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Bonjour, En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour...

Publié le par Michel Persin

Bonjour,

En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour mettre en exergue les particularités de l'Alsace Moselle

et quelques nouveautés (plans) de 1755 sur l'église Saint-Maximin.

Bonne lecture à tous

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Bonjour, En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour...

Publié le par Michel Persin

Bonjour,

En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour mettre en exergue les particularités de l'Alsace Moselle

et quelques nouveautés (plans) de 1755 sur l'église Saint-Maximin.

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En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour...

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www.histoiredethionville.com

Publié le par Michel Persin

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Guerre de 1914 - 1918 – Et juste un peu après à Terville

Publié le par Persin Michel

En 1914, nos villages étaient à l’heure prussienne depuis déjà plus de 40 ans. Les habitants en avaient la nationalité, la langue allemande était obligatoire, l’utilisation du français était punie. Les jeunes gens étaient enrôlés dans l’armée allemande puisqu’ils étaient allemands, toutefois la conscription et l’assimilation s’étant souvent mal passée, l’armée allemande, méfiante, incorporait de préférence les jeunes alsaciens et mosellans [1]dans des régiments situés en plein cœur de l’Allemagne puis la formation assurée, ils partaient pratiquement tous pour le front de l’est ou oriental, où malheureusement, ils tombèrent très nombreux  [2]`

 

Les premiers combats de cette grande guerre eurent lieu vers Pont à Mousson, vers Mercy-le Haut [3]et dans ces villages du plateau lorrain, assez éloignés de Thionville et des villages environnants pour que la population n’eut pas à en souffrir exagérément. L’avancée rapide des armées allemandes, malgré la résistance héroïque des troupes françaises, éloignèrent le front de l’est vers la Meuse et la Marne où la guerre s’enterra, se fixa pour quelques années.

 

L’inquiétude des familles se polarisa sur leurs enfants partis se battre avec les troupes allemandes en orient ou sur le front Est. N’oublions pas que 250000 jeunes mosellans et alsaciens furent engagés dans cette guerre du côté allemand, un peu plus de 50000 y perdirent la vie.

 

Thionville est une base arrière de l’armée allemande, une base logistique et sanitaire où l’on fait transiter et où l’on stocke le matériel, l’armement, les munitions et où l’on soigne les blessés. La population. est passée de 7255 habitants en 1871 à plus de 12000 en 1914. Le rationnement est en place depuis 1915 et en 1916 suite à la bataille de Verdun la ville passe sous autorité militaire. 

 

[1]Soit les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle cédés à l’Allemagne en 1871 par le traité de Francfort

[2]Voir « Soldats et monuments » pour Veymerange et Elange de Michel Persin – 2011 – Repro 2000 Yutz.

[3]En Meurthe et Moselle

Ce n’est qu’en 1917 et 1918 que les aviations alliées, encore bien jeunes techniquement et tactiquement bombardèrent les gares, usines et les entreprises industrielles de notre région.[1](Ci-dessous un Bréguet 14 bombardier équipant l’armée française)

 

 

 

En 1918, l’armée allemande, quoiqu’encore combative était fatiguée. Les armées alliées avec l’apport décisif des troupes américaines percent le front en plusieurs endroits reprenant une guerre de mouvements que l’armée allemande a du mal à contenir. A Kiel, les marins de la Kiegsmarine, se révoltent et créent des conseils de soldats et d’ouvriers rapidement suivis par une grande partie de la population allemande [1]. La révolution qui commence en Allemagne désorganise l’armée et l’administration civile. Le kaiser abdique le 9 novembre 1918 pour se réfugier en Hollande. 

 

[1]Révolution qui aboutira à la faible République de Weimar

Toute la belle organisation allemande tant vantée s’écroule, les officiers n’osent plus sortir en uniforme sous peine d’être rudoyés et dégradés par ceux-là même qu’ils commandaient encore hier, les civils se mêlent aux soldats. [1]

 

Après la signature de l’armistice, les troupes allemandes qui étaient encore au combat en Meuse reçoivent l’ordre de se replier sur la Sarre.

 

Les troupes françaises entrent dans Thionville le 22 novembre 1918.

 

Déferle alors la joie de la victoire. On fête les poilus et leurs alliés, on pleure et glorifie le sacrifice héroïque des morts et des blessés. On fait de beaux discours et on congratule les prisonniers de guerre qui rentrent de captivité.

 

Lentement, trop au goût des soldats, on démobilise les troupes, les renvoyant à leur vie civile qu’ils auront souvent du mal à réintégrer.

 

Bien entendu l’armée allemande fait de même et démobilise les soldats alsaciens et mosellans, qui pour leur malheur ont combattu à leur côté [2]. Ceux-là vont rentrer dans leurs foyers, faisant profil bas, l’amertume au cœur, regardés avec animosité et soupçon. 

 

Les civils allemands installés depuis des années, voir des dizaines d’années, subirent des vexations, des arrestations et au final beaucoup furent renvoyés en Allemagne avec 30 kg de bagages et un maigre pécule. 

 

Les biens allemands, maisons, usines, ateliers et commerces furent rachetés par des français, souvent à bas prix générant quelques fortunes inespérées. 

