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Articles avec #thionville 17eme siecle tag

1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications

Publié le par Persin Michel

Les ponts et les palissades étaient des éléments très importants des fortifications de la ville principalement du 16èmeau 18èmesiècle. Ils étaient confectionnés en bois assemblés par des éléments en fer et nécessitaient des connaissances en charpenterie et serrurerie.

 

Paradoxalement, peu d’historiens [1]en parle car ils sont considérés comme accessoires, peu valorisant au regard des éléments de fortifications principaux en maçonnerie que sont les remparts, les redoutes, les escarpes, contrescarpes et casernes. De plus, étant en bois, ils ont aujourd’hui disparu et n’ont pas ou peu laissé de traces.

 

Pourtant ils sont présents dans tous les actes traitant des fortifications de la ville. Les ingénieurs militaires étaient sensibles à leur fabrication et à leur entretien qui se devait d’être régulier, car ils étaient alors des éléments indispensables au bon fonctionnement de la fortification.

 

Les ponts :

 

A Thionville, en dehors du pont principal sur la Moselle [2], il en existait en très grands nombres. Il y avait les ponts des portes de Metz et de Luxembourg qui permettaient d’entrer et de sortir de la ville, ceux-là étaient déjà d’importance mais il y avait aussi un grand nombre de petits ponts qui permettaient la communication entre les différentes parties des fortifications. Ces ponts étaient soit au-dessus de fossés secs ou de fossés en eau, ils étaient faits de bois, les tabliers reposant sur des chevalets. 

 

Souvent, ils n’étaient pas d’un seul tenant, une partie était mobile, pouvant être relevée ou démontée en cas de besoin, certains pouvaient être tournants.

 

Les palissades :

 

Formées de long épieux de bois épointés, elles étaient solidement fichées en terre, en rang serré avec parfois un petit interstice entre chaque pieu permettant la vue. L’ensemble des pieux était alors solidement fixé en haut par des traverses afin de solidariser le tout.

Elles étaient implantées le long du chemin couvert, le long des remparts où elles servaient de protection, empêchant les ennemis de saper le fondement des ouvrages. En fait, elles étaient un peu partout dans la place, protégeant les portes et les ponts, faisant office de barbacanes. Elles empêchaient les assaillants de voir les mouvements des soldats ou des habitants dans la place. Elles pouvaient aussi être implantées dans les escarpes comme des herses rendant difficile leur escalade.

 

Les palissades associées aux fossés étaient un moyen passif de défense qui venait de la nuit des temps. Elles avaient fait la preuve de leur efficacité face à une charge de face, mais l’artillerie et son perfectionnement avait diminué son utilité et plusieurs ingénieurs militaires commençaient à critiquer son emploi.

 

Quoiqu’il en soit, les ponts et les palissades, nécessitaient des savoirs faires propres aux métiers de charpentier et de serrurier comme nous le voyons dans l’acte suivant :

 

[1]Même parmi les spécialistes des fortifications

[2]Construit par le capitaine suisse Salzgueber –(voir mes autres articles sur les fortifications)

 

« Le 9 septembre 1675, devant nous, notaires royaux demeurant à Thionville sont comparus Jean Well, maître charpentier et Guillaume Merlinger, maître serrurier qui  se sont obligés à l’égard de Louis [1], seigneur de l’ Espinay, capitaine au régiment de la marine, ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de la Lorraine et frontière du Luxembourg et par-delà envers sa majesté. 

 

Ils s’engagent à entretenir en bon état tous les ponts de la ville tant dedans que dehors la place et qui sont à la charge de sa Majesté et cela pendant 10 années et aux conditions suivantes :

 

Premièrement, le grand pont sur la Moselle avec la redoute au bout du pont.

 

Deuxièmement, les avancées des portes de Metz et de Luxembourg avec les ponts qui sont au bout des deux glacis comme aussi tous les corps de garde qui sont à la charge de sa Majesté.

 

Troisièmement, toutes les palissades autour de la place avec les portes et barrières de sortie du chemin couvert et les traverses qui sont aux angles saillants du glacis, plus les traverses (obstacles mis en travers des différents accès pour empêcher les tirs par ricochets ou de travers) qui sont aux avancées du rempart dans la place c’est à dire de veiller aux palissades et de les tenir toujours bien plantées, alignées et droite.

 

Pour cela le sieur Well recevra annuellement 45 écus blancs à 3 livres l’écu et le sieur Merlinger 20 écus blancs aussi à 3 livres. Ces sommes seront payables de 6 mois en 6 mois sur présentation d’un certificat signé de l’ingénieur militaire de la place.

 

Les sieurs Well et Merlinger seront tenus de fournir le bois et le fer sous réserve des palissades qui sont à la charge du Roi.

 

Le tout passé avec l’engagement de tous leurs biens meubles et immeubles présents et à venir. »

 

Un beau plan au lavis de 1730/40 (Bibliothèque Nationale – Paris)
 

[1]Louis de Saint-Lô, ingénieur ayant travaillé souvent sous les ordres de Vauban

Extrait de l’ouvrage : La fortification permanente par G.H. Dufour paru à Genève en 1822 où l’on commence à remettre en cause l’usage des palissades.

Extrait de l’ouvrage : La fortification permanente par G.H. Dufour paru à Genève en 1822 où l’on commence à remettre en cause l’usage des palissades.

Dessin du 18ème siècle de la structure d’un pont de bois

Dessin du 18ème siècle de la structure d’un pont de bois

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MISCELLANEES 2019

NEWS

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Des difficultés survenues chez l'imprimeur vont repousser la date de parution.

 

Je vais donc également décaler la date de souscription jusqu'à la parution effective 

 

Je vous tiendrai informés de cette date dès que j'en aurais connaissance. 

 

Ci-dessous, quelques photos du Miscellanées 2019

dont j'ai pu obtenir un exemplaire.

 

 

1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications
1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications
1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications
1675 – Thionville -Ponts et palissades des fortifications

Vous pouvez donc toujours souscrire au Miscellanées 2019 en remplissant le bon ci-joint.

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1636 - Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés !

Publié le par Persin Michel

Phrase célèbre de la fable de Jean de la Fontaine [1]« Les animaux malades de la peste » qui nous renvoie à la terrible réalité des ravages de cette maladie contagieuse au cours des siècles en Europe, en France, en Lorraine et particulièrement à Thionville.

 

[1]Jean de la Fontaine 1621-1695

Au cours de mes recherches sur la ville, il m’est arrivé assez souvent, de trouver des textes, des actes, qui sans les détailler, décrivaient la dureté des temps, des guerres et leurs cortèges de misères, mais rarement, d’allusions à la maladie ou alors de façon très générale, principalement dans les testaments où l’on retrouve toujours les phrases suivantes :

 

 

Ces extraits de testaments montrent les phrases qui conditionnent le testament, en premier lieu que la personne est malade et alitée et ensuite qu’elle a encore son raisonnement et nous dirions « sa tête » condition « Sine qua non » pour la validité juridique du testament, mais jamais aucune précision sur la maladie elle-même.

 

Pourtant, nous savons que les maladies infectieuses souvent contagieuses étaient nombreuses et sévissaient souvent par vagues épidémiques dans la ville et les villages alentours. 

 

Une de ces maladies tant redoutées était la peste, souvent confondue dans les écrits du temps, avec le typhus ou les diverses fièvres infectieuses.

 

La lorraine a connu plusieurs épidémies de peste [1]au 16èmeet au 17èmesiècle et l’on estime la mortalité à pratiquement 60% de la population en plusieurs épisodes successifs.

 

Un premier épisode aux environs de 1630/1631 et un deuxième épisode de 1634 à 1636, après 1670 et de façon assez mystérieuse la peste disparut en grande partie du pays et de la France à l’exception de quelques récidives tardives et très circonscrites à une ville ou à quelques villages.[2]

 

La peste (bubonique[3]) est une maladie infectieuse qui débute brutalement par une forte fièvre avec des maux de tête et une atteinte rapide et profonde de l’état général et de la conscience.

 

Parfois, elle présente en plus, une atteinte pulmonaire avec une toux sanguinolente, appelé alors la peste pulmonaire, rapidement mortelle.

 

Quoi qu’il en soit, le malade de la peste, du fait de ce caractère brutal de la maladie et de son grand abattement soudain, n’a guère le temps, ni la possibilité de faire mander le notaire pour lui dicter son testament.


[1]Ou maladies assimilées

[2]J’évoque ce sujet de façon très détaillée dans mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » paru en 2017

[3]Les bubons sont en fait les ganglions lymphatiques qui gonflent et que l’on retrouve au niveau du cou, des aisselles et de l’aine. La peste peut déclencher des septicémies amenant à la mort en quelques jours.

On estime que seul 20% des malades guérissaient de façon spontanée en quelques semaines. Les voies du seigneur sont impénétrables.

 

La médecine de l’époque n’avait aucune idée de l’origine de cette maladie et aucun traitement. On accusait l’air vicié [1], les humeurs et autres causes plus mystérieuses ou religieuses. 

 

Le salut était recherché dans la religion et ses saints salvateurs, Saint-Roch et Saint-Sébastien, on érigeait des croix de chemins ou des bildstocks [2]et l’on faisait des processions, le temps passait et l’épidémie de même.

 

Nous savons que Thionville ne fut pas épargnée par la maladie mais je n’avais encore pas trouvé de document y faisant référence. Il y a quelques jours, j’ai trouvé un acte notarié concernant une « donation dite à cause de mort » qui évoque cette maladie, le voici résumé :

 

 Le 28 août 1675.

 

"Devant nous notaires royaux de Thionville et y demeurant, est comparu en personne, la femme Claudon Gutnach, veuve en première noce, de Wolff Vidersporn et en deuxième noce de Nicolas Henrich, qui était maître boulanger à Thionville.

 

Elle nous a dit qu’étant saine d’esprit et de corps, qu’en 1636 pendant la mortalité qui régnait très fort à Thionville, elle fut atteinte de l’air pestiféré, malade et résolu à mourir.

 

Elle fit donc faire un testament en faveur de ses neveux, enfants du frère à son mari, son beau-frère. Dans ce testament elle y a mis une « disposition à cause de mort » pour donner aux enfants de son beau-frère, une somme de 400 francs luxembourgeois à 10 sols la pièce monnaie de Luxembourg, à prendre sur ses meubles après son décès, qu’elle pensait imminent et attendait à toutes heures.

 

Elle y mit la condition de pouvoir révoquer cette disposition quand bon lui semblera au cas où Dieu lui ferait la grâce de la relever de cette pestilence et qu’elle puisse vivre plus longtemps.

 

Il s’est trouvé qu’elle s’est relevée de cette peste mais que les enfants de son beau-frère en sont morts et qu’en conséquence du décès de son mari Nicolas Henrich, son dernier mari, ses meubles furent vendus et dissipés pour la faire subsister.

 

Aujourd’hui dans l’âge, percluse de tous ses membres, elle est sans pouvoir gagner sa vie et ne doit sa subsistance qu’à son cher fils, Nicolas Henri qui l’aide à vivre.

 

C’est pourquoi, elle révoque la disposition à cause de mort, la déclare sans valeur, nulle, et sans objet.

 

Elle déclare aussi que lorsque viendra l’heure de sa mort qui ne tardera pas, elle veut que son fils hérite du reste de ses biens à l’exclusion de tous les autres personnes, familles ou autres."

 


[1]On s’enfermait chez soi ou l’on vous enfermait, on vous bannissait de la ville ou du village.

[2]Généralement ces croix portent des petites boules représentant les bubons autour du fût

Voilà le témoignage d’une survivante soit de la peste, soit d’une maladie assimilée, nous savons qu’environ entre 15 et 20% des malades de la peste bubonique survivaient. 

 

Dans ce cas particulier, l’acte est rédigé en 1675 et fait référence à la maladie contractée en 1636 soit 39 auparavant. Ladite Claudon Gutnach se dit percluse de ses membres, on peut estimer qu’elle a probablement la soixantaine ou plus et qu’elle fut donc atteinte de cette « peste » dans sa jeunesse, entre 20 et 30 ans. 

