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Articles avec #thionville 18eme siecle tag

1778 et 1779 - Les Etrennes de ces dames ... et une bonne année 2020

Publié le par Persin Michel

1778 et 1779 -  Les Etrennes de ces dames ...  et une bonne année 2020
1778 et 1779 -  Les Etrennes de ces dames ...  et une bonne année 2020
1778 et 1779 -  Les Etrennes de ces dames ...  et une bonne année 2020

Le "Miscélannées 2020" est en cours d'achèvement, je vous mets ci-dessous la couverture et la semaine prochaine vous recevrez le bon de souscription, celle-ci sera ouverte jusqu'au 1er février 2020.  A bientôt

Miscellanées 2020 - Histoire de Thionville
Couverture du Miscellanées 2020

 

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Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)

Publié le par Persin Michel

Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)
Discours du 10 ventôse de l’An III (28 février 1795)

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Thionville – Confréries et corporations (4ème partie)

Publié le par Persin Michel

A Thionville, comme dans toutes les villes, existait donc un nombre important de corporations de métiers souvent associés à des confréries religieuses.

 

Les principales étant celles des bouchers, des boulangers et des tanneurs/cordonniers, mais il en existait bien d’autres comme celles des merciers et celles tout aussi importante regroupant les métiers liés au bâtiment.

 

La corporation des merciers était très puissante car comme on le disait à l’époque :

« Merciers, marchands de tout, faiseurs de rien ». Effectivement, les merciers ne fabriquaient rien, ils achetaient diverses marchandises qu’ils revendaient et à Thionville ces boutiques étaient très nombreuses, on y trouvait de tout comme on le voit dans les inventaires après décès.[1]On trouve sur le linteau d’une maison située au 20 rue de Jemmapes un blason de métier ayant appartenu à Mathieu Delhaye, mercier de son état.[2]

 

Il existe aussi un acte du 7 juillet 1697 qui nous montre que le corps des merciers avait obtenu le droit de vendre les vinaigres et de distiller le Brandwin [3]et cela en vertu des nouveaux droits établis sur la distribution des eaux de vie et vinaigres qui avaient été affermés à des fermiers à qui les merciers devaient donc payer une taxe importante.

Si importante, qu‘ils avaient dû faire un emprunt de 4500 livres tournois afin de payer ces nouveaux droits. Voici un extrait de l’acte :

 

« Devant les notaires royaux de Thionville furent présent en personne Claude Lestamy, maître du corps des marchands merciers de Thionville avec les confrères Nicolas Viry, Jean Vlery, Nicolas Frantz, Jean Degoix, Pierre Lescuyer, François Poiret dit « Bocage » Claude Herbelo, Jean Nicolas Lang, Nicolas Tailleux, Abraham Lamberty, Conrad Schwabe, Jacques Concet (Conseil), Adam Grenier, Adam Poiret, Sébastien Husson, Nicolas Augustin, Jean Weel, Jean Michel Wée, Paul Bonnaventure, Germain Berjon, Jean Augustin, Cuny Petelot, tous marchand et composant le corps des merciers de Thionville. Ceux-ci ont donné pouvoir , autorité et puissance par ces présentes lettres aux sieurs Jean Guillaume Muller, Jean Collin, Denis Jeanjean et Pierre Dubois qui sont marchands à Thionville de faire pour eux tous et pour tout le corps des merciers vendeurs et distillateurs de Brandwin et de vinaigre, un emprunt d’une somme de 4500 livres tournois pour faire le remboursement de la somme avancée par les fermiers des droits nouveaux établis sur la distribution des eaux de vie et vinaigre le tout conformément à l’arrêt du conseil ordinaire de l’intendant… »

 

Le 9 août 1697 un autre acte nous confirme que par devant les notaires royaux de Thionville « Les sieurs Martin Bonjean, Claude Renouard et Dominique Scharff [4]ont reçu le pouvoir du plein corps des marchands merciers de Thionville par les mains des sieurs Muller, Collin, Denis Jeanjean et Pierre Dubois pour la somme de 4400 livres tournois conformément à l’arrêt du 9 juillet dernier rendu au profit des marchands merciers de Thionville et en plus 100 livres tournois pour dépens soit 4500 livres tournois, somme qu’il leur a été réellement délivrée. Ils consentent donc que l’arrêt soit exécuté selon sa forme et qu’ils puissent jouir de l’adjudication qu’il leur a été faite par messieurs de l’hôtel de ville du droit à eux accordé sur les brandwins et vinaigres et cela pour 9 années.

