Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

17 Février 1751 - Mémoire sur la fortification de Thionville

Publié le par Persin Michel

Nous allons voir de façon plus précise, le mémoire rédigé par un ingénieur militaire en 1751, concernant les fortifications de Thionville sur la rive droite de la Moselle. J’avais commencé à vous présenter le préambule de ce rapport le 17décembre 2018, pour mémoire ci-dessous :

 

Préambule d’un rapport rédigé par l ‘ingénieur Lachèse [1]sur la fortification de la ville et qui commente ici les raisons de la construction de la couronne sur les hauteurs de Yutz. 

 

« Thionville est située sur la Moselle à 6 lieues [2]de Luxembourg, duché dont elle a fait partie.

A 5 lieues de Metz, dont elle dépend tant pour le commandement que pour la juridiction.

 

Elle n’était autrefois fortifiée que fort simplement, mais depuis l’année 1727, le roi a augmenté ses fortifications dans presque tout son circuit au point que si le côté de la Moselle répondait en force aux autres côtés de la place, elle pourrait être regardée comme une des plus forte du royaume. Cette partie de la Moselle a toujours été regardée comme défectueuse. Les eaux de la rivière devenaient extrêmement basses dans les arrières saisons et jusqu’au point de ne conserver que 3 pieds [3]d’eau dans son plus profond, elle devenait guéable dans presque tout son cours.

 

Le pont qui traverse la rivière n’était couvert que d’un petit ouvrage à corne de peu de résistance, ce qui a déterminé à l’agrandir et à en former une double couronne qui couvre tout le côté de la rivière. Cet ouvrage quelque beau qu’il soit, pêche par un point essentiel ; il a trop peu de capacité pour une bonne défense et ne procure aucun emplacement à Thionville qui en a très besoin et a été construit si bas que les eaux de la Moselle, lorsqu’elles débordent en interdisent l’entrée en passant au-dessus de la partie des parapets du chemin couvert qu’elles détruisent et emportent dans le fossé.

 

A ces défauts, se joint celui d’être soumise à la hauteur d’Yutz où dès le premier travail on pourrait établir des batteries qui en très peu de temps en aurait anéantie toutes les défenses et donne le moyen de s’en rendre maître aisément. Cela fait juger que le côté n’était pas en équilibre avec les autres parties de la fortification de Thionville et que ce serait toujours le chemin qu’un ennemi habile prendrait pour se rendre maître de cette place et a fait former le dessein d’y travailler pour parvenir à la mettre dans cet équilibre de force.

 

On n’a rien trouvé de mieux que l’établissement d’un ouvrage dont le bastion du centre pris de la supériorité sur toute les hauteurs de Yutz et l’auteur de cette prétendue couronne d’Yutz n‘a donné ce projet dans le dessin de ne pas voir l’objet de cette dépense aussi considérable qu’elle est réellement, espérant que le temps lui fournirait le moyen d’exécuter le projet de la jonction à la double couronne de la Moselle après que les deux fronts de la hauteur seraient exécutés. Il est trop habile pour avoir jamais pensé que les deux fronts puissent tenir lieu du nécessaire en cette partie et ne l’a point caché.

 

[1]Voir la biographie résumée en fin d’article. Il signe LaChaise

[2]Une lieue terrestre représente environ 4,44 km

[3]1 pied = 0,326 m

C’est sur ce principe qu’on a donné le nouveau projet et on ne peut disconvenir que la couronne seule serait un mauvais ouvrage de peu de défense dont la communication serait difficile et qui serait vue dans toute son intérieur par l’ouverture de sa gorge, et donnerait à l’ennemi un emplacement plus commode que la nature ne lui donnait ci-devant pour établir les batteries nécessaires pour la ruine entière de cette double couronne.

 

 

La Moselle, les inondations et le futur canal :

 

« Voici les raisons qui occasionnent les inondations et celles de faire un canal de 25 toises de largeur [1]pour éviter les plus fréquentes inondations et empêcher les eaux de monter au point où elles ont été le 21 août 1740.

 

A Thionville, la rivière Moselle coule dans un bassin (lit) de 70 à 80 toises [2]de largeur dont les bords sont élevés au-dessus des eaux ordinaires de 7 à 9 pieds [3]et les plus hautes eaux de 9 à 12 pieds [4]. Cette rivière est extrêmement inconstante dans ses variations, souvent elle sort de son lit ordinaire en 2 ou 3 jours et s’élève à 10 ou 11 pieds, quelquefois jusqu’à 12 ou 13 pieds et parfois plus encore car sa plus grande crue à été de 14 pieds [5]ce qui a été regardé comme un évènement extraordinaire car il n’y a aucune mémoire dans le pays qui se souvienne de l’avoir vue si haute.

 

Au-dessous de Thionville, la rivière est trop resserrée lors des crues et quand elle passe entre les fortifications de la place et le revêtement de la double couronne, les eaux sont forcées de monter jusqu’à ce qu’elles puissent s’écouler par la campagne et la prairie sous les glacis de la double couronne.

 

[1]Soit environ 50 mètres

[2]De 140 à 160 mètres

[3]Entre 2,30 m et 2,9 m

[4]Entre 2,9 m et 3,9 m

[5]Soit 4,56 m


Là, elles rencontrent la chaussée de Saarlouis qui est entre la double couronne et la couronne de Yutz, cette chaussée la retient comme une digue et ne leur donne d’écoulement que par les 7 petites arches des deux ponts, trop étroites pour permettre un bon écoulement des eaux. Donc pour s’écouler, les eaux doivent atteindre la hauteur des deux ponts et passer au-dessus [1]. Pour y parvenir, il faut que toute la campagne soit inondée, les chaussées interdites, ce qui cause au pays un tort considérable.

 

Pour éviter cela, il faudrait ajouter à la rivière un nouveau cours comme un canal capable d’écouler les eaux sans trop les diminuer quand elles sont basses et cela pourrait se faire par un canal de 25 toises de largeur allant de la basse à la haute Moselle.

 

Les avantages de ce canal seraient :

 

  • Eviter les grandes inondations pour le pays autour de la ville.

  • Assurer une communication plus constante sur les chaussées.

  • Eviter de relever les portes et ponts de la ville qui ne seront plus noyés pas même celle de la double couronne exceptée celle de sa demi-lune qu’il faudra relever.

  • Eviter pour toujours le danger ou a été le grand pont de la Moselle d’être emporté.

  • De donner un bon retranchement dans les nouveaux ouvrages.