 

Malheureusement, dans les registres paroissiaux conservés aux archives communales de Thionville, les décès ne sont pas mentionnés pour les années allant de 1636 à 1648. Par contre, on note une forte progression des décès dans les années 1634 et 1635 où nous atteignons plus de 120 décès dans l’année quand pour les années 1649 à 1651, la moyenne des décès est de l’ordre de 15 décès annuels. (En 1635, le registre des décès montre une forte augmentation à partir du mois d’octobre, remplissant alors plusieurs pages.)

 

On peut donc ajouter foi à l’acte notarié concernant Claudon Gutnach sur cette année 1636 où « la mortalité régnait très fort à Thionville », mortalité qui avait commencé à augmenter dans les années 1634/1635. Il même probable que si les registres de décès n’ont plus été tenus entre 1636 et 1649 , cela soit imputable en partie à cette épidémie de peste et à ses suites.

 

Il est certain que tous ces morts ne furent pas inhumés dans les caveaux de l’église paroissiale mais probablement portés au cimetière Sainte-Suzanne à Saint-François où se trouvait la chapelle dite des lépreux.[1]


Source: ADM Notaire Helminger-Fourot 3E7543
 

[1]Voir mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » 2017

1636 - Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés !

La souscription du Miscellanées 2019 est toujours en cours, n'hésiter par à le réserver.

 

 

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1675 – Thionville – Dominique Clerff dragon de Thionville (suite) et Mise au point sur « Le Miscellanées 2019 »

Publié le par Persin Michel

Il se trouve que je viens de trouver dans les minutes du notaire thionvillois Baranzy, deux petits actes qui sont une suite au testament de Dominique Clerff, dragon dans la compagnie du sieur de La Roche.

 

Le 7 février 1675 :

 

« Anna Weiss [1], veuve de Jean Jacobgang,s’est remariée avec Antoine Clerff, le père de Dominique Clerff. 

Elle reconnaît devoir à Lambert Driou, également dragon dans la compagnie du sieur de La Roche, une somme de 6 écus blancs [2]qu’il lui a prêtés pendant son court veuvage. Elle promet de le rembourser à la Saint-Martin à venir, maintenant qu’elle est remariée. »

 

Le 27 février 1675 :

 

Un autre acte nous apprend que Dominique Clerff, dragon dans la compagnie du sieur de La Roche, n’est pas mort pendant la campagne de de 1674 puisqu’il reconnaît dans cet acte avoir une dette de 40 écus blancs envers François Clerff [3], maître cordonnier à Thionville, dette qu’il lui remboursera dès que possible et qu’il garantit sur ce qu’il est susceptible de recevoir de la succession de son père ou de sa mère ou de successions collatérales en sachant qu’il a révoqué la donation pour cause de mort faite envers Antoine Clerff, son père. 

 

Voilà cette petite affaire close pour l’instant.

 


[1]Ou encore Anne Blanche !

[2]1 écus blancs ou rixdallers vaut 3 livres tournois donc ici 18 livres tournois

[3]Probablement un oncle

Dragons belges

Dragons belges

2019 - Mise au point sur « Le Miscellanées 2019 »

Depuis que j’ai ouvert la souscription pour le « Miscellanées 2019 » 

j’ai reçu quelques questions d’ordre général concernant cet ouvrage. 

 

Puisque par l’intermédiaire de ce blog, j’ai la possibilité de répondre aux questions ou interrogations de quelques-uns de mes lecteurs, je voudrais vous faire part de mes réflexions sur les questions suivantes :

 

Qu’est-ce qui différencie le Miscellanées des autres articles ou livre sur l’histoire de la région ?

 

Pourquoi l’acheter ?

 

Pourquoi le réserver par souscription ?

 

 

Le Miscellanées c’est l’édition (N) imprimée de tous les articles parus l’année (N-1) sur le blog :

 

www.histoiredethionville.com

 

En général, il se présente sous la forme d’un ouvrage au format A4 avec plus ou moins 130 pages, le tout en couleur abondamment illustré. La présentation est parfois un peu différente des articles du blog et comporte souvent des illustrations plus nombreuses.

 

La couverture est toujours une aquarelle originale faite par un artiste local et cela depuis le numéro 5.

 

 

Qu’est-ce qui différencie le Miscellanées des autres articles 

ou livres sur l’histoire de la région ?

 

 

La première raison se trouve dans la façon de réaliser les articles du blog, je m'explique  : Pour écrire un livre d'histoire (puisque c'est notre sujet), il existe plusieurs façons de procéder, une de ces façons est la suivante :

 

La compilation:

Vous prenez plusieurs ouvrages ou articles [2]parus sur le sujet que vous traitez, vous les lisez, vous en faites la synthèse ou picorez des informations dans l'un et l'autre et vous "compilez [3]" tout cela pour écrire le nouvel ouvrage. 

Cette méthode est largement répandue [4], elle a de graves défauts et particulièrement en histoire pour les raisons suivantes: Beaucoup d'auteurs anciens n'avaient pas à disposition l'ensemble des archives déjà structurées, critiquées et regroupées au même endroit, c'est la raison pour laquelle ils ne mettaient jamais d'indications sur la situation des documents qu'ils utilisaient. 

 

 

[2]Souvent des livres anciens

[3]Rassembler des documents ou des extraits de documents pour former un autre document ou livre

[4]Surtout pour les ouvrages commerciaux ou de vulgarisation.

Ces documents éparses n'avaient pas de «cote [1]» car ils n'étaient pas structurés au sein d'un système d'archives cohérent. Ces auteurs n’avaient donc pas une connaissance exhaustive des documents existants sur un sujet donné [2]. Ils n’avaient pas non plus les facilités de recherches [3]qui sont les nôtres, ni les facilités d'écriture et de publication [4]que nous connaissons aujourd'hui.

 

Le premier véritable archiviste de la Moselle ne fut nommé qu'en 1838 et encore avait-il d'autres fonctions à assumer. Les archives ne commencent véritablement à être structurées qu'à la fin du 19ème siècle. 

 

Souvent, ces auteurs anciens avaient des positions en vue dans la société, c'était des notables qu'on ne contestait pas et qui devaient publier pour conforter leur statut. De ce fait, et particulièrement pour le 19èmesiècle, le romantisme du siècle, les poussait à adopter des facilités et des raccourcis historiques qui aujourd'hui ne sont plus de mise.

 

De plus ces auteurs du 19èmesiècle étaient très marqués politiquement et chacun de leur livre ou de leur publications (articles) comportaient des références, des idées politiques qu’ils se devaient de faire passer, même si elles allaient à l’encontre de la vérité historique, des faits. Ils ont très souvent mis en valeur des personnages illustres en leur attribuant des réalisations faites par leurs subordonnés. [5]

 

Aussi, faut-il être critique en utilisant leurs publications, sans toutefois les négliger, car elles restent encore une source importante pour notre histoire.

 

Quoiqu'il en soit cette méthode de la compilation n'apporte jamais rien de neuf et ne fait que reconduire, reproduire et répéter à l'infini les mêmes informations, parfois, souvent, les mêmes erreurs initiales, erreurs qui finissent par devenir des vérités au fil des répétitions successives (On sait que la répétition est pédagogique). 

 

Si l’on veut produire un travail de qualité qui apporte de nouveaux éléments sur l’histoire de notre région, cette méthode est à proscrire absolument.

 

[1]De références pour les retrouver dans un ensemble d’archivage

[2]Ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui, on découvre toujours des documents qui n’étaient pas répertoriés ou sont mal classés

[3]Internet et autres bases de données

[4]La publication des ouvrages au 19èmesiècle sont pour la plupart fait à compte d’auteur et impliquait de leur part une certaine aisance, réservant ces publications aux notables ou organismes officiels, mairies, départements ou autres philanthropes

[5]Le fait de signer un document comme autorité ne fait pas de vous le réalisateur d’une étude ou d’un projet

Il existe encore d’autres méthodes, voici la mienne :

 

Je cherche dans les archives et dans les ouvrages d’histoires, dans les articles, toutes les informations traitant de près et de loin du sujet que je veux traiter.

 

Je les classe par ordre chronologique et je regarde la logique qui s'établit entre eux et avec d'autres événements locaux, nationaux ou internationaux.

 

Sur cette masse d'informations, j’apporte la critique logique nécessaire afin d'en déduire une véracité probable. Par manque d'informations, certains points ne peuvent être tranchés, je fais alors des hypothèses, les plus crédibles et logiques possibles.

 

En utilisant cette façon de faire, il m’arrive d’être en contradiction avec certains points de l'histoire reconnue. Il est alors quasiment impossible de rectifier, de corriger cette histoire "officielle". J'ai alors tendance à vouloir prouver ma version des faits en apportant les documents, les arguments allant à l'appui de ma thèse. Faisant cela, on rentre très vite dans un livre de spécialiste parfois difficile pour celui qui ne cherche qu'une approche globale du sujet. 

 

Du fait de ma façon de faire, à partir de documents originaux [1], je traite souvent des sujets qui n'ont jamais été abordé ou de façon très succincte. De plus, de cette façon je ne suis pas influencé par des écrits orientés et il m’arrive de trouver des documents peu connus voir inconnus qui apportent souvent un éclairage nouveau. 

 

Cette pratique de l'histoire est à même de vous assurer un récit le plus proche possible des faits tels qu'ils sont advenus, même si l'on sait que l'histoire est une science sociale toujours perfectible.

 

 

Pourquoi l’acheter ?

 

En premier lieu, il faut savoir qu'aujourd'hui entre 15 et 20% des français n'utilisent pas internet !

 

Un blog est un média par essence éphémère, un jour il s'arrêtera, un problème technique peut venir compromettre sa diffusion et sa pérennité, alors toutes les informations qu'il contient seront perdues à jamais. 

 

De plus le « Miscellannées » paraissant tous les ans constituent une suite, une collection éventuelle qui par son faible tirage ne perdra jamais de sa valeur pour les férus d’histoire locale, le temps passant, il sera même recherché.

 

Aujourd’hui le blog www.histoiredethionville est devenu de fait une base de données importante, plus de 240 articles différents que l’on retrouve dans l’ensemble des Miscellanées.

 

Dans chaque article, je conserve et cite intégralement les noms de famille et les métiers lorsqu’ils sont donnés, ce qui pour les généalogistes est très intéressant.

 

Le support papier sous la forme d'un livre sera toujours consultable chez vous ou en bibliothèque et cela indépendamment de la technique.

 

Et pour les amoureux des livres, le Miscellanées est un livre, même modeste !

 

[1]J’utilise beaucoup les actes notariés non sujets à être orientés mais dont l’exploitation est longue en recherches et souvent difficiles à remettre dans le contexte d’un sujet donné

 

 

Pourquoi le réserver à l'avance ?

 

En premier lieu le tirage en est très restreint soit environ 100 exemplaires, il est en général rapidement épuisé.

 

Le prix de souscription ou réservation est proche du prix de revient, puisqu'il n'y a pas d'intermédiaire. Lors de la mise en vente en librairie, le prix reste modique au regard du tirage restreint. 

 

La réservation ou souscription permet d'en assurer à l'avance la réalisation et la diffusion car il n'y a pas derrière l'édition de cet ouvrage de structure commerciale, ni de sponsor, ni d'aide structurelle d'aucune sorte.

 

Cette réservation ou souscription permet donc d'assurer sa viabilité, son existence même.

 

Le seul argument fondamental :

 

Être intéressé ou plus encore par l’histoire de sa ville ou de sa région

 

NB :

Le Miscellanées est un moyen d’assouvir une passion, un amour de sa commune, de sa région mais certainement pas un moyen d’enrichissement de son auteur sans même mettre en balance le nombre d’heures passées aux archives, à la lecture de textes souvent difficiles à déchiffrer ou à comprendre et ensuite le temps passé à écrire les articles, les mettre en forme, les illustrer, les faire éditer et les distribuer.