 


[1]Voir celui du marchand Jean Degoix en 1709 (Miscellanées 2017 page 57 ou sur le blog :«www.histoiredethionville .com»

[2]Voir le premier article sur les corporations.

[3]Alcool provenant de la distillation du vin

[4]Tous échevins de l’hôtel de ville

Ils promettent de remettre en main des marchands merciers les papiers qu’ils pourront avoir concernant lesdits droits et cela incessamment. Fait à Thionville le 9 août 1697. »

 

Comme on peut le voir, il y a plus de vingt merciers à Thionville en cette fin de 17ème siècle et si tous ne sont pas riches, certains d’entre eux se hissent dans le haut du panier des notables thionvillois.

 

Un autre corps de métier revêt une certaine importance, je veux parler ici de tous les métiers liés au bâtiment : maçon, couvreurs, charpentiers, menuisiers et plus étonnant les potiers de terre. Comme cette corporation regroupe plusieurs métiers différents, elle a pris le nom de sa confrérie religieuse soit Saint-Thiebault dont le maître en 1682 était Jean Leyendecker (Leydecker) 

 

Un acte de vente de leur maison en date du 22 mars 1693, nous donne quelques précisions sur ce regroupement de métiers au sein de la confrérie, en voici un résumé :

 

« Devant les notaires royaux de Thionville sont comparus Michel Kaikel et Nicolas Velter, vieux et jeune maîtres de la confrérie Saint-Thiebaut érigée à Thionville dans laquelle sont regroupés les métiers de maçons, charpentiers, menuisiers, couvreurs et potiers de terre avec les confrères qui suivent :

Christian Beuren, Gaspard Boenner, Bernard Léger (le jeune), Jean Brauer, Jean de la Croix (sculpteur), André Malinger, Nicolas Reuther (maçon), Jean Vehl, Jean Chomade, Dernid Cire, Jean Beck, Pierre dit Pierre Charpentier, Antoine Bertin, Philippe Levesque, Mathis Claus, Etienne Michel, Jean Garnier, Jean Collin, Jean Puissot dit « La Haye », Jean Antoine, Etienne Bossa, François Poiret, Michel Robin (menuisier), Louy jean Bouzin et Adam Leindester (couvreurs) et finalement Nicolas Euvrard Vocker potier de terre, lesquels nous ont dit consentir à la vente de leur maison de confrérie située dans la rue de l’Hôpital avec d’un côté Jean Tourlet et de l’autre Michel Vehe et les héritiers de Nicolas Reuther.

 

La vente est faite entre les mains de monsieur de Clémery, écuyer, conseiller du roi, lieutenant général au bailliage de Thionville avec pouvoir en date du 24 février 1693 accordé par le sieur Richard, procureur du roi audit siège de Thionville, tout cela apposé au bas du procès-verbal fait le 28 février dernier en son hôtel et qui restera joint à l’acte de vente pour y avoir recours si besoin.

 

Les acheteurs sont Jean Grozellier, maître tisserand de Thionville et son épouse Marguerite Cré, ils habitent déjà cette maison depuis 1682 et ont déjà payer une partie du prix de vente qui se monte à 900 livres tournois, la maison est franche de droits. »

 

Un autre acte du lundi 18 janvier 1694, nous explique que la confrérie Sant-Thiebault à bien reçu le paiement de la vente et donne au sieur Grozellier les papiers suivants :

 

Un acte d’achat sur parchemin de ladite maison par la confrérie datée du 22 septembre 1498 (ou 1428).

 

Un acte en papier en date du 26 février 1637 qui mentionne l’ouverture de deux fenêtres prenant jour sur une autre maison par derrière et signé du notaire Osweiller.

 

Nous savons par un acte du 7 août 1662 que c’est Jean Herga, huillier à Thionville qui avait vendu à Nicolas Reuther, maçon, une partie de la maison mitoyenne à la maison de la confrérie Saint-Thiebault.