 

[1]Un des ponts de la chaussée de Saarlouis a été emporté le 18 décembre 1740, l’eau montait alors d’un pied par jour

Les grains, la farine et les denrées : 

 

 

Il y a une nécessité de construire à Thionville des caves et des magasins où l’on pourra disposer en sureté les approvisionnements de bouche nécessaires à la subsistance de la garnison pendant la durée d’un siège.

 

Ce projet qui est agréé et que l’on exécute, rendra un siège extrêmement difficile pour l’ennemi et sera d’une longue durée en le soutenant avec 7000 hommes de garnison y compris toutes les espèces de gens de guerre nécessaires à une bonne défense pendant trois mois.

 

Il faut convenir que la place a été bien négligée de ce côté et qu’il n’y a aucune cave à l’épreuve de la bombe dans toute la ville, lesquelles simples caves s’emplissent entièrement d’eau lors des crues de la Moselle et ne peuvent donc recevoir les boissons et chairs salées.

 

Il n’y a pas un seul magasin capable de recevoir des grains et des farines, sauf le grenier des casernes, mais qui ne peuvent contenir que quelques avoines et les grains et les farines utilisés par jour pour une petite garnison ordinaire de 4 à 5 bataillons au plus et un escadron mais rien de convenable pour les approvisionnements d’un long siège ou d’un blocus accompagné d’un bombardement.

 

Cette place est actuellement si petite et si resserrée qu’une telle conduite de la part de l’assiégeant culbuterait ou incendierait en une journée toutes les habitations et les denrées qui y seraient, soit le sixième du nécessaire et ferait donc rendre la place.

 

Tous les souterrains de la place servent de communication pour accéder aux ouvrages extérieurs, en y marchant un à un et encore en manque-t-il plusieurs auxquels on travaille d’année en année et par conséquent ne sont d’aucun secours à ce jour.[1]

 

Ce que nous avançons dans ce mémoire à été prouvé au commencement de la présente guerre où l’on a eu ordre de jeter quelques provisions dans la place où elles furent dispersées, ça et là, chez des particuliers quoiqu’en petites quantités et il s’en est suivi une conservation impossible par les employés chargés d’y veiller. Il y eut un déchet continuel de la plupart des denrées qu’on ne pouvait plus soigner ni veiller.

 

Que deviendront-elles dans le bombardement ?

 

[1]L’auteur de ce mémoire a fait le relevé des ses souterrains dont une copie existe sans doute aux archives de l’armée (Génie) à Vincennes mais où cependant rien n’est répertorié !

Elles disparaitraient avec les maisons des particuliers dans lesquelles elles auraient été entreposées. Les maisons trop serrées seraient rapidement détruites et incendiées.

 

Si l’on peut remédier à cela, la place deviendra une des plus importantes car le plus grand chemin de l’ennemi peut-être la Moselle bien plus navigable que la Saar, Thionville est donc pour l’ennemi la première porte où il faut frapper avant de remonter plus haut.

 

Afin de répondre aux deux constats précédents concernant :

 

La Moselle, les inondations et le futur canal.

Les grains, la farine et les denrées 

 

Voici le projet de ce qu’il est le plus convenable à faire pour y remédier :

 

Construire deux bâtiments sur l’entrée et la sortie des eaux du canal à travers la nouvelle enceinte de Yutz à Thionville pour recevoir les approvisionnements de bouche nécessairependant un siège de 3 mois ou 6 mois de blocus

Plan de 1746 montrant la coupe d'un des ponts écluses

Plan de 1746 montrant la coupe d'un des ponts écluses

Sur cette carte postale de 1967 on voit  au premier plan l’état du pont amont avant restauration.

 

 

Pour plus d’informations et pour les plans d’époque et autres photos vous pouvez

consulter le N°15 des documents thionvillois [1].

 

Le présent article ne présente que le mémoire de l’ingénieur La Chèze

Les bâtiments projetés étaient composés de caves voûtées à l’épreuve des bombes situées au-dessus des piles du pont écluse. 

 

Au-dessus des caves, on trouvait une chaussée pavée centrale permettant le passage au-dessus du canal et de part et d’autre de cette chaussée des greniers servant d’entrepôts. Le bâtiment actuel, rénové de 1991 à 1995, ne comporte d’un seul grenier au-dessus de la chaussée centrale et de l’emplacement des deux greniers d’origine.

Le pont écluse amont d’entrée des eaux restauré et le pont écluse aval de sortie des eaux avec ses caves mais dont les greniers supérieurs ont été détruits.

 

Quelques remarques sur la construction de ces deux bâtiments :

 

(Il y a plusieurs pages de remarques, je n’y ai mis que les plus générales, les autres sont très techniques)

 

Les piles et les arches des passages d’eau seront établies sur un massif ou radier de maçonnerie, fortifié, haut et bas, par des files de pilots et palplanches. Ledit massif établit dans le tuf mêlé de roc car nous avons déjà reconnus le fond dans les autres ouvrages que l’on a construit cette année.

 

Les magasins seront à l’épreuve de la bombe.

 

Il y aura dans un des bâtiments un magasin pour les poutrelles, les denrées de bouche et dans l’autre bâtiment on mettra le grain et la farine.

 

Il n’y aura aucune cheminée dans les bâtiments pour éviter le feu avec des matières inflammables, eau de vie, huile, vinaigre et graisse.

 

Le regroupement des denrées dans ces magasins pourra se faire facilement par la Moselle et le canal, leur garde sera plus aisée.

 

On trouve ensuite quelques éléments sur les quantités de denrées nécessaires pour les sièges ou les blocus, quantités évaluées d’après la table de monsieur de Vauban établie pour une ville comme Thionville à 9 bastions.

 

Infanterie :                   5400 hommes

Cavalerie :                     540 hommes

Autres guerriers          1160 hommes

Total :                        7100 hommes

Vivres nécessaires pour 6 mois de blocus en farines : 

 

Froment :        5280 septiers [1]

Seigle :            2640 septiers

Total :            7920 septiers

 

NB : 

Les habitants inutiles ou sans ressources seront expulsés de la ville en cas de siège ou de blocus. Les autres devront se munir de vivres pour 6 mois car les décomptes ne concernent que les hommes de guerre.

 

Les estimations en froment et en seigle ont été augmentées environ d’un cinquième pour les officiers des troupes, les valets, l’hôpital, les ingénieurs, les charpentiers, les canonniers, les mineurs, les charrons, les armuriers et autres gens utiles.

 

Ce mémoire nous donne aussi la liste des denrées mises en réserve dans les caves et greniers des bâtiments avec leur quantité. Je ne donnerai ici que les types de denrées et n’entrerai pas dans le calcul des quantités nécessaires en fonction des effectifs.

