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La frontière linguistique (Note de lecture)

Publié le par Persin Michel

Tirée du site de la mairie de Hesse.

Tirée du site de la mairie de Hesse.

En Lorraine, mais aussi en Alsace, il existe de fait une "frontière"  entre langue germanique et langue romane. Cette "frontière" va de la mer du Nord à la Suisse. 

Alors, ce n'est pas vraiment une frontière, mais une ligne de partage entre les parlers germaniques et les parlers romans, elle ne respecte pas les contours géographiques, ni les divisions administratives, elle n'est a priori guère logique, de plus, elle est "poreuse" car les villages situés sur cette ligne sont très souvent "bilingues".

Aujourd'hui, on peut dire que la zone germanique est plutôt en retrait au profit du français.

 

Comment expliquer cette démarcation ?

 

Si l'on regarde les ouvrages d'histoire, on découvre rapidement que l'explication qui est la plus courante, serait que cette frontière soit la ligne d'arrêt des "grandes invasions" ainsi le dictionnaire "Larousse" de l'histoire de France en trois volume nous explique dans son premier tome "Naissance d'une nation des origines à 1348" et dans le paragraphe "Les premières invasions" (page 156) que la grande invasion de 406 "... a réussit pour la première fois à implanter la langue germanique à l'ouest du Rhin sur une profondeur allant de 50 à 100 km..."(page 159).

 

Cette explication toujours utilisée rencontre toutefois un obstacle de taille qui est le suivant:

Si cette grande invasion a amené dans nos régions une grande masse d'individus de langue germanique et qu'ils se soient fait arrêter sur cette ligne, par les habitants qui parlaient une langue romane, s'ils s'étaient fixer (les germains) dans les villages alors conquis en y imposant  leur langue, alors l'archéologie devrait retrouver dans ces villages, des cimetières avec des individus de type et de culture germanique et dans les villages non conquis, des cimetières avec des individus de type et de culture romane donc gallo-romain. 

 

Or ce n'est pas le cas !

 

Idem pour les noms de villages et les lieux dits, là encore ce n'est pas le cas !

 

Il se trouve qu'un de nos historiens régionaux, monsieur Alain Zimmer qui est un spécialiste de la question, vient de publier un livre sur le sujet:

 

Aux souces du germanisme mosellan  

aux éditions des Paraiges - 398 pages.

 

Il a une autre explication plus conciliable avec l'archéologie et qui somme toute semble éminemment logique et frappée au coin du bon sens.

Alors, je ne l'aborderais pas ici, d'abord parce qu'elle est complexe mais aussi pour ménager l'intérêt de lire cet excellent ouvrage dans lequel on apprend énormément de choses sur cette époque si malconnue de notre histoire régionale,nationale et européenne.

Vous y apprendrez aussi l'origine de cette première explication, aujourd'hui obsolète et pourquoi elle eut tant de succés qu'aujourd'hui encore, elle est répétée à l'envie.

Procurez vous ce livre et plongez vous dans les origines de notre histoire et de nos dialectes, vous verrez c'est passionnant (pour les passionnés !)

Bonne lecture.

 

(Je précise que je ne suis absolument pas "sponsorisé" par l'auteur, ni par l'éditeur mais indépendant et que je ne parlerai que des livres qui m'ont intéressé et non des autres)

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Heureuse année 2016

Publié le par Persin Michel

A tous mes lecteurs et à ceux que l'histoire nationale et locale laisse indifférent, je voudrais souhaiter une bonne année 2016, si possible avec la santé, sans laquelle rien ne va, avec de l'amour et de la compassion pour sa famille et pour autrui, sans quoi tout est plus gris, avec du bon sens et de la vigilence, car rien n'est évident dans notre monde parfois si décadent, enfin, avec du courage et de la volonté, car avec eux, un chemin existe, même s'il est difficile.

Heureuse année 2016

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2015 - Bilan et pistes pour 2016

Publié le par Persin Michel

Nous sommes aujourd'hui le 22 décembre 2015, il est temps de faire un bilan de cette année passée.

En 2015, J'ai mis en ligne 18 articles sur des sujets variés en essayant de ne pas me cantonner à la ville de Thionville mais aussi cette année à un de ses quartiers, je veux parler de Volkrange.

Le nombre de visiteurs uniques est en progression comme le nombre de pages consultées, effectivement le blog a été créé en 2013 et aujourd'hui plus de 10.000 pages ont été consultées.

En 2014, certaines personnes n'ayant pas la possibilité de consulter le blog m'avaient demandé une édition papier des articles parus au cours de l'année.

Cette première édition du "Miscellannées" (1) 2013-2014 est parue en janvier 2015, elle est consultable aux archives municipales de Thionville.

La prochaine édition paraîtra fin janvier 2016 et regroupera tous les articles parus en 2015, soit un document A4 de 80 pages, lui même consultable aux archives municipales de Thionville mais que vous pourrez aussi vous procurer à titre personnel, nous verrons cela en janvier 2016.

Enfin, le 14 décembre 2015 est paru le livre "Patrimoine" que l'on pouvait souscrire dès le mois de novembre et dont l'édition est aujourd'hui, déjà épuisée. 

Voilà un bilan plutôt positif pour l'histoire locale de Thionville, bien entendu d'autres acteurs oeuvrent dans ce  domaine et conribuent à faire connaitre et apprècier l'histoire de notre ville et de notre région, par ailleurs méconnue.

Enfin, pour l'année prochaine, j'introduirai dans ce blog quelques notes de lecture pour vous donner mes coups de coeur pour des ouvrages parus dans l'année et je mettrai aussi quelques reportings d'évênements à caractère historique qui auront lieu à Thionville ou dans les villages alentours.

 

Blogs que vous pouvez consulter utilement: 

 

Le site officiel de la ville de Thionville:

http://www.thionville.fr/rubrique/20-Histoire_de_Thionville

Le site de l'association Patrimoine et culture de Florange: 

http://www.florangepatrimoineculture.fr/

 

Voilà quelques pistes d'évolution pour l'année 2016 que je souhaite à tout le monde heureuse, "ensanté" et enchantée.