Signatures et marques des confrères de Saint-Thiebault au bas de l’acte

Signatures et marques des confrères de Saint-Thiebault au bas de l’acte

On voit là l’ancienneté des corporations et des confréries à Thionville [1]et le regroupement par métiers associés, au sein des confréries ainsi que le rattachement de certains métiers trop peu nombreux pour constituer par eux même une corporation.[2]

 

On voit aussi que ces corporations avaient des maisons de métiers dans la ville. Elles les louaient à des particuliers, ne gardant souvent la disposition que d’une pièce à l’usage de leurs assemblés. Ces maisons de métiers devenaient des maisons de rapport qu’elles pouvaient vendre à l’occasion en fonction de leurs besoins financiers. 

 

Un autre acte du 22 mai 1663 nous dit que Pierre Gascher, cordonnier, avait vendu avec son frère à Nicolas Louis dit « Latouche » et Marie Laux sa femme une chambre avec grenier à côté de la maison des maîtres drapiers.[3]

 

Ces maisons de corporation arboraient parfois un signe distinctif, un blason comportant des « meubles » représentatifs du métier comme le blason de la maison située au N° 20 rue de Jemmapes où nous voyons encore les armoiries des merciers. (voir le premier article de cette série)

 

Toutefois Thionville ayant été si souvent remaniée avant le 18èmesiècle, peu de ses blasons subsistent. Il en existe bien sur une des maisons de la « Place aux bois » au-dessus du boucher- charcutier - traiteur « Nosal ». 

 

[1]A la fin du 17èmesiècle la ville comptait entre 12 et 16 corporations et donc plusieurs confréries

[2]Potiers de terre, perruquiers, apothicaires, médecins et chirurgiens…

[3]Au moyen-âge cette corporation des drapiers avait été très puissante à Thionville et possédait un moulin à foulon à Beauregard qui sera reconverti par Pierre Dubois en moulin à farine sur ordre du gouverneur de Thionville au 17èmesiècle

Frises de la maison "Nosal" place aux bois

Frises de la maison "Nosal" place aux bois

Frises de la maison "Nosal" place aux bois

Frises de la maison "Nosal" place aux bois

Cependant cette série de motifs sont relativement récents [1]et ne font que s’inspirer des blasons de métiers anciens.

 

D’autres encore, du siècle dernier, ne sont là que pour décorer une porte suivant la sensibilité particulière du propriétaire comme au N°14 de l’avenue Albert 1er.

 

[1]19èmesiècle

Il reste toutefois un autre blason au-dessus d’une porte sous [1]les arcades de la place du marché (Anne Grommerch). Ce blason est très ancien, probablement du 16èmesiècle peut-être même un peu avant. Tous les ouvrages ou articles parus sur Thionville qui font état de ce blason l’attribuent à une ancienne famille luxembourgeoise portant le même blason avec trois lévriers courants. Plusieurs familles sont sur les rangs. Je ne donnerai ici que celle que j’ai moi-même identifiée comme possible et qui serait la famille Marschalk dont un des membres, Nicolas, fut échevin de Thionville de 1401 à 1419, il était marié à Catherine de Bettingen. 

Son père Thierry fut en 1374, un homme du duc de Luxembourg. La famille fit un don aux Augustins de Thionville en 1498 et portait les armes ci-dessous.

 

On pourrait se contenter de cette explication mais voilà a y bien regarder, je ne m’en contenterai pas !

 

Ce blason se trouve sur la place du marché (Anne Grommerch) qui au moyen-âge était bordée par les échoppes des marchands. Les nobles portant blason n’habitaient pas là, mais dans la cour du château ou autour de l’église paroissiale (paroisse) 

 

[1]Ou Marschal

Au 15ème, 16èmesiècle, l’héraldique est très codifiée et les animaux représentés répondaient à des critères esthétiques précis ainsi les lévriers sont toujours représentés avec un museau allongé, les oreilles en arrière puisqu’ils sont censés courir et ils sont toujours colletés, c’est à dire qu’ils ont un collier, comme sur le blason de la famille Marschalk qui répond bien aux critères ci-dessus.

 

On peut voir ci-dessous un autre blason sculpté représentant des lévriers avec cette même codification stéréotypée.