 

Après la liesse de la victoire, il fallut réorganiser la région et la chose ne fut pas simple. L’après-guerre fut morose pour bien des familles de notre région, certaines familles dont les enfants s’étaient mariés à des allemands furent divisées. Les postes les plus en vue dans l’administration ou dans le secteur privé échappèrent souvent aux Mosellans, toujours un peu suspects.

 

Et puis la culture germanique qu’ils avaient acquise depuis tant d’années fut difficile à remplacer par la culture française et on estime aujourd’hui que cela leur prit au moins deux générations.[3]

 

Ces précisons sont apportées pour bien montrer que rien en fut aussi facile qu’on pourrait le croire. La victoire n’est pas l’alpha et l’oméga de cette funeste « der des ders ». Même si les populations de Thionville et des villages alentours avaient assez peu soufferts des destructions matérielles inhérentes aux conflits armés, elles eurent également leurs lots de misères et de peines, souvent bien plus difficiles à surpasser qu’un dégât matériel.

 

Revenons donc à nos villages, ici Terville, pour me pas toujours se référer à la ville voisine.

 

 

[1]Thionville connaitraun comité de soldats et d’ouvriers conduit par un matelot et plusieurs officiers allemands seront pris sévèrement à parti en ville.

[2]Contre leur gré d’où leur nom de « malgré-nous » que leur a attribué Maurice Barrès

[3]En décembre 1918, on interdit aux Mosellans et Alsaciens de parler allemand en public après 22h, alors que pour beaucoup leur langue maternelle en était proche.

Terville eut à subir quelques désagréments de cette guerre comme le prouvent les 27 demandes de « Dommages de guerre » faites par les habitants. Pour 24 familles, ces dommages ne concernaient que des dégâts dans leurs champs (récoltes de pommes de terre volées par la troupe, foin et récolte de blé ou d’avoine de même). D’autres eurent des dégâts causés par la construction d’abris bétonnés [1]ou la pose de fil de fer barbelé. 

 

Effectivement, les allemands [2]avaient construit en 1915 sur le territoire de la commune de nombreux abris et casemates bétonnés :

 

20 abris de première ligne dans le bois de Terville et dans les prés sous ce bois

5 casemates dite de casernement dans le bois lui-même.

(Ces abris et casemates sont toujours visibles.)

 

21 abris de première ligne le long du ruisseau de Veymerange, cité des peupliers et de Verdun, abris aujourd’hui disparus.

 

Seules, trois familles eurent des dégâts plus importants :

 

La famille du meunier Auguste Gauvillé dont le moulin aura des tuiles et des chenaux abîmés par des éclats de bombes et quelques dégâts dans ses prés à cause de tranchées creusées là. 

 

[1]Concernant les abris bétonnés vous pouvez vous reporter au livre d’Eric Pierret « La grande ceinture fortfiée de Thionville 1914-1916 » paru en 2009 au Presses du Tilleul.

[2]Par les 2èmeet 11èmecompagnie du Lothringisches Infanterie-Régiment N°15

Le moulin "Rouge"

 

Ce moulin appelé aussi « Moulin Rouge » ou « Moulin de Daspich » était très ancien. Situé au confluent de la Fensch et du ruisseau de Veymerange, il fut une des pièces importantes du champ de bataille lors de la défaite française à la suite du siège de Thionville en 1639. Il a brûlé en 1932 et ne fut pas reconstruit.

 

La famille de Pierre Hirtzberger et Marie Orny son épouse, aubergistes au 98, rue de Verdun, eurent quelques dégâts (tuiles et chenaux) à leur maison et à leur commerce à cause de bombes d’avions lors du bombardement de la gare de Thionville.

 

La gare de Thionville et les installations industrielles furent bombardées une vingtaine de fois en 1918, en février, mars, en mai, en juin et en juillet par des escadrilles françaises et anglaises. La ville de Thionville ne fut pas épargnée, victime de l’imprécision des bombardements. Une quarantaine de personnes y laissèrent la vie.

 

Les dégâts les plus importants eurent lieu chez Charles Maire, cultivateur, qui verra le 2 décembre 1918 à 10h30 sa grange et une partie de sa maison détruites par un incendie qui fut imputé à une négligence des troupes américaines [1]qui étaient parties vers Thionville le matin même à 9h en laissant une bougie allumée dans la grange où elles avaient passé la nuit.

 

[1]C’était le 58èmerégiment d’infanterie américain qui avait cantonné à Terville.

La ferme en 2010
En 2018

 

Ces familles avaient demandé ces dommages de guerre dès 1920 et toutes furent indemnisées dans les années suivantes jusqu’en 1925 [1].

