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Publié le par Michel Persin

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Thionville – Confréries et corporations (3ème partie)

Publié le par Persin Michel

Dans l’article précédent nous avons vu qu’au début du 18èmesiècle les tanneurs et les cordonniers de Thionville exerçaient les mêmes activités, ce qui nuisait à une saine concurrence. Nous avons vu aussi que la ville souhaitait remédier à cet état de chose qui semblait durer depuis longtemps. Effectivement un acte du 15 février 1663, nous confirme qu‘au milieu du 17èmesiècle à Thionville, les tanneurs et les cordonniers étaient regroupés au sein de la même corporation.

 

Résumé de l’acte en question :

 

« Devant les notaires royaux sont comparus Jean Nicolas Fridrich, conseiller du roi au bailliage de Thionville ave Jean Ranckendall (tanneur) et Pierre Gascher (cordonnier) tous les deux maîtres des métiers de tanneurs et cordonniers et en présence de trois confrères desdits métiers qui nous ont déclaré :

 

Vouloir faire l’échange avec la permission et autorisation du seigneur Hue de Saint-Rémy, écuyer, seigneur de Gras, conseiller du roi et lieutenant général civil et criminel au bailliage de Thionville, permission donnée le 6 février de l’année 1663 à la requête que lui avait présenté les maîtres et confrères des métiers de tanneurs et cordonniers. L’échange ainsi autorisé est perpétuel et irrévocable et consiste en la cession au sieur Jean Nicolas Fridrich et à demoiselle Anne Elisabeth Vogtin son épouse d’une partie de maison qui leur appartient sur la place vis à vis la chapelle de l’hôpital, les héritiers du défunt Hyet d’un côté et le l’autre Mathieu Fridrich. Celui-ci avec son épouse cède aux maîtres des métiers une maison située à Thionville vis à vis de la grange du sieur Kirchbaum, la veuve du sieur Rochefort, Marguerite Klein d’un côté et la rue de l’autre côté, la maison faisant le coin de la rue.

 

Cette maison, le sieur Fridrich l’avait rachetée à Jean Edinger, échevin de Thionville, qui avait acheté cette maison des sieurs Demauth et Fonck, commissaires établis et autorisés par décret de justice du 22 octobre 1653 au nom de la demoiselle Marguerite Klein pour son entretien.

 

Les « Fridrich » ont donné la somme de 420 francs de Luxembourg pour la partie de maison des maîtres des métiers qui avait été engagée à feu Georges Reinard.

 

Fait à Thionville le 15 février 1663

Ci-dessus un extrait de l’acte

Ci-dessus un extrait de l’acte

On voit là que les maîtres des métiers des tanneurs et cordonniers possédaient en commun une partie de maison située en centre-ville, sur la place du marché, proche du beffroi où se trouvait alors la chapelle de l’hôpital dite de Sainte-Elisabeth. Maison commune au corps des métiers qu’ils vont échanger avec une autre maison située au coin d’une rue. On voit aussi que cette transaction se fait avec l’autorisation du lieutenant général du bailliage [1]et qu’elle implique des officiers de l’hôtel de ville.

 

On voit encore que Mathieu Fridrich habite avec son épouse la maison attenante d’un coté à celle du corps des métiers. Cela lui permet de posséder dorénavant deux maisons contigües pour en faire une maison plus importante.

 

On remarquera aussi que Jean Nicolas Fridrich et Mathieu Fridrich sont probablement de la même famille et que Jean Nicolas Fridrich est alors conseiller du roi au tout nouveau bailliage, il deviendra par la suite receveur des finances du roi et échevin de la ville.

 

Mais plus encore, Jean Nicolas Fridrich, sera à l’initiative avec le gouverneur de la ville, Du Fey de la Garenne, de la création le 4 avril 1666, de la confrérie du Rosaire qui élira domicile dans la chapelle Sainte-Elisabeth de l’hôpital, à côté du beffroi actuel, et qui prendra et sera connue à Thionville pendant de nombreuses années sous le nom de « chapelle du Rosaire ». La maison ainsi échangée qui appartiendra dorénavant à Mathieu Fridrich se situera donc vis à vis de la chapelle de la confrérie du Rosaire.

 

Cette maison des métiers qui vient d’être échangée était une maison de rapport pour le corps des métiers, tanneurs et cordonniers. Ils n’y pratiquaient pas leur métier qui pour les tanneurs, chacun le sait est source de nuisances olfactives et visuelles. Non, les opérations de tannage se pratiquaient dans leur maison ou atelier loin du centre-ville, plutôt vers les remparts, le long des fossés entourant la ville. Ces activités de tannage étaient donc une source de désagréments pour la ville aussi à l’été 1690, la ville ordonna aux tanneurs de retirer leurs tanneries de leur maison en la ville et d’aller les installer à Beauregard sur la rivière Fensch qui alimentait plusieurs moulins dont un moulin à foulon appartenant au corps des drapiers et sans doute un moulin à écorce produisant le tan pour le tannage des peaux.