 

Un simple regard sur le blason des arcades de la place du marché (Anne Grommerch) permet de voir que ce blason ne reprend absolument pas les codes héraldiques représentant des lévriers et pour que vous en soyez sûr voici un gros plan de la tête des animaux de ce blason.

Gros plan de la tête d'un animal du blason

Gros plan de la tête d'un animal du blason

Très franchement cet animal n’est pas un lévrier, mais fait penser immédiatement à un lièvre ou autre animal de ferme, oreilles en avant, museau court et arrondi, œil arrondi typique et pas de collier.

 

Ajouté à cette première remarque, le fait que des anneaux de corde entourent le museau des animaux (celui du milieu et celui du bas) me conduit à penser que ce blason est celui d’une corporation ou d’un marchand lié au commerce de gibier, boucher ou épicier.

Sur l’animal en bas du blason :

On distingue plus nettement l’anneau de corde entourant le museau et un bout de cette corde remontant vers le haut des pattes.

 

Cela correspondrait bien à l’emplacement du blason et à sa représentation. Je le classerai dans la catégorie des blasons de métiers, ancêtres des enseignes pendantes [1]qui suivront puis de nos publicités actuelles.


Le musée de Thionville possède dans ses collections quelques éléments du 15èmesiècle représentatifs des corporations thionvilloises :

 

[1]Faites en fer forgé dont certaines très esthétiques existent toujours.

Vous trouverez ci-dessous une sélection des blasons de corporations qui sont visibles dans le musée de Thionville. Ils proviennent pour l’essentiel de pièces trouvées à l’occasion du démantèlement des fortifications de la ville en 1903, dans les ruines de la chapelle des Augustins de Thionville qui a été détruite pendant le siège de 1558.

 

Une clé de voûte de l’ancienne chapelle des augustins qui porte les attributs de la corporation des tisserands. (Peigne et navette)

 

 

Toujours provenant de la chapelle des Augustins, la pierre tombale du boucher Jean Lebler décédé à Thionville en 1498, comportant les attributs classiques des bouchers: couteau et couperet

 

 

Un morceau d’un linteau de porte portant les signes distinctifs des bateliers et pêcheurs de la ville.

 

Un haut de fenêtre daté de 1590, comportant au milieu d’arcatures gothiques, des attributs corporatifs tels qu’un peigne à carder et probablement des poids de métier à tisser éventuellement une balance mais qui serait sans rapport avec le peigne à carder. (Trouvée en 1924 au 7, rue de la Tour, toujours dans l’opération de démantèlement des remparts)

 

Les dénombrements de Thionville nous donnent quelques chiffres sur les différents métiers représentés à Thionville :[1]

 

41 merciers – 34 cordonniers – 29 maréchaux ferrants – 26 bouchers – 25 boulangers – 24 drapiers – 23 tisserands – 17 laboureurs – 15 couturiers – 9 tonneliers et 6 pelletiers (fourreurs)

 

On peut y rajouter les vignerons de la confrérie Saint-Urbain de Guentrange [2], les porteurs de sacs et un ensemble de petits métiers isolés.

 

Dans le prochain article, j’évoquerai les bouchers et les boulangers, ensuite nous verrons les confréries religieuses liées à ces corporations et pour clore cette série, la confrérie du rosaire, seule confrérie thionvilloise exclusivement religieuse non liée à une corporation.

 

 

 

Sources :

Actes notariés aux ADM – Helminger 3E7520 à 3E7538 Bonjean 3E7806 à 7850 et Robin 3e7549 à 3e7584

Archives communales de Thionville – Notes de l’abbé Braubach 

Les photos prises au Musée de la Tour aux Puces, cour du château à Thionville, sont publiées avec l’aimable autorisation de Monsieur Jackie Helfgott, adjoint délégué à la culture au patrimoine et au tourisme.

 

Les photos sont prises par mes soins

 

[1]Chiffres du 17èmeet 18èmesiècle donnés par Gabriel Stiller et repris par Jean-Marie Yante en 2008 mais qui sont à prendre avec prudence certains métiers étant regroupés ou confondus.

[2]Etudiée par Paul Médoc dans sa revue N°1 de décembre 2017 « Azur et Or »

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Thionville – Confréries et corporations (2ème partie)

Publié le par Persin Michel

Les corporations du moyen-âge et celle de la période dite de l’ancien régime sont nombreuses et relativement puissantes, principalement dans les grandes villes où souvent le prévôt des marchands est aussi le maire ou à minima son alter égo.