 

Le 6 décembre 1918 soit moins d’un mois après l’armistice du 11 novembre, le conseil municipal de Terville est reconstitué comme suit :

 

Membres de l’ancien conseil : (durant l’annexion)

Archen Jean, cultivateur

Maire Henri, boulanger et épicier

Clément Louis, couvreur

Léonard François, cultivateur

Klaine François, menuisier

Schweitzer Nicolas, cultivateur

Maire Charles, cultivateur

Kehr Jean, maréchal-ferrant

 

Nouveaux membres :

Picard Ernest, agent des postes

Clément Victor, propriétaire

Holstaine Joseph, jardinier

Hym Louis, menuisier

Filstroff Nicolas, ancien cultivateur nommé d’office car vétéran de la guerre de 1870 [2]

Le conseil ainsi reconstitué nommera comme maire :  Jean Archen 

Comme adjoint, Henri Maire

 

Concernant ces nominations d’office de vétérans de la guerre de 1870 qui eurent lieu dans plusieurs villages, il faut bien comprendre que souvent les parents, plus souvent les grands parents des soldats enrôlés dans l’armée allemande en 1914 avaient été eux-mêmes soldats dans l’armée française en 1870 lors de la guerre franco-prussienne. 

 

Guerre éclair, cruelle, que l’on avait perdue par incurie et impréparation et on le disait alors par désertion des généraux. L’abandon à l’Allemagne de l ‘Alsace et de la Moselle ne fut pas compris et encore moins l’acharnement des politiques et d’une grande partie des français à ne pas vouloir reconquérir ces provinces perdues, seuls quelques personnalités françaises militèrent pour la « revanche », elles furent traitées de militaristes, de « va en guerre » et autres noms d’oiseaux puis on oublia l’Alsace et la Moselle à leur triste sort.

 

[1]A Beauregard, les vitraux de l’église furent détruits par les détonations des bombes d’avion. A Thionville la synagogue à aussi souffert et l’église de Guentrange de même.

[2]A Veymerange, le vétéran de 1870 nommé au conseil municipal fut Gabriel Weber.

Alors à l’occasion de cette belle victoire de 1918, du retour au sein de la mère patrie des provinces perdues, on remit à l’honneur, provisoirement, les quelques patriotes survivants de cette vieille guerre de 1870 à la rancune tenace. Les honneurs, même insignifiants, ont très souvent le don de faire oublier les pires avanies.

 

Dans les années ayant suivi la grande guerre, la mairie de Terville va octroyer plusieurs dons en lien avec cette guerre.

 

Le 20 août 1919, la commune va voter une aide de 100 F pour la visite à Thionville du président de la République le 23 août 1919.

Le 21 août 1920, elle votera un don de 300 F pour la reconstruction de la commune d’Audun-le-Roman durement éprouvée par la guerre.

 

Le 1erfévrier 1926, elle votera un crédit de 30 F au comité des mutilés et réformés de guerre de la Moselle.

 

Le 13 janvier 1927, la commune votera un don de 100 F pour la construction de l’ossuaire de Douaumont.[1]

 

Le 16 janvier 1932, elle votera un don de 50 F pour les monuments aux morts sur l’emplacement des villages détruits pendant la grande guerre et qui ne seront jamais reconstruits.

 

Le 23 juin 1932, elle votera un crédit de 25 F pour la souscription du monument élevé à Pacy-sur-Eure à la mémoire d’Aristide Briand. [2]

 

Elle va aussi engager d’autres dépenses liées à son retour à la France, notamment à l’école pour les livres et les cartes, mais aussi pour les pompiers et les fêtes du 14 juillet.

 

Le 23 août 1921, elle va voter un budget de 3300 F pour les nouveaux uniformes des sapeurs-pompiers qui seront fournis par la maison Hannion et Leguil de Thionville.

 

Le 3 août 1924, elle va voter un budget de 1000 F pour les nouveaux casques des sapeurs-pompiers, en espérant obtenir 1000 F des anciens casques encore en bon état et revendus à un antiquaire.

 

En dehors des événements liés de près ou de loin à la première guerre mondiale, la mairie saura toujours se montrer généreuse et solidaire pour aider lors des catastrophes naturelles, ainsi le 14 août 1927, elle votera une somme de 100 F pour les victimes de la colonie de Madagascar ou pour les inondations dans le midi.

Elle ne sera pas en reste pour ses indigents, payant les frais des hospices des petites sœurs des pauvres ou de l’asile d’aliénés de Sarreguemines pour les membres de la communauté. 

 

Elle paiera aussi quelques indemnités à des familles dont les fils étaient partis à la guerre laissant des parents âgés sans la ressource de leurs bras.

 

[1]En 1919, l’ossuaire est une baraque en planche puis en 1923 un trio d’architectes, Léon Azéma, Max Edrei, Jacques Hardy va remporter la soumission pour la construction d’un véritable ossuaire qui sera inauguré le 7 août 1932. Terville fera partit des 122 villes donatrices.

[2]Aristide Briand né le 28 mars 1862 à Nantes et décédé le 7 mars 1932 à Paris. Ses cendres sont au cimetière de Cocherel dans l’Eure depuis le 3 juillet 1932. Il fut 11 fois président du conseil et 20 fois ministre. Il joua un rôle essentiel pendant la première guerre mondiale.

Monuments aux morts de Terville

 

Compléments aux articles sur la construction 

de la nouvelle église Saint-Maximin en 1755

 

Ce blog, média numérique, me permet de compléter ou rectifier certains articles écrits précédemment, en un mot de les faire vivre au gré des recherches ou découvertes.

 

Dans une série de trois articles écrits sur ce blog en 2016 [1], je vous avais fait le récit de la construction de la nouvelle église Saint-Maximin en 1755. 