 

La ville donna à cette occasion aux tanneurs des terrains le long de la Fensch pour qu’ils s’y installent, ce qu’ils firent. Et dès novembre 1690, la ville demanda aux tanneurs de payer annuellement une taxe pour l’occupation des tanneries.

 

La taxe requise était proportionnée à la surface des terrains concédés et payable à la Saint-Rémy, dès 1692. Nous en avons une liste qui suit : (Sous réserve de l’orthographe)

 

 

 

[1]Bailliage créé le 22 avril 1662 donc très peu de temps avant cette transaction

Mathis Bonjean 25 sols tournois

Valentin Nonchel 12 sols et 6 deniers tournois

Didier Fichault 12 sols et 6 deniers tournois

Jean Pierre 30 sols et 6 deniers tournois

Arnouldt Husange 15 sols tournois            

Nicolas Reuter 12 sols et 6 deniers tournois

Jean Georges Geisweiler 12 sols et 6 deniers tournois

George Oberboren 16 sols et 3 deniers tournois

Pierre le Moine 15 sols tournois

Nicolas Reulaut 15 sols tournois
Jacob Seftor   15 sols tournois

Extrait d’un plan du milieu du 19ème siècle où l’on voit un moulin à écorce et les tanneries sur le canal de la Fensch à Beauregard. La ville se trouve vers la droite  Ce canal de la Fensch alimentait ensuite le moulin à farine de la ville qui se situait à la porte de Metz et qui deviendra le moulin « Nouviaire » donnant sur la place Marie-Louise. (Il est en cours de destruction pour laisser la place à une résidence moderne.)

Extrait d’un plan du milieu du 19ème siècle où l’on voit un moulin à écorce et les tanneries sur le canal de la Fensch à Beauregard. La ville se trouve vers la droite Ce canal de la Fensch alimentait ensuite le moulin à farine de la ville qui se situait à la porte de Metz et qui deviendra le moulin « Nouviaire » donnant sur la place Marie-Louise. (Il est en cours de destruction pour laisser la place à une résidence moderne.)

Les peaux :

 

Les tanneurs se procuraient les différentes peaux [1]dont ils avaient besoin auprès des bouchers de la ville mais aussi auprès du bourreau de la ville [2]concernant les animaux errants, malades ou les veaux morts nés dont la peau servait à faire le « velin » pour les articles en cuir fin.

 

Certains tanneurs les plus fortunés, sélectionnaient leurs animaux sur pied et les mettaient en pension chez un des fermiers des alentours de la ville avant de les livrer au boucher et d’en récupérer les peaux. Ils faisaient ainsi des plus-values intéressantes.


[1]Vaches, veaux et taureau, moutons, agneaux et porcs 

[2]Au 17èmeet 18èmesiècle, les bourreaux de la ville étaient Jean Pierre Dalembourg puis son fils Jean Dalembourg. Ils étaient maîtres des hautes et basses œuvres pour le bailliage. Les basses œuvres consistaient justement à faire l’équarrissage des animaux morts dont les veaux mort-nés

L’acte du 25 février 1732, nous relate cette façon de procéder :

 

«  Par devant nous notaires royaux de Thionville sont comparus en personne Balthazar Schweitzer, laboureur à la cense de Wonnerhoff (Marienthal à Guentrange) et son épouse Catherine Gloting. Ils ont reconnu tenir comme hôte suivant l’usage du pays, du sieur André Wolkringer, marchand tanneur de Thionville, les animaux suivants :

 

- 6 vaches dont 4 sans poil noir, 1 rouge, une autre noire à tête blanche.

- 2 génisses dont 1 rouge et 1 noire.

- 1 taureau sans poil rouge.

- 42 bêtes blanches tant brebis que moutons.

 

Le montant de la pension estimée à l’amiable est de 287 livres tournois que le sieur Wolkringer a payé réellement au comptant pour nourrir, héberger et entretenir les bêtes à leurs frais et cela pendant trois années.

 

L’acte est rédigé en français mais expliqué en allemand. Ledit Schweitzer et son épouse ne savent pas écrire et font leur marque. Le sieur Wolkringer signe avec nous notaires. »

Thionville – Confréries et corporations (3ème partie)

Dans cet acte nous voyons bien l’importance attachée aux types d’animaux et à leur peau, couleur et poils, éléments de qualité pour le tanneur. Cette façon de faire permettait aussi au tanneur d’acheter des bêtes encore jeunes et de les faire engraisser en espérant en retirer un meilleur prix à la revente.

 

J’en terminerai ici avec les tanneurs et cordonniers, dans le prochain article nous verrons d’autres corporations et confréries de Thionville comme la "confrérie du Rosaire" rare confrérie thionvilloise strictement religieuse non rattachée à une corporation.