 

Liste des denrées entreposées et consommées de façon journalière par les soldats :

 

-Pois

-Lentilles

-Riz

-Orge mondé [2]

-Orge en grain pour les tisanes et nourrir les volailles

 

Epices :

 

-Poivre

-Cannelle

-Clous de girofle

-Noix de muscade

 

Ails et oignons à raison de deux têtes par jour et par chambre de 6 hommes.

 

Vins alcool et tabac :

 

-1 chopine par jour d’un vin de qualité [3]

-2 petites mesures d’eau de vie par jour et par home.

-Tabac à fumer correspondant à 4 pipes par jour et par homme.

 

Viandes :

 

-Lard salé

-Bœufs et vaches

-Moutons pour les officiers blessés ou malades

-Veaux et volailles pour les hommes malades ou blessés qu’on élèvera chez les particuliers, dans les fossés de la place et dans les cloîtr

 

[1]Un septier est estimé à 235 livres pesant doit faire 158 rations de pain à 2 livres pesant le pain. La livre pesant à cette époque vaut pratiquement 1 kg, au 18èmesiècle elle sera ramenée à pratiquement 500 g

[2]Orge dont on a enlevé l’enveloppe qui entoure le grain et qui n’est pas consommable

[3]La chopine correspond à ½ litre, parfois on utilise ce terme pour désigner une bouteille

Pour les jours maigres qui sont de deux par semaine :

 

-Fromage

-Morue salée et verte[1]

-Harengs

-Herbes potagères, persil, thym…

 

Fruits :

 

-Fruits frais, pommes et poires

-Pruneaux pour les malades

 

Autres :

 

-Huile de noix ou de navettes

-Huile d’olive de bonne qualité

-Beurre salé

-Vinaigre

 

Il faut aussi entreposer des ustensiles de cuisine :

 

-Pots de terre environ 200

-Barils de distribution environ 1000

-Gamelles de bois environ 4000

-Cruches de terre environ 1000

-Chaudières pour la cuisson environ 8

 

Cela nous laisse à voir l’alimentation quotidienne des soldats de la garnison. 

 

S’en suit dans le mémoire, une importante partie purement stratégique qui prévoit de construire dans la vieille ville de Thionville, un magasin assez important pour rapatrier les denrées de ses deux bâtiments dans la ville au cas où une attaque éventuelle obligerait à détruire en partie les bâtiments construits sur le nouveau canal. Il est précisé que les caves pourraient être conservées mais que les greniers au-dessus pourraient être détruits en seulement quelques jours afin de les soustraire aux canons ennemis et dégager ainsi la vue.

 

Ensuite vient une partie purement militaire qui explique l’importance pour les soldats d’être bien nourris comme le précise monsieur de Vauban dans ses écrits. 

 

Nous verrons cette partie dans l’article à venir.

 

Timbre émission 19.09.2006
 

[1]Morue verte = morue juste salée - Morue salée = Morue séchée et salée

MISCELLANEES 2019

 

Les difficultés d'impression ont été réglés donc l'impression va reprendre

en conséquence la souscription sera close le 25 février 2019

 

 

Voir les commentaires

1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications

Publié le par Persin Michel

Les ponts et les palissades étaient des éléments très importants des fortifications de la ville principalement du 16èmeau 18èmesiècle. Ils étaient confectionnés en bois assemblés par des éléments en fer et nécessitaient des connaissances en charpenterie et serrurerie.

 

Paradoxalement, peu d’historiens [1]en parle car ils sont considérés comme accessoires, peu valorisant au regard des éléments de fortifications principaux en maçonnerie que sont les remparts, les redoutes, les escarpes, contrescarpes et casernes. De plus, étant en bois, ils ont aujourd’hui disparu et n’ont pas ou peu laissé de traces.

 

Pourtant ils sont présents dans tous les actes traitant des fortifications de la ville. Les ingénieurs militaires étaient sensibles à leur fabrication et à leur entretien qui se devait d’être régulier, car ils étaient alors des éléments indispensables au bon fonctionnement de la fortification.

 

Les ponts :

 

A Thionville, en dehors du pont principal sur la Moselle [2], il en existait en très grands nombres. Il y avait les ponts des portes de Metz et de Luxembourg qui permettaient d’entrer et de sortir de la ville, ceux-là étaient déjà d’importance mais il y avait aussi un grand nombre de petits ponts qui permettaient la communication entre les différentes parties des fortifications. Ces ponts étaient soit au-dessus de fossés secs ou de fossés en eau, ils étaient faits de bois, les tabliers reposant sur des chevalets. 

 

Souvent, ils n’étaient pas d’un seul tenant, une partie était mobile, pouvant être relevée ou démontée en cas de besoin, certains pouvaient être tournants.

 

Les palissades :

 

Formées de long épieux de bois épointés, elles étaient solidement fichées en terre, en rang serré avec parfois un petit interstice entre chaque pieu permettant la vue. L’ensemble des pieux était alors solidement fixé en haut par des traverses afin de solidariser le tout.

Elles étaient implantées le long du chemin couvert, le long des remparts où elles servaient de protection, empêchant les ennemis de saper le fondement des ouvrages. En fait, elles étaient un peu partout dans la place, protégeant les portes et les ponts, faisant office de barbacanes. Elles empêchaient les assaillants de voir les mouvements des soldats ou des habitants dans la place. Elles pouvaient aussi être implantées dans les escarpes comme des herses rendant difficile leur escalade.

 

Les palissades associées aux fossés étaient un moyen passif de défense qui venait de la nuit des temps. Elles avaient fait la preuve de leur efficacité face à une charge de face, mais l’artillerie et son perfectionnement avait diminué son utilité et plusieurs ingénieurs militaires commençaient à critiquer son emploi.

 

Quoiqu’il en soit, les ponts et les palissades, nécessitaient des savoirs faires propres aux métiers de charpentier et de serrurier comme nous le voyons dans l’acte suivant :

 

[1]Même parmi les spécialistes des fortifications

[2]Construit par le capitaine suisse Salzgueber –(voir mes autres articles sur les fortifications)

 

« Le 9 septembre 1675, devant nous, notaires royaux demeurant à Thionville sont comparus Jean Well, maître charpentier et Guillaume Merlinger, maître serrurier qui  se sont obligés à l’égard de Louis [1], seigneur de l’ Espinay, capitaine au régiment de la marine, ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de la Lorraine et frontière du Luxembourg et par-delà envers sa majesté. 