 

Au cours de mes recherches sur le couvent des clarisses de Thionville, actuel hôtel de ville, j’ai retrouvé les plans de deux projets de construction de la nouvelle église Saint-Maximin, plans qui à l’époque furent écartés [2].

 

Vous les trouverez ci-dessous : (Plans de la BNF ayant appartenu à Antoine René de Voyer marquis de Paulmy

Projet du sieur Loriot architecte du roi

 

Projet du sieur Louis

[1]Mars, avril et mai 2016 sur le blog ou dans le livre « Miscellanées 2016 » paru au 1ertrimestre 2017 et consultable aux archives municipales de Thionville.

[2]Trop simple, trop cher

Ces deux plans ont été réalisés pour faire une étude sur la largeur du rempart à prévoir dans le cadre des deux projets.

 

 

Sources :

 

Pour ceux qui voudraient creuser le retour à la France de Thionville en 1918, je vous conseille de lire l’ouvrage « Thionville le retour à la France 1918-1925 » par Frédéric Gaudinet, Documents Thionvillois N°16 paru en 2008. C’est un ouvrage très complet sur le sujet que vous pouvez sans doute vous procurer aux archives municipales.

 

Sur les abris et casemates construites par les troupes allemandes vous trouverez votre bonheur dans l’ouvrage d’Eric Pierret « La grande ceinture fortifiée de Thionville 1914-1916 paru aux Presse du Tilleul en 2009.

 

Sur les monuments aux morts et les soldats de certains villages autour de Thionville, vous pourrez trouver des informations dans l’ouvrage de Michel Persin « Patrimoine -Soldats -Monuments - Croix et bildstocks » paru en 2015. (Voir au musée de la Tour aux Puces à Thionville)

 

Concernant Terville voir l'ouvrage de Michel Persin paru en 2013 "Terville, histoires retrouvées" Repro2000 Yutz

 

RECHERCHES

Guerre de 1914 - 1918 – Et juste un peu après à Terville

Ce blog contient à ce jour 220 articles sur des sujets divers.

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Bonjour une belle exposition à voir à la Tours aux Puces à Thionville à compter de ce jour. www.his...

Publié le par Michel Persin

Bonjour une belle exposition à voir à la Tours aux Puces à Thionville à compter de ce jour.

www.histoiredethionville.com

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Exposition "La Fayette, nous voilà !"

Publié le par Persin Michel

A la tour aux Puces du 13 octobre au 24 novembre 2018

A la tour aux Puces du 13 octobre au 24 novembre 2018

Nous avions la "Madelon", ils eurent "Over there"

Une belle exposition pour rendre hommage aux jeunes américains qui ont débarqué en nombre à Saint-Nazaire pour prêter main forte aux troupes alliées qui combattaient les allemands depuis 1914.

 

Arrivés en 1917, ils subirent le baptême du feu à Bathelémont-les-Bauzemont (54) et y versèrent le premier sang. Les trois premiers morts furent : 

 

Le caporal J.B. Gesham et les soldats T.F. Enright et M.D. Hay.

 

L’arrivée des américains permit la reprise de la guerre de mouvement et l'offensive générale sur l'ensemble du front permettant de remporter la victoire en novembre 1918.

 

Librairie du congrès :  Juin 1917, jeunes américains prenant le train pour New-York afin de s'embarquer pour la France

Librairie du congrès : Juin 1917, jeunes américains prenant le train pour New-York afin de s'embarquer pour la France

Vous pourrez acquérir (pour une somme modique, à la tour aux Puces ou aux archives municipales), le petit livret fort intéressant, clair et bien illustré, rédigé spécialement à cette occasion, par l'archiviste de la ville de Thionville, Frédéric Gaudinet.

Le livret en question - Format A4 - 67 pages

Le livret en question - Format A4 - 67 pages

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Bonjour Parution du dernier article de la série sur les corporations et confréries de Thionville sous...

Publié le par Michel Persin

Bonjour

Parution du dernier article de la série sur les corporations et confréries de Thionville sous l'ancien régime. Bonne lecture

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Publié le par Michel Persin

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Parution du dernier article de la série sur les corporations et confréries de Thionville sous...

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Thionville – Confréries et corporations (Confrérie du rosaire) Fin de la série d’articles sur ce sujet

Publié le par Persin Michel

Cette confrérie du rosaire créée en mars 1666 concurrença fortement la confrérie historique de la ville qu’était la confrérie du Saint-Sacrement. Elle fut édifiée avec toutes les autorisations utiles et les protections les plus adéquates, elle connut un vrai succès. Succès assuré également par le fait qu’elle put exercer dans la chapelle Sainte-Elisabeth, ancienne chapelle de l’hospice des pauvres, située dans les bâtiments du beffroi à quelques pas de l’église paroissiale.

 

Comme vu dans l’article précédent, la pratique religieuse exigée des confrères est relativement simple ce qui permet à chacun de se sentir capable d’être un bon confrère. Des indulgences et pardons sont octroyés aux pratiquants assidus et l’organisation ainsi que la tenue de la confrérie est exemplaire. La confrérie a un règlement intérieur comportant 14 articles que chaque confrère doit connaître et qu’un maître se doit de faire appliquer.