 

La semaine prochaine nous verrons un acte qui nous évoque la peste à 
Thionville en 1636 et toujours quelques mots sur le "Miscellanées 2019", 
sujet récurrent jusqu'au 5 février (date de fin de la souscription) 

 

Après cette mise en vente du Miscellanées nous reprendrons le dossier sur les fortifications de Thionville, couronné et double couronné, ponts écluses et magasins.

 

A remplir et renvoyer à l'adresse Histoire de Thionville è, rue Ausone 57100 Thionville

A remplir et renvoyer à l'adresse Histoire de Thionville è, rue Ausone 57100 Thionville

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1676 et 1751 – Thionville- Fortifications - Contrat pour la couverture des magasins du roi et Mémoire sur le couronné de Yutz

Publié le par Persin Michel

Moi, Pierre l’Henriette, garde des magasins de l’artillerie pour le service du roi à Thionville, ayant eu commission particulière à cet effet de monseigneur le contrôleur général de l’artillerie d’une part et Jean Bouzin, maître recouvreur audit Thionville d’autre part. 

 

Nous avons conclu et déclaré avoir fait la convention suivante :

 

Le sieur Bouzin promet et s’oblige pour les six années à venir, consécutives et se suivant, de réfectionner et entretenir à ses frais tant en tuiles qu’en ardoises, toutes les toitures des magasins de la « tour aux pulces », de la grange du roi, de la vieille porte et de la porte du château à Thionville, de telle sorte et manière qu’il n’y reste aucune gouttière sur les toits desdits magasins pendant le terme des six années, afin qu’ils soient toujours à sec.

 

L’entretien de toutes les toitures et gouttières par le sieur Bouzin fera qu’il remplacera les tuiles ou ardoises cassées sur tous les toits et pour cela il recevra 60 livres tournois chaque année, payable de 3 mois en 3 mois.

 

Il ne devra rien faire aux charpentes qui sont à la charge du roi et en cas de grosses réparations, autres celles liées aux tuiles ou ardoises, soit les clous, la chaux, le sable et les lattes, qui arrivent par orages, grêle, tempête, il ne faut pas que les travaux excèdent 3 pieds carrés [1], sinon elles sont à la charge du roi.

 

Le présent contrat est signé le 1erjanvier 1676 et le sieur Bouzin s’engage sur ses biens mobiliers et immobiliers propres.

 

[1]1 pied carré = 0,10 m2

1676 et 1751 – Thionville- Fortifications - Contrat pour la couverture des magasins du roi  et Mémoire sur le couronné de Yutz

17 Février 1751 -  Mémoire sur la fortification de Thionville

 

 

Voici le préambule d’un rapport rédigé par l ‘ingénieur Lachèse [1]sur la fortification de la ville et qui commente ici les raisons de la construction de la couronne sur les hauteurs de Yutz. L’année prochaine nous verrons le rapport dans son entier.

 

« Thionville est située sur la Moselle à 6 lieues [2]de Luxembourg, duché dont elle a fait partie.

A 5 lieues de Metz, dont elle dépend tant pour le commandement que pour la juridiction.

 

Elle n’était autrefois fortifiée que fort simplement, mais depuis l’année 1727, le roi a augmenté ses fortifications dans presque tout son circuit au point que si le côté de la Moselle répondait en force aux autres côtés de la place, elle pourrait être regardée comme une des plus forte du royaume. Cette partie de la Moselle a toujours été regardée comme défectueuse. Les eaux de la rivière devenaient extrêmement basses dans les arrières saisons et jusqu’au point de ne conserver que 3 pieds [3]d’eau dans son plus profond, elle devenait guéable dans presque tout son cours.

 

Le pont qui traverse la rivière n’était couvert que d’un petit ouvrage à corne de peu de résistance, ce qui a déterminé à l’agrandir et à en former une double couronne qui couvre tout le côté de la rivière. Cet ouvrage quelque beau qu’il soit, pêche par un point essentiel ; il a trop peu de capacité pour une bonne défense et ne procure aucun emplacement à Thionville qui en a très besoin et a été construit si bas que les eaux de la Moselle, lorsqu’elles débordent en interdisent l’entrée en passant au-dessus de la partie des parapets du chemin couvert qu’elles détruisent et emportent dans le fossé.

 

De ces défauts, se joint celui d’être soumise à la hauteur d’Yutz où dès le premier travail on pourrait établir des batteries qui en très peu de temps en aurait anéantie toutes les défenses et donne le moyen de s’en rendre maître aisément. Cela fait juger que le côté n’était pas en équilibre avec les autres parties de la fortification de Thionville et que se serait toujours le chemin qu’un ennemi habile prendrait pour se rendre maître de cette place et a fait former le dessein d’y travailler pour parvenir à la mettre dans cet équilibre de force.

 

On a rien trouvé de mieux que l’établissement d’un ouvrage dont le bastion du centre prit de la supériorité sut toute les hauteurs de Yutz et l’auteur de cette prétendue couronne d’Yutz n »a donné ce projet dans le dessin de ne pas aire voir l’objet de cette dépense aussi considérable qu’elle est réellement, espérant que le temps lui fournirait le moyen d’exécuter le projet de la jonction à la double couronne de la Moselle après que les deux fronts de la hauteur seraient exécutés. Il est trop habile pour avoir jamais pensé que les deux fronts puissent tenir lieu du nécessaire en cette partie et ne l’a point caché.

 

C’est sur ce principe qu’on a donné le nouveau projet et on ne peut disconvenir que la couronne seule serait un mauvais ouvrage de peu de défense dont la communication serait difficile et qui serait vue dans toute son intérieur par l’ouverture de sa gorge, donnerait à l’ennemi un emplacement plus commode que la nature ne lui donnait ci-devant pour établir les batteries nécessaires pour la ruine entière de cette double couronne.

 

 

De là il suit, que les ouvrages de la jonction de cette couronne à la double couronne sont indispensablement nécessaires qu’il doit se faire un canal de la haute à la basse Moselle traversant lesdits ouvrages capables d’écouler les eaux de la Moselle qui ne peuvent se décharger que de ce côté et empêcher les inondations fréquentes de monter à la hauteur où elles ont été le 21 décembre 1740.

 

Les avantages de cet ouvrage avec la jonction sont secondement de mettre le côté de la Moselle en équilibre et même des plus fortes que les autres parties de la Place, pour nécessiter à l’ennemi son attaque du côté de la plaine

3- De donner à Thionville tous les emplacements qui lui sont nécessaire tant pour loger la garnison que pour y établir tous les magasins de quelques natures qu’ils puissent être.

4 – Que le canal qui sera fait dans lesdits ouvrages, empêchera les inondations fréquentes dans le pays, les eaux de la Moselle ne montent plus aussi haut qu’elles y montaient journellement ce qui va être démontré dans la suite. »

 

[1]Voir la biographie résumée en fin d’article

[2]Une lieue terrestre représente environ 4,44 km

[3]1 pied = 0,326 m

1676 et 1751 – Thionville- Fortifications - Contrat pour la couverture des magasins du roi  et Mémoire sur le couronné de Yutz

Je vous souhaite de bonnes fêtes

 

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De 1673 à 1676 -Thionville-Hayange - Contrats divers

Publié le par Persin Michel

1675 – Hayange forge la Rodolphe - CDD de fondeur 

 

Le seigneur Rodolphe de la Roche Hullin [1], capitaine d’une compagnie de fusiliers francs à Thionville et maître de forge à Hayange d’une part et Nicolas Grisar maître fondeur résident à Longwy d’autre part.

 

 

(Photo : Vestiges du haut-fourneau de Dorlon de 1692 à Villancy près de Longuyon)

 

Lequel Nicolas Grisar a promis et s’oblige par les présentes envers le sieur de la Roche Hullin en qualité de maître fondeur pour une durée de six années qui se suivent à commencer au 1ernovembre 1675, à fondre toutes sortes de fer et à les aplatir comme les marchands le demanderont et que le sieur de la Roche Hullin en aura besoin.

 

Moyennant quoi, le sieur de la Roche Hullin paiera audit Grisar pour chaque mois la somme de 15 patagons, il devra aussi le loger, le chauffer et l’exempter des contributions, subventions et autres impositions qui pourront être mises sur la forge de Hayange.

 

Il devra aussi lui fournir autant d’ouvriers qu’il aura besoin pour fondre lesdits fer, lesquels seront payés par ledit la Roche Hullin qui devra aussi lui fournir le fer, le bois, le charbon et toutes les choses utiles sur les lieux sans que ledit Grisar ne soit obligé à autre chose que travailler. 

 

Ledit de la Roche Hullin promet en plus de payer au frère dudit Grisar pour chaque mois 6 écus blancs, pour travailler à la fenderie. De plus il a été accordé entre les parties qu’au cas où le sieur de la Roche Hullin n’aurait plus à fondre pendant quelques temps, il permettrait audit Grisar d’aller fondre chez les autres maîtres de forges pendant que le sieur de la Roche Hullin amassera du fer à fondre. Pendant le temps où ledit Grisar travaillera chez d’autres maîtres de forge et du jour qu’il partira de la forge d’Hayange avec ses gens jusqu’au jour où il reviendra à la forge de Hayange, ils ne seront pas payés par le sieur de la Roche Hullin.

Quand il travaillera à la forge de Hayange avec son frère aux taillands [2]et autres travaux de fenderie, ils seront payés comme des travailleurs ordinaires.

 

 

En foi de quoi tous s’obligent sur leurs biens personnels.

 

 

[1]De la famille de la Roche Girault qui fut seigneur de Bettange . Rodolphe de la Roche Hullin fut par la suite aide major et capitaine des portes de Thionville. Il avait construit une maison mitoyenne des soeurs clarisses de Thionville (actuel Hôtel de ville). C’est lui qui a fondé les forges de Hayange sur la Fensch en 1660.Il est mort en 1685 laissant 3 filles. C’est leurs descendants qui faillis vendirent en 1704, les forges à Martin de Wendel, fils de Christian de Wendel, lieutenant de chevaux légers de Charles IV de Lorraine.

[2]Les taillands étaient des roues tranchantes mues par la Fensch, servant à couper et fendre les fers plats. 

1676 – Thionville – Contrat d’apprentissage de cordonnier-tanneur

 

 

Le long de la rivière Fensch existait plusieurs moulins et usines qui tiraient parti de sa force motrice. Nous venons de voir les forges d’Hayange, il en existait aussi plus en amont de la rivière, vers Fontoy, entre-autre celle de « Gustal ». Son maître fondeur s’appelait Jean Pierre, il était employé également par le sieur de la Roche Hullin.

 

Ce Jean Pierre avait un fils qu’il prénomma Jean Pierre comme lui. Les forges de l’époque n’étaient guère rentables et les faillites se succédaient, le métier de fondeur était difficile.

Aussi Jean Pierre, le père, voulu pour son fils Jean Pierre, un métier plus facile ayant peut-être plus d’avenir car moins sujet aux aléas économiques. Il résolu donc de mettre son fils en apprentissage à Thionville chez un maître cordonnier-tanneur, Noël Citreu. [1]  

 

                                                                     

(Ci-dessus un cordonnier parisien au 18èmesiècle)

 

Le contrat stipulait que l’apprentissage durerait trois années, le maître s’engageant à loger, nourrir et blanchir l’apprenti et de le traiter humainement. Les habits et le linge de corps restant à la charge des parents. Lesdits parents paieront 20 écus blancs à savoir la moitié dans 8 ou 15 jours suivant la signature dudit contrat et le reste dans 18 mois.

 

Les parents s’engagent aussi à payer le droit au métier, quant à l’apprenti, il s’engage à bien apprendre et de son mieux le métier, de faire savoir au maître tout ce qu’il doit savoir sur son ouvrage et de ne pas s’absenter, ni servir ailleurs durant les trois années de son apprentissage. En cas de fugue ou de fuite [2], il sera recherché et quoi qu’il en soit, il devra obéir à son maître dans tous les choses qu’il lui commandera.

