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http://www.histoiredethionville.com/ 2018/02/1239-thionville-la-charte-de-franchises.html

Publié le par Michel Persin

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1239 - Thionville - La charte de franchises

Publié le par Persin Michel

Plaque commémorative apposée sur le beffroi

Plaque commémorative apposée sur le beffroi

C’était hier ou avant-hier, je traversais la ville, sous une bise glaciale cadeau des moscovites, me dépêchant afin de gagner au plus vite la chaleur des Capucins.

 

Devant le beffroi, un brave homme, aussi frigorifié que moi, prenait en photo la plaque commémorative du don à la ville de la charte de franchises.

 

A mon passage, il me glissa rapidement, :

 

« C’est la charte qui a libéré les gens des seigneurs… »

 

Il faisait 5° en dessous de zéro et le vent arrivant des plaines russes, me faisait penser à la retraite de Russie. Bref, l’envie de répondre et d’engager une conversation nécessairement longue ne m’effleura même pas.

 

Laissant là notre homme féru de l’histoire de la ville, je courus plus que je ne marchais vers l’abri convoité.

 

Mais cette réflexion, faisait son chemin dans ma mémoire, je n’avais pas le souvenir que cette charte avait libéré les thionvillois, je résolus donc à mon retour de regarder d’un peu plus près cette histoire.

 

J’ai fait pendant plusieurs jours le point sur cette affaire, et comme souvent, les choses qui semblent si simples s’avèrent parfois bien compliquées.

 

En premier lieu regardons physiquement ce qu’était cette charte de franchises :

La photo de cette charte

La photo de cette charte

Extrait de la charte pour bien voir l'écriture

Extrait de la charte pour bien voir l'écriture

Commençons par dire que ce document n’existe plus [1] dans les archives de la ville, détruit par les inondations de l’automne 1940 et/ou celles de l’hiver 1941/1942 [2] dans les caves de ce qui est aujourd’hui le lycée Hélène Boucher où les archives de la commune avaient été mises à l’abri à cause de la guerre.

 

En fait, lors de l’évacuation, les archives de la ville furent mises en caisses et partirent à Poitiers. Après l’armistice du 22 juin 1940, elles reprirent le chemin de Thionville pour être entreposées dans les caves du lycée de jeunes filles où elles subirent les inondations de l’automne 1940 et peut-être encore celles de l’hiver 1941/1942.

 

[1] En fait, il existe toujours physiquement mais ayant subi les affres d’une inondation, il est complètement illisible, heureusement l’abbé Braubach, archiviste de la ville avait eu la bonne idée d’en faire une photo avant la guerre.

[2] En fonction des sources. 1940 pour les comptes rendus conseil municipal et 1941/1942 par Hiegel Henri dans « La germanisation et nazification de la vie culturelle en Moselle »

 

Une photo du document avait heureusement été prise [1] avant la guerre et nous en avons une description datée de 1825, juste après son exhumation des archives de la ville, par le sous-préfet Teissier, pour servir à la rédaction de son « Histoire de Thionville » parue en 1828. Avant cette date, le document en question, connu, n’avait pas été jugé intéressant.

 

Description physique de la charte

 

La charte était écrite sur une peau de mouton préparée à cet effet.

Ses dimensions étaient les suivantes : 48,3 cm de long sur 33 cm [2]

Elle comportait 23 lignes1/3 d’écriture, le rédacteur avait écrit sur des lignes très fines, préalablement tracées à la règle, ce qui donne un texte très ordonné et rigide.

L’écriture était une cursive romaine et la langue utilisée était la langue romane.

Comme souvent et même très tardivement, l’orthographe des mots pouvait varier au sein du texte, ainsi on trouve Jors et Jours, Noeil et Noel, Maires et Mares et Maiour…

Au bas de la charte on trouvait encore quatre rubans de soie auxquels étaient accrochés les sceaux de cire [3] du rédacteur et des témoins.

 

Voilà pour le document, voyons maintenant le contenu du document, par la suite nous relèverons tous les points qui posent questions et ils sont nombreux.

 

Contenu de la charte

 

Je vais mettre le premier paragraphe en langue romane, ensuite la traduction en français bien plus simple à appréhender.

 

[1] Par l’abbé Braubach archiviste de la ville depuis 1930

[2] Environ

[3] Très souvent les sceaux de cire apposés sur les documents--ont disparu, la cire est fragile et avec le temps elle devient friable, plus tard ils seront enfermés dans des petites boites en métal puis suspendus aux rubans de soie. Ils étaient soit de cire rouge, jaune ou verte en fonction du type de documents ou de l’importance des rédacteurs

Paragraphe en langue romane :

 

«  Je Henris, cuens de Lucembg et sires de Tyonuille faz connissant à tous ciaus qui ces letts  uerront que je ai donnée à ciaus de Tyonuille franchiser por moi et por mes oirs a touz jours en ceil meniere. »

 

Traduction en français

 

« Je Henri, comte de Luxembourg et sire de Thionville, fais connaître à tous ceux qui verront ces lettres, que j’ai donné à ceux de Thionville pour moi et pour mes successeurs et pour toujours ainsi en cette manière.