 

Le maître est nommé le premier dimanche d’avril lors de l’assemblée générale, il est secondé par un régent qui lui est élu parmi les confrères et qui l’année suivante deviendra maître à son tour. Lors de l’élection du régent, on veille particulièrement à ce que le candidat ne puisse par un moyen quelconque favoriser son élection.

 

Le principe était donc fort simple :

 

Le premier maître nommé fut le créateur de la confrérie, on élisait un régent parmi les confrères qui l’année suivante devenait le maître et ainsi de suite pendant pratiquement un siècle. (1666-1763)

 

Le maître ne pouvait l’être qu’une seule année puis redevenait simple confrère.

 

Les cinq premiers maîtres ont été : 

 

  • Charles de Fey de la Garenne, major de la place de Thionville à l’initiative de la création de la confrérie.

  • François Carlier (Gaulier) qui fut aussi à l’initiative de la confrérie.

  • Annibal Hue de Saint-Rémy, lieutenant civil et criminel de Thionville

  • Jean de Fauget, seigneur de Vazeilles, lieutenant des gardes

  • François Soucelier, conseiller du roi et avocat au bailliage de la ville

Ensuite nous trouvons, un clerc juré, un avocat, un notaire et en 1686 un chirurgien qui était aussi directeur de l ‘hôpital des pauvres, puis des marchands avec parfois des avocats ou des officiers municipaux ou bailliagers, toutefois clairement à partir de 1700, la plupart des maîtres seront issus des corporations, marchands et artisans.

 

Les cinq derniers maîtres furent :​​​

  • Nicolas Blaise marchand (1759-1760)

  • Pierre François Lacoveille, marchand (170-1761)

  • Jean Bastien, tourneur (1761-1762)

  • Jean Pierre Soustre, chaudronnier (1762-1763)

  • Nicolas Tinus, tailleur (1763-1764)

Un autre personnage important de la confrérie était le chapelain. Chargé de recevoir les confrères, de tenir le registre de la confrérie, des dons et d’organiser toute la partie religieuse. Il se doit aussi de dire une messe tous les dimanches dans la chapelle.

Le premier chapelain fut Nicolas Thiriat, prêtre à l ‘église paroissiale Saint-Maximin. Il exerça de 1666 à son décès en 1683 et fut parfois en délicatesse avec la paroisse qui n’avait pas toujours vu d’un bon œil la création de cette confrérie faisant du tort à la paroisse elle-même et à sa confrérie associée, celle du Saint-Sacrement. 

 

A son décès le poste de chapelain ne fut pas pourvu pendant quatre années, la fonction fut assurée par des prêtres des environs et puis le 16 mars 1687, on fit élire par 16 confrères[1]un religieux de l’abbaye de Justemont, Jean Maurice Martinot, comme chapelain de la confrérie et à partir de cette date, le chapelain fut toujours élu par les confrères et rétribué 100 livres tournois par an pour ses services.[2]

 

Le chapelain était en poste de son élection à sa mort ou à sa mutation dans une autre paroisse. Il faisait aussi office de chantre et de sacristain et devait veiller au bon ordre de la chapelle, des ornements et des cérémonies.

 

Au final, la confrérie du rosaire fut plutôt démocratique ; le maître et le chapelain étaient élus par les confrères. Le maître pour une seule année, laissant la possibilité au plus grand nombre d’exercer cette charge honorifique. Maintenant, nous étions quand même au 18èmesiècle et les femmes ne furent jamais admises à se présenter à l’élection de maître mais elles purent être admises comme consoeurs et même à élire entre elles une maîtresse chargée de faire connaître au maître de la confrérie leurs remarques et désirs.

 

Pour s’inscrire à la confrérie, il suffisait d’aller voir le maître accompagné du chapelain et de se faire inscrire sur le registre de la confrérie en ayant toutefois confessé et communié juste avant.

 

Ëtre confrère ne comportait que fort peu de contrainte sauf pour la mort de l’un d’entre eux où il fallait alors réciter les prières adéquates et assister au convoi funèbre, deux par deux, un cierge à la main. On devait aussi assister aux messes dites par la famille et par la confrérie. Les inhumations avaient lieu au petit cimetière paroissial tout proche, dans la crypte de l’église ou au cimetière Sainte-Suzanne au quartier Saint-François.

On se devait aussi d’assister aux messes anniversaires en souvenir des défunts.

 

Seul huit inhumations sont signalées dans la chapelle du rosaire [3].

 

On y célèbre avec faste, le premier dimanche d’octobre, la victoire de Lépante [4]le 7 octobre 1571, victoire que les frères du rosaire avaient demandée avec ferveur à Dieu. Bien entendu on y célèbre aussi les autres fêtes religieuses : Pâques, Pentecôte et Toussaint.

 

Par-dessus tout, la confrérie a vocation à honorer, aimer et faire aimer, Marie, mère de Dieu, lien d’amour entre Jésus-Christ, son fils, et les pauvres pécheurs que sont les confrères.

 


[1]Les 16 confrères les plus « dignes » de participer à cette élection ! Que recouvrait le terme de « digne » ?