 

Ils s’engagent à entretenir en bon état tous les ponts de la ville tant dedans que dehors la place et qui sont à la charge de sa Majesté et cela pendant 10 années et aux conditions suivantes :

 

Premièrement, le grand pont sur la Moselle avec la redoute au bout du pont.

 

Deuxièmement, les avancées des portes de Metz et de Luxembourg avec les ponts qui sont au bout des deux glacis comme aussi tous les corps de garde qui sont à la charge de sa Majesté.

 

Troisièmement, toutes les palissades autour de la place avec les portes et barrières de sortie du chemin couvert et les traverses qui sont aux angles saillants du glacis, plus les traverses (obstacles mis en travers des différents accès pour empêcher les tirs par ricochets ou de travers) qui sont aux avancées du rempart dans la place c’est à dire de veiller aux palissades et de les tenir toujours bien plantées, alignées et droite.

 

Pour cela le sieur Well recevra annuellement 45 écus blancs à 3 livres l’écu et le sieur Merlinger 20 écus blancs aussi à 3 livres. Ces sommes seront payables de 6 mois en 6 mois sur présentation d’un certificat signé de l’ingénieur militaire de la place.

 

Les sieurs Well et Merlinger seront tenus de fournir le bois et le fer sous réserve des palissades qui sont à la charge du Roi.

 

Le tout passé avec l’engagement de tous leurs biens meubles et immeubles présents et à venir. »

 

Un beau plan au lavis de 1730/40 (Bibliothèque Nationale – Paris)
 

[1]Louis de Saint-Lô, ingénieur ayant travaillé souvent sous les ordres de Vauban

Extrait de l’ouvrage : La fortification permanente par G.H. Dufour paru à Genève en 1822 où l’on commence à remettre en cause l’usage des palissades.

Extrait de l’ouvrage : La fortification permanente par G.H. Dufour paru à Genève en 1822 où l’on commence à remettre en cause l’usage des palissades.

Dessin du 18ème siècle de la structure d’un pont de bois

Dessin du 18ème siècle de la structure d’un pont de bois

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

MISCELLANEES 2019

NEWS

<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

 

Des difficultés survenues chez l'imprimeur vont repousser la date de parution.

 

Je vais donc également décaler la date de souscription jusqu'à la parution effective 

 

Je vous tiendrai informés de cette date dès que j'en aurais connaissance. 

 

Ci-dessous, quelques photos du Miscellanées 2019

dont j'ai pu obtenir un exemplaire.

 

 

1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications
1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications
1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications
1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications

Vous pouvez donc toujours souscrire au Miscellanées 2019 en remplissant le bon ci-joint.

Voir les commentaires

1636 - Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés !

Publié le par Persin Michel

Phrase célèbre de la fable de Jean de la Fontaine [1]« Les animaux malades de la peste » qui nous renvoie à la terrible réalité des ravages de cette maladie contagieuse au cours des siècles en Europe, en France, en Lorraine et particulièrement à Thionville.

 

[1]Jean de la Fontaine 1621-1695

Au cours de mes recherches sur la ville, il m’est arrivé assez souvent, de trouver des textes, des actes, qui sans les détailler, décrivaient la dureté des temps, des guerres et leurs cortèges de misères, mais rarement, d’allusions à la maladie ou alors de façon très générale, principalement dans les testaments où l’on retrouve toujours les phrases suivantes :

 

 

Ces extraits de testaments montrent les phrases qui conditionnent le testament, en premier lieu que la personne est malade et alitée et ensuite qu’elle a encore son raisonnement et nous dirions « sa tête » condition « Sine qua non » pour la validité juridique du testament, mais jamais aucune précision sur la maladie elle-même.

 

Pourtant, nous savons que les maladies infectieuses souvent contagieuses étaient nombreuses et sévissaient souvent par vagues épidémiques dans la ville et les villages alentours. 

 

Une de ces maladies tant redoutées était la peste, souvent confondue dans les écrits du temps, avec le typhus ou les diverses fièvres infectieuses.

 

La lorraine a connu plusieurs épidémies de peste [1]au 16èmeet au 17èmesiècle et l’on estime la mortalité à pratiquement 60% de la population en plusieurs épisodes successifs.

 

Un premier épisode aux environs de 1630/1631 et un deuxième épisode de 1634 à 1636, après 1670 et de façon assez mystérieuse la peste disparut en grande partie du pays et de la France à l’exception de quelques récidives tardives et très circonscrites à une ville ou à quelques villages.[2]

 

La peste (bubonique[3]) est une maladie infectieuse qui débute brutalement par une forte fièvre avec des maux de tête et une atteinte rapide et profonde de l’état général et de la conscience.

 

Parfois, elle présente en plus, une atteinte pulmonaire avec une toux sanguinolente, appelé alors la peste pulmonaire, rapidement mortelle.

 

Quoi qu’il en soit, le malade de la peste, du fait de ce caractère brutal de la maladie et de son grand abattement soudain, n’a guère le temps, ni la possibilité de faire mander le notaire pour lui dicter son testament.


[1]Ou maladies assimilées

[2]J’évoque ce sujet de façon très détaillée dans mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » paru en 2017

[3]Les bubons sont en fait les ganglions lymphatiques qui gonflent et que l’on retrouve au niveau du cou, des aisselles et de l’aine. La peste peut déclencher des septicémies amenant à la mort en quelques jours.

On estime que seul 20% des malades guérissaient de façon spontanée en quelques semaines. Les voies du seigneur sont impénétrables.

 

La médecine de l’époque n’avait aucune idée de l’origine de cette maladie et aucun traitement. On accusait l’air vicié [1], les humeurs et autres causes plus mystérieuses ou religieuses. 

 

Le salut était recherché dans la religion et ses saints salvateurs, Saint-Roch et Saint-Sébastien, on érigeait des croix de chemins ou des bildstocks [2]et l’on faisait des processions, le temps passait et l’épidémie de même.

 

Nous savons que Thionville ne fut pas épargnée par la maladie mais je n’avais encore pas trouvé de document y faisant référence. Il y a quelques jours, j’ai trouvé un acte notarié concernant une « donation dite à cause de mort » qui évoque cette maladie, le voici résumé :

 

 Le 28 août 1675.

 

"Devant nous notaires royaux de Thionville et y demeurant, est comparu en personne, la femme Claudon Gutnach, veuve en première noce, de Wolff Vidersporn et en deuxième noce de Nicolas Henrich, qui était maître boulanger à Thionville.

 

Elle nous a dit qu’étant saine d’esprit et de corps, qu’en 1636 pendant la mortalité qui régnait très fort à Thionville, elle fut atteinte de l’air pestiféré, malade et résolu à mourir.