 

Pour chaque maison occupée par un bourgeois et sa femme, on doit payer à Noël 12 deniers messins dans les 8 jours et à la fête de Saint-Jean, encore 12 deniers messins dans les 8 jours sans formalités de justice. Dès le lendemain du délai de paiement, la somme sera doublée et ils paieront une amende arbitraire établie par les échevins.

 

Pour la femme veuve, elle paiera 6 deniers messins à Noël et 6 deniers messins à la fête de Saint-Jean et cela dans un délai de 8 jours qui s’il est dépassé, elle paiera le double et elle paiera l’amende que les échevins jugeront.

 

Chaque maison où habite un bourgeois me doit un moissonneur pour le froment un autre pour les autres grains.

 

Ces droits ne seront pas payés par le maire, ni les échevins, ni le sergent de police ni le forestier.

 

Tous les bourgeois de Thionville qui ont une charrue, doivent chaque année, trois journées de travail gratuites, une journée pour les blés, une journée pour les marsages [1] et une autre pour les semailles.

 

Ceux qui tiennent la terre de Labrie doivent clôturer mes domaines, faire mon foin, battre mon blé et le mettre dans ma grange comme le diront les échevins.

 

Les bourgeois continueront à avoir à cens les terres par eux accensées, au jour où j’ai acheté Thionville au duc de Lorraine. Les terres, dont ils n’avaient pas payé de cens jusqu’alors, retourneront à mon domaine. Le cens doit être payé à la Saint-Martin

 

Je dois vendre chaque année à Thionville, deux charretées de vin, il est défendu d’en vendre jusqu’à ce que le mien soit vendu sous peine d’amende fixée par les échevins.

 

Les bourgeois doivent me suivre à la guerre les 8 premiers jours à leur frais et ensuite à mes frais. Le bourgeois qui convoqué 8 jours d’avance, ne m’accompagnerait pas, paiera, pour excuser son absence ou son retard, s’il est à cheval, 10 sous d’amende et s’il est à pied, 5 sous.

 

Tout bourgeois désigné pour avoir une armure de fer et un cheval, les aura en son pouvoir et sera soumis à la revue des échevins.

 

[1] Céréales de printemps

Celui qui ne peut avoir d’armure de fer, ni de cheval, doit être muni d’un gambison [1], d’une coiffure de fer et d’une épée, le tout sous l’inspection des échevins.

 

Le cavalier qui n’aurait pas ses armes et son cheval prêt au jour fixé, paiera 10 sous d’amende et l’homme de pied, 5 sous. Dans les 15 jours, ils devront avoir leurs armures et leurs chevaux prêts à passer la revue.

 

Celui qui alors ne serait pas prêt, paiera la même amende au commencement de la seconde quinzaine et ainsi de suite pour chaque quinzaine de retard, jusqu’à ce qu’il ait ses armes.

 

Lorsque le maire aura besoin d’hommes et voudra voyager pour les affaires de la ville, les bourgeois appelés par lui devront l’accompagner, celui qui n’ira pas, paiera une amende fixée par les échevins.

 

Les bourgeois devront cuire au four banal.

 

Quand il sera nécessaire de faire garder ma maison de Thionville, les bourgeois devront y coucher, toutes les fois que le maire le leur fera savoir par un sergent de police, sans autre formalité.

 

Celui qui ne se conformera pas aux deux articles précédents, paiera une amende fixée par les échevins.

 

Je dois nommer un maire, parmi les bourgeois, à mon choix. Ce que le maire percevra pour moi, il doit me le payer, mais sans en faire l’avance, à moins qu’il ne le veuille.

 

Le maire doit faire serment de maintenir mes droits ainsi que ceux des bourgeois.

 

Les bourgeois de Thionville doivent jouir comme précédemment, de leurs droits d’usage dans les bois, ceux de pacage [2], de vaine pâture et de pêche.

 

S’il arrivait qu’un crime soit commis à Thionville, le coupable serait passible d’une amende qui serait fixée par les échevins.

 

A l’exception de ce qui est porté et écrit dans les articles précédents, je ne peux ni ne dois rien exiger des bourgeois de Thionville.

 

Et pour que ce soit chose ferme et durable et que moi ni mes successeurs ne puissions enfreindre ni révoquer cette franchise, j’y ai fait mettre mon sceau en témoignage de vérité

Et moi Henri sire de Houffalise, Robert sire d’Esch, Arnould sire de la Roche et Gilles sire de Rodemack pour que ce soit plus ferme avons apposé nos sceaux à ces cette lettre.

 

Ce fut fait le jour de la fête de notre Dame à la mi-août en l’an de l’incarnation de notre seigneur de 1239 à la mi août.

 

La description et traduction de cette charte a été faite en 1825 [3], il est précisé que figure au bas le sceau du comte de Luxembourg Henri et les sceaux des seigneurs d’Houffalise, d’Esch, de la Roche et de Rodemack, soit en tout cinq sceaux or le document montre clairement quatre rubans de soie, mais on remarque sur le côté droit un trou dans la peau de mouton où était accroché un cinquième sceau.