 

Sources :

Actes notariés aux ADM – Helminger 3E7520 à 3E7538 Bonjean 3E7806 à 7850

Archives communales de Thionville - Cadastre 19èmesiècle

 

NB: N'hésiter pas à utiliser la fonction "RECHERCHE" du blog pour voir d'autres articles sur le même sujet ou d'autres sujets dans l'ensemble du blog qui comporte plus de 200 articles.

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Thionville – Confréries et corporations (2ème partie)

Publié le par Persin Michel

Les corporations du moyen-âge et celle de la période dite de l’ancien régime sont nombreuses et relativement puissantes, principalement dans les grandes villes où souvent le prévôt des marchands est aussi le maire ou à minima son alter égo.

 

La société d’ancien régime que l’on peut faire débuter au début du 16èmesiècle possède des caractéristiques bien tranchés.

 

La religion :

 

En premier lieu, c’est une société catholique qui est alors une religion d’état, la monarchie est de droit divin. 

 

La religion est la poutre maîtresse de la société. Elle accompagne chaque individu du berceau à la tombe et les confréries associées aux corporations en sont un maillon important. 


Les prêtres et les pauvres curés de campagne, s’ils n’ont pas accès aux conseils municipaux constituent, dans l’ensemble qu’est la paroisse, une contrepartie fondamentale. Ils ont l’éducation et les connaissances juridiques avec les contacts et l’oreille des nobles, leur poids est considérable. Bien souvent quand une école existe, ce sont eux, les religieux, qui ont en la charge.

 

Et pourtant  "Les racines chrétiennes de la France et de l’Europe" 

font encore débat

 

Je suis l'Alpha et l'Oméga

 

La coutume :

 

Ensuite, cette société d’ancien régime est essentiellement régit par la coutume qui est considérée comme étant le « vrai droit » de la cité et du pays. Cette coutume est bien plus ancienne que l’ancien régime, elle s’est élaborée au cours des temps et les habitants y sont très attachés à tel point qu’à chaque changement de gouvernance, le nouveau venu s’est empressé de reconduire « la coutume » afin de ne pas brusquer le cours des choses.

C’est elle qui régit la vie de la cité et la façon d’y traiter les affaires. Après la prise de Thionville en 1643 par la France, Louis XIV a reconduit la « Coutume » même si lentement, il l’a petit à petit, rendu inopérante.

 

 

Le corporatisme :

 

L’ancien régime héritier direct du moyen-âge était une époque où l’individu ne comptait guère, isolé on n’était rien ou si peu. Pour être, il fallait faire partie d’une assemblée, d’un groupe, pouvoir être vu comme pouvoir, contre-pouvoir car en face de vous se trouvait d’autres assemblées, d’autres groupes. L’affiliation à une corporation était obligatoire et celle à la confrérie associée allait de soi.

 

Il existait dans la ville, plusieurs groupes ou corps différents et souvent concurrents:

 

  • Les nobles, peu nombreux, habitant généralement la campagne, ils possèdent pour leurs affaires, pour leurs commodités, des maisons particulières dans la ville, pour Thionville principalement dans la cour du château ou proche de l’église paroissiale.

  • La paroisse avec son clergé

  • La municipalité avec ses officiers, ses notaires, juges, lieutenants divers, ses greffiers, ses huissiers, ses sergents, son bourreau.

  • Les corporations de marchands, d’artisans et de métiers particuliers souvent rattachés. Corporations en lien étroit avec la paroisse au travers des confréries.

  • Il existait aussi des individus qui n’entraient pas dans ce schéma, je veux parler ici des très pauvres vagabonds, saltinbanques et colporteurs, juifs et hérétiques. Pour eux c’étaient l’errance, l’interdiction, l’emprisonnement, la relégation.

 

Tous ces groupes travaillaient ensemble et se contrôlaient, tissant des liens plus ou moins serrés, créant de même des inimitiés et des rancoeurs tenaces.

 

Cela décrit bien l’organisation de la ville de Thionville qui possèdait en plus quelques particularités que nous allons voir de suite au travers d’une des corporations les plus riches de la ville au 17èmeet 18èmesiècle, celle des Cordonniers-Tanneurs.[1]

 

Je pourrais aussi dire des Tanneurs-Cordonniers sans qu’aucune n’est la préséance sur l’autre, car à Thionville les tanneurs font aussi le métier de cordonnier et les cordonniers aussi celui de tanneur.

 

[1]On peut aisément le croire dans une ville de garnison et où les villages alentours sont exclusivement agricoles et où toutes les activités sont grosses consommatrices de cuir.

En 1696, Louis XIV toujours à court d’argent, confia à Charles René d’Hozier conseiller du roi, généalogiste du roi, juge des armoiries de France la charge de répertorier, de créer et même d’imposer à tout un chacun, comme aux couvents et corporations, un blason moyennant la délivrance d’un certificat contre 20 livres tournois. 