 

Elle fit donc faire un testament en faveur de ses neveux, enfants du frère à son mari, son beau-frère. Dans ce testament elle y a mis une « disposition à cause de mort » pour donner aux enfants de son beau-frère, une somme de 400 francs luxembourgeois à 10 sols la pièce monnaie de Luxembourg, à prendre sur ses meubles après son décès, qu’elle pensait imminent et attendait à toutes heures.

 

Elle y mit la condition de pouvoir révoquer cette disposition quand bon lui semblera au cas où Dieu lui ferait la grâce de la relever de cette pestilence et qu’elle puisse vivre plus longtemps.

 

Il s’est trouvé qu’elle s’est relevée de cette peste mais que les enfants de son beau-frère en sont morts et qu’en conséquence du décès de son mari Nicolas Henrich, son dernier mari, ses meubles furent vendus et dissipés pour la faire subsister.

 

Aujourd’hui dans l’âge, percluse de tous ses membres, elle est sans pouvoir gagner sa vie et ne doit sa subsistance qu’à son cher fils, Nicolas Henri qui l’aide à vivre.

 

C’est pourquoi, elle révoque la disposition à cause de mort, la déclare sans valeur, nulle, et sans objet.

 

Elle déclare aussi que lorsque viendra l’heure de sa mort qui ne tardera pas, elle veut que son fils hérite du reste de ses biens à l’exclusion de tous les autres personnes, familles ou autres."

 


[1]On s’enfermait chez soi ou l’on vous enfermait, on vous bannissait de la ville ou du village.

[2]Généralement ces croix portent des petites boules représentant les bubons autour du fût

Voilà le témoignage d’une survivante soit de la peste, soit d’une maladie assimilée, nous savons qu’environ entre 15 et 20% des malades de la peste bubonique survivaient. 

 

Dans ce cas particulier, l’acte est rédigé en 1675 et fait référence à la maladie contractée en 1636 soit 39 auparavant. Ladite Claudon Gutnach se dit percluse de ses membres, on peut estimer qu’elle a probablement la soixantaine ou plus et qu’elle fut donc atteinte de cette « peste » dans sa jeunesse, entre 20 et 30 ans. 

 

Malheureusement, dans les registres paroissiaux conservés aux archives communales de Thionville, les décès ne sont pas mentionnés pour les années allant de 1636 à 1648. Par contre, on note une forte progression des décès dans les années 1634 et 1635 où nous atteignons plus de 120 décès dans l’année quand pour les années 1649 à 1651, la moyenne des décès est de l’ordre de 15 décès annuels. (En 1635, le registre des décès montre une forte augmentation à partir du mois d’octobre, remplissant alors plusieurs pages.)

 

On peut donc ajouter foi à l’acte notarié concernant Claudon Gutnach sur cette année 1636 où « la mortalité régnait très fort à Thionville », mortalité qui avait commencé à augmenter dans les années 1634/1635. Il même probable que si les registres de décès n’ont plus été tenus entre 1636 et 1649 , cela soit imputable en partie à cette épidémie de peste et à ses suites.

 

Il est certain que tous ces morts ne furent pas inhumés dans les caveaux de l’église paroissiale mais probablement portés au cimetière Sainte-Suzanne à Saint-François où se trouvait la chapelle dite des lépreux.[1]


Source: ADM Notaire Helminger-Fourot 3E7543
 

[1]Voir mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » 2017

1636 - Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés !

La souscription du Miscellanées 2019 est toujours en cours, n'hésiter par à le réserver.

 

 

Voir les commentaires

1675 – Thionville – Dominique Clerff dragon de Thionville (suite) et Mise au point sur « Le Miscellanées 2019 »

Publié le par Persin Michel

Il se trouve que je viens de trouver dans les minutes du notaire thionvillois Baranzy, deux petits actes qui sont une suite au testament de Dominique Clerff, dragon dans la compagnie du sieur de La Roche.

 

Le 7 février 1675 :

 

« Anna Weiss [1], veuve de Jean Jacobgang,s’est remariée avec Antoine Clerff, le père de Dominique Clerff. 

Elle reconnaît devoir à Lambert Driou, également dragon dans la compagnie du sieur de La Roche, une somme de 6 écus blancs [2]qu’il lui a prêtés pendant son court veuvage. Elle promet de le rembourser à la Saint-Martin à venir, maintenant qu’elle est remariée. »

 

Le 27 février 1675 :

 

Un autre acte nous apprend que Dominique Clerff, dragon dans la compagnie du sieur de La Roche, n’est pas mort pendant la campagne de de 1674 puisqu’il reconnaît dans cet acte avoir une dette de 40 écus blancs envers François Clerff [3], maître cordonnier à Thionville, dette qu’il lui remboursera dès que possible et qu’il garantit sur ce qu’il est susceptible de recevoir de la succession de son père ou de sa mère ou de successions collatérales en sachant qu’il a révoqué la donation pour cause de mort faite envers Antoine Clerff, son père. 

 

Voilà cette petite affaire close pour l’instant.

 


[1]Ou encore Anne Blanche !

[2]1 écus blancs ou rixdallers vaut 3 livres tournois donc ici 18 livres tournois

[3]Probablement un oncle

Dragons belges

Dragons belges

2019 - Mise au point sur « Le Miscellanées 2019 »

Depuis que j’ai ouvert la souscription pour le « Miscellanées 2019 » 

j’ai reçu quelques questions d’ordre général concernant cet ouvrage. 

 

Puisque par l’intermédiaire de ce blog, j’ai la possibilité de répondre aux questions ou interrogations de quelques-uns de mes lecteurs, je voudrais vous faire part de mes réflexions sur les questions suivantes :

 

Qu’est-ce qui différencie le Miscellanées des autres articles ou livre sur l’histoire de la région ?

 

Pourquoi l’acheter ?

 

Pourquoi le réserver par souscription ?

 

 

Le Miscellanées c’est l’édition (N) imprimée de tous les articles parus l’année (N-1) sur le blog :

 

www.histoiredethionville.com

 

En général, il se présente sous la forme d’un ouvrage au format A4 avec plus ou moins 130 pages, le tout en couleur abondamment illustré. La présentation est parfois un peu différente des articles du blog et comporte souvent des illustrations plus nombreuses.

 

La couverture est toujours une aquarelle originale faite par un artiste local et cela depuis le numéro 5.

 

 

Qu’est-ce qui différencie le Miscellanées des autres articles 

ou livres sur l’histoire de la région ?