 

 

(1) On me demande parfois, pourquoi ce titre de Miscellannées ?

Les "Miscellanées" sont un mélange, dans le cas présent un mélange d'articles qui n'ont pas forcément de rapports les uns avec les autre, mais qui ont un fil d'ariane "L'histoire" et qu'il est donc difficile de définir par un titre général. Au final, pour cette collection d'articles, "Miscellanées" ou "Mélange" est le terme le plus adapté.

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30 août 1705 - Fête à Volkrange (fin)

Publié le par Persin Michel

Avant de clore l'histoire de l'incident du 30 août 1705 à la fête de Volkrange, je voudrais faire une petite apartée au sujet de mon dernier livre "Patrimoine" dont la souscription est désormais close. L'ouvrage va maintenant entrer en fabrication.

Un ouvrage de ce type, très spécialisé et donc avec un tirage restreint et une diffusion identique ne peut être édité qu'avec un minimum de soutien institutionnel.

Ce soutien, je l'ai trouvé auprès de la mairie de Thionville:  Mme Anne Grommerch, députée-maire de Thionville et  M. Jackie Helfgott, adjoint à la culture, patrimoine, tourisme et transport ainsi qu'aux services de la mairie; à la direction de la communication et principalement aux services des archives municipales avec ses principaux animateurs: M. Dominique Laglasse et Frédérique Gaudinet

Je voudrais aussi remercier le journal "Le Républicain Lorrain" en la personne de ses correspondants locaux: Mme Claudette Marion et M. Michel Croué.

 

Fête de Volkrange du 30 août 1705 (fin de l'affaire)

 

Nous avons donc vu que Volkrange  avait  deux seigneurs fonciers :

 

Jean Mathias de Bock et Jean de Pouilly, chacun pour une moitié de la seigneurie. Jean de Pouilly étant aussi seigneur de Beuvange. Ce sont des seigneurs fonciers, la haute justice relève de la prévôté de Thionville puis du bailliage.

 

Jean Mathias de Bock habite une maison à côté du château et Jean de Pouilly habite le château, dont une petite partie avait appartenu à la famille Hue de Saint-Rémy.

 

Jean de Pouilly fera restaurer le château et y habitera avec sa famille, mais en quelque sorte assiégé par les propriétés de Jean Mathias de Bock, comme le montre le plan ci-dessous daté de 1712.

 

 

 

Schéma des maisons et voies d'accès

Schéma des maisons et voies d'accès

Comme on le voit sur ce plan, la disposition du château, des maisons de Jean Mathias de Bock et les chemins d’accès ne pouvait que favoriser les conflits entre les deux familles, mais nous y reviendrons quand nous parlerons du conflit des « barrières » .

 

Plusieurs actes notariés nous renseignent un peu plus sur la vie de la famille de Pouilly :

 

Le 7 décembre 1684

 

« Jean de Pouilly, écuyer, seigneur en partie de Volkrange et de Baranzy et Eléonore de Roly son épouse  déclarent qu’en vertu de la bonne amitié qu’ils se portent et qu’afin de donner au survivant d’entre eux les moyens de survivre honnêtement suivant leur qualité et condition et pour autres bonnes causes et considérations, elles se donnent réciproquement par donation à cause de mort et au survivant, outre la succession mobilière, la somme de 3000 écus soit 9000 livres tournois [1] à prendre sur la partie des biens qu’ils ont acquis pendant leur mariage… En ménageant l’héritage de leur fille et de leur fils, Marie Christine et Isaïe de Pouilly… » Extrait.

 

Le 7 février 1687

 

« Convention de mariage entre Marie Christine de Pouilly, fille de Jean de Pouilly et Eléonore de Roly, avec messire Ferry Joseph de Roly âgé de 30 ans environ, fils du baron Jean de Roly, seigneur de Sartenfagne et Villenfagne [2].  Est présent aussi, Isaïe de Pouilly, le frère de la mariée… » Extrait [3]

 

19 février 1693

 

« Il est stipulé que Françoise de Saintignon, résidente à Mersch devant Virton, étant présente ce jour au château de Volkrange, déclare que de son bon gré et volonté, sans aucune contrainte, qu’ elle décharge par la présente, le sieur François Isaïe de Pouilly, écuyer, seigneur de Volkrange (avec son père Jean) de tous les intérêts civils, réparations et dommages qu’elle pourrait avoir à prétendre contre ledit seigneur de Pouilly au sujet de la compagnie et copulation charnelle qu’il a eu avec elle et dont elle est devenue enceinte et a ensuite accouché d’un garçon nommé Adrien et baptisé en l’église paroissiale de Mersch.

Elle promet de l’élever en religion catholique apostolique et romaine et duquel elle décharge le sieur de Pouilly. Elle décharge aussi le sieur de Pouilly de toutes actions et prétentions auxquelles elle pourrait prétendre et consent qu’il contracte mariage et épouse qui bon lui semblera sans qu’elle veuille, ni puisse s’y opposer.

En contrepartie, Jean de Pouilly, père de François Isaïe de Pouilly, consent dès maintenant et pour toujours audit Adrien, fils de la dame de Saintignon, tous les biens, droits et prétentions qu’il a en la seigneurie de Baranzy, soit rentes, revenus, terres, prés, droits seigneuriaux et ce qui en dépend pour qu’il puisse en jouir avec sa mère comme d’un bien propre à condition toutefois que s’il décédait sans laisser d’enfants légitimes procréés de son corps, lesdits biens retourneront à Jean de Pouilly, sa veuve ou ses héritiers. Si par Dieu, l’enfant Adrien décédait avant sa mère, celle-ci pourra jouir des biens, sa vie durante.

Il a été expressément stipulé que ni ledit Adrien, ni la dame de Saintignon ne pourront vendre, ni engager lesdits biens de Baranzy afin que les biens retournent au décès de la dame et dudit Adrien aux héritiers de la famille de Pouilly.