 

Cette charte ne parle pas des métiers, ni des commerçants, elle ressemble à la charte d’un village de laboureurs et de vignerons, identique à beaucoup de chartes des villages de la région. Elle confirme par défaut qu’alors Thionville n’est qu’un gros village agricole.

 

Nous savons que plusieurs chartes de franchises furent données dans le comté de Luxembourg, à Echternach en 1236, à Thionville en 1239, à Luxembourg en 1243.

Il y eu aussi des chartes à Grevenmacker, à Laroche, à Trêves et une franchise donnée à Koenigsmacker en 1273.

 

[1] Sorte de vêtement matelassé protégeant des coups

[2] Terrain en friche où paissent les bestiaux

[3] Par GF Teissier dans les Mémoires de la société académiques de Metz en 1825

La charte de Thionville commence par « Je Henri comte de Luxembourg… », il se trouve que d’autres documents sont plus précis et nomme Henri ll de Luxembourg comme ayant donné cette charte. Toutefois, le lecteur attentif aura remarqué que sur la plaque commémorative apposée en 1939 sur le beffroi de Thionville, on lit que c’est Henri V le Blondel qui accorda cette charte sous le règne de sa mère Ermesinde, comtesse de Luxembourg.

 

La présentation de la charte de 1825 et cet extrait d’une notice généalogique, nous donnent comme fils et successeur d’Ermesinde comtesse de Luxembourg, Henri ll le blond (Blondel)

 

Pourquoi trouve-t-on sur la plaque commémorative de 1939

 le nom de Henri V le Blondel

 

Le Blondel vient de blond, qualificatif également associé au nom de Henri ll, mais pourquoi lui a-t-on attribué ce numéro V, voici l’explication

 

Henri qui était le fils d’Ermesinde comtesse de Luxembourg, fut le 5ème comte de Luxembourg, mais aussi le 4ème comte de Limbourg et le 3ème ou 2ème  comte de Namur (suivant la façon de compter) donc l’appellation change suivant que l’on fasse référence à l’un ou l’autre de ses titres.

 

En l’occurrence, la numérotation figurant sur la plaque commémorative du beffroi est la bonne façon de voir les choses, puisqu’on fait alors référence au 5ème  comte de Luxembourg

Vitrail représentant Henri V dans la chapelle de Clairefontaine

Vitrail représentant Henri V dans la chapelle de Clairefontaine

Un autre point particulier de cette charte est qu’elle est rédigée en langue romane ce qui peut sembler une exception [1] dans l’ensemble des documents rédigés par les comtes de Luxembourg. J’ai déjà abordé cette question dans mon ouvrage sur l’histoire de Terville mais je vais repréciser le contexte. Il y a deux points en particulier à regarder :

 

A la suite de la christianisation et de la politique expansionniste des comtes luxembourgeois qui va englober une partie non négligeable des terres romanes au sud/sud-ouest du pays, la culture essentiellement germanique va commencer à s’ouvrir aux influences romanes.

Sous le règne d’Henri IV l’aveugle, père d’Ermesinde de la maison de Namur, va s’effectuer un recentrage des luxembourgeois vers les régions romanophones. Au 12 et 13ème siècle à la cour comtale, on écrivait en latin et en roman, ainsi vers 1240, plus de 69% des documents rédigés à la cour sont écrits en roman, même si la population du pays et majoritairement de langue allemande.

Vers le 14ème siècle l’allemand reprendra de la vigueur. N’oublions pas que le Luxembourg était composé d’un quartier français (Romania) et d’un quartier allemand (Germania). A Thionville, à Arlon, à Luxembourg, on utilisa le roman jusque vers 1350, puis l’allemand.

 

Ensuite, il nous faut regarder la situation particulière des comtes au moment où fut édicter cette charte de franchises. Ermesinde, comtesse de Luxembourg mariée en première noce, avec Thiébault de Bar, fils du comte de Bar et d’Agnès de Champagne, tous les deux de culture romane, puis en second lit avec Waléran, fils du duc de Limbourg et marquis d’Arlon également de culture romane. Enfin son fils, Henri V le Blondel, comte de Luxembourg qui donna la charte à Thionville en 1239, s’est marié à Marguerite de Bar, Dame de Ligny-en-Barrois en 1240. Tous ces personnages étaient dans un contexte culturel roman, même si n’en doutant pas, les comtes de Luxembourg étaient bilingues.

 

Maintenant, il est certain que le peuple parlait le moyen-allemand qui deviendra le luxembourgeois, cette charte était avant tout destinée au maire et aux échevins à charge pour eux de l’expliquer aux habitants.[2]

 

Revenons à notre « bon monsieur du beffroi » cette charte a-t-elle libéré les gens de Thionville des seigneurs ?

 

La lecture de cette charte vous évoque-t-elle la moindre « libération ». Il me semble au contraire que cette charte évoque plus de devoirs que de droits.

 

J’ai fait un petit compte rapide, la charte comporte environ 22 articles différents dont seulement 3 peuvent être considérés comme des droits ou des libéralités.