[2]La plupart des 13 chapelains qui se sont succédaient au service de la confrérie furent des prêtres de la paroisse élus par les confrères

[3]Lors de travaux dans le beffroi en 1951, on trouva un squelette sans doute inhumé là dans une partie de la chapelle du rosaire

[4]Bataille victorieuse contre les troupes turques

Chaque visite canonique faite à la paroisse de Thionville par l’évêque de Metz note l’existence de cette confrérie et de sa chapelle. Il est toujours mentionné que la chapelle est belle, bien entretenue et dotée de tous les ornements nécessaires au culte sacré. Il est souvent signalé que les registres sont bien tenus, à jour et que les rentes, dons et revenus sont suffisants. 

 

Effectivement dès sa création la confrérie reçoit de nombreux dons : (Exemples)

 

En 1668

 

 

En 1705

 

Dans ce document la chapelle est dite de Sainte-Elisabeth sous la tour de guet de la ville

 

Finances :

 

Entretenir la chapelle et faire vivre la confrérie coûtait beaucoup d’argent, mais la confrérie n’eut guère de soucis d’argent. A chaque fois qu’un habitant de la ville venait s’inscrire à la confrérie, il donnait une certaine somme en rapport avec sa fortune personnelle, cette pratique n’était pas obligatoire mais toujours respectée. De plus tous les ans chaque confrère se devait de payer sa part pour le fonctionnement de la confrérie, s’il ne payait pas dans les 30 jours, il était rayé des registres de la confrérie et n’en faisait plus partie. Pour ceux que le maître et le régent estimaient trop pauvres, on ne leur demandait aucune quote-part.

 

Les autres rentrées d’argent provenaient des quêtes lors des cérémonies, des dons soit en nature, soit en argent, de la location des bancs dans la chapelle et des rentes faites pour célébrer des messes en souvenir des défunts. Enfin, il y avait les fondations et dons de terres et maisons faites par les plus riches habitants de la ville [1].

 

Moralité :

 

Cette confrérie semble avoir été d’une très bonne tenue, il faut dire que chaque confrère qui y était reçu se devait d’avoir une bonne moralité. Les postulants soupçonnés d’aimer la dive bouteille ou les cabarets n’était pas reçus. Les danses publiques étaient interdites comme les mœurs légères et si un des confrères admis venait à prendre un mauvais chemin, il était exclu. Les petites dissensions pouvant survenir au sein de la confrérie étaient réglées en commun avec le maître, le régent et quelques confrères si besoin. L’amitié devait régner au sein de la communauté. Les maîtres furent toujours des habitants ayant une certaine assise sociale, toujours d’âge mûr à la moralité exemplaire.[2]

Les militaires très nombreux à Thionville représentent environ 30 % des confrères et les officiers municipaux, les hommes de lois et de santé furent très nombreux également à adhérer à la confrérie [3].

 

Cette participation importante des notables assurait pour les autorités royales et religieuse une sorte de garantie morale contre les griefs vrais ou faux que les autorités avaient contre les corporations et les confréries. Effectivement, ces communautés d’habitants faisaient généralement tous les ans un repas rassemblant tous leurs membres et bien entendu, il arrivait que ces repas finissent en ripailles, franches débauches et hostilités envers certaines autorités occasionnant des troubles publics. Pour cette raison les corporations et les confréries furent surveillées étroitement et noyautées afin de prévenir tout débordements. Régulièrement, elles étaient suspendues, voir interdites puis ré-autorisées souvent avec d’autres statuts ou dirigeants.

 

Qui plus est, ces communautés acquéraient en matière de gestion financière et en matière juridique de réelles compétences. Les plus importantes de ces communautés affichaient une certaine richesse et pesaient souvent d’un poids important dans la vie de la cité

 

Aussi le pouvoir central n’eut-il de cesse de mettre un terme à ces assemblés de citoyens, corporations et confréries. Ce qu’il réussit à faire au travers des parlements régionaux en 1763. 

 

[1]Plus on donnait en fonction de ses moyens plus les indulgences et pardons étaient importants. Les fondations pour dire des messes duraient souvent plusieurs années provenant des loyers de terres ou de maisons et étaient payées tous les ans à la même date.

[2]Au moins extérieurement, pas de journaliste s people à l’époque !

[3]Environ un tiers des effectifs

La chapelle de Sainte-Elisabeth :

 

Elle était donc devenue en 1666, la chapelle de la confrérie du Rosaire, mais elle était bien antérieure à la confrérie. Effectivement, Thionville avait un hôpital, plus justement un hospice, dès avant 1332[1], souvent pour ne pas dire toujours, ces hospices avaient dans leurs murs une chapelle, autant pour les soignants [2]qui étaient alors des religieux que pour le salut des malades. L’hospice de Thionville au regard de sa population devait être fort petit et comme souvent dans les hospices ou hôpitaux, la chapelle se trouvait dans la même pièce que l’hospice, au bout de la salle commune, séparée parfois par un rideau. Donc, cette chapelle fut logiquement dédiée à Sainte-Elisabeth en souvenir d’Elisabeth de Hongrie (1207-1231) mariée à Louis IV de Bavière. Après le décès de son époux en 1227,  devenue franciscaine elle fit construire un hôpital pour les pauvres.