 

 

 

[1] Ce qui est une somme assez considérable.

[2] En Belgique

[3] François Isaïe de Pouilly se mariera avec Charlotte de Roly bien qu’ayant fait un enfant à Françoise de Saintignon. Il semble que les liens avec la famille de Roly aient été jugés plus « avantageux »

De plus, Jean de Pouilly promet de donner à la dame de Saintignon une fois pour toute et à la décharge du seigneur François Isaïe de Pouilly son fils, la somme de 50 écus blancs à 3 livres l’écu soit 150 livres tournois.

Le présent contrat est passé devant le témoin : François Robert de Nonnancourt, écuyer, seigneur de Pouilly en Meuse. Il a été accordé par le seigneur Jean de Pouilly qu’en cas de nécessité pressante, il pourra engager le bien et en disposer comme son bien propre. » Extrait

 

En 1694

 

On voit François Isaïe de Pouilly se « porter fort  [1] » pour son père Jean de Pouilly, ce qui laisse penser à un changement dans l’ordre familial.

 

Le 18 décembre 1704

 

Le roi de France, Louis XIV le Grand ayant besoin d’argent pour financer ses guerres européennes, décide de vendre les hautes justices dépendantes des bailliages. Les seigneurs fonciers qui sont par définition des seigneurs moyens et bas, achètent à bon prix la haute justice qu’il leur manquait. Ils ont  ainsi toutes les prérogatives du seigneur.

 

« François Isaïe de Pouilly, fils de Jean de Pouilly et d’Eléonore de Roly, achète au roi la haute justice de Volkrange et de Beuvange,  en conformité avec l’édit d’avril 1702, moyennant la somme de 1333 livres 6 sols et 8 deniers » Extrait

 

Par le fait, il devient donc seigneur haut, moyen et bas justicier de Volkrange, Metzange et Beuvange.

 

Le 20 juin 1705

 

« François Isaïe de Pouilly, seigneur haut justicier et foncier de Volkrange et Beuvange, assisté du sieur Fringan [2], son avocat, nous a déclaré que pour satisfaire à l’arrêt du 30 avril 1703 et à notre jugement du 19 juin 1705, il nous présente les personnes de messieurs :

 - Jean Larminat [3], conseiller du roi, receveur des espèces du siège de Thionville pour faire les fonctions de procureur fiscal de la haute justice de Volkrange et Beuvange.

 -  Martin Moine pour être le maire de la haute justice de Volkrange et Beuvange.

 - Abraham Picquart et Jacques Lefranc pour être échevins de la haute justice de Volkrange et Beuvange.

Sur le fait, tous les nommés vont prêter serment d’allégeance au seigneur François Isaïe de Pouilly.. » Extrait

 

Le 3 août 1705

 

Le seigneur haut justicier, moyen et bas de Volkrange et Beuvange, François Isaïe de Pouilly, va poser des barrières [4] (voir le plan ci-dessus) pour empêcher le sieur Jean Mathias Bock, seigneur foncier pour moitié de Volkrange, d’accéder à ses propriétés [5] sauf à passer sur son terrain devant le château,  avec tous les problèmes qui en découleront.

 

[1] Se porter caution.

[2] On retrouve là un protagoniste de l’incident à la fête le 30 août 1705.

[3] Voilà encore un protagoniste de l’incident à la fête patronale.

[4] Clayonnages de bois

[5] Sa maison située derrière le château s’appelait la « Tour de Weyler ». Le bâtiment n’existe plus aujourd’hui.

Aussi le 31 août 1705, soit le lendemain de l‘incident à la fête patronale, le sieur Jean Scharf conseiller du roi au bailliage de Thionville et commissaire nommé en cette affaire va faire témoigner les personnes suivantes afin d’apporter un peu de lumière sur les faits.

 

Témoins 

Jean Henry, manouvrier de Thionville âgé de 89 ans.

« Dit qu’il connaît bien les lieux et que jamais ces chemins n’ont été fermés mais toujours ouverts, il y passait à pied, à cheval et en chariot, car passer par le chemin du château n’est pas facile surtout en chariot à cause des arbres en bord de chemin, cerisiers et pruniers. »

Nicolas Euvrard, manouvrier de Thionville, âgé de 60 ans.

« Dit qu’il y 45 ans il demeurait au château avec son père et n’a jamais connu les chemins fermés. Il fait les mêmes remarques que Jean Henry. »

Jean Josse, manouvrier d’Ebange, âgé de 55 ans.

« Il dit qu’il a lui aussi demeuré au château pendant 18 ans et n’a jamais connu les chemins fermés, il va dans le même sens que les autres témoins. »

Jean Limbourg, manouvrier de Terville, âgé de 60 ans

« Il dit qu’il est natif de Volkrange, qu’il en est parti depuis 33 ans mais il a toujors connu les chemins ouverts et empruntés par tout le village. »

Nicolas Limbourg, huilier de Thionville, âgé de 55 ans

« Il dit que son père était, il y a 42 ans, admoniateur du château et que les chemins ont toujours été ouverts. »

Jacques Pescheur, laboureur de Beuvange, âgé de 75 ans.

« Il fait le même témoignages que les autres témoins. »

 

Jean Mathias de Bock, seigneur foncier de la moitié de la seigneurie de Volkrange, produisit un acte en allemand, traduit par le notaire Lanio, daté du 9 avril 1600 et qui prouvait que le chemin qui longeait les fossés du château était sa propriété, car acheté avec la seigneurie foncière.

 

Cette affaire se termina le 1er juillet 1712 par la condamnation du seigneur François Isaïe de Pouilly au profit de Jean Mathias de Bock afin qu’il puisse à nouveau accéder à ses propriétés ainsi que ses fournisseurs et visiteurs comme par le passé en empruntant les chemins habituels et traditionnels.