 

Ces droits ne seront pas payés par le maire, ni les échevins, ni le sergent de police ni le forestier. (C’était l’usage général)

 

Les bourgeois de Thionville doivent jouir comme précédemment, de leurs droits d’usage dans les bois, ceux de pacage, de vaine pâture et de pêche. (Confirmation   d’un usage existant)

 

[1] Mais c’est une idée fausse à cette période

[2] Arrêtons de dire que la langue romane utilisée était la preuve que le bon peuple de Thionville parlait le français, nous ne sommes plus au 19ème siècle en pleine rivalité franco-prussienne, assumons notre histoire qui est si particulière et si riche.

 

 A l’exception de ce qui est porté et écrit dans les articles précédents, je ne peux ni ne dois rien exiger des bourgeois de Thionville.

 

Donc, cette charte de franchises qu’on dit de la même veine que celle de Beaumont-en-Argonne [1] est en fait très différente. Effectivement, la loi de Beaumont, si elle fixait également les redevances et les devoirs des habitants, elle organisait aussi de façon assez précise la cité  [2] et donnait aux habitants des franchises donc certaines libertés.

 

La charte de Franchises de Thionville ne peut être comparée à cette charte de Beaumont que par le dernier point qui est que le comte ne peut rien exiger de plus que ce que fixe la charte.

 

Dernier point est à prendre en compte dans l’octroi de cette charte aux thionvillois. La mère d’Henri V le Blondel, Ermesinde comtesse de Luxembourg, qui régnait de fait en 1239 et qui est sans doute pour beaucoup dans l’attribution de la charte de franchises à Thionville décéda en 1247 [3] . Son héritage devait être partagé entre ses enfants, sa fille Catherine qui avait épousé le duc de Lorraine devait recevoir Thionville, mais Henri V le Blondel racheta Thionville, la moitié de Sarreguemines et quelques droits à Sierck le 13 octobre 1236 pour la somme de 2800 livres monnaie de Metz.

 

Lors de cette transaction, Henri V ne devait pas avoir plus de 19 ans et aux environs de 22 ans quand fut donnée la charte à Thionville. On sait par ailleurs que sa mère, la comtesse Ermesinde, assurait d’une main ferme et avisée la gestion de son comté de Luxembourg et pour ma part, je ne doute pas qu’elle est l’instigatrice de ses transactions, et que l’octroi de la charte de franchises thionvilloise résulte de transactions menées après le rachat de ville en 1236 afin de s’assurer par la suite une certaine bienveillance de la ville situées aux marches de la Lorraine ducale.

 

Voilà, pour cette charte de franchises de Thionville, qui donne bien des devoirs aux habitants et bien peu de droits, je rajouterai que ce n’est pas cette charte qui donna à la ville le droit de construire une enceinte fortifiée comme je le lis souvent.

 

Dans le prochain article nous verrons, comment en 1630, un des seigneurs de Meilbourg concevait ses relations avec les habitants de ses seigneuries proches de Thionville.

 

Les habitants bénéficiaient-ils de plus de droits qu’en 1239 ?

 

 

 

 

Bibliographie :

Ermesinde archives municipales de Thionville

Dossier sur la charte de Thionville aux archives municipales de Thionville

Charte d’affranchissement de la ville de Thionville – 1825 -Metz

Histoire de Thionville par GF Teissier

Histoire de Thionville sous la direction de François Roth- 1995- Edions G. Kopp

La franchise de Koenigsmacker – Nicolas Dicop – 1964 ) Editions le Lorrain

Délibération du CM de Thionville  pour les années 1944-45-46 concernant les archives

Merci à Mme Zeien des archives nationales du Luxembourg pour ses renseignements et bien entendu au personnel des archives communales de Thionville

 

[1] Promulguée en 1182 par Guillaume aux blanches mains, archevêque de Reims.

[2] Dans la charte de Thionville, la ville semble déjà organisée.

[3] Elle sera inhumée à l’abbaye de Clairefontaine qu’elle avait créé

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http://www.histoiredethionville.com/ 2018/02/azur-et-or.html

Publié le par Michel Persin

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Le Miscellanées 2017 et la revue Azur et Or

Publié le par Persin Michel

Quelques mots sur ces deux publications récentes

Le Miscellanées 2017 est un ensemble d'articles écrits en 2017 sur l'histoire de la ville de Thionville, sur les quartiers et les villages alentours.

Ces articles sont réalisés à partir de documents originaux directement tirés des différents services d'archives de la Moselle et du Luxembourg.

Ils figurent sur le blog www.histoiredethionville.com, souvent, ils sont plus complets plus illustrés et présentés un peu différemment dans le Miscellanées.

La revue "Azur et Or" est une nouvelle revue qui cette année fait le point sur des recherches concernant Saint-Urbain 1er qui est un des patrons des vignerons, dont celui des vignerons de Guentrange et cela depuis 1699.

Ces recherches historiques ont été conduites avec sérieux et persévérance et nous donnent aujourd'hui une revue très intéressante pour les passionnés et les néophytes.

N'hésitez pas à vous procurer ces revues aux points de vente indiquées.