 

La société d’ancien régime que l’on peut faire débuter au début du 16èmesiècle possède des caractéristiques bien tranchés.

 

La religion :

 

En premier lieu, c’est une société catholique qui est alors une religion d’état, la monarchie est de droit divin. 

 

La religion est la poutre maîtresse de la société. Elle accompagne chaque individu du berceau à la tombe et les confréries associées aux corporations en sont un maillon important. 


Les prêtres et les pauvres curés de campagne, s’ils n’ont pas accès aux conseils municipaux constituent, dans l’ensemble qu’est la paroisse, une contrepartie fondamentale. Ils ont l’éducation et les connaissances juridiques avec les contacts et l’oreille des nobles, leur poids est considérable. Bien souvent quand une école existe, ce sont eux, les religieux, qui ont en la charge.

 

Et pourtant  "Les racines chrétiennes de la France et de l’Europe" 

font encore débat

 

Je suis l'Alpha et l'Oméga

 

La coutume :

 

Ensuite, cette société d’ancien régime est essentiellement régit par la coutume qui est considérée comme étant le « vrai droit » de la cité et du pays. Cette coutume est bien plus ancienne que l’ancien régime, elle s’est élaborée au cours des temps et les habitants y sont très attachés à tel point qu’à chaque changement de gouvernance, le nouveau venu s’est empressé de reconduire « la coutume » afin de ne pas brusquer le cours des choses.

C’est elle qui régit la vie de la cité et la façon d’y traiter les affaires. Après la prise de Thionville en 1643 par la France, Louis XIV a reconduit la « Coutume » même si lentement, il l’a petit à petit, rendu inopérante.

 

 

Le corporatisme :

 

L’ancien régime héritier direct du moyen-âge était une époque où l’individu ne comptait guère, isolé on n’était rien ou si peu. Pour être, il fallait faire partie d’une assemblée, d’un groupe, pouvoir être vu comme pouvoir, contre-pouvoir car en face de vous se trouvait d’autres assemblées, d’autres groupes. L’affiliation à une corporation était obligatoire et celle à la confrérie associée allait de soi.

 

Il existait dans la ville, plusieurs groupes ou corps différents et souvent concurrents:

 

  • Les nobles, peu nombreux, habitant généralement la campagne, ils possèdent pour leurs affaires, pour leurs commodités, des maisons particulières dans la ville, pour Thionville principalement dans la cour du château ou proche de l’église paroissiale.

  • La paroisse avec son clergé

  • La municipalité avec ses officiers, ses notaires, juges, lieutenants divers, ses greffiers, ses huissiers, ses sergents, son bourreau.

  • Les corporations de marchands, d’artisans et de métiers particuliers souvent rattachés. Corporations en lien étroit avec la paroisse au travers des confréries.

  • Il existait aussi des individus qui n’entraient pas dans ce schéma, je veux parler ici des très pauvres vagabonds, saltinbanques et colporteurs, juifs et hérétiques. Pour eux c’étaient l’errance, l’interdiction, l’emprisonnement, la relégation.

 

Tous ces groupes travaillaient ensemble et se contrôlaient, tissant des liens plus ou moins serrés, créant de même des inimitiés et des rancoeurs tenaces.

 

Cela décrit bien l’organisation de la ville de Thionville qui possèdait en plus quelques particularités que nous allons voir de suite au travers d’une des corporations les plus riches de la ville au 17èmeet 18èmesiècle, celle des Cordonniers-Tanneurs.[1]

 

Je pourrais aussi dire des Tanneurs-Cordonniers sans qu’aucune n’est la préséance sur l’autre, car à Thionville les tanneurs font aussi le métier de cordonnier et les cordonniers aussi celui de tanneur.

 

[1]On peut aisément le croire dans une ville de garnison et où les villages alentours sont exclusivement agricoles et où toutes les activités sont grosses consommatrices de cuir.

En 1696, Louis XIV toujours à court d’argent, confia à Charles René d’Hozier conseiller du roi, généalogiste du roi, juge des armoiries de France la charge de répertorier, de créer et même d’imposer à tout un chacun, comme aux couvents et corporations, un blason moyennant la délivrance d’un certificat contre 20 livres tournois. 