 

Le maître et les parents s’engagent sur leurs biens mobiliers et immobiliers réciproques et à bien respecter le présent contrat.

 

 

[1]A Thionville les cordonniers exerçaient aussi le métier de tanneur au sein de la même corporation de métier. Noël Citreu s’orthographiait aussi « Citron » et l’intéressé signe « Sittry »

[2]Il n’était pas rare à l’époque que les apprentis souvent très jeunes, (16 ans voir moins) devant les rigueurs du métier et l’inhumanité des maîtres se sauvent pour quelques jours ou pour toujours partant sur les chemins ou avec une armée de passage.

1673 – Thionville – Contrat d’apprentissage de chirurgien

 

Le sieur Antoine Avignon, maître chirurgien à Thionville, promet de prendre, recevoir et garder en son logis pour deux années qui se suivent à compter du 1erseptembre 1673, le nommé Guillaume Jadin, fils légitime du sieur Nicolas Jadin, vivant, maître chirurgien en cette ville et de la dame Broquard sa mère, présenté au service par Edmond Weyrich son beau-père. 

 

(Ci-dessus: extrait d’un tableau de Théobald Chartran, peint vers 1888, montrant

le chirurgien Ambroise Paré [1]au siège de Metz en 1552)

 

Ledit Avignon promet de lui montrer pendant deux années l’art de la chirurgie sans rien lui cacher de cette science et de le rendre capable au bout des deux années d’exercer cet art.

 

Pour cet apprentissage, ledit Weyrich a donné au sieur d’Avignon la somme de 30 rixdallers [2]payable en trois fois, soit 190 écus blancs dès à présent puis 10 écus blancs à la Saint-Jean prochaine et encore 10 écus blancs à la fin des 2 années d’apprentissage.

 

Si l’apprenti Guillaume Jadin, quitte sans raison légitime son maître, tout ce qui aura été donné restera acquis au sieur d’Avignon.

 

Guillaume Jadin se soumet à son maître d’apprentissage et au sieur Weyrich son beau-père et fera tout ce qu’il lui sera possible de faire pour bien apprendre. Son maître, Antoine Avignon promet en outre de bien le traiter en bon père de famille, sans rudesse ni aucune voie rigoureuse.

 

Au bout des deux années, son maître promet de lui donner congé par écrit signé de lui-même et de deux autres anciens maîtres du corps de métier.[3]

 

Chaque partie s’engage sur leurs biens mobiliers et immobiliers.

 

 

[1]Ambroise Paré (1510-1590) fut un anatomiste et chirurgien « militaire » célèbre qui mis au point la ligature des artères en lieu et place de la cautérisation par la brûlure qui tuait beaucoup de blessés.

Maintenant, il est certain que les chirurgiens thionvillois de l’époque n’eurent jamais un bien grand niveau d’expertise, certains sont restés célèbres à Thionville principalement pour leur mauvaise réputation.

[2]Où l’on voit que 30 rixdallers correspondent à 30 écus blancs soit 90 livres tournois de France

[3]Deux années pour apprendre le métier de chirurgien, trois années pour devenir cordonnier-tanneur, avec en plus une lettre écrite de fin d’apprentissage valant passeport dans la profession.

1667 – Thionville – Contrat d’apprentissage de boucher

 

 

Le 23 août 1667, Bastien Louvain de Thionville et Claude d’Arc, maître boucher de la même ville s’engagent en ce qui suit :

 

Le sieur Claude d’Arc, maître boucher de Thionville, s’engage à recevoir le fils de Bastien Louvain prénommé Pierre, âgé de 16 ans environ, comme apprenti boucher pendant trois années. Il promet de bien lui montrer fidèlement et sans rien lui cacher le métier de boucher et cela pendant trois années qui se suivent.

 

A la fin des trois années, il promet de lui donner ses lettres d’apprentissage et un habit valant 6 écus blancs.

 

En contrepartie son père Bastien Louvain donnera audit Claude d’Arc une maldre de moitange [1]chaque année, soit au bout de l’apprentissage, 6 maldres.[2]

 

Si le jeune apprenti, Pierre Louvain quitte avant la fin de son apprentissage, toutes les maldres données seront acquises par le sieur Claude d’Arc, alors le jeune Pierre Louvain pourra s’engager avec d’autres maîtres de la ville.

 

Pierre Louvain promet de bien fidèlement apprendre le métier de son maître et de lui obéir en tout.

 

Le présent contrat est fait en présence des témoins Jean Guénard et Jean Jayer et sur l’engagement de leurs biens réciproques.

 

 

[1]La maldre de moitange pèse à Thionville 297 livres de grains mélangés 

[2]Il était assez rare que l’apprentissage soit payé en nature de grains car cela nécessitait d’avoir un grenier pour le stocker. Toutefois, dans le cas des bouchers, nous avons vu que certains d’entre eux avaient des bêtes mises en élevage chez des fermiers pour les faire engraisser (Cran de chastel). Dans notre cas, l’apprentissage est payé en nature de grains, du moitange, soit un mélange de grains hors froment qui servait alors à nourrir les animaux pendant généralement deux ou trois années.  C’est à dire que ce boucher, Claude d’Arc, assurait par l’enseignement du métier à un apprenti, la nourriture de ses bêtes et leur engraissement avant l’abattage.

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Thionville – Confréries et corporations (5ème partie)

Publié le par Persin Michel

Dans l’article précédent, j’ai évoqué l’encadrement d’une fenêtre actuellement au musée de la ville, datée de 1590, comportant deux motifs évoquant un corps métier. Pour moi le corps de métier représenté est celui des tisserands puisque les motifs sculptés sont une brosse à carder et un peson ou poids de métier à tisser. 

 

On voit sur cette gravure ancienne, deux métiers à tisser de drapiers où l’on voit clairement les pesons ou poids destinés à maintenir tendu, respectivement, les fils de trames et la partie du drap déjà tissé.  

 

Je viens de retrouver aux archives départementales de la Moselle un acte résumé ci-dessous : (ADM 3E7539 Fourot)

 

« Le 22 janvier 1669, les maîtres du corps des drapiers de Thionville, Nicolas Heizeler dit l’ancien et Friedrich Haus dit le jeune, se sont réunis pour décider de mettre à bail pour 6 années à l’honnête Abraham Aubertin, maître drapier lui aussi, la maison appartenant au corps de métier des drapiers qui se situe à Thionville, non loin de la grande église paroissiale… »

 

Cette maison du corps de métier des drapiers se trouvait donc non loin de l’église paroissiale d’alors qui était située sur la place devant l’actuelle église Saint-Maximin.

 

Nous savons que cet encadrement de fenêtre qui se trouve au musée de la ville aurait été trouvé au N°7 de la rue de la tour soit très proche de l’ancienne église paroissiale, donc de l’église Saint-Maximin actuelle. (Voir sur le plan ci-cdessus de 1754)

 

Il y a donc de fortes probabilités que cette fenêtre ait été celle de la maison du corps de métier des drapiers [1]de Thionville ce qui explique les deux motifs sculptés sur cette fenêtre, quant à la date de 1590 qu’on y voit, elle correspond bien au style des arcatures qui y figurent. Il faut savoir que le corps du métier de drapier à Thionville est identifié dans la ville depuis 1469.[2]

 

[1]Les métiers de tisserand et de drapier étaient très liés professionnellement.

[2]Grâce aux livres de comptes de la ville.

Le premier dénombrement de la population de Thionville date de 1611, il nous donne le nom des 18 drapiers exerçant en ville : (Sous réserve de l’orthographe)

 

Peter Keiser – Jean Muller – Jacob Kirsch – Georges Kontz – Jacob Brandenburger – Gaspard Oswald – Hans Niclaus – Jean Flam – Gaspard Hellinger – Jean Kremer – Jeronimus Landtmeyer -Peter Schadenbourg – Nicolas Mentena – Jean Trute – Peter Hettinger – Jean Gascher – Hans Georg – Hans Steil

 

Nous pouvons encore tirer de cet acte, la confirmation de ce que j’avançais dans mes articles précédents : Pour l’ensemble des corps de métiers de Thionville, la possession d’une maison de métier était la règle commune, tout comme la possibilité de louer ces maisons à des membres du corps de métier et même à des particuliers afin d’en tirer parti.

 

Venons-en maintenant aux boulangers, fort nombreux à Thionville [1], ils étaient comme les autres métiers organisés en corporation. On conçoit aisément qu’ils avaient une place prépondérante dans la ville, le pain étant par essence le premier aliment des habitants.

 

Depuis toujours la fabrication du pain était une occupation essentiellement domestique et ménagère. Quand arriva la féodalité et les grands domaines religieux, abbayes et couvents, le besoin se fit sentir de produire des pains en plus grand nombre pour subvenir aux nombreuses personnes qui vivaient dans ces domaines, moines et civils, officiers et serviteurs des seigneurs. On construisit donc des fours collectifs à même de répondre aux besoins. Les abbayes et certains couvents eurent leur propre four et les seigneurs firent construire des fours communs à tous les habitants dont le fonctionnement fut calqué sur celui des moulins dits banaux. L’utilisation de ces moyens de production fut assujettie à une taxe ou redevance, dite de banalité.  

 

Toutefois, ces bâtiments spécifiques, moulins et fours qui avaient nécessité de gros efforts financiers pour leur construction réclamaient aussi un entretien régulier par des artisans spécialisés. De plus, à chaque guerre, siège ou conflit local, ils étaient les premiers bâtiments à être endommagés, voire détruits, ce qui impliquait leur reconstruction ou réparation de la part du seigneur. Celui-ci, souvent désargenté, peinait à exécuter les travaux, aussi de nombreux fours et moulins restèrent à l’abandon pendant des années. Pendant ces périodes, les habitants cuisaient le pain chez eux, ce qui était formellement interdit. Devant ces difficultés les seigneurs essayèrent de se débarrasser de cette charge en la transmettant à la communauté, ville ou village.

 

Ce fut le cas à Thionville où nous savons qu’un four banal existait déjà en 1239, le propriétaire étant alors le comte de Luxembourg qui possédait également les moulins de la ville. Ceux-ci furent donnés, moyennant finance à la ville en 1438 et 1462, respectivement par Guillaume de Saxe [2]et Philipe II de Bourgogne [3]alors duc de Luxembourg. Le four banal fut donné [4]à la ville en 1577 par Philippe II d’Espagne [5].

 

Dès la fin du 16èmesiècle, les moulins et le four de Thionville furent communaux et affermés à des particuliers moyennant redevance ou canon annuel, les réparations et l’entretien étant à leur charge.

 

[1]17 au dénombrement de 1611 et encore 15 en 1818

[2]Qui était le gendre d’Elisabeth de Goerlitz

[3]Dit « Le Bon » (1441 – 1467)

[4]Donné contre du bon argent sonnant et trébuchant ! 

[5]Fils de Charles Quint (1555- 1598)

A cette époque, le métier de boulanger n’existait pas encore, il y avait un meunier qui produisait la farine et un préposé au four banal ou communal chargé de cuire le pain qu’avait façonné chez eux les particuliers. Toutefois dans les abbayes, certains couvents importants, dans les armées, dans les grosses villes ou bourgades partout où la production était importante, existait un préposé à la préparation de la pâte et au façonnage des pains. (Ci-dessous - Blason des boulangers de Paris)

 

Le métier de boulanger était né [1]et prospéra de façon importante en relation très étroite avec celui de meunier de telle sorte que rapidement leurs familles s’allièrent. Il est courant à Thionville de trouver des familles de meuniers alliées à des familles de boulangers et cela sur plusieurs générations.

 

Rapidement ces familles qui maîtrisaient une partie de la chaine de production : Farine, préparation, façonnage des pâtes et cuisson, voulurent maîtriser l’ensemble du processus en y intégrant la production des grains, froment et seigle. 