MISCELLANEES 2017

Format A4 - 130 pages couleurs - Nombreuses illustrations

 

Paru dans le RL du 9 février 2018

Paru dans le RL du 9 février 2018

Toujours en vente: 

Espace Culturel Leclerc aux Capucins

Cultura Terville

Pays Thionvillois (Office de Tourisme de Thionville) où de plus vous pourrez  trouver quelques exemplaires de "L'histoire de l'ancienne chapelle des lépreux à Saint-François"

 

 

AZUR et OR

Couverture de la revue

Couverture de la revue

 

Confrérie Saint Urbain de Thionville

 

                                                                                 

                                                                                                                                                                                     Azur et Or sont les couleurs du blason  de Thionville, de l’Europe et de la confrérie Saint Urbain de Thionville.

 

Le premier numéro de la nouvelle revue locale « Azur et Or » est le résumé de recherches historiques, géographiques et folkloriques concernant le culte de Saint Urbain dans le Grand Est.

 

Première partie : recherches historiques et géographiques

Huit papes portent ce nom, mais c’est le pape Urbain 1er qui est le véritable protecteur des vignerons et tonneliers du Saint Empire romain-germanique.

 

Cette dévotion s’étend entre Rhin et Moselle, le long des vignobles de Lorraine, du Luxembourg, d’Allemagne mais également dans toute la France, en Autriche et en Suisse.

Saint Vincent n’est pas le seul patron des vignerons.

 

Seconde partie : Guentrange

Localement, Saint Urbain était fêté à Guentrange depuis 1699 lorsque les vignes recouvraient les collines. L’ancienne chapelle de la confrérie est devenue l’église Saint Urbain après bien des transformations.

En 2010, des amoureux du patrimoine et des traditions ont participé à la renaissance de cette confrérie en hommage aux ancêtres vignerons qui ont cultivé ces vignes jusqu’en 1920.

 

Les confrères parcourent les régions pour faire connaître la ville de Thionville, promouvoir les vins de la vallée de notre rivière Moselle. Au sein des soixante confréries régionales, ils font la promotion des produits du terroir.

 

 

 

Revue périodique   imprimée dans la région - 80 pages en quadrichromie.

Tarif : 10 euros.

 

Revue disponible chez nos partenaires :

 

CULTURA

               ZAC du Linkling 3 / 57180 Terville

HISLER BD BIS

               Centre commercial Geric 57100 Thionville

La GUINGUETTE

               13 rue de Saintignon 57100 Thionville Guentrange

LECLERC CULTUREL

               Centre commercial des Capucins 57100 Thionville

Maison de la  Presse

                1Place aux Bois 57100 Thionville

Pays Thionvillois Tourisme (Office de Tourisme)

                31 Place Anne Grommerch - 57100 Thionville

TOTEM Presse

                15 route des Romains  57100 Thionville  Guentrange

 

Confrérie Saint Urbain

59 Montée du Calvaire 57100Thionville

Tél. : 03 82 88 15 07 – 06 64 49 60 80

  medoc-paul@wanadoo.fr

 

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Publié le par Michel Persin

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1668 - Thionville - Marie Agnès de Gérardin part en Bohême ? (Epilogue)

Publié le par Persin Michel

(Voir l’article sur ce sujet publié le 12 janvier dernier)

 

J’ai pu accéder à certains documents des archives nationales du Luxembourg pour faire un point assez précis sur les familles Gondersdorff et Girardin, toutefois, ce qui suit n’est pas une généalogie des familles Géraldin et Gondersdorff.  Ces généalogies restent à écrire et présentent des difficultés par manque cruel de sources.

 

La famille Girardin (Géraldin)

 

C’est l’orthographe que l’on retrouve le plus fréquemment mais en fait le nom de cette famille doit s’orthographier « Géraldin » comme l’indique le document suivant qui est sensé prouver la noblesse de cette famille.[1]

 

[1] On remarquera le terme de « Mylords » employé pour désigner les membres de cette famille.

Preuve de noblesse des milords

 

Voici un résumé du document en question :

 

« Nous soussignés, tous originaires du royaume d’Irlande dans lequel nous avons possédé des charges et exercé des emplois considérables sous le règne de Charles 1er et Jacques II. Nous sommes à présent officiers de la cour et gardes du corps de sa majesté, officiers tant de cavalerie que d’infanterie servant ladite majesté en France.

 

Nous certifions avoir une parfaite connaissance de la généalogie de cette illustre famille des fils de Gérald communément appelés en ces pays « Géraldin » baron de Brownsford et comte de Desmond.

 

Généalogie vérifiée par le sieur Ulster, roi d’armes du royaume d’Irlande, le 16 juin 1641, généalogie que nous avons reconnue juste et véritable dans tous ses points et que les familles de cette généalogie sont reconnues par nous très anciennes et illustres par leur noblesse et les charges qu’elles ont possédé depuis plusieurs siècles dans le royaume d’Irlande.   Certificat cacheté de nos armes, fait à Thionville le 9 mai 1695.

Signatures et cachets des "Géraldins"

Signatures et cachets des "Géraldins"

Cette nombreuse famille de Géraldin, originaire d’Irlande, dite aussi « Fitzgérald »[1] fut représentée au Luxembourg principalement par Edouard de Géraldin qui s’allia par mariage à la famille de Gondersdorff. Il était le fils d’Edmond de Géraldin et d’Hélène Butler comtesse d’Ormond.