 

La corporation des Tanneurs-Cordonniers de Thionville se vit donc imposer le blason ci-contre, qu’elle n’utilisa jamais, comme la plupart des autres corporations qui utilisèrent la plupart du temps leurs marques de métiers spécifiques et bien plus anciennes.

« D’azur au chef d’argent chargé d’une billette d’azur »

 

Dans la plupart des villes, les tanneurs et les cordonniers dont les métiers sont différents étaient donc groupés au sein de corporations distinctes.

 

La logique voulait que les tanneurs fournissent en peaux déjà tannées les cordonniers chargés d’en faire des souliers, tabliers, ceintures, sacs, courroies et autres brides. 

 

Or, un document daté du 13 novembre 1708, nous apprend qu’à Thionville contrairement aux villes voisines, les tanneurs exercent aussi, impunément, le métier de cordonnier et réciproquement et que cet usage a été toléré mal à propos depuis des années car il est contraire aux différents métiers et au bien publique. Les taxes et impositions se font de manières différentes envers ces deux métiers et donnent un avantage aux tanneurs qui maitrisent la matière première, pouvant ainsi, vendre des souliers moins chers et parfois de meilleures qualités que les cordonniers. Ceux-ci n’ont alors plus assez de travail pour faire vivre leur famille.

Extrait de l'acte en question

Extrait de l'acte en question

L’acte en question vise à remédier à cette dérive et confie aux sieurs Mathias Bonjean, conseiller et assesseur de l’hôtel commun (de ville) et André Wolkringer, marchand tanneur, la mission de séparer les deux corps de métiers et de conduire cette affaire, en précisant bien que les membres de la confrérie qui continueront à exercer les deux métiers seront considérés comme mutins et en conséquence pourront être poursuivi.

 

Les sieurs Bonjean et Wolkringer ayant pouvoirs délégués de poursuivre en justice aux noms des deux corps, tanneurs et cordonniers.

 

Les membres des deux corps ont signé cet acte.

 

Nous pouvons y relever les noms suivants (à l’orthographe prêt et tous métiers confondus) :

 

André Wolkringer (Tanneur)

Michel Léonard le jeune

Zacharie Clerf

Jean Médar (signe)

Jean Merlinger

Jean Gascher (cordonnier)

Nicolas Goffin (signe)

Adam Arnould (signe)

Jean Thibault le jeune (signe)

Nicolas Cune (signe Qunne)

Chaude Jaunage

Martin Fock (Signe Foc)

Simon Villain 

Pierre Ernest

René Londres

Nicolas Touvion

Georges Sommeny

Claude Michel

Georges Mazillon

Jean Weiler

François Jessier

Philippe Clément

Adam Poiret Pierre Jean

Nicolas Mozeller

Simon Champion

Nicolas Collebrand

Pierre Rossignon (signe)

 

Signe également un certain Pierre Merling qui n’apparaît pas dans la liste des confrères, peut-être un ascendant lointain de la famille Merlin, illustre à Thionville, qui aurait eu une responsabilité au bailliage ou à l’hôtel de ville comme les ancêtres connus du célèbre conventionnel.

 

Cette liste bien fournie montre l’importance de ces métiers qui semblent bien avoir travaillé dans cette confusion des genres depuis de nombreuses années comme l’atteste un acte du 15 février 1663 précisant l’échange de leur maison de métiers, celle du corps des métiers de tanneurs et de cordonniers avec une autre maison en la ville de Thionville.

 

Nous verrons cet acte en détail dans le prochain article [1]

 

[1]Contraintes dues au format du blog

Sources:

Actes notariaux aux ADM du notaire Helminger 3e7520-7538L

Les corporations de métiers à Thionville - JM Yante - Juin 2008 (article) AMT

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EXPOSITION A VENIR

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Thionville – Confréries et corporations (2ème partie)

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Thionville - Confréries et corporations (1ère partie)

Publié le par Persin Michel

Commençons par en donner une définition simple :

 

Confrérie

 

Association pieuse de laïcs oeuvrant généralement dans un but charitable.

 

Corporation

 

Association de marchands ou d'artisans, groupés en vue de réglementer leur profession et de défendre leurs intérêts. Souvent des personnes qui exercent la même profession.

 

Ces associations nécessitent de rassembler un certain nombre de personnes pour exister, plus ce nombre de personnes sera élevé plus l’association sera puissante.

 

En règle générale, la corporation se doublait d’une confrérie. Nous verrons que souvent il y eu un peu confusion des genres, on employait un mot pour un autre. Quoiqu’il en soit leur origine est très ancienne.

 

Pas de corporations dans les villages, donc rarement de confréries [1], car dans un village tous les habitants, peu nombreux, travaillent la terre. Ils ont de fait les mêmes besoins, les mêmes intérêts et forment plutôt une communauté.

 

En ville, les habitants plus nombreux, exercent des professions différentes aux intérêts parfois divergents, la corporation se prête bien à la défense des individus exerçant le même métier, veillant à la concurrence et contrebalançant le pouvoir municipal.