 

Ainsi les boulangers les plus riches de Thionville achetèrent des métairies à grain dans les villages alentours, marièrent leurs filles aux meuniers de la ville et purent contrôler le l’ensemble de cette chaîne alimentaire.

 

Le corps de métier des boulangers englobait également les pâtissiers de la ville. 

 

A cette époque leur patron était Saint-Michel [2], Saint-Honoré viendra plus tardivement.

 

Déjà au dénombrement de 1611 nous trouvons à Thionville 17 boulangers :

 

Jean Undrich – Enders Ventsch – Michel Oettringen – Niclaus Asselborn – Michel Reuher Martin Oetringer – Niclaus Steffen – Gaspar Guttnacht – Antoine l’Angelois – Gabriel Wardel  Daniel Becker – Nicolas Stroesgen – Jean Prost – Philips Becker – Matthéis Weber - Peter Straby – jean Deutsch

 

Une transaction passée le 4 novembre 1682 entre ce corps des boulangers et Jean Gillot

directeur de l’hôpital de Thionville nous apprend que celui-ci a vendu tous les grains se trouvant dans les magasins et les greniers du roi, au corps des boulangers de la ville. Il ne gardera par devers lui que pour sa nécessité. Ces grains sont vendus pour faire de la  farine puis des pains qui seront distribués sur les étals de la ville. Sur les greniers et dans les magasins du sieur Gillot, il y a 300 maldres[3]de grains qui seront vendus 31 escalins le maldre payable au fur et à mesure de la distribution. 

 

Cet acte liste l’ensemble des 22 membres du corps de métier de boulanger :

 

Antoine Bahr – Nicolas Henry – Sibile Gulden – La veuve de Robert Mathieu – Pierre Beuren Georges Maurice – Oswald Lige – Nicolas Mathieu – Jean Schouder – Antoine André – Sinon Rosar – Michel Wolkringer – Jacques Henry – Marie veuve de Veirich – Nicolas Propst – Gille Plomb – Claude Henry – Pierre Algringer – Denis Julien – Bernard Claud – Edmond Veirich La veuve André.

 

[1]Les pains réalisés étant ronds sous forme de boules, on les appelait «boulenc » en picard, ce qui donna par la suite boulanger.

[2]Ou éventuellement Saint-Gabriel ou Saint-Raphaël mais à Thionville c’était Saint-Michel où existait une chapelle dédiée à ce saint, la chapelle de l’ossuaire.

[3]Le maldre de Thionville contient 8 bichets de blé soit 2 hectolitres 20 litres 50

Au fil des documents nous trouvons les noms suivants :

 

En mai 1681 Pierre Beuren

En 1681, Georges Maurice et sa femme Marguerite Gérard vend à Sébastien Henry une maison rue brûlée devant le magasin où sont les moulins à bras pour 250 écus blancs.

En novembre 1681 Jérosme André et Antoine André marié à Marie Beuren où nous voyons déjà une alliance entre la famille André, meunier et boulanger et la famille Beuren.

En juillet 1684 Nicolas Mathieu

En avril 1692 Jean Vanderpoel – Scharff et Maréchal qui feront le pain de munition.

En septembre 1707 Félix Will boulanger et pâtissier

En avril 1728 André Blondin marié en seconde noce à Anne Françoise Herman dont le père André Herman était boulanger. André Blondin fut inhumé dans la chapelle Saint-François ou des lépreux à Thionville[1]

En janvier 1738 Nicolas Decker

En avril 1754 Pierre Mouzeler marié à Anne Confes ou Conseil

 

Voilà un aperçu de quelques noms de boulangers trouvé au fil des archives mais je voudrais retenir ici un seul nom, celui de Pierre Beuren [2], maître boulanger de Thionville en 1680 car il est représentatif [3]des boulangers de Thionville.

 

Il est probablement né vers 1629, soit avant que Thionville ne devienne française, au début de la guerre de Trente ans. Vers 1650, il va épouser Jeanne Pierre fille de George Pierre maître tonnelier à Thionville.

 

Dans les années 1660, il aura de ce mariage une fille, Marie, qui épousera le 25 novembre 1681, Antoine André, meunier du moulin de « Daspich » [4], lui-même fils de Jérôme André, meunier au même moulin, et Jeanne Louis. Marie André décèdera le 3 décembre 1702 à « Daspich » âgée de 42 ans.

 

Il aura encore une autre fille puis le 30 mars 1677 un garçon qu’il prénommera Pierre et qui deviendra maître boulanger comme son père. Le 30 avril 1697 il épousera Marie Anne Petelot, dont le père était Cuny Petelot, distillateur. Les témoins du mariage seront Denis Petelot, cabaretier à Thionville et sa sœur Marie épouse d’Antoine André. Il serait décédé le 8 janvier 1713 à Thionville.

 

Pierre Beuren, père, semble avoir eu de nombreux enfants dont beaucoup sont morts en bas âge. Il se remariera à 60 ans, le 4 octobre 1689 avec une femme de 30 ans, Marie Künen que lui avait présenté Jean François de Gévigny, bailli d’épée de Thionville.

 

Il est décédé à la fin du mois de septembre 1693 à Thionville, sa fille Marie et son époux Antoine André associé à une autre de ses filles, Hélène, mariée à Jean Antoine Clein, major d’un régiment de dragons, demandèrent l’inventaire de ses biens.[5]

 

[1]. Voir l’histoire de l’ancienne chapelle des lépreux parue en 2017 par Michel Persin

[2]Ce nom dérive probablement de Bauer soit paysan en allemand.

[3]On peut le considérer dans le peloton de tête des plus importants boulangers de Thionville au 17èmesiècle

[4]On fait aujourd’hui Terville, car à cette époque ce moulin qu’on appellera le moulin Scholler ou moulin rouge était considéré comme étant à Daspich mais un décret de Napoléon 1ertranchera son appartenance à Terville.

[5]Le document est lu et expliqué en français mais aussi en langue germanique

En premier, nous savons qu’il a de bonnes relations avec ses collègues ainsi qu’avec l’ensemble des habitants.[1]

 

Il tient boutique dans une maison située à Thionville, rue des pères capucins, proche de la maison du lieutenant Cette maison se compose d’une cave, d’une boutique et d’une cuisine sur l’arrière, au-dessus de la boutique, il y a deux chambres hautes et au-dessus encore, les greniers. La maison mesure 3 mètres environ de façade sur la rue, c’est à dire la longueur de la boutique, elle fait 8 mètres de profondeur. Elle doit au roi, 2 chapons par an, payables à la recette du domaine.[2]

 

Il a acquis cette maison le 8 février 1669, de Jean Pierre Beuren, prêtre de Luttange et de Madeleine Ries veuve de Nicolas Beuren, adjudant au Luxembourg pour la somme de 280 écus blancs soit 840 livres tournois, plus 10 écus blancs pour les héritiers de Jean Pierre Beuren.[3]

 

Le 6 décembre 1692, soit peu de temps avant son décès, il va louer pour 4 années et 28 livres 10 sols annuelles, les deux chambres hautes de sa maison ainsi que la cave à George Florentin, jardinier de Thionville et à son épouse Tonelle Rozard.

 (Ci-dessous la marque du boulanger Rosard).

 

 

 

On apprend dans cet acte que ledit Florentin habite à ce moment une autre maison de Pierre Beuren qui se trouve rue de l’hôpital.

 

Au cours de sa vie, il a aussi formé des apprentis dont son fils Pierre et passé un grand nombre d’actes notariés divers, rebâtissant une grange en 1677 avec le sieur Brocquard échevin d’église. Vendant une rente sur les biens d’Adam Demuth à Jean Nicolas Bock, conseiller du roi, lieutenant particulier au bailliage et tant d’autres transactions diverses. Son inventaire après décès contient plus d’une cinquantaine d’actes notariés divers lui appartenant ou à sa famille dont certains documents sur parchemin datés du 16èmesiècle 1560, 1570, 1590… Où l’on apprend qu’il possédait de nombreuses terres à Elange et Terville dont une métairie de famille [4]appelée « Beurenhoff ».

 

A Elange, il possédait des terres à grains qui furent ensuite acquises par un autre boulanger, Antoine Blondin de Thionville dont le beau-père était boulanger également.

 

S’il ne savait pas écrire, il avait sa marque qu’il apposait sur tous ses actes, un bretzel ou craquelin que l’on retrouve sur une croix ou clavaire qu’il a fait réaliser en 1692 et qui se trouve aujourd’hui à Terville, dans le parc Chatillon.

 

 

[1]Car dans ses papiers lors de l’inventaire après décès, on retrouve très peu de procès, qui pourtant étaient fréquents à l’époque. Ainsi il était particulièrement proche des boulangers Veirich 

[2]Description faite à l’occasion d’un pied terrier de la ville demandé par un arrêt du conseil d’état du 24 avril 1689 et par l’intendant Chamol. La confection du pied terrier est supervisé par le lieutenant général et commissaire Clémery

[3]Pierre Beuren, le boulanger et Jean Pierre Beuren, le prêtre sont très certainement de la même famille, mais sans doute déjà éloignée.

[4]La famille Jean Pierre Beuren le prêtre de Luttange, mais qui fut au paravent curé d‘Inglange

Cette croix monumentale de type calvaire fut édifiée en 1682 par le sculpteur François Lapierre de Rombas. Elle se trouvait le long du ruisseau de Veymerange et fut jetée à terre par les prussiens en 1870. 

 

Restaurée par le sculpteur Erlange de Terville en 1880, elle fut rétablie au même endroit puis mise plus en sureté dans la cour du presbytère de Terville en 1900. (Photo ci-dessous)

 

 

 

Plus tard, elle sera placée dans le parc Chatillon, entourée d’une grille où l’on peut encore la voir. (Ci-dessous)

 

 

J’ai fait une description détaillée et retracé l’histoire de cette croix dans le livre « Terville, histoires retrouvées » paru en 2013 disponible à la médiathèque de Terville ou à la mairie.

Dans l’histoire de cette croix, je ne voyais pas d’explication à la présence de la statue de Sainte-Agathe sur le fût de la croix. Il semble bien que cette statue face référence à un certain Jean Agathe qui figure sur un acte de 1590 relatif à des rentes foncières à Elange que j’ai retrouvé dans l’inventaire après décès de 1693.

 

On retrouve bien chez Pierre Beuren, riche boulanger de Thionville, le fait de s’allier avec une famille de meuniers, ici la famille André et de posséder également une ou des sources d’approvisionnement en grains par la possession d’une ou plusieurs métairies, ici à Elange.

 

Ensuite l’argent était investi dans des maisons [1]terres agricoles, jardins, vergers [2]et des maisons soit en ville, soit dans les villages alentours. L’intégration sociale dans la ville se faisait au travers du commerce et des affaires diverses et par l’appartenance à une confrérie, ici Saint-Michel puis la confrérie du Rosaire [3], non spécifique aux boulangers mais regroupant tous les notables, marchands et artisans de Thionville.

 

[1]Ainsi Pierre Beuren possède à Thionville, outre les maisons déjà citées, rue des pères capucins et rue de l’hôpital, qui est la maison où il est mort et qui possède une grange et des écuries où l’on trouve une vache rouge et grise et 4 cochons lui appartenant. Cette maison n‘est pas louée, car il y habitait récemment mais l’écurie est louée au sieur Colman pour 19 livres. Pierre Beuren possède encore deux autres maisons : Une dans la grande rue, louée à Pierre Maurice, boulanger, pour 66 livres et une autre maison, les casernes d’un côté et Jean Grozellier, maître tisserand, de l’autre, louée à Georges pour 27 livres

[2]10 nouées de vignes à Guentrange, un jardin porte de Metz, une métairie à Beuvange-sous-Saint-Michel et une métairie à Terville les deux rapportant plusieurs maldres de froment, seigle et avoine mais aussi des pois

[3]En 1700 et 1706, Pierre Mouzeller, boulanger et Anne Conset ou Conseil font une donation importante à la confrérie du Rosaire dont le maître est le sieur Colles.