 

Il exerça au Luxembourg les fonctions de conseiller du grand conseil et des guerres de sa majesté catholique, il fut général major des armées et colonel d’un régiment haut-allemand à pied.[2] Il épousa Marie Madeleine de Gondersdorff et deviendra de ce fait seigneur d’Erpeldange. Il est décédé à Erpeldange le 13 juillet 1650 où il fut inhumé dans l’église. Un de ses descendants [3] fera relever les inscriptions [4] figurant sur son tombeau, le 14 avril 1713, à des fins d’héritage.

 

Après la guerre de Trente ans, la famille déplaça son centre d’intérêt vers l’Allemagne.

 

La famille de Gondersdorff

 

Très active au Luxembourg et vers Arlon, elle eut aussi de nombreuses possessions à Thionville et dans sa région.

 

Quelques éléments prouvant l’ancienneté de la famille dans notre région :

 

Le 11 mai 1370, Wenceslas de Bohême, duc de Luxembourg, de Brabant et de Limbourg, marquis du Saint-Empirer, son vicaire général en de ça des monts, fait savoir que Lambert de Gondersdorff, écuyer, est devenu vassal, lui et ses héritiers, des ducs de Luxembourg et qu’il paiera donc une rente de 25 florins petits en or à la fête de Saint-Etienne par l’entremise du receveur de Bastogne, la rente est rachetable par 150 florins en or…

 

[1] Voir la dernière signature à côté du cachet

[2] Les colonels de régiment Haut –allemand avait la pleine autorité sur leurs hommes avec le droit de vie ou de mort, ce que n’avait pas les colonels de régiments allemands.

[3] Gérad baron du Prel qui avait épousé sa petite fille Marie de Failly. Il fut seigneur de Veymerange

[4] Ni figure que son nom, sa date de décès et ses titres.

En 1448 et 1546, la famille de Lellich est alliée à celle de Gondersdorff, de Koerich et d’Autel.  A Bettenbourg existait la pierre tombale d’Hildegarde de Lellich, épouse de Philippe de Heinsberg de Kirsbaum décédée le 5 octobre 1622. Bernard de Lellich, son frère, époux d’Anne de Metternich mourut en 1647… (Les familles citées sont liées aux évènements relatés ici)

 

Le 10 février 1492 à Saint-Mihiel (Meuse), René, duc de Bar et de Lorraine, reçoit d’un Gondersdorff, foi et hommage pour ce qu’il possède en fief au duché de Bar.

 

En 1515, vente d’une rente de 20 florins par Jean d’Autel et Elisabeth de Gondersdorff.

 

En 1539, Bernard de Gondersdorff et Elisabeth de Lellich sa femme cèdent à Bernard leur fils le château de Nodlange.

 

Le 17 février 1580 à Nancy, Charles, duc de Lorraine et de Bar, sur une requête de François de Gondersdorff, seigneur de Dudelange, relative aux fiefs des villages de Rodange et de Lamadeleine, prévôté de Longwy.

 

Les archives de Thionville conservaient un titre en parchemin passé à Thionville le 16 mars 1593 donné par Georges de Lellich, Bernard de Gondersdorff et Renacle Huart pour autoriser la taxe sur les pains pas assez cuits ou pas assez lourds avec les tarifs des amendes encourues. (Archives municipales de Thionville)

 

Beaucoup d’autres actes démontrent l’ancienneté et l’implication de la famille de Gondersdorff dans les duchés de Lorraine, Bar et Luxembourg avant la guerre de Trente ans. La famille est aussi impliquée à Thionville et dans les villages alentours, puisqu’elle était partie prenante dans les seigneuries à Distroff, Bétange, Volkrange et possédaient des biens très importants à Thionville et dans sa banlieue proche comme à Guentrange.

 

L’importance de cette famille établie, revenons à notre article du 12 janvier dernier au sujet de Marie Agnés de Géraldin née de Gondersdorff sollicitant son père Guillaume Bernard de Gondersdorff pour partir rejoindre sa fille en Bohême.

 

Guillaume Bernard de Gondersdorff semble s’être marié une première fois avec Cunégonde Schloeder de Lachen, puis avec Odile Schall von Bell originaire du Palatinat.

 

De ces mariages, il eut trois filles qui suivent : (Dans l’ordre des mariages)

 

  • Marie Claire Isabelle de Gondersdorff mariée le 9 février 1634 avec Pierre de Bettancourt, lieutenant-colonel dans le régiment espagnol du colonel Don Juan de Monroy.[1]  Pour ce mariage, la dot fut de 1000 dallers qui devait être rendue, si le couple restait sans enfant. Il semble que Marie Claire Isabelle se soit remariée avec François de Walfleury,

 

  • Marie Agnès de Gondersdorff mariée le 26 mai 1637 avec Robert baron de Géraldin. Ils eurent au moins une fille, Marie Claire [2], partie s’installer en Bohême et que sa mère Marie Agnès, alors veuve de Robert Géraldin, se proposait d’aller rejoindre en 1668 pour y vivre le reste de sa vie.  (Article du blog du 12 janvier dernier)
 

[1] Qui en décembre 1653 était à Bergues.