 

Conclusion :

 

Dans ce contexte de mésentente entre les deux co-seigneurs, l’un étant devenu en 1704 seigneur haut justicier donc de fait avec un état juridique supérieur à l’autre et le faisant sentir fortement. Alors qu’un procès est initié par Jean Mathias de Bock pour fermeture des chemins d’accès à sa maison par François Isaïe de Pouilly, on comprend mieux que la proclamation de la fête patronale du 30 août 1705, par le maire du seigneur foncier, alors que cette prérogative était réservée au seigneur haut justicier, ait déclenché cette bagarre et cet incident.

30 août 1705 - Fête à Volkrange (fin)

Epilogue

 

Les témoins de l’affaire de la fête paroissiale furent entendus, les personnages en cause dans cette bagarre étant des notables de la ville, impliqués dans la conduite du bailliage, l’affaire fut renvoyée au parlement de Metz, mais n’eut pas de suite fâcheuses pour les différents protagonistes que nous retrouverons tous aux mêmes postes dans les années qui suivirent.

 

Toutefois, l’affaire des « barrages » ajoutée à l’affaire de la « fête patronale » occasionnèrent aux deux protagonistes, Jean Mathias de Bock et François Isaïe  de Pouilly, bien des tracas en particulier à François Isaïe de Pouilly qui en 1713 vendit la seigneurie et le château de Volkrange à François de Saintignon pour 6000 livres tournois, avec quelques sécurités ; comme s’être réservé un logement au château et surtout la possibilité de racheter la seigneurie et le château au même prix, ce qu’apparemment, il fit très rapidement.

Manœuvre pour échapper à la justice ?

François Isaïe de Pouilly, mourut à Volkrange le 5 novembre 1721, âgé de 63 ans, il fut inhumé le 6 novembre 1721, dans l’église paroissiale de Volkrange, devant l’autel de la Sainte-Vierge dans le « tombeau de fer ». Il est alors désigné comme seigneur de Volkkrange, Metzange, Beuvange, Knutange et Veymerange en partie.

Cette petite histoire de pugilat à la fête patronale du village nous aura permis de regarder de plus près ces châtelains volkrangeois si chicaneurs et procéduriers.

L’origine des châtelains de Volkrange est à peu près établie, mais quelques ajustements sont à faire, principalement sur les origines et sur le lien que ce village pourrait avoir avec son homonyme de Belgique, près de Messancy.

 

FIN

 

J'en profite pour vous souhaiter à tous et à toutes de bonnes f^etes de Noël.

 

Haut les coeurs ! 

(Au moyen-âge le mot coeur signifie courage)

 

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21 novembre 2015 - "Patrimoine" le RPL en parle...

Publié le par Persin Michel

21 novembre 2015 - "Patrimoine" le RPL en parle...

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30/08/1705 Thionville-Volkrange : La fête au village (suite 1)

Publié le par Persin Michel

Dans le premier article, nous avions vu le rapport de l’incident du 30 août 1705 à la fête de Volkrange  

 

http://www.histoiredethionville.com/2015/10/30-8-1705-thionville-volkrange-la-fete-au-village.html

 

entre les protagonistes suivants :

 

Jean Mathias Bock par l’intermédiaire de son maire car lui était absent. Il est seigneur foncier de Volkrange pour la moitié de la seigneurie et aussi d’Algrange.

 

Jean Louis Larminat receveur des amendes et épices de Thionville et procureur fiscal de la seigneurie de Volkrange pour François Isaïe de Pouilly.

 

François Nicolas Fringan, lieutenant particulier des eaux et forêts au bailliage de Thionville

 

Tous ces personnages sont décrits plus précisément dans l’article précédent :

 

http://www.histoiredethionville.com/2015/10/30-8-1705-thionville-volkrange-la-fete-au-village-suite.html

 

Maintenant nous allons voir les autres personnages de cette affaire :

 

Jean de Pouilly, seigneur haut-justicier de Volkrange, Metzange et Beuvange et seigneur foncier pour la moitié de la seigneurie de Volkrange. Donc co-seigneur foncier avec Jean Mathias Bock de Volkrange.

 

Isaïe de Pouilly, fils de Jean de Pouilly qui hérite de son père et prend les mêmes titres.

 

Le sieur de Rolly qui est le beau frère de François Isaïe de Pouilly.

 

La famille de Pouilly: Elle porte d’argent au lion d’azur, armé, lampassé et couronné de gueules

La famille de Pouilly: Elle porte d’argent au lion d’azur, armé, lampassé et couronné de gueules

La famille de Pouilly :

C’est une des plus anciennes familles de chevalerie Lorraine que l’on retrouve déjà vers le 10ème siècle dans la maison forte de Pouilly sur Meuse, proche de Stenay, avec Victor d’Ardenne ou Victor de Pouilly surnommé « L’exterminateur de Normands ».

Elle participa aux croisades en 1096, en 1145 et en 1250, puis elle servit avec dévouement, la France mais aussi l’Allemagne, la branche cadette servit les ducs de Lorraine et  donna à Stenay une dizaine de gouverneurs. Elle s’allia avec les grandes familles lorraines et luxembourgeoises. (Voir sur Gallica : De Pouilly, sires et barons de Cornay et d’Inor… 1865).

Au 17ème siècle,  le village de Rutz ou Ruptz, actuellement Rupt-sur-Othain [1] , est propriété pour moitié de Isaye de Villechole qui est aussi seigneur de Breux et de Ville-devant Raucourt à cause de son épouse Françoise de Sterpigny-Waha-Fronville. Il obtiendra le 26 mars 1609, du duc Henry II de Lorraine, la permission de réédifier le signe patibulaire donc le signe de la haute, moyenne et basse justice sur ce village. Isaye de Carpentier de Villechole [2] eut une fille, Antoinette Carpentier de Villecholle qui épousa Jean II de Pouilly des Ancherins, lequel devint par ce mariage seigneur de Rutz, la famille sera aussi propriétaire en partie des seigneuries de Boureuilles, Cussigny, Porcheresse et autres lieux.