On voit également que certains boulangers prêtent de l’argent à des notables et dans le cadre de mes recherches sur le couvent des clarisses, j’ai pu noter que les clarisses de Luxembourg dont émane le couvent de Thionville, avait comme « bienfaiteurs » le corps des boulangers de Luxembourg.

 

En étudiant ces boulangers, on s’aperçoit qu’ils se fournissaient en farine aux moulins de Thionville, y compris celui de Beauregard et de Terville. Quand ces moulins ne fonctionnaient pas ou n’avaient pas assez de rendement, l’armée possédait des moulins à chevaux dans un magasin en la rue brûlée et de nombreux moulins à bras qu’il lui est arrivée de prêter aux boulangers pour moudre eux-mêmes leur farine.

 

Ainsi le 9 décembre 1768, l’hiver est rude et les glaces ont pris toutes les eaux depuis 15 jours aussi le procureur du roi fait distribuer de la farine aux boulangers venant des moulins à bras de l’armée.

 

Lors des manœuvres en ville ou autour de la ville, certains boulangers étaient réquisitionnés pour produire, moyennant finance, le pain de munition. Voir mon article sur le sujet dans le Miscellanées 2013/2014. (Aux archives municipales de la ville)

 

Il arrive aussi quelques litiges, ainsi le 29 octobre 1708, le corps des boulangers-pâtissier de Thionville va faire un procès à Jean Thiebault, cordonnier qui avait fait et cuit des pains pour deux soldats de la garnison qui lui avait donné de la farine. On remarque qu’il y a peu de litiges entre boulangers et qu’au final la corporation joue à plein son rôle d’intégration et de régulation.

 

Je vais terminer ici cet exposé sur les drapiers et boulangers de Thionville sous l’ancien régime, il nous restera à voir le corps des bouchers et la confrérie du Rosaire.

 

Bonne lecture à tous et à bientôt

 

Sources :

Notaires Thionvillois : Helminger et Fourot ADM 3E7538 3E7539

Terville, Histoires retrouvées – 2013 – Michel Persin

Réception d’un boulanger en 1707 à Thionville Miscellanées 2013/2014 aux archives municipales de Thionville ou dans ce blog. Taper "1707 boulanger"  dans la case recherche 

Le pain de munition à rechercher dans ce blog. Taper "Munition" dans la case recherche

 

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Thionville – Confréries et corporations (3ème partie)

Publié le par Persin Michel

Dans l’article précédent nous avons vu qu’au début du 18èmesiècle les tanneurs et les cordonniers de Thionville exerçaient les mêmes activités, ce qui nuisait à une saine concurrence. Nous avons vu aussi que la ville souhaitait remédier à cet état de chose qui semblait durer depuis longtemps. Effectivement un acte du 15 février 1663, nous confirme qu‘au milieu du 17èmesiècle à Thionville, les tanneurs et les cordonniers étaient regroupés au sein de la même corporation.

 

Résumé de l’acte en question :

 

« Devant les notaires royaux sont comparus Jean Nicolas Fridrich, conseiller du roi au bailliage de Thionville ave Jean Ranckendall (tanneur) et Pierre Gascher (cordonnier) tous les deux maîtres des métiers de tanneurs et cordonniers et en présence de trois confrères desdits métiers qui nous ont déclaré :

 

Vouloir faire l’échange avec la permission et autorisation du seigneur Hue de Saint-Rémy, écuyer, seigneur de Gras, conseiller du roi et lieutenant général civil et criminel au bailliage de Thionville, permission donnée le 6 février de l’année 1663 à la requête que lui avait présenté les maîtres et confrères des métiers de tanneurs et cordonniers. L’échange ainsi autorisé est perpétuel et irrévocable et consiste en la cession au sieur Jean Nicolas Fridrich et à demoiselle Anne Elisabeth Vogtin son épouse d’une partie de maison qui leur appartient sur la place vis à vis la chapelle de l’hôpital, les héritiers du défunt Hyet d’un côté et le l’autre Mathieu Fridrich. Celui-ci avec son épouse cède aux maîtres des métiers une maison située à Thionville vis à vis de la grange du sieur Kirchbaum, la veuve du sieur Rochefort, Marguerite Klein d’un côté et la rue de l’autre côté, la maison faisant le coin de la rue.

 

Cette maison, le sieur Fridrich l’avait rachetée à Jean Edinger, échevin de Thionville, qui avait acheté cette maison des sieurs Demauth et Fonck, commissaires établis et autorisés par décret de justice du 22 octobre 1653 au nom de la demoiselle Marguerite Klein pour son entretien.

 

Les « Fridrich » ont donné la somme de 420 francs de Luxembourg pour la partie de maison des maîtres des métiers qui avait été engagée à feu Georges Reinard.

 

Fait à Thionville le 15 février 1663

Ci-dessus un extrait de l’acte

Ci-dessus un extrait de l’acte

On voit là que les maîtres des métiers des tanneurs et cordonniers possédaient en commun une partie de maison située en centre-ville, sur la place du marché, proche du beffroi où se trouvait alors la chapelle de l’hôpital dite de Sainte-Elisabeth. Maison commune au corps des métiers qu’ils vont échanger avec une autre maison située au coin d’une rue. On voit aussi que cette transaction se fait avec l’autorisation du lieutenant général du bailliage [1]et qu’elle implique des officiers de l’hôtel de ville.

 

On voit encore que Mathieu Fridrich habite avec son épouse la maison attenante d’un coté à celle du corps des métiers. Cela lui permet de posséder dorénavant deux maisons contigües pour en faire une maison plus importante.

 

On remarquera aussi que Jean Nicolas Fridrich et Mathieu Fridrich sont probablement de la même famille et que Jean Nicolas Fridrich est alors conseiller du roi au tout nouveau bailliage, il deviendra par la suite receveur des finances du roi et échevin de la ville.

 

Mais plus encore, Jean Nicolas Fridrich, sera à l’initiative avec le gouverneur de la ville, Du Fey de la Garenne, de la création le 4 avril 1666, de la confrérie du Rosaire qui élira domicile dans la chapelle Sainte-Elisabeth de l’hôpital, à côté du beffroi actuel, et qui prendra et sera connue à Thionville pendant de nombreuses années sous le nom de « chapelle du Rosaire ». La maison ainsi échangée qui appartiendra dorénavant à Mathieu Fridrich se situera donc vis à vis de la chapelle de la confrérie du Rosaire.

 

Cette maison des métiers qui vient d’être échangée était une maison de rapport pour le corps des métiers, tanneurs et cordonniers. Ils n’y pratiquaient pas leur métier qui pour les tanneurs, chacun le sait est source de nuisances olfactives et visuelles. Non, les opérations de tannage se pratiquaient dans leur maison ou atelier loin du centre-ville, plutôt vers les remparts, le long des fossés entourant la ville. Ces activités de tannage étaient donc une source de désagréments pour la ville aussi à l’été 1690, la ville ordonna aux tanneurs de retirer leurs tanneries de leur maison en la ville et d’aller les installer à Beauregard sur la rivière Fensch qui alimentait plusieurs moulins dont un moulin à foulon appartenant au corps des drapiers et sans doute un moulin à écorce produisant le tan pour le tannage des peaux.

 

La ville donna à cette occasion aux tanneurs des terrains le long de la Fensch pour qu’ils s’y installent, ce qu’ils firent. Et dès novembre 1690, la ville demanda aux tanneurs de payer annuellement une taxe pour l’occupation des tanneries.

 

La taxe requise était proportionnée à la surface des terrains concédés et payable à la Saint-Rémy, dès 1692. Nous en avons une liste qui suit : (Sous réserve de l’orthographe)

 

 

 

[1]Bailliage créé le 22 avril 1662 donc très peu de temps avant cette transaction

Mathis Bonjean 25 sols tournois

Valentin Nonchel 12 sols et 6 deniers tournois

Didier Fichault 12 sols et 6 deniers tournois

Jean Pierre 30 sols et 6 deniers tournois

Arnouldt Husange 15 sols tournois            

Nicolas Reuter 12 sols et 6 deniers tournois

Jean Georges Geisweiler 12 sols et 6 deniers tournois

George Oberboren 16 sols et 3 deniers tournois

Pierre le Moine 15 sols tournois

Nicolas Reulaut 15 sols tournois
Jacob Seftor   15 sols tournois

Extrait d’un plan du milieu du 19ème siècle où l’on voit un moulin à écorce et les tanneries sur le canal de la Fensch à Beauregard. La ville se trouve vers la droite  Ce canal de la Fensch alimentait ensuite le moulin à farine de la ville qui se situait à la porte de Metz et qui deviendra le moulin « Nouviaire » donnant sur la place Marie-Louise. (Il est en cours de destruction pour laisser la place à une résidence moderne.)

Extrait d’un plan du milieu du 19ème siècle où l’on voit un moulin à écorce et les tanneries sur le canal de la Fensch à Beauregard. La ville se trouve vers la droite Ce canal de la Fensch alimentait ensuite le moulin à farine de la ville qui se situait à la porte de Metz et qui deviendra le moulin « Nouviaire » donnant sur la place Marie-Louise. (Il est en cours de destruction pour laisser la place à une résidence moderne.)

Les peaux :

 

Les tanneurs se procuraient les différentes peaux [1]dont ils avaient besoin auprès des bouchers de la ville mais aussi auprès du bourreau de la ville [2]concernant les animaux errants, malades ou les veaux morts nés dont la peau servait à faire le « velin » pour les articles en cuir fin.

 

Certains tanneurs les plus fortunés, sélectionnaient leurs animaux sur pied et les mettaient en pension chez un des fermiers des alentours de la ville avant de les livrer au boucher et d’en récupérer les peaux. Ils faisaient ainsi des plus-values intéressantes.


[1]Vaches, veaux et taureau, moutons, agneaux et porcs 

[2]Au 17èmeet 18èmesiècle, les bourreaux de la ville étaient Jean Pierre Dalembourg puis son fils Jean Dalembourg. Ils étaient maîtres des hautes et basses œuvres pour le bailliage. Les basses œuvres consistaient justement à faire l’équarrissage des animaux morts dont les veaux mort-nés

L’acte du 25 février 1732, nous relate cette façon de procéder :

 

«  Par devant nous notaires royaux de Thionville sont comparus en personne Balthazar Schweitzer, laboureur à la cense de Wonnerhoff (Marienthal à Guentrange) et son épouse Catherine Gloting. Ils ont reconnu tenir comme hôte suivant l’usage du pays, du sieur André Wolkringer, marchand tanneur de Thionville, les animaux suivants :

 

- 6 vaches dont 4 sans poil noir, 1 rouge, une autre noire à tête blanche.

- 2 génisses dont 1 rouge et 1 noire.

- 1 taureau sans poil rouge.

- 42 bêtes blanches tant brebis que moutons.

 

Le montant de la pension estimée à l’amiable est de 287 livres tournois que le sieur Wolkringer a payé réellement au comptant pour nourrir, héberger et entretenir les bêtes à leurs frais et cela pendant trois années.

 

L’acte est rédigé en français mais expliqué en allemand. Ledit Schweitzer et son épouse ne savent pas écrire et font leur marque. Le sieur Wolkringer signe avec nous notaires. »

Thionville – Confréries et corporations (3ème partie)

Dans cet acte nous voyons bien l’importance attachée aux types d’animaux et à leur peau, couleur et poils, éléments de qualité pour le tanneur. Cette façon de faire permettait aussi au tanneur d’acheter des bêtes encore jeunes et de les faire engraisser en espérant en retirer un meilleur prix à la revente.

 

J’en terminerai ici avec les tanneurs et cordonniers, dans le prochain article nous verrons d’autres corporations et confréries de Thionville comme la "confrérie du Rosaire" rare confrérie thionvilloise strictement religieuse non rattachée à une corporation.

