des successions paternelles et maternelles soit mobilières ou immobilières.

 

A charge par lesdites dames abbesses et religieuses de payer et de satisfaire a tout ce qu’il conviendra, soit pour sa pension pendant le temps de sa postulation, celle de son année d’épreuve ou de noviciat, comme aussi des dettes et des charges auxquelles ses biens ci-dessus légués peuvent être obligés, et de lui constituer valablement une pension viagère payable par année pour subvenir a ses menus besoins et nécessité et enfin de lui garnir une chambre convenable à son état de religieuse, le tout ainsi fait à l’étude de moi, notaire, lesdits jour et année susdits.

 

[1] Meilbourg ancienne seigneurie située à côté d’Illange et alliée au Rodemack (en 1325) et au Lagrange

[2] Le ou la maldre contient environ 2 hectolitres de grains. Moitange ou méteil = un mélange de grains, généralement du blé et du seigle

Le tout en présence de maître François Nicolas Fringan, conseiller du roi, lieutenant particulier de la maîtrise des eaux et forets de cette ville et avocat au parlement, aussi de maître Joseph Grégoire Soucelier, conseiller du roi, procureur du roi au siège de la police, échevin de la ville et avocat au parlement, et encore de maître Jean Robert aussi avocat au parlement et syndic de l’hôtel de ville, demeurant tous les trois en cette ville de Thionville,.

 

Témoins et spécialement requis et appelés et après que le présent contrat a été lu et relu à ladite Christine Rosa, comparante, elle a dit qu’il (le contrat) contenait ses volontés et dispositions, elle a persisté et signé avec lesdits témoins et moi notaire.

 

Un document additionnel a été ajouté au contrat :

 

« En mon étude, en présence des témoins dignes de foi, Christine Rosa dénommée au testament ci-dessus, a requis que la lecture qui lui a été faite à l’instant, et bien qu’âgée de seize années, elle l’avait bien compris et entendu et qu’elle persiste comme étant sa volonté sans suggestion ni induction de personne, étant en pleine liberté de quoi elle a requis, acté et signé en présence de Henry Tocker, prêtre vicaire à Weimerange et du sieur Dominique Jacquin, marchand orfèvre de cette Thionville et qui ont signé comme témoins après la lecture faite du présent contrat. »

 

Voilà comment une jeune fille de seize ans, pensionnaire au couvent des Clarisses de Thionville, persuadée de sa vocation de « sœur Clarisse », se dépossède de tous ses biens par testament afin d’assumer cette vocation.

 

L’âge de la jeune fille a obligé le notaire à s’entourer d’un maximum de précautions, en ayant la participation d’un certain nombre de témoins de qualité, notables patentés de la ville, et au final de refaire une lecture du testament, devant la jeune fille, en la présence d’un témoin apportant la caution d’un religieux, en la personne d’Henry Tocker, vicaire de Veymerange [1].

 

 

PS : Les Clarisses de Thionville eurent un blason figurant à l’armorial général de France [2] :

« D’azur à une sainte Catherine de carnation, et au buste du roi, d’or »

 

Référence: Notaire Augustin 3e7670

 

La dernière abbesse fut Dorothée Elminger, famille connue de Thionville

En 1774, l’abbesse était Elisabeth-Claire de Coussidon.

En 1674 l’abbesse est Marie-Thérèse Gennesson

En 1664, l’abbesse est M… de Beurthey ou de Beurth

 

Dans les prochains articles nous reparlerons de cet ancien couvent des Clarisses, qui fut aussi un hôpital, aujourd’hui hôtel de ville et devenu un des bâtiments « emblématiques » de la ville avec la Tour aux Puces.[3]

 

[1] La cure de Veymerange dépend alors de la paroisse de Volkrange.

[2] Moyennant finance.

[3] La chapelle des lépreux au quartier Saint-François est également un des plus anciens bâtiment de la ville, voir son histoire dans mon ouvrage récent ‘Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » 2017

 INFOS -INFOS -  INFOS - INFOS - INFOS - INFOS  

 

HISTOIRE DE L'ANCIENNE CHAPELLE DES LEPREUX

au quartier Saint-François

 

Il reste quelques exemplaires a vendre aux points de vente suivant:

Espace culturel Leclerc aux Capucins

Cultura de Terville

 

Bureau de tabac "le Gallia" au quartier Saint-François

 

 

Certains disent que c'est un "collector" mais il est sûr que vous y apprendrez beaucoup

sur la chapelle et sur la ville

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