 

De cette union entre Jean II de Pouilly et Antoinette Carpentier de Villechole, naitra le 11 décembre 1621, Jean III de Pouilly qui épousera le 12 novembre 1649, Eléonore de Roly, de la maison de Roly, originaire du pays de Liège qui se fixa à Roly , village proche de Givet et où subsiste un château maintes fois remanié ayant appartenu à cette famille. Cette famille fut aussi alliée à la famille de Villechole.

 

Si la famille de Pouilly a été globalement bien étudiée [3] la branche qui nous concerne ici ne l’a jamais véritablement été.

 

Donc, nous avons ici Jean de Pouilly et Eléonore de Roly, ils se sont donc mariés le 12 novembre 1649 et réside à Grand-Failly où vont naître leurs enfants. Jean de Pouilly est alors désigné comme seigneur foncier de Baranzy proche de Longwy.

 

Le 16 septembre 1652, naît à Grand-Failly, leur fils, Isay (Isaïe) de Pouilly dont le parrain est Isay de Pouilly, seigneur de Rutz (Rupt) et la marraine ,Jeanne de Pouilly veuve de monseigneur de Saintignon, et dame de Grand-Failly .

 


[1]  A 60 km de Volkrange.

[2]  Vieille famille noble de la région d’Amiens/Saint-Quentin.

[3] Dans l’annuaire historique de l’ancienne noblesse de France par M. de Saint-Allais – Paris 1835

 

Ferme château de Roly

Ferme château de Roly

Le 9 août 1653, naît à Grand-Failly, une fille, Jeanne Thérèse. Son père, Jean de Pouilly est présenté comme seigneur de Baranzy (près de Longwy) et sa mère est bien Eléonore de Roly. Le parrain est Claude de Beauchamp, seigneur de Thonnelalong (Thonne-la-long proche d’Avioth) et la marraine est mademoiselle Jeanne de Villechalle (Villechole) de Picardie.

Naissance d'Isaïe François de Pouilly à Grand-Faily

Naissance d'Isaïe François de Pouilly à Grand-Faily

Naissance de Jeanne Thérèse de Pouilly à Grand-Failly

Naissance de Jeanne Thérèse de Pouilly à Grand-Failly

Les noms du parrain et de la marraine, nous donnent ici de bonnes indications sur la famille proche, ce sont des personnages que l’on retrouve très souvent dans les divers actes concernant la famille de Pouilly.

 

Une autre fille de Jean de Pouilly et Eléonore de Roly naîtra un peu plus tard, sans doute à Mercy-le-bas dont Jean de Pouilly était devenu seigneur foncier par héritage de la famille de Saintignon. Malheureusement les registres de Mercy-le-Bas ne commencent qu’en 1765.

 

Toutefois, nous retrouvons le nom de cette fille, Marie Christine de Pouilly,  dans plusieurs actes, dont celui de sa convention de mariage en date du 7 février 1687, avec Ferry Joseph de Roly, âgé de 30 ans, fils de Jean, baron de Roly, seigneur de Sart-en-Fagne et Ville-en-Fagne (Belgique) et autres lieux et  de madame Marie de Fournet. Dans cette convention son frère, Isay de Pouilly est également nommé, tout comme ses parents : Jean de Pouilly, écuyer, dit seigneur de Baranzy et de Volkrange et Eléonore de Roly, veuve en première noce de Pierre de Chaumont.

 

Jean de Pouilly est dans ce document désigné comme seigneur foncier de Volkrange, nous le savions seigneur foncier de Mercy-le-Bas et de Baranzy. Dorénavant il ne sera plus désigné que seigneur de Volkrange et de Baranzy, le village de Mercy-le-bas n’apparaître plus. Il a probablement vendu cette seigneurie foncière pour acquérir, le 11 décembre 1671 et pour une somme de 1400 patagons [1], la moitié de la seigneurie foncière de Volkrange .

Il a acheté cette moitié de seigneurie foncière à Anne Marie de Nassau sœur de Marie Elisabeth de Nassau, seule héritière du domaine mais qui décéda avant sa sœur et sans enfant. L’autre moitié de la seigneurie foncière de Volkrange était la propriété de François Hue de Saint-Rémy. Donc vers 1681, la seigneurie foncière de Volkrange avec son château appartient à deux co-seigneurs : Jean de Pouilly et François Hue de Saint-Rémy.

 

Le château n’est plus habité, il est en très mauvais état, pratiquement en ruine et couvert de paille, ayant subit les affres des deux sièges de Thionville de 1639 [2] et 1643 puis les faits de guerre du Maréchal de Créquy.  C’est Jean de Pouilly qui le fera restaurer.

 

[1]  Monnaie  d’or et d’argent créée en 1612,  sous le règne des archiducs Albert et Isabelle (1598 à 1621) et qui connut dans les Pays-Bas et au dehors une grande renommée. Du patagon est dérivé le patard que les villageois de nos villages utilisaient pour payer entre autre, le droit de four banal.

[2] Les plus gros dégâts eurent probablement lieu en 1639 quand la bataille fit rage du côté de Volkrange entre les troupes françaises et les troupes « espagnoles »

La famille de Pouilly donna aussi à l’abbaye de Clairefontaine proche de Virton deux abbesses : Marguerite de Pouilly décédée le 8 décembre 1671 et Antoinette Lucie de Pouilly décédée le 9 juillet 1696, il faut noter que lui succéda Marguerite Josèphe de la Fontaine qui était d’une famille alliée au Pouilly et qui fit rebâtir le monastère, elle décédera le 29 mai 1734 regrettée de tous.

 

Résumons un peu :

 

En 1671, Jean de Pouilly et Eléonore de Roly, originaires du pays haut et de la Gaume, aujourd’hui en Belgique, sont détenteurs, tout ou partie, de la seigneurie foncière de Mercy-le-Bas et de Baranzy. Ils achètent pour 1400 patagons, la moitié de la seigneurie foncière de Volkrange, en se séparant de celle de Mercy-le-Bas et en gardant celle de Baranzy.