[2] Prénoms de sa mère et de sa tante cela semble correspondre aux usages du temps.

  • Marie Madeleine de Gondersdorff mariée le 16 janvier 1639 avec Edouard baron de Géraldin, exerçant de hautes fonctions au sein du conseil Luxembourgeois et dans l’armée. Décédé le 13 juillet 1650 soit 11 ans seulement après leur mariage, mais le couple a eu une descendance connue qui s’est perpétuée au sein des familles de Failly et du Prel. Là aussi il semble que Marie Madeleine se soit remariée avec Albert Ernest de Halley, seigneur de Libermé [1], avec qui elle n’eut pas d’enfant et qu’ensuite elle soit entrée au couvent de Marienthal pour y finir ses jours.

 

Les deux sœurs Marie Agnès et Marie Madeleine avaient donc épousé des membres de la famille de Géraldin, frère ou cousin, dont un, Robert a eu une vie qui ne nous est pas connue, mais sur laquelle, le récit que je vous livrerai en fin d’article pourrait apporter quelques lumières !

 

En l’occurrence, c’est Marie Agnès veuve de Robert baron de Géraldin, née de Gondersdorff qui sollicita le 4 août 1668, son père Guillaume Bernard de Gondersdorff pour obtenir l’autorisation et les moyens de partir en Bohême retrouver sa fille Marie Claire et son gendre pour y vivre le reste de sa vie.

 

En toute logique on ne devrait plus trouver d’actes concernant Marie Agnès après cette date de 1668/1669, puisqu’ayant quitté la région pour la Bohême.

 

Or, à partir de 1676, 1677 nous trouvons un grand nombre d’actes concernant une certaine Marie Agnès veuve de Damien Henry Zandt de Merl, née de Gondersdorff.

Cette personne signe principalement des actes de vente concernant des biens qu’elle a hérités de son père Guillaume Bernard de Gondersdorff.

 

Biens hérités en commun avec les membres des familles de Failly et du Prel, elles-même effectivement héritières de Marie Madeleine de Gondersdorff, veuve d’Edouard baron de Géraldin qui avait reçu en partage la totalité des biens de la seigneurie d’Erpeldange.

 

On ne peut donc guère douter que cette Marie Agnès veuve du seigneur de Zandt soit bien la même que celle ayant eu le projet de quitter la région en 1668. Au final, il est bien possible qu’elle se soit remariée une deuxième fois, comme ses deux sœurs. Il faut dire que leur premier mari était tous des militaires, métier à risque dans cette période de guerres incessantes. On retrouve d’ailleurs, dans plusieurs documents, la référence aux guerres du temps qui ont gêné ou empêché certains projets.

 

Les signatures de Robert Géraldin et de Maria Agnès de Géraldin née Gondersdorff
 

[1] Il avait été marié en première noce avec Marie de Humyn le 1er mai 1641 à Bruxelles paroisse de Sainte Gudule. Il est décédé le 9 novembre 1674.

Place aux questions :

 

Qui est cet Adrien Henry Zandt de Merl ?

 

La famille Zandt de Merl était bien connue au Luxembourg car elle a détenu la seigneurie de Bertrange, d’Esch et même de Bourscheid.

 

J’ai retrouvé un acte concernant Adrien Henry Zandt de Merl daté de 1659 où il explique qu’il est un des fils de Jean Théodore Zandt de Merl qui était voué héréditaire de Ham et seigneur de Bertrange mais le plus curieux est ce qui suit :

 

« Moi Damien Henry Zandt de Merl, voué héréditaire de Ham et seigneur de Bertrange [1]

Confesse qu’étant poursuivi avec la dernière extrémité par le procureur général de sa majesté comme aussi par le « Margvogt » [2] de Diekich pour raison d’un malheur fortuit qui m’est arrivé depuis 3 ans (soit vers 1656) en matière d’homicide, j’ai dû faire appel plusieurs fois à la mansuétude du grand conseil et pour payer les frais de justice j’ai vendu à Wolf Henry de Metternich, seigneur en partie de Bouscheid, Bruch, Steinach et autres lieux, ma cour de Warchen avec tous les sujets, droits, rentes et autres revenus. Cette cour je la détenais de mon père qui l’avait reçue le 12 juin 1626, elle dépendait de la justice d’Erpeldange… »[3]

 

Les affaires judiciaires de Damien Henry Zandt de Merl, ne s’arrangèrent sans doute pas immédiatement car le château de Bertrange fut vendu en 1688.

 

Quand s’est-elle remariée avec Adrien Henry Zandt de Merl ?

 

On retrouve la trace d’Adrien Henry Zandt de Merl en 1662 à Ettelbruck, mais on ne sait pas quand il s’est marié avec Marie Agnès de Gondersdorff, veuve de Robert de Géraldin mais probablement après 1668, puisqu’à cette date, dans sa demande à son père pour partir en Bohème, elle se présente encore comme la veuve de Robert de Géraldin.

 

Au final, on ne sait pas si Marie Agnès est réellement partie en Bohême, car la guerre de Trente ans dévaste alors l’Europe, peut-être a-t-elle pris le parti plus sage de se remarier avec un seigneur local dans la difficulté.