C’est dans les villes que vont naître les corporations et fleurir les confréries.

 

Origine très ancienne puisque nous trouvons traces des premières corporations dans la civilisation grecque qui suivant la loi de Solon donne aux bateliers le droit de se donner des règles si elles ne sont pas contraires aux lois.

 

Plutarque nous parle chez les romains de collèges d’artisans et de la distribution du peuple par métier, parfois les artisans étaient affectés à des rues spécifiques comme cela existe encore en orient. Sous Servius Tullius, ces corporations qu’on appelait alors des confréries étaient des assemblées organisant des fêtes en l’honneur des dieux. Elles n’avaient pas alors les mêmes droits, ni les mêmes devoirs.

 

Mais ces assemblées qui fêtaient les dieux lares provoquaient des désordres et des orgies.  C’est la loi Julia qui vers 64 ou 67 les interdit, elles devinrent souvent clandestines et plus difficiles à maitriser aussi on les remis à l’honneur et sous Auguste elles furent à nouveaux interdites. Seules les confréries purement artisanales purent subsister de façon très réglementée avec le paiement de taxes et de droits divers.

 

Les confréries d’alors évoluèrent vers des corporations de métiers, laissant aux confréries le coté religieux.

 


[1]On trouve des exceptions dans les villages viticoles comme à Guentrange où il existe des confréries religieuses pour honorer leur saint protecteur : Saint-Vincent ou Saint-Urbain (Guentrange)

Les anglo-saxons et allemands, peuples du Nord, avaient institué des guildes, genre de confréries de type militaire ou de fraternité d’armes donnant lieu à des banquets et réjouissances avec également un coté religieux. Comme les confréries, ces guildes évoluèrent également vers des corporations de marchands et d’artisans.

 

Les romains très organisés, avec un sens poussé du droit, permirent aux différents métiers de s’organiser et de se donner des règles précises de fonctionnement et d’insertion dans la vie des cités.

 

L’avènement du christianisme revivifia les confréries, elles furent alors associées aux corporations, honorant le saint patron d’un même métier, mettant en valeur la piété et le secours matériel et moral qu’elles se devaient d’apporter aux confrères, s’occupant des vivants et des morts.

 

Pendant la période Gallo-romaine les corporations et confréries s’enracinèrent plus encore dans les villes.

 

Puis vint des temps plus sombres. Le déferlement discontinu des peuples venus de l’Est, les disruptions dans l’organisation des états liées aux successions et mésententes des rois mérovingiens ont conduit nos historiens, faute de documents exploitables, à penser que les corporations et confréries avaient disparu.

 

Mais, s’il est certain qu’elles furent en sommeil, nous les retrouverons sous les carolingiens et dans les capitulaires de Charlemagne qui mentionnent douze confréries de métiers.

 

Au sortir de la période carolingienne, la monarchie naissance a trouvé les corporations de métiers et leurs confréries encore bien vivantes. Le pouvoir municipal leur avait donné des statuts, la monarchie ne les a pas combattus mais a toujours essayé de les réglementer et d’en tirer profit. 

 

Le 12èmepuis le 13èmesiècle voit, dans les grandes villes, les corporations commençaient à monter en puissance. Elle apporte à l’ouvrier ou au marchand, un statut et une protection. Elle forme l’artisan qui d’apprenti chez un maître, devient compagnon puis maître s’il en a les moyens et la compétence. La corporation comme la commune a ses chefs, ses assemblées, sa maison, son drapeau, ses couleurs et ses habits distinctifs, son livre de compte et elle agit comme une entité civile pouvant passer des contrats et faire des actes divers. Quand la maladie ou la mort frappe, c’est la confrérie de la corporation qui prend le relais et vient en aide au confrère ou à sa veuve.

 

(En haut) Datant du Moyen-âge la maison des corporations de Noyers (89) - (En bas) Une des sculptures représente un bourgeois en armes.

 

Concernant cette sculpture de bourgeois en armes, rappelons-nous que dans la charte de franchise octroyée en 1239 à la ville de Thionville, on y trouve les paragraphes suivants :

 

Quand il sera nécessaire de faire garder ma maison de Thionville, les bourgeois devront y coucher, toutes les fois que le maire les fera mander par un sergent de police, sans autre formalité.

 

Les bourgeois doivent me suivre à la guerre les 8 premiers jours à leur frais et ensuite à mes frais. Le bourgeois qui convoqué 8 jours d’avance, ne m’accompagnerait pas, paiera, pour excuser son absence ou son retard, s’il est à cheval, 10 sous d’amende et s’il est à pied, 5 sous

 

Dans les grosses villes, les bourgeois des corporations avaient la charge du guet et devaient donc assurer par roulement la garde aux remparts et la mise en défense de la ville en cas de danger. Cette attribution ne fut pas du goût de tous  [1]et de nombreuses exceptions furent demandées et acceptées, créant des litiges entre les corporations et leurs membres. Plus tard, après plusieurs révoltes des corporations on commença à se méfier de ces bourgeois en armes qui s’étaient organisés comme une armée, aussi, on mis le guet bourgeois sous la tutelle du guet royal.