 

 

La première raison se trouve dans la façon de réaliser les articles du blog, je m'explique  : Pour écrire un livre d'histoire (puisque c'est notre sujet), il existe plusieurs façons de procéder, une de ces façons est la suivante :

 

La compilation:

Vous prenez plusieurs ouvrages ou articles [2]parus sur le sujet que vous traitez, vous les lisez, vous en faites la synthèse ou picorez des informations dans l'un et l'autre et vous "compilez [3]" tout cela pour écrire le nouvel ouvrage. 

Cette méthode est largement répandue [4], elle a de graves défauts et particulièrement en histoire pour les raisons suivantes: Beaucoup d'auteurs anciens n'avaient pas à disposition l'ensemble des archives déjà structurées, critiquées et regroupées au même endroit, c'est la raison pour laquelle ils ne mettaient jamais d'indications sur la situation des documents qu'ils utilisaient. 

 

 

[2]Souvent des livres anciens

[3]Rassembler des documents ou des extraits de documents pour former un autre document ou livre

[4]Surtout pour les ouvrages commerciaux ou de vulgarisation.

Ces documents éparses n'avaient pas de «cote [1]» car ils n'étaient pas structurés au sein d'un système d'archives cohérent. Ces auteurs n’avaient donc pas une connaissance exhaustive des documents existants sur un sujet donné [2]. Ils n’avaient pas non plus les facilités de recherches [3]qui sont les nôtres, ni les facilités d'écriture et de publication [4]que nous connaissons aujourd'hui.

 

Le premier véritable archiviste de la Moselle ne fut nommé qu'en 1838 et encore avait-il d'autres fonctions à assumer. Les archives ne commencent véritablement à être structurées qu'à la fin du 19ème siècle. 

 

Souvent, ces auteurs anciens avaient des positions en vue dans la société, c'était des notables qu'on ne contestait pas et qui devaient publier pour conforter leur statut. De ce fait, et particulièrement pour le 19èmesiècle, le romantisme du siècle, les poussait à adopter des facilités et des raccourcis historiques qui aujourd'hui ne sont plus de mise.

 

De plus ces auteurs du 19èmesiècle étaient très marqués politiquement et chacun de leur livre ou de leur publications (articles) comportaient des références, des idées politiques qu’ils se devaient de faire passer, même si elles allaient à l’encontre de la vérité historique, des faits. Ils ont très souvent mis en valeur des personnages illustres en leur attribuant des réalisations faites par leurs subordonnés. [5]

 

Aussi, faut-il être critique en utilisant leurs publications, sans toutefois les négliger, car elles restent encore une source importante pour notre histoire.

 

Quoiqu'il en soit cette méthode de la compilation n'apporte jamais rien de neuf et ne fait que reconduire, reproduire et répéter à l'infini les mêmes informations, parfois, souvent, les mêmes erreurs initiales, erreurs qui finissent par devenir des vérités au fil des répétitions successives (On sait que la répétition est pédagogique). 

 

Si l’on veut produire un travail de qualité qui apporte de nouveaux éléments sur l’histoire de notre région, cette méthode est à proscrire absolument.

 

[1]De références pour les retrouver dans un ensemble d’archivage

[2]Ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui, on découvre toujours des documents qui n’étaient pas répertoriés ou sont mal classés

[3]Internet et autres bases de données

[4]La publication des ouvrages au 19èmesiècle sont pour la plupart fait à compte d’auteur et impliquait de leur part une certaine aisance, réservant ces publications aux notables ou organismes officiels, mairies, départements ou autres philanthropes

[5]Le fait de signer un document comme autorité ne fait pas de vous le réalisateur d’une étude ou d’un projet

Il existe encore d’autres méthodes, voici la mienne :

 

Je cherche dans les archives et dans les ouvrages d’histoires, dans les articles, toutes les informations traitant de près et de loin du sujet que je veux traiter.

 

Je les classe par ordre chronologique et je regarde la logique qui s'établit entre eux et avec d'autres événements locaux, nationaux ou internationaux.

 

Sur cette masse d'informations, j’apporte la critique logique nécessaire afin d'en déduire une véracité probable. Par manque d'informations, certains points ne peuvent être tranchés, je fais alors des hypothèses, les plus crédibles et logiques possibles.

 

En utilisant cette façon de faire, il m’arrive d’être en contradiction avec certains points de l'histoire reconnue. Il est alors quasiment impossible de rectifier, de corriger cette histoire "officielle". J'ai alors tendance à vouloir prouver ma version des faits en apportant les documents, les arguments allant à l'appui de ma thèse. Faisant cela, on rentre très vite dans un livre de spécialiste parfois difficile pour celui qui ne cherche qu'une approche globale du sujet. 

 

Du fait de ma façon de faire, à partir de documents originaux [1], je traite souvent des sujets qui n'ont jamais été abordé ou de façon très succincte. De plus, de cette façon je ne suis pas influencé par des écrits orientés et il m’arrive de trouver des documents peu connus voir inconnus qui apportent souvent un éclairage nouveau. 

 

Cette pratique de l'histoire est à même de vous assurer un récit le plus proche possible des faits tels qu'ils sont advenus, même si l'on sait que l'histoire est une science sociale toujours perfectible.

 

 

Pourquoi l’acheter ?

 

En premier lieu, il faut savoir qu'aujourd'hui entre 15 et 20% des français n'utilisent pas internet !

 

Un blog est un média par essence éphémère, un jour il s'arrêtera, un problème technique peut venir compromettre sa diffusion et sa pérennité, alors toutes les informations qu'il contient seront perdues à jamais. 

 

De plus le « Miscellannées » paraissant tous les ans constituent une suite, une collection éventuelle qui par son faible tirage ne perdra jamais de sa valeur pour les férus d’histoire locale, le temps passant, il sera même recherché.

 

Aujourd’hui le blog www.histoiredethionville est devenu de fait une base de données importante, plus de 240 articles différents que l’on retrouve dans l’ensemble des Miscellanées.

 

Dans chaque article, je conserve et cite intégralement les noms de famille et les métiers lorsqu’ils sont donnés, ce qui pour les généalogistes est très intéressant.

 

Le support papier sous la forme d'un livre sera toujours consultable chez vous ou en bibliothèque et cela indépendamment de la technique.

 

Et pour les amoureux des livres, le Miscellanées est un livre, même modeste !

 

[1]J’utilise beaucoup les actes notariés non sujets à être orientés mais dont l’exploitation est longue en recherches et souvent difficiles à remettre dans le contexte d’un sujet donné

 

 

Pourquoi le réserver à l'avance ?

 

En premier lieu le tirage en est très restreint soit environ 100 exemplaires, il est en général rapidement épuisé.