 

L’autre moitié de la seigneurie foncière de Volkrange est dans les mains de François Hue de Saint-Rémy.

 

La seigneurie de Volkrange est alors une seigneurie moyenne et basse soit foncière car la haute justice de Volkrange est du ressort de la prévôté de Thionville.

 

Ils ont eu plusieurs enfants, seuls deux seront cités dans les documents afférents à Volkrange : Isaïe François de Pouilly et sa soeur  Marie Christine de Pouilly.

 

Le château ou maison forte de Volkrange qui fait partie de la seigneurie foncière de Volkrange acheté par Jean de Pouilly est pratiquement en ruine et Jean de Pouilly le fera restaurer ou plus exactement reconstruire.

 

Eléonore de Roly va décéder à Volkrange le 7 février 1702 et son mari, Jean de Pouilly décédera également à Volkrange le 9 avril 1707. Ils seront tous les deux inhumés dans l’église paroissiale devant l’autel de la vierge dans le « tombeau de fer ».

 

Nous verrons dans un prochain article comment va évoluer la situation de la seigneurie sous l’égide du fils François Isaïe de Pouilly et ce que deviendra sa sœur Marie Christine de Pouilly. Nous verrons alors pourquoi nous sommes arrivés dans la situation explosive de la fête patronale du 30 août 1705.

 

A bientôt

 

Patrimoine et culture à Florange:

http://www.florangepatrimoineculture.fr/

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Articles parus dans le RPL des 5 et 6 novembre 2015

Publié le par Persin Michel

Bonjour,

 

Bientôt la suite de l'article sur l'incident du 8 août 1705 à la fête de Volkrange, dans cette attente, je vous mets ici les 2 articles parus les 5 et 6 novembre 2015 dans le Républicain Lorrain.

 

A bientôt pour la suite de notre histoire Volkrangeoise.

 

Les sujets que je traite dans mon blog sur Thionville et les villages alentours souvent devenus des quartiers vont parfois un peu plus loin géographiquement et historiquement que les villages "dits d'en bas" par rapport à Volkrange, je veux parler de Metzange, Beuvange, Elange, Veymerange, Terville.

En particulier, ces villages ont eu de fortes "affinités" avec  Florange et Bétange, nous aurons l'occasion de voir cela en 2016.

Il existe à Florange, une association "Patrimoine et culture" avec qui je partage les mêmes valeurs. Nous nous sommes vus dernièrement et afin d'augmenter notre synergie, je mettrai désormais de façon systématique le lien vers leur site internet que vous pourrez consulter avec profit.

 

http://www.florangepatrimoineculture.fr/

 

 

 

 

Articles parus dans le RPL des 5 et 6 novembre 2015

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Thionville (Veymerange-Elange-Volkrange-Beuvange) et Terville

Publié le par Persin Michel

Début de la souscription (du 1er novembre au 10 décembre 2015) pour le livre:

 

Prix de la souscription:  24 €

 

 

Format A4 - 148 pages - Nombreuses illustrations couleurs - Dos carré collé

Format A4 - 148 pages - Nombreuses illustrations couleurs - Dos carré collé

                             

Vous voulez connaître l’histoire des monuments aux morts de votre commune ?

 

En savoir un peu plus sur les  soldats de votre commune tombés sur les champs de batailles pendant les deux guerres

 

Vous voulez tout savoir sur les croix des chemins ou les « bildstocks » de votre commune et des communes voisines ?

 

Vous voulez garder chez vous ou offrir à vos enfants pour les fêtes ce livre sur votre commune ?

 

Souscrivez à l’ouvrage « Patrimoine », bénéficiez du prix de souscription et d’un cadeau.

 

 

SOMMAIRE

 

Elange - Veymerange

Notes, photos des soldats et histoire des deux monuments aux morts

(1914-1918 et 1939–1945)

situés dans le cimetière de Veymerange

 

Beuvange – Volkrange -Terville

Photos des monuments aux morts

Noms et historique des soldats (pour Terville photo du monument avec les noms)

 

Beuvange – Elange -  Veymerange - Volkrange et Terville

Historique et photos des croix votives et bildstocks

 

Veymerange

Histoire de la « Maison des vignes » et de la « Maison blanche »

 

En cadeau aux souscripteurs :

La reproduction d’une gravure de Thionville datée de 1753 au format  30 x 40 cm

 

 

 

Pour le réserver il suffit de faire un mail à l'adresse ci-dessous, vous recevrez par retour le formulaire de souscription (pdf) à retourner avec votre réglement aux adresses indiquées sur le formulaire.

 

histoiredethionville@gmail.com

 

 

 

 

 

Oculus (choeur de l'église de Veymerange)

Oculus (choeur de l'église de Veymerange)

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30/08/1705 Thionville-Volkrange: La fête au village (suite 0)

Publié le par Persin Michel

Nous avons vu la relation de l'incident du 30/08/1705 à la fête de Volkrange:

http://www.histoiredethionville.com/2015/10/30-8-1705-thionville-volkrange-la-fete-au-village.html

Quels étaient donc ces notables impliqués dans cet incident à la fête patronale de Volkrange  le dimanche 30 août 1705.

 

Nous allons commencer par la personne qui a porté plainte devant le bailliage, je veux parler de Jean Mathias Bock :

 

Jean Mathias Bock était seigneur foncier de Volkrange [1] et d’Algrange. Il fut aussi procureur du roi au bailliage de Thionville de 1699 à 1727 et subdélégué de l’intendant de Metz.  Il était né le 15 décembre 1664, il avait donc 41 ans lors de cette fête.

[1]  Pour la moitié seulement de la seigneurie.

 

Armoiries de la famille de Bock : De gueules au bouc d’argent,

Armoiries de la famille de Bock : De gueules au bouc d’argent,

La famille de Bock :

 

Cette famille était déjà connue vers l’an 1000, on la retrouve au 13ème siècle à Strasbourg qu’un de ses membres, Valentin de Bock, quitta pour suivre l’empereur Charles-Quint avec qui il participa à de nombreuses actions armées. Le 9 novembre 1532, il est fait chevalier et reconnu comme noble de l’empire avec droit de siéger et droit au grand chapitre. Ce titre fut confirmé le 17 juin 1617 par Henri, duc de Lorraine.