 

Toutefois, comme souvent, dans les grosses villes, les corporations deviennent rivales, exclusives et intolérantes aux autres, jalouses d’une plus riche ou condescendante avec les plus pauvres. Elles sont très procédurières et engagent de nombreux procès qui durent et leur coûte. Inévitablement elles vont essayer d’influer sur la politique municipale ou pour Paris, royale. 

 

Les bourgeois étaient dans l’obligation de s’affilier à une corporation de gré ou de force, on ne pouvait pas rester isolé et ce manque de liberté pesait à certains amenant des dissensions.  

 

Au 14èmesiècle, en 1306, les corporations furent interdites mais ré-autorisées l’année suivante. En 1357, à Paris, suite à des révoltes armées, brèves mais violentes de la part des corporations, celles-ci furent à nouveau dissoutes ainsi qu’en 1380/82 à cause des taxes trop importantes, la corporation des marchands, la plus puissante, redevenait séditieuse.

 

Les confréries aussi furent dans le collimateur des autorités, ainsi au concile de Sens, en 1524, on jugea les confréries dévoyées, faisant ripailles et orgies sur le dos des pauvres. On les accusa d’être des foyers d’agitation et on les interdit encore en 1624, mais toujours elles se reconstituaient quelques années plus tard car au final elles avaient, corporations et confréries, une réelle utilité.

 

A Thionville à cette époque ?

 

Il existe une halle ou marché déjà en 1283. 

 

Vers 1475, Thionville c ‘est environ 1300 habitants, mais nous savons que l’artisanat se porte bien sous Philippe le Bon et plus encore sous Philippe le Beau vers 1494.

 

En 1489, la sidérurgie anime 11 forges dans la vallée de la Fensch, Thionville est réputée pour son armurerie tout comme Liège .

 

[1]Il est certain qu’un tailleur d’habit ou un apothicaire ne trouvait pas confortable de passer ses nuits en haut des remparts dans le froid et l’humidité, eux y voyaient plutôt les bouchers !

L’acier de Thionville, de la vallée de la Fensch, est réputé et la ville de Cologne vient y acheter des arquebuses dans les années 1470.

 

La draperie est mentionnée à Thionville en 1469. La foulerie et les toiliers sont mentionnés en 1565, soit dans des procès, soit dans des livres de comptes, mais sans plus de précisions.

 

En 1489, il existe une corporation des tanneurs alliée à celle des cordonniers [1]et les bouchers sont connus à Thionville depuis avant 1443. En 1489, ils sont 5 bouchers dans la ville puis leur effectif passe à 25 en 1555. Puissants, ils referont parler d’eux au 18èmesiècle.

 

Il existe aussi une assemblée de « porteurs de sacs », forts à bras déchargeant les bateaux sur la Moselle à Thionville et à Sierck.

 

Les merciers [2]sont attestés dès 1504 et les boulangers et tonneliers sont mentionnés en 1554/66. Les pelletiers [3]existent depuis au moins 1580 et la grande foire de la Sainte-Croix [4]qui se tenait hors des remparts au bord de la Moselle avait déjà une bonne clientèle. Elle durait alors une journée puis fut étendue à 4 jours.

 

Le gant et la ceinture sur ce blason sont les attributs de Mathieu Delhaye, mercier de son état qui a hérité d’une partie de cette maison en 1679, l’autre partie de la maison restant la propriété de sa belle-mère Madeleine Ham. Cette maison fut le siège de l’Hôtel du Cygne qui donna son nom à la rue alors dite du cygne aujourd’hui au N° 20, rue de Jemmapes.

 

Au Moyen-âge les corporations se développent fortement et prennent de plus en plus d’importance. A l’aube du 17èmeet 18èmesiècle, les corporations, principalement dans les grandes villes du Nord sont devenues des organisations très structurées et très puissantes.  En 1550/55, une vingtaine de marchands Thionvillois viennent commercer pour l’armée jusqu’à Anvers. 

 

Elles sont de plus en plus associées au pouvoir municipal principalement chez les corporations de marchands qui n’aspirent qu’à devenir l’aristocratie de la cité à l’égal des magistrats et des officiers de justice. 


[1]Contrairement à ce qui souvent dit, il n’y a pas de gantiers à Thionville.

[2]Nombreux à Thionville, ils vendaient un peu de tout dont des gants et des ceintures comme l’atteste le blason de l’ancienne porte, rue de Jemmapes. -Voir « l’histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » paru en 2017

[3]Fourreurs.