 

Sources :

Actes notariés aux ADM – Helminger 3E7520 à 3E7538 Bonjean 3E7806 à 7850

Archives communales de Thionville - Cadastre 19èmesiècle

 

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1679 – Thionville - Une « Batterie » se règle à l’amiable

Publié le par Persin Michel

1679 – Thionville - Une « Batterie » se règle à l’amiable

Un petit acte qui traite de la façon dont s’est soldé une « batterie dans le vin » entre les enfants d’habitants de Veymerange, d’Elange et de Thionville.

 

Mais c’est quoi « Une batterie dans le vin » ?

 

C’est une altercation, une bagarre sous l’emprise de l’alcool.

 

Alors voilà notre petite affaire :

 

Quelques jours avant le 4 novembre 1679, une bagarre a eu lieu entre des enfants alcoolisés. Un clan regroupant des enfants d’habitants de Veymerange et d’Elange et un clan regroupant des enfants d’habitants de Thionville.

Parents

 

De Veymerange : 

 

Mathieu Weiss

Jean Oswalt

Nicolas Oswalt

Thiel Oswalt

 

D’Elange :

 

Rémy Schweitzer

Nicolas Hirtzberger

Jean Schweitzer

 

Parents :

 

De Thionville :

 

Jacob Gascher

André Allerbourg

La veuve Vincent Thilleux dit la « Fortune »

 

On ne connaît pas les raisons de l’altercation mais nous savons qu’elle fit des blessés parmi les enfants du clan de Thionville.

 

Quelques précisions sur les protagonistes de cette affaire :

 

Veymerange :

Mathieu ou Mathis Weiss exerçait la profession de maréchal-ferrant à Veymernage, il était le père de Damien Weiss qui sera comme son père maître maréchal-ferrant et maire de Veymerange.

 

La famille Oswalt est une famille de laboureurs de Veymerange.

Jean Oswalt était marié à Elisabeth Pierre

Nicolas Oswalt était marié à Catherine Noël

Elange :

Rémy Schweitzer, laboureur, est alors le maire d’Elange et faisait partie de l’importante famille Schweitzer qui tenait plusieurs grosses métairies autour de Thionville. 

Remy Schweitzer sera d’ailleurs le fermier de la cense de Vonnerhof ou Marienthal à Thionville-Guentrange de 1697 à 1715. Il était marié à Marguerite Koch dite aussi Preisch.

 

Jean Schweitzer est le frère de Rémy, comme lui, il est laboureur, marié à Barbe Wulferts d’Entrange.

 

Leur père était Guillaume Schweitzer qui avait passer le bail perpétuel de la métairie de l’hôpital de Thionville en 1665. Ce bail sera hérité par Nicolas Schweitzer.

 

Thionville :

Jacob Gascher était marié à Angélique Hym. La famille Gascher est une ancienne famille de Thionville dont plusieurs membres furent des marchands et artisans en particulier des cordonniers.

 

André Allerbourg était marié à Claire Paternoster, connu comme laboureur à la Briquerie.

 

La veuve de Vincent Thilleu semble être soit une veuve de militaire ou éventuellement d’un artisan car ceux-ci portaient souvent des surnoms.

 

Les sept habitants de Veymerange et d’Elange vont comparaître le 4 novembre 1679 devant le notaire Helminger de Thionville pour déclarer qu’ils s’étaient accordés à l’amiable pour éviter de plus grands frais et une procédure judiciaire avec les trois habitants de Thionville au nom de leurs fils qu‘après la « batterie entre eux faite dans le vin » ils avaient promis de donner et de payer audits blessés, enfants des comparants, une somme de vingt-huit écus blancs et demi [1], sans préjudice néanmoins de l’amende du roi et du paiement du chirurgien, payable dans les 15 jours et même ont promis de faire « monter le fusil en question »[2]à leurs frais et dépens.

 

En foi de quoi ceux de Veymerange et d’Elange se sont solidairement obligés l’un envers l’autre, sans division, ni discussion, ni renoncement, le tout fait et passé à Thionville le 4 novembre 1679 puis tous ont fait leur marque n’ayant l’usage d’écrire.

 

[1]Soit aux alentours de 100 livres tournois, ce qui est déjà une somme assez importante

[2]Phrase assez mystérieuse !

1679 – Thionville - Une « Batterie » se règle à l’amiable

Voilà, comme l’on s’arrangeait à l’époque afin d’éviter de plus graves ennuis envers les autorités. On préférait le contrat devant notaire, plus souple et moins onéreux. C’était une façon de faire que l’on retrouvait souvent dans les actes notariés en cas de litige.

 

Dans mes prochains articles, nous allons regarder d’un peu plus près les corporations et les confréries de Thionville sous l’ancien régime. Effectivement nous pouvons assimiler ses corporations et confréries aux associations actuelles [1], voir aux syndicats.

 

Sous l’ancien régime, elles furent nombreuses, riches et très importantes dans la vie de la cité qu’elles animaient. Pourtant, elles sont pratiquement absentes de tous les ouvrages parus sur l’histoire de notre ville car elles n’ont laissé dans nos différents services d’archives que peu de documents exploitables.

 

Pourtant, il en existe quelques-uns qui vont nous permettre de mieux comprendre leur place dans la communauté thionvilloise.

 

A bientôt et bonne lecture

 

[1]En Moselle, il existe aux alentours de 12000 à 13000 associations divers qui recouvrent pratiquement tous les domaines d’activités. Thionville en compte plusieurs centaines qui regroupent une part importante de la population d’où l’intérêt qu’elles suscitent chez nos politiques.

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1698 – Entrange avait été abandonné plusieurs années

Publié le par Persin Michel

Avant toutes choses, je voudrais vous communiquer la modification de date de la conférence de Jean-Marie Blaising "...et délivrez nous du mal"

1698 – Entrange avait été abandonné plusieurs années

... et pour ne pas vous donner à lire que cette information, vous trouverez ensuite un document sur le remembrement d'Entrange après l'abandon du village suite à la guerre de Trente ans, ce qui fera le lien avec mon article précédent.

 

 

 

Effectivement,  terminais mon dernier article par la phrase suivante :

 

« Cependant peu de doutes ne peuvent subsister sur la pauvreté structurelle des habitants et des villages autour de Thionville au sortir de cette terrible guerre de Trente ans. » 

 

Voici un document qui confirme cet état de fait et qui nous montre aussi une autre réalité ; la désorganisation totale des villages et l’obligation qui s’est faite jour de reconstruire la typicité villageoise.

 

Le document est comme toujours très formel et redondant en voici donc une version quelque peu simplifiée.

 

« Par devant les maires et gens de justice d’Entrange sont comparus les habitants et portériens [1]du village, bans et finages dudit Entrange.

 

Lesquels nous ont déclaré que les guerres passées ont tellement désolé le village d’Entrange que ledit village a été abandonné plusieurs années, les titres, papiers et enseignements de leurs propriétés perdus en sorte que ceux qui sont revenus s’installer audit village se sont mis en possession des biens que bon leur a semblé et ont exploité la terre à leur fantaisie, changeant à des endroits la surface de la terre en sorte qu’à présent il n’y a que désordre et confusion dans le ban d’Entrange.

 

Pour remédier à un si grand désordre et définir les propriétés qui peuvent légitimement leur appartenir les très vénérables abbés de Munster les Luxembourg [2], les seigneurs haut, moyen, bas et foncier d’Entrange, après mûre délibération, consentement et agrément ont convenu ce qui suit :

 

Par les présentent ils ont soumis toutes leurs possessions et héritages tant en terres qu’en vignobles au partage général et au jugement de monseigneur Jean Nicolas Bock, conseiller du roi, lieutenant particulier au bailliage et siège royal de Thionville qu’ils ont choisi et nommé pour adjuger et distribuer les bons, médiocres et moindres cantons du village qui sont pour le moment indivis. Que pour les maisons et masures en fonction de leur superficie ils devront payer les rentes seigneuriales inscrite au rentier [3]de l’abbaye. Rentier qui sera mis à disposition du sieur Bock et comme cela il n’y aura pas besoin de lettres de chancelleries ni autre forme de publication pour faire les attributions.

 

Le ban sera toisé [4]par l’arpenteur Antoine Duseuf aidé par les experts nommés qui suivent :

Jacob Scheneider, Jean Schweitzer le jeune et les lots seront attribués par tirage comme suit :

 

Les comparants seront tenus de tirer en chaque saison par trois fois, c’est à dire une fois aux bons cantons, une fois aux cantons médiocres et une fois aux moindres-cantons.

Il sera procédé de la même façon pour les prés. Pour les vignobles qui seront toisés, chacun demeurera en sa possession s’il peut prouver la propriété par titres ou possession reconnue et pour y parvenir avec plus de facilité ce sont les experts qui trancheront en homme d’honneur et de confiance.

Les comparants devront se contenter des héritages qu’ils obtiendront et ne jamais contrevenir directement ou indirectement à leur attribution sous peine d’amende de 300 livres tournois à payer à ceux qui se contenteront. Ceux qui plaideront, le feront à leurs dépens, dommages et intérêts et les plaintes ne seront pas communautaires.

A l’égard des maisons et masures, les jardins seront ajustés à chacun à l’arrière de ladite maison ou à côté au mieux qu’il pourra se faire pour la commodité de chacun.

 

Chacun recevra un papier terrier en forme contenant la situation, longueur et largeur des héritages qui sera signé de l’arpenteur et des experts et qui leur servira de titres dorénavant.

 

Lecture a été faite à tous par le greffier Jean Christiany et tous ont signé ou fait leur marque audit Entrange le 22 novembre 1698. »

 

[1]Les propriétaires

[2]Abbaye de moines bénédictins

[3]Etat des rentes perçues par l’abbaye pour chaque biens.

[4]Mesuré, arpenté

1698 – Entrange avait été abandonné plusieurs années
Signatures et marques des habitants

Signatures et marques des habitants

Voilà un village, Entrange,  qui est abandonné car les habitants sont, soit décédés, soit sont partis vers des cieux plus cléments, vers d’autres pays ou se sont réfugiés dans d’autres villages moins exposés. Le village est abandonné plusieurs années, les maisons se dégradent, la nature reprenant ses droits, les vergers, les champs, les vignes sont en friches et ne donnent plus rien.

 

Mais au bout de quelques années, la situation s’améliorant, quelques habitants reviennent s’installer, certains sont des anciens du village qui reprennent possession de leur biens ou pourquoi pas de biens qu’ils estiment meilleurs,  d’autres sont des étrangers et chacun va essayer de tirer son épingle du jeu sans aucun titre de propriété, sans aucun plan et donc sans payer le moindre cens au seigneur du lieu, en l’occurrence l’abbaye de Munster de Luxembourg dont le rentier ne rapporte plus rien pour Entrange.

 

Logiquement, le seigneur va effectuer ce qu’on appelle un remembrement des terres du village et les réattribuer soit à leur légitime propriétaire soit à des nouveaux venus. Nouveaux venus qui furent bien souvent des marchands ou notables de Thionville ou encore des officiers de l’armée française nouvellement installée dans la ville. On voit bien que la physionomie du village va être complétement différente d’avant l’abandon.

 

Ce genre d’événement était assez courant à cette époque, beaucoup de villages autour de Thionville ont été remembrés un peu avant 1700, ainsi en est-il de Beuvange, Veymerange en 1697 et tant d’autres encore.

 

 

Sources : ADM 3e7605-3e7527

 

 

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1668 - La seigneurie de Meilbourg (Tours - Hôtel de Créhange - Infos diverses)

Publié le par Persin Michel

Dans l’article précédent nous avions vu qu’en 1630, la seigneurie de Meilbourg que l’on disait aussi de Mirabelle appartenait dans des proportions variables à plusieurs seigneurs dont un des principaux était alors Pierre Ernest de Créhange.

 

Ayant de nombreuses dettes, Pierre Ernest de Créhange avait vendu fin 1630, sa part dans la seigneurie de Meilbourg à Jean de Bolland ancien maire de Cologne non sans avoir gardé par devers lui quelques droits particuliers.