 

La corporation des Tanneurs-Cordonniers de Thionville se vit donc imposer le blason ci-contre, qu’elle n’utilisa jamais, comme la plupart des autres corporations qui utilisèrent la plupart du temps leurs marques de métiers spécifiques et bien plus anciennes.

« D’azur au chef d’argent chargé d’une billette d’azur »

 

Dans la plupart des villes, les tanneurs et les cordonniers dont les métiers sont différents étaient donc groupés au sein de corporations distinctes.

 

La logique voulait que les tanneurs fournissent en peaux déjà tannées les cordonniers chargés d’en faire des souliers, tabliers, ceintures, sacs, courroies et autres brides. 

 

Or, un document daté du 13 novembre 1708, nous apprend qu’à Thionville contrairement aux villes voisines, les tanneurs exercent aussi, impunément, le métier de cordonnier et réciproquement et que cet usage a été toléré mal à propos depuis des années car il est contraire aux différents métiers et au bien publique. Les taxes et impositions se font de manières différentes envers ces deux métiers et donnent un avantage aux tanneurs qui maitrisent la matière première, pouvant ainsi, vendre des souliers moins chers et parfois de meilleures qualités que les cordonniers. Ceux-ci n’ont alors plus assez de travail pour faire vivre leur famille.

Extrait de l'acte en question

Extrait de l'acte en question

L’acte en question vise à remédier à cette dérive et confie aux sieurs Mathias Bonjean, conseiller et assesseur de l’hôtel commun (de ville) et André Wolkringer, marchand tanneur, la mission de séparer les deux corps de métiers et de conduire cette affaire, en précisant bien que les membres de la confrérie qui continueront à exercer les deux métiers seront considérés comme mutins et en conséquence pourront être poursuivi.

 

Les sieurs Bonjean et Wolkringer ayant pouvoirs délégués de poursuivre en justice aux noms des deux corps, tanneurs et cordonniers.

 

Les membres des deux corps ont signé cet acte.

 

Nous pouvons y relever les noms suivants (à l’orthographe prêt et tous métiers confondus) :

 

André Wolkringer (Tanneur)

Michel Léonard le jeune

Zacharie Clerf

Jean Médar (signe)

Jean Merlinger

Jean Gascher (cordonnier)

Nicolas Goffin (signe)

Adam Arnould (signe)

Jean Thibault le jeune (signe)

Nicolas Cune (signe Qunne)

Chaude Jaunage

Martin Fock (Signe Foc)

Simon Villain 

Pierre Ernest

René Londres

Nicolas Touvion

Georges Sommeny

Claude Michel

Georges Mazillon

Jean Weiler

François Jessier

Philippe Clément

Adam Poiret Pierre Jean

Nicolas Mozeller

Simon Champion

Nicolas Collebrand

Pierre Rossignon (signe)

 

Signe également un certain Pierre Merling qui n’apparaît pas dans la liste des confrères, peut-être un ascendant lointain de la famille Merlin, illustre à Thionville, qui aurait eu une responsabilité au bailliage ou à l’hôtel de ville comme les ancêtres connus du célèbre conventionnel.

 

Cette liste bien fournie montre l’importance de ces métiers qui semblent bien avoir travaillé dans cette confusion des genres depuis de nombreuses années comme l’atteste un acte du 15 février 1663 précisant l’échange de leur maison de métiers, celle du corps des métiers de tanneurs et de cordonniers avec une autre maison en la ville de Thionville.

 

Nous verrons cet acte en détail dans le prochain article [1]

 

[1]Contraintes dues au format du blog

Sources:

Actes notariaux aux ADM du notaire Helminger 3e7520-7538L

Les corporations de métiers à Thionville - JM Yante - Juin 2008 (article) AMT

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EXPOSITION A VENIR

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Thionville – Confréries et corporations (2ème partie)

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1706 - Les "Insoumis" de Manom et leur seigneur François Brice Gomé de La Grange

Publié le par Persin Michel

 

Pourquoi connaître l'histoire ?

 

Pour éviter de se raconter des histoires 

 

et s'épargner parfois, bien des histoires.