 

L’hospice se trouvait approximativement où se tient aujourd’hui le beffroi. Nous savons qu’un chapelain y exerçait en 1337 et puis vers 1564, pour des raisons inconnues, l’hospice fut transféré dans la maison des bains publics de la ville où on ne recevait plus les pauvres, la maison étant trop exigüe, on leur portait la nourriture et le bois de chauffage chez eux. En 1718, on construisit à l’emplacement de cet ancien hospice un nouveau bâtiment plus important où l’on accueilli à nouveau les indigents.  

 

Ce nouvel hospice perdura dans cette rue appelée aujourd’hui « de l’ancien hôpital » jusqu’à la révolution avant d’être transféré dans l’ancien couvent des clarisses, aujourd’hui hôtel de ville.

 

La chapelle Sainte-Elisabeth resta au beffroi à son emplacement d’origine. Suite à la création en 1666 de la confrérie du Rosaire, la chapelle qui avait toujours porté le nom de Sainte-Elisabeth, prit pour les habitants le nom de la confrérie, on l’appelait donc la chapelle du Rosaire. Après 1718, on érigea dans le nouvel hospice une chapelle à qui on redonna le nom de Sainte-Elisabeth.

 


[1]Car à cette date Nicolas Desart et son épouse Agnès lui firent une donation d’une rente hypothécaire sur des maisons de Thionville à cet hospice

[2]Ces hospices n’étaient pas des hôpitaux, pas de médecin, pas de soins médicaux proprement dit, la science médicale de l’époque en eut été bien incapable. Non, c’était à proprement des hospices où l’on prenait soin des pauvres, leur assurant un lit, de la nourriture, un peu de chaleur et de la compassion (Parfois)

Où se trouvait exactement cette chapelle ? 

Dans les documents de l’époque, on l’a dit dans le beffroi, sous la tour de guet, à côté de la tour, enfin rien de très précis [1]. Il faudra attendre 1753 et un plan du beffroi dressé par l’armée pour connaître exactement son emplacement, c’est à dire juste à l’arrière de la tour comme indiqué ci-dessous.

 

 

[1]Il existe aux archives un croquis réalisé par Charles Abel de la situation de la chapelle, ce croquis est faux

On voit sur ce plan, une coupe de l’ancien bâtiment du beffroi, avec sa tour où trois petites maisonnettes (F) étaient appuyées servant de boutiques [1]. A côté, il y avait une porte, pour accéder à la chapelle du Rosaire (B). 

 

Ellipse:      Sur la façade principale qui donnait dans la rue actuelle de l’ancien hôtel de ville (anciennement rue de la prison), on trouvait une porte pour accéder au RDC de la tour, puis une petite porte avec un escalier pour accéder aux prisons du 1eret 2èmeétage, puis une petite porte basse pour accéder aux cachots du sous-sol, ensuite une porte pour accéder à la chapelle du Rosaire et enfin au bout du bâtiment un escalier avec une porte (E) plus importante donnant accès à l’hôtel de ville et au bailliage.

 

On remarque aussi que le chœur de la chapelle où se trouve trois autels est séparé de la nef par un dispositif léger permettant de séparer la nef et le chœur à certaine occasion. Cette disposition est caractéristique des chapelles d’hôpitaux ou d’hospice. Les malades occupant la nef qui était alors la salle commune, les autels du chœur étant alors soustrait à la vue des malades sauf pendant les offices que les malades pouvaient alors suivre de leur lit pour les plus handicapés.

 

Il est probable que cette disposition datait de l’origine de la chapelle Sainte-Elisabeth au sein de ce qui fut l’hospice des pauvres.

 

[1]Ces petites maisons furent détruites en 1820 à cause des risques d’incendie causés par leur cheminée donnant directement sur le 1erétage du beffroi. Leur disparition permettra à la ville d’installer au sous-sol du beffroi le poids de la ville qui auparavant était sur la place du marché

Au-dessus de la chapelle, il y avait un clocher qui venait d’être refait à l’occasion de la création de la confrérie du Rosaire, on en profita pour fondre la petite cloche qui s’y trouvait afin d’en faire une plus grosse qui fut baptisée du nom de Marie-Catherine, le 16 septembre 1666 par le chapelain Nicolas Thiriat en présence de 6 parrains et de 6 marraines. Le 30 mars 1708, la cloche qui s’était fendue fut remplacée et baptisée Suzanne Agnès en présence de 2 parrains et 2 marraines seulement. 

 

 

Voilà donc détaillé le fonctionnement de la plus importante confrérie de Thionville sous l’ancien régime, mais toute chose a une fin et pour les confréries thionvilloises, cette fin viendra d’un arrêt du parlement de Metz en date du 10 mai 1763. Sous couvert de réaliser un état des différentes confréries du diocèse et de vérifier leurs autorisations, règlements, lettres patentes, comptes et autres statuts, on interdisait de fait toutes les confréries. 

 

Le maître de la confrérie du Rosaire associé aux anciens maîtres eurent beau faire appel de cette décision en rappelant que Louis XIV avait maintenu la ville et ses habitants dans tous leurs droits et coutumes, que la confrérie ne s’était jamais fourvoyée dans des beuveries et débordements d’aucunes sortes, rien n’y fera et le chapelain en poste alors, Michel Colesse fut obligé de remettre tous les papiers de la confrérie au curé de la paroisse.