 

Ce Valentin de Bock devint seigneur de Vance et d’Autel proche d’Arlon [1]  il est à l’origine de la branche dite d’Arlon. Il épousa une sœur de Mathias Hilt, conseiller et ministre d’état du Luxembourg. Il en eut  au moins deux fils : Nicolas et Eustache

 

Eustache de Bock fut à l’origine de la branche des seigneurs de Pétrange [2]

 

Nicolas de Bock, est qualifié de chevalier, seigneur de Vance et d’Autel [3] dans un partage de 1586. Il épousa Nicole de Varck, fille du noble Michel de Varck. Ils eurent au moins deux fils 

 

Rutgen de Bock, seigneur de Vance  qui n’eut qu’une fille, c’est son frère Jacob qui continua la filiation.

 

 

[1] Preuves par le diplôme du 9 novembre 1532 et par des copies expédiées par le magistrat de Luxembourg du 28 juillet 1636 et plusieurs traductions. Toutefois la branche alsacienne ne reconnut la branche Lorraine que comme une famille homonyme.

[2]  Pétrange proche de Boulay

[3] La famille d’Autel était très puissante et alliée à de nombreuses familles nobles du Luxembourg dont probablement la famille de Bock par une épouse, mais le lien n’est pas établi formellement. Toutefois, il n’était seigneur qu’en partie et seulement pour une partie foncière du domaine. Par exemple, la seigneurie de Vance était détenue par plus de 10 familles qui n’en détenait qu’une petite partie.

 

Jacob de Bock, seigneur d’Autel marié à  Anne de Lutzerat. Ils eurent plusieurs enfants dont François de Bock né le 24 octobre 1586, chevalier qui vendit la terre d’Autel, il épousa Marie Vilthem [1] et eut avec elle, un garçon et une fille.

 

La fille, Félicité de Bock fut Dame de Marienthal, couvent au Luxembourg qui possédait des biens à Thionville -Voir le lien suivant

 

http://www.histoiredethionville.com/2014/02/thionville-val-marie-et-marienthal-à-suivre.html

 

Le garçon, François de Bock, chevalier, né le 27 janvier 1619. N’ayant plus de biens au pays d’Arlon, la terre d’Autel ayant été vendue par son père, il vint s’installer à Thionville. [2]. Son installation à Thionville se fit peu avant la guerre de Trente ans, où il commerça le bétail autour de la ville pendant les sièges de 1639 et 1643, gagnant beaucoup d’argent.  Le 5 juin 1683, il achète à Jean François de Gévigny [3] la seigneurie foncière de Volkrange pour 1450 écus blancs soit 4350 livres tournois. Il acheta aussi une partie de la seigneurie foncière d’Algrange. Il eut plusieurs enfants dont :

 

Jean Nicolas de Bock, chevalier et seigneur d’Algrange, né le 20 février 1648, c’est lui qui fit reconnaître en France sa famille, prouvant son ancienneté et sa noblesse dont il obtint confirmation avec tous les privilèges associés par des lettres patentes données à Versailles le 6 septembre 1722 et enregistrées au parlement de Metz le 25 février 1723. Il fut lieutenant particulier au bailliage de Thionville et décéda le 14 avril 1699. Il épousa Agnés Marie Scharff, dont il eut plusieurs enfants.

Et notre protagoniste de l’incident à la fête de Volkrange :

 

Jean Mathias de Bock, chevalier, seigneur foncier d’Algrange et de Volkrange, né le 15 décembre 1664 et décédé sans enfant.

 

La généalogie de la famille de Bock montre ensuite des alliances avec d’autres familles de notables thionvillois comme les « Hue de Saint-Rémy », les « de Gargan du Chatel », les « Baudet de Puymaigre », les « Blanchard » qui sont tous à des degrés divers impliqués dans la vie militaire de la région et de la France en général ainsi que dans les charges civiles municipales, du bailliage ou/et du parlement de Metz. [4].

Voir le lien suivant :

http://www.histoiredethionville.com/2014/12/1694-un-contrat-de-mariage-a-thionville.html

Pour les spécialistes et érudits qui liraient cet article, je tiens à signaler que dans  le livret de Sylvain Chimello « Le château de Volkrange et ses chatelains » paru en 1991, la généalogie qu’il donne en page 15 concernant Jean Mathias Bock est erronée. Il en est de même pour les notes « Christiany » des archives municipales. La généalogie que je donne ci-dessus est reconstituée d’après des documents notariaux originaux des archives départementales de la Moselle.

 


[1] La famille Vilthem ou Wilthem était affiliée à d’autres seigneurs de Vance.

[2]  On ne sait pas pourquoi la famille de Bock vint s’installer à Thionville où elle acheta ou hérita la seigneurie foncière d’Algrange.

[3] Capitaine retraité d’un régiment de dragons, seigneur de Meilbourg et grand bailli d’épée à Thionville sous Louis XIV. Il n’avait gardé cette seigneurie foncière qu’une seule année. Il l’avait achetée à Marie Madeleine de Siebricht Neursbourg.  (Sylvain Chimello Le château de Volkrange et ses chatelains 1991)

[4] Charges achetées comme souvent aussi leur grade dans l’armée, car à la base nous avons très souvent des familles bourgeoises enrichies dans le commerce.

 

 Au décès de Jean Mathias de Bock, n’ayant pas de descendance, la moitié de la seigneurie foncière dont il était propriétaire passa à Jean Emery de Boislogé [1] le mari d’Anne Fourot [2] pour la bonne raison qu’ils achetèrent à la famille cette seigneurie foncière. En sachant qu’Anne Fourot avait comme grand-mère maternelle Anne Françoise de Bock qui s’était mariée avec Bathélémy Fourot. (revoir au besoin le lien ci-dessous)

http://www.histoiredethionville.com/2014/12/1694-un-contrat-de-mariage-a-thionville.html

 

Avant de voir dans un prochain article, le co-seigneur haut-justicier et foncier de Volkrange, Jean de Pouilly et son fils François Issaïe de Pouilly directement impliqués dans cet incident puisque l’ayant en quelque sorte provoqué, regardons deux autres protagonistes de l’affaire, je veux parler des sieurs Jean Louis Larminat et François Nicolas Fringan.