 

Le prix de souscription ou réservation est proche du prix de revient, puisqu'il n'y a pas d'intermédiaire. Lors de la mise en vente en librairie, le prix reste modique au regard du tirage restreint. 

 

La réservation ou souscription permet d'en assurer à l'avance la réalisation et la diffusion car il n'y a pas derrière l'édition de cet ouvrage de structure commerciale, ni de sponsor, ni d'aide structurelle d'aucune sorte.

 

Cette réservation ou souscription permet donc d'assurer sa viabilité, son existence même.

 

Le seul argument fondamental :

 

Être intéressé ou plus encore par l’histoire de sa ville ou de sa région

 

NB :

Le Miscellanées est un moyen d’assouvir une passion, un amour de sa commune, de sa région mais certainement pas un moyen d’enrichissement de son auteur sans même mettre en balance le nombre d’heures passées aux archives, à la lecture de textes souvent difficiles à déchiffrer ou à comprendre et ensuite le temps passé à écrire les articles, les mettre en forme, les illustrer, les faire éditer et les distribuer.

 

La semaine prochaine nous verrons un acte qui nous évoque la peste à 
Thionville en 1636 et toujours quelques mots sur le "Miscellanées 2019", 
sujet récurrent jusqu'au 5 février (date de fin de la souscription) 

 

Après cette mise en vente du Miscellanées nous reprendrons le dossier sur les fortifications de Thionville, couronné et double couronné, ponts écluses et magasins.

 

A remplir et renvoyer à l'adresse Histoire de Thionville è, rue Ausone 57100 Thionville

A remplir et renvoyer à l'adresse Histoire de Thionville è, rue Ausone 57100 Thionville

Voir les commentaires

Ouverture de la souscription pour le "Miscellanées 2019" et Testament d'un dragon de Thionville en 1674

Publié le par Persin Michel

Avant de voir dans un prochain article, la suite du dossier sur les fortifications de Thionville, ponts couverts et couronné de Yutz, je voulais vous informer de la parution prochaine du « Miscellanées 2019 » et de l’ouverture de la souscription pour le réserver au meilleur prix. Vous trouverez le bon de souscription à la fin du présent article.

Afin de ne pas vous faire un envoi juste pour l'ouverture de la souscription, je vous mets ci-dessous un petit article sur le testament d’un dragon de Thionville.

 

Ce testament est daté du 26 septembre 1674, le voici résumé :

 

Un dragon pendant les guerres napoléoniennes par Edouard Detaille

 

« Devant nous, Helminger, notaire à Thionville est comparu Dominique Clerff, âgé à ses dires d’environ 32 ans, actuellement dragon dans la compagnie du sieur de La Roche [1]en garnison à Thionville. 

 

Il nous a dit qu’il est sur le point de partir de cette ville avec toute la compagnie des dragons par ordre de sa majesté pour marcher à la guerre.

 

Craignant d’être tué à la guerre ou d'y  mourir par un autre cas fortuit durant cette campagne pendant qu’il sera absent de Thionville sans avoir disposé du peu de bien que Dieu lui a donné, il prend de son plein gré et de sa volonté la disposition suivante :

 

Au cas qu’il vienne a être tué ou a mourir à la guerre pendant son absence de la ville, il veut qu’Antoine Clerff, son père, à l’exclusion de ses frères, sœurs, parents, hérite de tous ses biens meubles et immeubles qui lui viennent de la succession de sa mère, Agnès Scholler.

 

Il aura l’usufruit sa vie naturelle durant de cet héritage.

Si Dieu lui fait la grâce de le conserver en vie et qu’il revienne à Thionville à l’issue de cette campagne, cette disposition sera à considérer comme nulle et sans valeur. »

NB :    Il ne sait pas signer.

 

 

[1]Monsieur Etienne Girault de la Roche, écuyer, lieutenant-colonel de dragons au régiment de Caylus puis de Lautrec, lieutenant de la ville de Thionville en 1643, décédé à Thionville le 1722, inhumé dans la chapelle du Rosaire (Voir Miscellanées 2019). Il avait épousé Catherine Scharff et fut seigneur de Bétange comme son père Claude Girault de la Roche. Il fut donc à la tête d’une compagnie de dragons à Thionville en 1674.

Il faut dire que les dragons dont beaucoup de régiments furent créés en 1674 eurent rapidement une grande aura parmi les armées du fait de leur bravoure et abnégation. De ce fait, ils laissèrent de nombreux morts sur les champs de bataille comme le montre le passage ci-dessous :

Extrait

Extrait

**************************************

MISCELLANEES 2019

************************************************

 

Fiche de souscription

Fiche de souscription

Le prix de souscription est de 15 € TTC pour les villes et villages limitrophes de Thionville, il sera livré gratuitement dans votre boite aux lettres.
 
Pour les villes et villages plus éloignés, le prix de souscription est de 20 € comprenant les frais d'envoi.
 
Pour les personnes qui ont acheté le "Miscellanées" tous les ans, vous voyez que ce N°5 porte l'année 2019. L'ouvrage contient bien les articles parus sur le blog en 2018, l'explication se trouve dans l'introduction de l'ouvrage. 

Voir les commentaires

Bonne année 2019

Publié le par Persin Michel

Bonne année 2019

Le temps qui passe est comme l'eau d'une rivière.

La même eau ne passera jamais deux fois entre vos doigts.

Il en va ainsi de la vie, les bon moments ne repasseront pas, 

les mauvais moments non plus (Cool)

Aimez donc vos proches et profitez pleinement de chaque moment que la vie vous offre.

Santé et prospérité à tous

Bonne année 2019

Voir les commentaires

Bonjour Vous trouverez ci-joint mon dernier article pour cette année Un petit contrat pour l'entretien...

Publié le par Michel Persin

Bonjour

Vous trouverez ci-joint mon dernier article pour cette année

Un petit contrat pour l'entretien des toits des magasins du roi en 1676 et le début d'un mémoire sur les fortifications de Thionville paru en 1751 dont nous reparlerons l'année prochaine.

Joyeuses fêtes

Votre lien:

www.histoiredethionville.com

Voir les commentaires

1676 et 1751 – Thionville- Fortifications - Contrat pour la couverture des magasins du roi et Mémoire sur le couronné de Yutz

Publié le par Persin Michel

Moi, Pierre l’Henriette, garde des magasins de l’artillerie pour le service du roi à Thionville, ayant eu commission particulière à cet effet de monseigneur le contrôleur général de l’artillerie d’une part et Jean Bouzin, maître recouvreur audit Thionville d’autre part. 