[4]Existante déjà en 1414, elle avait lieu le 14 septembre de chaque année et attirait une foule importante

Quand sous Louis XIV, explosa la vente des offices, les riches marchands et même quelques riches artisans achetèrent, quand ils en avaient la capacité intellectuelle, des charges d’officiers à l’hôtel de ville, au bailliage et même au parlement. Une fois installés, ils purent influer la politique dans le sens de leurs affaires et finirent par s’allier à des familles d’anciens officiers municipaux.

ANVERS La grande place avec ses maisons des corporations ou guildes montrant la richesse de ces marchands

 

Toutefois à Thionville, les choses furent un peu différentes. La ville était petite et la population peu nombreuse ce qui impliquait peu de corporations réduites en membres, donc moins influentes et moins riches.

 

De plus, c’était une place de guerre soumise à des sièges et à des troubles armés récurrents apportant une insécurité latente peu propice aux affaires. La prise de la ville en 1643, va complètement renouveler la hiérarchie communale ainsi que les structures même de l’organisation de la cité ce qui permettra par un effet d’aubaine à certains marchands et artisans enrichis d’accéder à l’hôtel de ville.

 

Avant de voir plus précisément dans un prochain article, les corporations et confréries de Thionville, voyons les conditions de travail des ouvriers au sein des corporations.

 

Les ouvriers travaillent en général de 7h à 8 h par jours en hiver, car le soir vient vite et l’éclairage est inexistant ou trop faible, par contre en été les ouvriers travaillent jusqu’à 14h ou 15h par jour.

 

Par contre, ils ne travaillent jamais les dimanches, ni pour les quelques 30 jours de fêtes religieuses. Les samedis et les jours de foires, ils ne travaillent que jusqu’à vêpres.

 

On peut estimer qu’ils ne travaillaient pas pendant environ 2 mois à 2mois et demi par an, bien entendu non payé. 

 

Les apprentis devenaient compagnons, valets ou ouvriers au bout de plusieurs années, parfois jusqu’ à 7 années suivant la complexité du métier. Certains d’entre eux devenaient maîtres après des années d’apprentissage et de compagnonnage en produisant souvent un chef d’œuvre [1]et en payant un droit d’entrée.

 

Toutefois, on peut dire que souvent les statuts des corporations étaient assez démocratiques, chacun ayant droit au chapitre souvent même les apprentis et par les confréries associées, c’étaient aussi des sociétés d’entre-aide ou tous se sentaient à l’abri

 


[1]Au début des corporations le chef d’œuvre n’existait pas ou n’était pas exigé pour devenir maître.

Les maîtres trop sévères et surtout violents avec leurs apprentis ou ouvriers pouvaient être inquiétés et punis, voire interdit d’apprentissage.

 

Les veuves pouvaient reprendre le métier de leur mari, garder et prendre des apprentis, faire travailler des ouvriers. Quand elles se trouvaient sans ressource, la confrérie la soutenait et à Thionville, les bourgeois [1]avaient créé un hôpital dit « des bourgeois ou des pauvres » dès le 14èmesiècle, hôpital en lien très étroit avec la confrérie du Rosaire dont nous seront amenés à reparler.

 

Pour terminer cet article, un document du 9 août 1646, émanent du Baron de Marolles, maitre de camp, premier gouverneur de Thionville nommé par le Duc d’Enghien.

 

C’est en fait une réclamation au sujet d’un testament où il cite les maîtres et confrères du métier de tailleur (barré et remplacé) par couturier et la confrérie du Saint-Sacrement.

 

Cette confrérie avait un autel dédié au Saint-Sacrement dans l’église paroissiale d’alors. Les confréries avaient alors des autels, qui se trouvaient sur les bas-côtés de l’église, dédiés à leur patron.

A Thionville la plus connue fut celle du Rosaire. 

 

[1]Qui étaient des membres des corporations ou/et des officiers de l’hôtel de ville

 

[1]Qui étaient des membres des corporations ou/et des officiers de l’hôtel de ville

Nous verrons dans un prochain article, plus concrètement, les corporations et confréries de Thionville et ce qu’elles sont devenues par la suite.

Bonne lecture à tous

 

 

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Sources :

Commerce et marchand de Thionvillois au 15èmeet 16èmesiècle.  JM Yante 

Histoire des corporations de métiers des origines à 1791. Etienne Martin Saint-Léon 1897

Archives communales de Thionville Notes de l'abbé Braubach

Archives départementales de la Moselle Notaire Helminger

 

 

 

 

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Intéressante sortie à faire en famille

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Publié le par Michel Persin

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1679 – Thionville - Une « Batterie » se règle à l’amiable

Publié le par Persin Michel

1679 – Thionville - Une « Batterie » se règle à l’amiable

Un petit acte qui traite de la façon dont s’est soldé une « batterie dans le vin » entre les enfants d’habitants de Veymerange, d’Elange et de Thionville.

 

Mais c’est quoi « Une batterie dans le vin » ?

 

C’est une altercation, une bagarre sous l’emprise de l’alcool.