 

Qu’en est-il alors de Robert de Geraldin ?

 

Sur lui, on ne sait rien, il ne figure dans aucune généalogie et je n’ai pas retrouvé d’acte le concernant sauf l’histoire surprenante qui suit :

 

[1] Héritage de son père

[2] Prévôt

[3] On notera que la seigneurie d’Erpeldange était détenu par Guillaume Bernard de Gondersdorff, le père de Marie Agnès.

 

Portrait réalisé par Anthony van Dick en 1629

Nous sommes en pleine guerre de Trente ans, un des plus prestigieux chefs de guerre de Ferdinand II [1] s’appelle Albert Venceslas Eusèbe de Wallenstein, il est né le 24 septembre 1583 à Hernanitz sur l’Elbe et sera assassiné le 24 février 1634 à Eger en Hongrie. Issue de la noblesse bohémienne, il avait créé pour l’empereur Ferdinand II, une armée puissante, forte de 50000 hommes et connut quelques victoires durant cette guerre tristement célèbre dans nos régions. Sa puissance et sa réussite lui créèrent de puissantes inimitiés principalement venant d’autres chefs de guerre comme Piccolomini aussi fort connu à Thionville [2]. Il fut accusé de vouloir trahir l’empereur, il fut démis de ses fonctions et mis hors la loi le 24 janvier 1634, alors qu’il était retiré en Bohême.

On décida donc de le faire arrêter mais les militaires en charge de cette mission, l’assassinèrent le 24 février 1634.

 

Wallenstein était duc de Friedland et de Mecklensbourg,

chef des armées de l'empereur Ferdinand II

 

J’ai fait une synthèse des différents récits de cet assassinat que voici :

 

« Le soir de ce jour -là, quatre fidèles de Wallenstein dinaient ensemble dans la forteresse de la ville d’Eger en Bohême. Il y avait là Illow et Treka, deux collaborateurs très proches, Kinsky, le chef des bohèmes immigrés et le capitaine Niemann, chancelier du général.

Ils avaient été invités par trois autres officiers : Gordon, commandant militaire de la ville, Leslie qui commandait un régiment à Eger et Butler, chef d’un régiment de Wallenstein mais qui était lié à la cause de l’empereur. [3]

 

Wallestein, lui-même, se trouvait avec quelques serviteurs dans une maison confortable près de la place du marché de la ville, fatigué et un peu malade, il n’avait pas quitté sa chambre de la journée.

 

Brusquement, 14 hallebardiers Irlandais envahirent la salle à manger de la forteresse, ils étaient commandés par les capitaines Robert Géraldin [4] et Deveroux, après un bref combat, les quatre fidèles de Wallestein, furent tués ainsi que trois serviteurs.

Puis vers les 22 hures, six dragons irlandais du régiment de Butler commandés par le capitaine Deveroux pénétrèrent dans la chambre de Wallestein où celui-ci fut tué d’un coup de pertuisane [5] et son corps transporté au château. Ce soir-là on compta huit morts dont trois serviteurs, plus tard un neuvième personnage fut condamné à mort pour conspiration contre l’empereur et exécuté en juillet 1635 [6]»

 

[1] Archiduc d’Autriche, roi de Bohême et de Hongrie, empereur il fut un des principaux protagonistes de la guerre de Trente ans qui occupa pratiquement tout son régne ;

[2] Principalement à cause de son rôle au siège de 1639.

[3] Tous les trois écossais et Irlandais

[4] Voir Scots in Habsburg service 1618-1648  page 169

[5] Genre de Hallebarde

[6] Hans Ulrich von Schaffgotsch

Scène de l'assassinat

 

Butler dû bien plaider son cas, l'empereur a finalement décidé de lui attribuer le domaine de Wallenstein à Hirschberg (Doksy) avec le château et le parc de Neuperstein (Novy Berstejn). Le 8 mars 1634, une somme de 2 000 reichsthalers est allée à Robert Géraldin, l'homme qui avait commandé les six dragons au château d'Eger. Les autres protagonistes reçurent aussi le prix de cet assassinat.

 

Nous savons que la mère d’Edouard de Géraldin, probable frère de Robert, qui s’était marié à Marie Madeleine de Gondersdorff s’appelait Hélène Butler comtesse d’Ormond.

 

Il est donc fort probable que ce Robert Géraldin était le futur mari de Marie Agnès de Gondersdorff et qu’il se sont mariés en 1637.

 

Voilà quand même quelques rebondissements intéressants à partir d’une simple lettre où une jeune fille, Marie Agnès, demande à son père les moyens et l’autorisation morale de partir vers la Bohême pour y retrouver sa fille,

 

Toutefois, sur le fait qu’elle soit réellement partie ou pas, je n’ai aucun document qui me permet de trancher, si toutefois, un tel document existe et me permet de répondre à cette question, je reviendrai sur ce sujet pour le compléter.

 

 

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture et à bientôt

 

 

PS : Remerciements particuliers à Mme Nadine Zeien des archives nationales du Luxembourg pour son aide concernant le fonds du Prel: cote A-LXII Fasc. XVI et à Monsieur Jean Marie Zimmerman pour ses informations..

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