 

Nous avons conclu et déclaré avoir fait la convention suivante :

 

Le sieur Bouzin promet et s’oblige pour les six années à venir, consécutives et se suivant, de réfectionner et entretenir à ses frais tant en tuiles qu’en ardoises, toutes les toitures des magasins de la « tour aux pulces », de la grange du roi, de la vieille porte et de la porte du château à Thionville, de telle sorte et manière qu’il n’y reste aucune gouttière sur les toits desdits magasins pendant le terme des six années, afin qu’ils soient toujours à sec.

 

L’entretien de toutes les toitures et gouttières par le sieur Bouzin fera qu’il remplacera les tuiles ou ardoises cassées sur tous les toits et pour cela il recevra 60 livres tournois chaque année, payable de 3 mois en 3 mois.

 

Il ne devra rien faire aux charpentes qui sont à la charge du roi et en cas de grosses réparations, autres celles liées aux tuiles ou ardoises, soit les clous, la chaux, le sable et les lattes, qui arrivent par orages, grêle, tempête, il ne faut pas que les travaux excèdent 3 pieds carrés [1], sinon elles sont à la charge du roi.

 

Le présent contrat est signé le 1erjanvier 1676 et le sieur Bouzin s’engage sur ses biens mobiliers et immobiliers propres.

 

[1]1 pied carré = 0,10 m2

1676 et 1751 – Thionville- Fortifications - Contrat pour la couverture des magasins du roi  et Mémoire sur le couronné de Yutz

17 Février 1751 -  Mémoire sur la fortification de Thionville

 

 

Voici le préambule d’un rapport rédigé par l ‘ingénieur Lachèse [1]sur la fortification de la ville et qui commente ici les raisons de la construction de la couronne sur les hauteurs de Yutz. L’année prochaine nous verrons le rapport dans son entier.

 

« Thionville est située sur la Moselle à 6 lieues [2]de Luxembourg, duché dont elle a fait partie.

A 5 lieues de Metz, dont elle dépend tant pour le commandement que pour la juridiction.

 

Elle n’était autrefois fortifiée que fort simplement, mais depuis l’année 1727, le roi a augmenté ses fortifications dans presque tout son circuit au point que si le côté de la Moselle répondait en force aux autres côtés de la place, elle pourrait être regardée comme une des plus forte du royaume. Cette partie de la Moselle a toujours été regardée comme défectueuse. Les eaux de la rivière devenaient extrêmement basses dans les arrières saisons et jusqu’au point de ne conserver que 3 pieds [3]d’eau dans son plus profond, elle devenait guéable dans presque tout son cours.

 

Le pont qui traverse la rivière n’était couvert que d’un petit ouvrage à corne de peu de résistance, ce qui a déterminé à l’agrandir et à en former une double couronne qui couvre tout le côté de la rivière. Cet ouvrage quelque beau qu’il soit, pêche par un point essentiel ; il a trop peu de capacité pour une bonne défense et ne procure aucun emplacement à Thionville qui en a très besoin et a été construit si bas que les eaux de la Moselle, lorsqu’elles débordent en interdisent l’entrée en passant au-dessus de la partie des parapets du chemin couvert qu’elles détruisent et emportent dans le fossé.

 

De ces défauts, se joint celui d’être soumise à la hauteur d’Yutz où dès le premier travail on pourrait établir des batteries qui en très peu de temps en aurait anéantie toutes les défenses et donne le moyen de s’en rendre maître aisément. Cela fait juger que le côté n’était pas en équilibre avec les autres parties de la fortification de Thionville et que se serait toujours le chemin qu’un ennemi habile prendrait pour se rendre maître de cette place et a fait former le dessein d’y travailler pour parvenir à la mettre dans cet équilibre de force.

 

On a rien trouvé de mieux que l’établissement d’un ouvrage dont le bastion du centre prit de la supériorité sut toute les hauteurs de Yutz et l’auteur de cette prétendue couronne d’Yutz n »a donné ce projet dans le dessin de ne pas aire voir l’objet de cette dépense aussi considérable qu’elle est réellement, espérant que le temps lui fournirait le moyen d’exécuter le projet de la jonction à la double couronne de la Moselle après que les deux fronts de la hauteur seraient exécutés. Il est trop habile pour avoir jamais pensé que les deux fronts puissent tenir lieu du nécessaire en cette partie et ne l’a point caché.

 

C’est sur ce principe qu’on a donné le nouveau projet et on ne peut disconvenir que la couronne seule serait un mauvais ouvrage de peu de défense dont la communication serait difficile et qui serait vue dans toute son intérieur par l’ouverture de sa gorge, donnerait à l’ennemi un emplacement plus commode que la nature ne lui donnait ci-devant pour établir les batteries nécessaires pour la ruine entière de cette double couronne.

 

 

De là il suit, que les ouvrages de la jonction de cette couronne à la double couronne sont indispensablement nécessaires qu’il doit se faire un canal de la haute à la basse Moselle traversant lesdits ouvrages capables d’écouler les eaux de la Moselle qui ne peuvent se décharger que de ce côté et empêcher les inondations fréquentes de monter à la hauteur où elles ont été le 21 décembre 1740.

 

Les avantages de cet ouvrage avec la jonction sont secondement de mettre le côté de la Moselle en équilibre et même des plus fortes que les autres parties de la Place, pour nécessiter à l’ennemi son attaque du côté de la plaine

3- De donner à Thionville tous les emplacements qui lui sont nécessaire tant pour loger la garnison que pour y établir tous les magasins de quelques natures qu’ils puissent être.

4 – Que le canal qui sera fait dans lesdits ouvrages, empêchera les inondations fréquentes dans le pays, les eaux de la Moselle ne montent plus aussi haut qu’elles y montaient journellement ce qui va être démontré dans la suite. »

 

[1]Voir la biographie résumée en fin d’article

[2]Une lieue terrestre représente environ 4,44 km

[3]1 pied = 0,326 m

1676 et 1751 – Thionville- Fortifications - Contrat pour la couverture des magasins du roi  et Mémoire sur le couronné de Yutz

Je vous souhaite de bonnes fêtes

 

Voir les commentaires

Bonjour, Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle. Cliquer ...

Publié le par Michel Persin

Bonjour,

Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle.

Cliquer sur le lien ci-dessous

www.histoiredethionville.com

Bonjour,

Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle.

Cliquer ...

Voir les commentaires

Bonjour, Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle www.histo...

Publié le par Michel Persin

Bonjour,

Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle

www.histoiredethionville.com

Bonjour,

Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle

www.histo...

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>