 

Nous avions vu également que cette vaste seigneurie regroupait plusieurs villages certains proches de Thionville et d’autres assez éloignés, au Luxembourg et même en terres barroises.

 

La seigneurie comportait plusieurs maisons ou château, celui de Hombourg où résidait souvent Pierre Ernest de Créhange, celui d’Illange qui à cette époque était en ruine et que l’on tentait de reconstruire et une maison récente située au cœur de la vieille ville de Thionville, cour du château, comportant en son sein une prison, des granges et écuries

 

Les Tours dans la cour du château

1668 - La seigneurie de Meilbourg (Tours -  Hôtel de Créhange - Infos diverses)

Joignant cette maison récente de Thionville la seigneurie possédait des tours, une grosse et forte tour joignant le rempart et une autre appelée la tour « Mamille » située sur le devant de la maison et qui abritait les poudres et munitions du roi.

 

J’avais dans mon article suggéré que cette tour « Mamille » était probablement la « Tour aux puces » actuelle car nous savions que celle-ci a servi pendant longtemps de magasin aux poudres, ce qui laissait supposer qu’il y avait une autre grosse et forte tour vers le rempart. 

 

Or si cette tour dite « Mamille » était la tour aux puces cela laissait supposer qu’il y avait encore une autre grosse et forte tour proche du rempart ! 

 

Aucun texte ni plan du 17èmesiècle ne font état de plusieurs tours ni de cette appellation de « Mamille ». Je dois dire que cela m’a bien intrigué !

 

J’ai donc cherché une explication plausible à cette assertion de 1630 et à cette appellation de tour « Mamille ». J’ai trouvé ce qui suit :

 

Les héritiers de Jean de Bolland firent aveu et dénombrement de leur part dans la seigneurie de Meilbourg en 1668. [1]

 

Cet aveu reprend pratiquement mot pour mot l’acte de 1630 décrivant la seigneurie avec ses biens, droits et devoirs.

 

Le passage décrivant les châteaux est le même que celui de 1630 avec toutefois une appellation différente de la tour « Mamille » qui devient ici la tour « Gimelle »

 

[1]En 1668,les héritiers étaient le colonel Jean Jérôme de Schroetz, Ursule de Berg veuve de Volter de Jeger et Catherine de Berg sa sœur

1668 - La seigneurie de Meilbourg (Tours -  Hôtel de Créhange - Infos diverses)

Une autre différence et que les poudres et munitions sont ici réparties dans les deux tours, la grosse et forte tour du rempart et la tour « Gimelle ».

 

Autant l’appellation « Mamille’ » est mystérieuse autant celle de « Gimelle »  nous évoque immédiatement « Jumelle » et comme sur le devant du « château » de Créhange à Thionville, il existait et il existe toujours, deux tours jumelles qui encadrent la porte voûtée de la rue des clarisses, cela me semble un indice sérieux concernant cette tour « Gimelle » qui ne serait qu’une des tours jumelles.

 

 

Pour que cela nous soit confirmé, il faut cependant attendre 1778 et les démêlés judiciaires de Charles Gabriel de Gévigny, un des héritiers de Jean François de Gévigny de Pointe qui avait épousé en 1678, Marie Thérèse Catherine de Jeger, une fille d’Ursule de Berg, veuve de Wolter de Jeter. C'est par ce mariage qu'il avait hérité d'une partie de la seigneurie de Meilbourg. 

 

Effectivement, Charles Gabriel de Gévigny, qui était devenu maire de Thionville en 1766 fut emprisonné en 1769 à Metz suite à un procès avec Monsieur de Vaux, gouverneur de la ville. 

 

Il sera libéré quelques mois plus tard et il attendra dix ans afin d’obtenir réparation, mais dans l’affaire, il avait perdu des biens à Thionville dont les tours dans le château de Thionville, c’est à dire les tours jumelles et celle dite de Meilbourg qui était donc la grosse et forte tour proche le rempart soit la Tour aux puces actuelle.

 

Mécontent, il produisit plusieurs documents [1]qui attestaient que ces tours faisaient partie de la maison de Créhange et qu’elles contenaient alors des munitions et poudres de guerre pour le roi. Il n’obtient jamais la restitution des tours et vendit petit à petit une grande partie de ses biens à Thionville.

 

L’ensemble de ces documents a donc permis d’éclaircir ce passage de l’acte de 1630 concernant les tours situées dans la cour du château qui étaient donc d’une part une des tours jumelles au-dessus du passage voûté de la rue des clarisses et d’autre part la grosse et forte tour du rempart qui était la « Tour aux puces ».

 

Ces deux tours ont servi de magasin pour les poudres et munitions du roi tout en appartenant aux seigneurs successifs de Meilbourg et liées au château des Créhange.

 

Prise de possession du « château » de Créhange à Thionville

 

Nous avons vu que Pierre Ernest de Créhange, poussé par sa situation financière peu flatteuse avait vendu sa part de la seigneurie de Meilbourg fin 1630 à Jean de Boland, ancien maire de Cologne pour la somme de 24000 riesdalers, en se réservant quelques menus droits.

 

En 1632, le nouveau propriétaire, Jean de Boland, déjà âgé, (décédé à Cologne le 11 janvier 1645) demeurant à Cologne demande à son petit-fils, Jean de Berg, de se rendre à Thionville pour prendre possession en son nom du « château » de Créhange.

 

[1]Comme les aveux et dénombrements de 1722 - 1782

C’est le 25 septembre 1632 que Jean de Berg assisté d’un huissier et d’un notaire se présente à la porte de l’hôtel de Créhange dans la cour du château à Thionville.

L’officier de la seigneurie, Nicolas de Saint-Thiébault, est absent car il réside pour l’instant au château de Hombourg. On leur dit que l’on va le faire prévenir et qu’ils doivent revenir le 27 septembre.

 

Le jour dit arrivant, Jean de Berg et sa petite troupe se présentent à nouveau à la porte de l’hôtel où on leur explique que l’officier est en route et ne va pas tarder.

 

Excédé, l ‘huissier somme les personnes présentes dans le château de partir et laisser place, ce qu’ils refusent net.

 

Jean de Berg va prestement porter l’affaire devant la justice de la ville en lui demandant assistance. Celle-ci envoi au château une douzaine de personnes pour accompagner Jean de Berg, son notaire et son huissier. La porte de l’hôtel est fermée à clé et malgré les appels personne n’ouvre !

On va quérir un serrurier qui n’arrive pas à ouvrir la porte aussi on décide de la faire forcer et on découvre alors que chacune des portes intérieures est également fermées à clé. Chaque porte sera forcée, le personnel du château finalement acculé dans une dernière pièce est sommé par la justice de quitter la place. Ce qu’ils firent au moment où arrivait enfin l’officier des Créhange accompagné de la comtesse, Marie Marguerite de Coligny, en personne. Celle-ci eu beau protester, Jean de Berg put enfin prendre possession du château de Créhange au nom de Jean de Boland.

 

Pierre Ernest de Créhange mourut en 1636 et sa veuve la comtesse vendit la seigneurie de Hombourg à Joachim de Lenoncourt.

Toutefois, il semble que dans les menus droits que s’était réservé Pierre Ernest de Créhange figurait le droit d’accès au château de Créhange de Thionville et à une partie des écuries et granges. Effectivement nous voyons qu’en 1673, Catherine de Berg et Ursule de Jeger firent saisir les droits qu’avait conservés Pierre Ernest de Créhange. 

Droits consistant en l’ouverture et l’entrée libre dans l’hôtel de Créhange, une partie des granges et écuries pour lui, ses domestiques et six chevaux. Les biens saisis furent mis en adjudication et achetés par Catherine de Berg pour 800 livres tournois, elle en vendit la moitié à sa sœur Ursule de Jeger.

 

Eléments divers

 

Ce document de 1630 et celui de 1668 nous donnent encore quelques éléments intéressants, comme le fait que les fameuses tours de la cour du château étaient possédées en arrière fief depuis 1629 par les héritiers du sieur Stompheus, ancien maître échevin de Thionville [1]et qu’à ce titre ils devaient payer annuellement aux héritiers des Créhange la somme de 14 florins 4 sols.

 

On y voit aussi que le four banal d’Hettange a été abattu par les guerres, que le village a fort peu d’habitants et qu’en conséquence le four ne rapporte rien, mais que lorsque le nombre d’habitants augmentera, les seigneurs feront rebâtir le four.

 

On voit aussi que le village de Ham a été ruiné par les gens de guerre lors des sièges de Thionville en 1639 et 1643 et que les habitants sont rares, ils ne peuvent donner que 6 poules par an au lieu des 25 poules habituelles.

 

C’est la même chose à Sentzich et Molvange concernant les habitants et les fours banaux, toutefois les moulins fonctionnent encore à Hettange et à Molvange où le moulin rapporte 13 maldres de seigle, 8 livres de cire, 8 pots d’huile à brûler, 8 chapons, 100 œufs, 1 cabri et 14 florins et 4 sols en argent.

On y apprend aussi qu’existait à Illange un moulin sur la Moselle dont la pierre mâle et la pierre femelle ont été mises à l’abri au château de Créhange, de peur que les gens de guerre ne les brisent, elles seront remises en place quand le moulin sera rétabli.[2]

 

Chaque maire de chaque village de la seigneurie de Meilbourg devait aussi à Pâques un cabri et chaque meunier un porc à la Saint-Etienne.

Dans l’encart ci-dessus l’on peut lire que le meunier de Kanfen doit aussi un porc annuellement, livrable à la Saint-Etienne le lendemain de Noël à la maison de Thionville et qu’il doit avoir le même poids que le porc prévu pour le maire de Kanfen et que si le porc du maire est plus lourd que celui du seigneur, le meunier devra payer la différence en argent !.

 

On y voit aussi que les seigneurs menaient grand train et se déplaçaient avec leurs domestiques, leurs chiens et leurs chevaux mais aussi avec leurs oiseaux de proie pour la chasse par exemple pour assister au banquet annuel dit du « Prince » au château du baron d’Eltz seigneur de Kanfen [3]où il possédait une métairie en arrière-fief.[4]

 

Pour conclure, il semble évident que ces documents comportent beaucoup de devoirs des habitants envers leurs seigneurs mais fort peu de droits des seigneurs envers les habitants. Bien entendu, il est dans la nature même de ces documents de ne lister que l’ensemble des droits des seigneurs puisque se sont en quelque sorte des états de l’ensemble de leurs revenus.

 

Cependant, peu de doutes ne subsistent sur la pauvreté structurelle des habitants et des villages autour de Thionville au sortir de cette terrible guerre de Trente ans. 

 

A bientôt pour d’autres excursions historiques …

 

 

Quelques équivalences de mesures trouvées dans le document :

 

Le florin de Luxembourg est à 10 sols 

Le riesdaler patagon vaut 60 sols de France

 

Le maldre de grain vaut 4 fourreaux – 1foudre de vin vaut 24 hottes – 1 hotte vaut 20 pots 1 queue vaut 6 hottes et 4 queues valent 1 foudre.

 

[1]Le maître échevin était en fait le maire.

[2]Les fours banaux ne furent jamais rétablis, on fixa un cens à payer annuellement pour cuire à domicile. Le moulin d’Illange sur la Moselle ne fut pas reconstruit.

[3]Bernard d’Eltz était seigneur d’Ottange et de Volmerange ainsi que de Kanfen en partie.

[4]En arrière fief qui dépendait donc de la seigneurie de Meilbourg, ce banquet avait été reconduit par un arrêt du parlement de Mâlines en 15909 suite à des difficultés entre les Créhange et les Eltz

 

Sources :

 

Les seigneurs de Meilbourg par A. Plassiart – 1950 – Metz

Second compte de la seigneurie de Mirabelle  ADM – J1265

Aveu et dénombrements de 1668 – ADM – B2364/28

 

Les biens de Meilbourg 1680 - ADM - 3E7586

 

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