 

Ce fut la fin des confréries thionvilloises. Les ornements et meubles de la chapelle furent transférés à la paroisse où l’on donna encore quelques cérémonies à son intention.

La chapelle resta en l’état quelques années puis vient l’affaire des bouchers en 1772 que je vous ai rapportée dans l’article sur la corporation des bouchers. A cette occasion on avait utilisé la chapelle alors sans affectation comme boucherie, en occultant le chœur [1], ce que la disposition de la chapelle permettait assez facilement ; Cette affaire terminée, on ne remit pas la chapelle dans son état premier, mais la ville s’en servit de débarras pour son matériel d’incendie. 

 

Enfin, le coup de grâce vient le 22 mai 1786 quand la ville mit la chapelle à bail par adjudication pour 9 années. Elle se réservait le chœur et la sacristie pour son matériel d’incendie et construisit alors un mur [2]pour séparer définitivement la nef du chœur. L’adjudication fut remportée par le sieur François Abel [3], marchand en la ville pour un loyer de 120 livres annuel qui se servit de la nef comme entrepôt.

 

Le 5 mai 1817, nous trouvons une adjudication des locaux dit du Rosaire appartenant à l’hospice de la ville et géré par la municipalité. Cette adjudication est faite pour 9 années et nous voyons alors que la chapelle initiale qui avait été divisée en 2 pièces [4]en 1786, est maintenant divisée en 4 pièces devenant 4 lots distincts adjugés séparément.

 

Lot N°1 :

Une pièce ayant son entrée dans la rue de l’ancien hôtel de ville (ex rue des prisons en 1753). Cette pièce est alors occupée par un certain Didion, marchand à Thionville qui va perdre l’adjudication au profit du sieur Poinsignon [5]pour 100 francs de loyer annuel.

 

Lot N°2 :

Une pièce qui donne sur la grande place du marché où elle a son entrée et actuellement loué à Michel Abel le fils de François Abel qui avait loué cette pièce en 1786. L’adjudication fut remportée par Jean Baptiste Herga, brasseur à La Grange pour un loyer de 300 F annuel.

 

Lots N°3 et 4 :

Deux pièces tenant à la maison de la veuve Bonaventure qui en a obtenu l’adjudication.

 

Voilà qui marque la fin définitive de cette belle chapelle du Rosaire. Le beffroi subira encore de multiples modifications qui rendront illisible aujourd’hui l’état primitif du bâtiment.

 

Pour résumer :

Fin des confréries de Thionville en 1763, suppression de la chapelle du Rosaire dès 1772 par la construction d’une cloison de séparation de la nef et du chœur et utilisation du choeur et de la sacristie comme remise par la ville [6].

 

 

En février 1776, Turgot supprime les corporations pour quelques mois seulement mais c’était là de sombres prémices puisqu’en mars 1791, elles furent réellement abolie par la création de la patente et qu’en juin de la même année furent abolie les corporations ouvrières. 

 

[1]Par une cloison de planches

[2]Un mur qu’elle paya, de 11 pouces d’épaisseur crépi des deux côtés et fait par le maçon Georges Corrigeux

[3]Son petit-fils deviendra un homme politique et un érudit de Thionville, habitant à Guentrange, il laissa de nombreuses notes sur l’histoire de la ville et de la lorraine en général. 

[4]La nef pour le magasin de François Abel et le chœur et la sacristie réservée par la ville.

[5]Le sieur Poinsignon s’est déclaré de suite comme ayant enchérit pour la commune.

[6]Certains auteurs datent la disparition de la chapelle du Rosaire de 1834, c’est une erreur, cette date correspond à des modifications sur les étages du beffroi et la construction d’un logement pour le garde

La révolution dans la continuité de la monarchie essaya toujours de marginaliser les corps intermédiaires ce qui provoqua un retard considérable de la France dans la mise en place d’une démocratie plus sociale et d’une culture de la négociation.[1]

 

Il faudra attendre la fin du 19èmesiècle pour voir l’abolition du délit de coalition en 1864 puis la reconnaissance des syndicats en tant que personnes morales en 1884. Le syndicalisme put ainsi se développer.

 

Aujourd’hui, les syndicats, les associations diverses et variées représentent sous une autre forme les corporations et les confréries passées. Elles constituent souvent des groupes de pression et pèsent parfois lourdement sur les décisions politiques de l’état ou des municipalités. Mais, aujourd’hui comme hier, même si elles sont aussi courtisées, elles sont, n’en doutant pas, au moins pour certaines, sous surveillance.

 

Par cet ensemble d’articles sur les corporations et les confréries à Thionville sous l’ancien régime, j’ai voulu faire revivre un peu la vie des thionvillois dans ces communautés, confréries et corporations, non seulement leur vie mais aussi l’organisation de la commune et l’impact de ces communautés sur la structure même de la ville.

 

[1]La révolution ne fit qu’établir un parallèle entre les ouvriers et les patrons en leur interdisant aussi tout système de regroupement ou d’entente.

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