 

Alors voilà notre petite affaire :

 

Quelques jours avant le 4 novembre 1679, une bagarre a eu lieu entre des enfants alcoolisés. Un clan regroupant des enfants d’habitants de Veymerange et d’Elange et un clan regroupant des enfants d’habitants de Thionville.

Parents

 

De Veymerange : 

 

Mathieu Weiss

Jean Oswalt

Nicolas Oswalt

Thiel Oswalt

 

D’Elange :

 

Rémy Schweitzer

Nicolas Hirtzberger

Jean Schweitzer

 

Parents :

 

De Thionville :

 

Jacob Gascher

André Allerbourg

La veuve Vincent Thilleux dit la « Fortune »

 

On ne connaît pas les raisons de l’altercation mais nous savons qu’elle fit des blessés parmi les enfants du clan de Thionville.

 

Quelques précisions sur les protagonistes de cette affaire :

 

Veymerange :

Mathieu ou Mathis Weiss exerçait la profession de maréchal-ferrant à Veymernage, il était le père de Damien Weiss qui sera comme son père maître maréchal-ferrant et maire de Veymerange.

 

La famille Oswalt est une famille de laboureurs de Veymerange.

Jean Oswalt était marié à Elisabeth Pierre

Nicolas Oswalt était marié à Catherine Noël

Elange :

Rémy Schweitzer, laboureur, est alors le maire d’Elange et faisait partie de l’importante famille Schweitzer qui tenait plusieurs grosses métairies autour de Thionville. 

Remy Schweitzer sera d’ailleurs le fermier de la cense de Vonnerhof ou Marienthal à Thionville-Guentrange de 1697 à 1715. Il était marié à Marguerite Koch dite aussi Preisch.

 

Jean Schweitzer est le frère de Rémy, comme lui, il est laboureur, marié à Barbe Wulferts d’Entrange.

 

Leur père était Guillaume Schweitzer qui avait passer le bail perpétuel de la métairie de l’hôpital de Thionville en 1665. Ce bail sera hérité par Nicolas Schweitzer.

 

Thionville :

Jacob Gascher était marié à Angélique Hym. La famille Gascher est une ancienne famille de Thionville dont plusieurs membres furent des marchands et artisans en particulier des cordonniers.

 

André Allerbourg était marié à Claire Paternoster, connu comme laboureur à la Briquerie.

 

La veuve de Vincent Thilleu semble être soit une veuve de militaire ou éventuellement d’un artisan car ceux-ci portaient souvent des surnoms.

 

Les sept habitants de Veymerange et d’Elange vont comparaître le 4 novembre 1679 devant le notaire Helminger de Thionville pour déclarer qu’ils s’étaient accordés à l’amiable pour éviter de plus grands frais et une procédure judiciaire avec les trois habitants de Thionville au nom de leurs fils qu‘après la « batterie entre eux faite dans le vin » ils avaient promis de donner et de payer audits blessés, enfants des comparants, une somme de vingt-huit écus blancs et demi [1], sans préjudice néanmoins de l’amende du roi et du paiement du chirurgien, payable dans les 15 jours et même ont promis de faire « monter le fusil en question »[2]à leurs frais et dépens.

 

En foi de quoi ceux de Veymerange et d’Elange se sont solidairement obligés l’un envers l’autre, sans division, ni discussion, ni renoncement, le tout fait et passé à Thionville le 4 novembre 1679 puis tous ont fait leur marque n’ayant l’usage d’écrire.

 

[1]Soit aux alentours de 100 livres tournois, ce qui est déjà une somme assez importante

[2]Phrase assez mystérieuse !

1679 – Thionville - Une « Batterie » se règle à l’amiable

Voilà, comme l’on s’arrangeait à l’époque afin d’éviter de plus graves ennuis envers les autorités. On préférait le contrat devant notaire, plus souple et moins onéreux. C’était une façon de faire que l’on retrouvait souvent dans les actes notariés en cas de litige.

 

Dans mes prochains articles, nous allons regarder d’un peu plus près les corporations et les confréries de Thionville sous l’ancien régime. Effectivement nous pouvons assimiler ses corporations et confréries aux associations actuelles [1], voir aux syndicats.

 

Sous l’ancien régime, elles furent nombreuses, riches et très importantes dans la vie de la cité qu’elles animaient. Pourtant, elles sont pratiquement absentes de tous les ouvrages parus sur l’histoire de notre ville car elles n’ont laissé dans nos différents services d’archives que peu de documents exploitables.

 

Pourtant, il en existe quelques-uns qui vont nous permettre de mieux comprendre leur place dans la communauté thionvilloise.

 

A bientôt et bonne lecture

 

[1]En Moselle, il existe aux alentours de 12000 à 13000 associations divers qui recouvrent pratiquement tous les domaines d’activités. Thionville en compte plusieurs centaines qui regroupent une part importante de la population d’où l’intérêt qu’elles suscitent chez nos politiques.

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Publié le par Michel Persin

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