 

Jean Louis Larminat :

Il avait fait l’université de Paris et fut reçu comme avocat au parlement de Metz le 13 mars 1684. Il a exercé au bailliage de Thionville comme avocat et comme receveur des amendes, vacations et épices du bailliage. Il deviendra subdélégué de l’intendant. Il fut aussi nommé le 20 juin 1705, procureur fiscal pour François Issaïe de Pouilly [3]. Marié à Marie Helminger, il aura en 1686, un fils Louis Larminat. Il décéda à Thionville le 1er novembre 1709 soit 4 ans après l’incident de Volkrange.

 

Son fils Louis Larminat fit ses études à Reims puis devint avocat au parlement de Metz le 15 août 1709 et succéda rapidement à son père comme subdélégué de l’intendant dont il fut aussi conseiller à partir de 1714.

 

La famille Larminat portait comme des armoiries :

D’azur au pal d’argent, chargé d’un tourteau d’Azur.

 

François Nicolas Fringan :

 

Il fut subdélégué et lieutenant particulier des eaux et forêts au bailliage de Thionville où il mourut le 23 octobre 1752 à 75 ans.

 

Son fils Pierre Fringan fut lui aussi subdélégué et lieutenant général civil et criminel au bailliage de Thionville. Il décéda en 1779.

 

Dans notre prochain article nous verrons la Famille de Pouilly dont jen  et son fils François Issaie furent seigneur haut-justicier et moyen et bas foncier pour moitié de Volkrange, Metzange et Beuvange.

 

(à suivre)

 

Bonne lecture et à bientôt

 

[1]  Chevalier de Saint-Louis, maréchal des camps et armées du Roi. Lieutenant-général commandant l’artillerie dans les trois évéchés.

[2] Contrat de mariage du 26 décembre 1696 à Thionville

[3]  Le 8 août 1705, lors de l’incident à la fête de Volkrange, il était donc déjà procureur fiscal de la haute justice de Volkrange.

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8 octobre 1691 - Sur la route de Cattenom à Thionville

Publié le par Persin Michel

Bonjour à tous

Me voici de retour de vacances et c'est avec plaisir que je reprends le cours de mes chroniques.  

Merci aussi à ceux qui ont déjà souscrit mon prochain ouvrage "Patrimoine" sur les monuments aux morts, les soldats, les croix et bidstocks de Veymerange, Elange, Beuvange, Volkrange/Metzange et Terville.

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Je vais reprendre par un petit fait divers qui s'est produit le 8 octobre 1691 sur la route ou grand chemin menant de Cattenom à Thionville et passant à Garche.

 

"Donc, le 8 octobre 1691 au matin, Michel Louis qui est admoniateur de Distroff et qui y habite avec son épouse Catherine Kertzen, était allé à Cattenom traiter des affaires de Distroff.

 

Les affaires traitées, il revient de Cattenom à Thionville par le grand chemin qui passe par Garche. Au loin, il voit Jeanne Muller qui est l'épouse d'Estienne Pierre Janet aussi appelé "le grand canonnier". Jeanne Muller est à cheval et Michel Louis la prend pour sa propre femme qui devait, être en train de vendanger une vigne à Garche. Il pense qu'elle a quitté son travail et s'étant avancé devant elle, il l'attrappe par sa coiffe et la tire pour la faire descendre du cheval.

 

Jeanne Muller crie, se demandant bien qui l'agresse ainsi et son mari Estienne Pierre Janet dit "le grand cannonier" qui travaillait non loin accourre avec son épée qu'il porte toujours comme ancien soldat. Voyant son épouse aux prises avec Michel Louis, il lui porte deux coups d'épée dans une fesse et le blesse cruellement.

 

Chacun ayant reconnu ses torts, grâce à de bons amis, les deux protagonistes en vinrent à traiter de la façon suivante:

Estienne Pierre Janet promet de payer en dédommagement au dit Michel Louis la somme de 25 écus et promet également de payer au chirurgien Néron, la somme de 12 écus et cela incessamment et au plus tard  à la guérison des blessures.

Afin d'assurer la surété de ce paiement, le sieur Jean Muller,  beau père de Pierre Janet, se constitue comme caution en engageant tous ses biens."

 

Le 13 octobre 1691, soit 5 jours plus tard, le sieur Janet va payer devant notaire, les sommes dûes et dégager ainsi le cautionnement de son beau père.

 

L'affaire en restera là.

 

Un admoniateur était le gérant d'un domaine pour le compte d'un seigneur ou d'une communauté. 

A l'examen des signatures au bas du document, je ne retrouve pas le nom de Janet, mais la signature suivante: Estienne Pierre Jannin.

Après recherches dans les registres anciens voilà ce qu'on peut en déduire:

Estienne Pierre "Janet" cité plusieurs fois dans le document s'appelle en fait JANIN ou JANNIN comme sa signature l'indique. Il était né avant 1684, probablement à Thionville et s'était marié avant 1704, avec Jeanne Muller aussi de Thionville. Ils auront au moins une fille: Catherine Janin qui se mariera le 19 octobre 1728 à Thionville avec un certain Jean Rebel.

 

François Néron, ancien chirurgien aux armées était alors lun des chirurgiens de la ville de Thionville  avec Jean Frio dont on trouve également la signature au bas du document.

Ces descendants devinrent des notables de Thionville alliés aux grandes familles de la ville, ils furent même des brasseurs importants de Beauregard.

 

La prochaine fois, je vous raconterai l'étonnante fête de Volkrange

du 30 août 1705.

 

 

 

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