 

 

Ceci étant dit, passons à notre histoire du mois qui va nous montrer qu'en 1706 quelques fortes têtes insoumises de nos villages n'hésitaient pas à mettre en échec  temporaire  les petits seigneurs locaux.[1]

L’affaire se passe à Manom, elle met en scène le seigneur de Lagrange et plusieurs laboureurs et manouvriers du village .

A tout seigneur tout honneur, commençons par ledit seigneur, en l’occurrence, François Brice Gomé de la Grange.

 

[1]Locaux, façon de parler, car bien souvent ils étaient étrangers à la région, certains n’y vivaient même pas.

 

La famille descendait de la famille d’Hugues des Hazards, évêque de Toul de 1506 à 1517, mais ne repris pas le nom et ne l’associa jamais à son propre nom de Gomé.

La famille descendait de la famille d’Hugues des Hazards, évêque de Toul de 1506 à 1517, mais ne repris pas le nom et ne l’associa jamais à son propre nom de Gomé.

Je ne vais pas refaire ici l’histoire de la seigneurie de La Grange, d’autres l’on fort bien faite [1], mais juste rappeler quelques points : 

 

Cette seigneurie appartenait à Christophe Albert comte d’Argenteau, elle passa par héritage à Claude Florimond comte de Mercy. Celui-ci la vendit en 1701, à François Brice Gomé qui à cette occasion rajouta « La Grange » à son nom.[2]

 

François Brice Gomé de La Grange était receveur des finances du roi à Toul, secrétaire en la chancellerie du parlement de Metz où il avait commencé sa carrière en tant qu’avocat en 1674. C’est cette charge de secrétaire à la chancellerie qui lui amena l’anoblissement. Il acheta de nombreuses charges et offices dans la région messine et dans le Toulois, c’était un financier avisé.

 

Marié à Françoise Ory [3], il rendit foi et hommage au roi pour la seigneurie de La Grange, le 10 mars 1706, et mourut subitement à La Grange le 17 mai 1725. Il fut inhumé dans l’entrée de l’église de Manom où le rejoignit son épouse en 1742 et plus tard, en 1784, un autre seigneur de La Grange, René François de Foucquet.

 

Ce François Brice Gomé de La Grange a eu trois filles, Marie Anne, Marie et Marie Françoise et deux garçons :

 

Jean François (le cadet) écuyer habitera en 1744 à Longuyon.

Christophe Gomé de La Grange [4](l'aîné) est né à Toul le 19 janvier 1691.

Il deviendra avocat au parlement de Paris puis en 1721, conseiller au parlement de Metz. Bien entendu, il hérita de son père la seigneurie de La Grange et fut à l’initiative de la création de la faïencerie de La Grange. 

 

Certains auteurs lui imputent la construction du nouveau château, d’autres pensent qu’il faille plutôt imputer cette nouvelle construction à son père François Brice Gomé vers 1714 car l’acte d’achat de la seigneurie en 1701 préciserait que le château était en ruine et inhabité.

 

Toutefois un élément est à prendre en compte dans ce dilemme, c’est un bail judiciaire passé le 4 août 1698, soit trois années avant la vente de la seigneurie, entre le seigneur Claude Florimond comte de Mercy, héritier du comte d’Argenteau et les créanciers de la seigneurie de La Grange afin d’assurer le paiement desdits créanciers.

 

Ce bail de deux années comprenait l’ensemble de la seigneurie à l’exception de la cense de Thionville, d’Elange déjà affermées, des prés engagés au sieur de La Roche, des biens de Florange, de Cattenom, des dîmes d’Hussange et des blés, grains, fruits, raisins, houblons déjà dues pour l'année 1698. En contrepartie la Dame veuve du comte d’Argenteau garderait son appartement dans le château consistant en une chambre dite le poil et la chapelle avec tout ce qui est au-dessus jusqu’au toit. De plus, elle aurait les écuries pour deux chevaux et deux vaches avec la liberté de les faire pâturer.

 

Il semble bien qu'en 1698, le château ne soit pas tout à fait ruiné,

ni tout à fait inhabité !

 

Ce bail judiciaire est aussi important pour la suite de notre histoire, comme nous le verrons plus avant.

 

Une fois propriétaire d’une partie de la seigneurie, François Brice Gomé de La Grange voulu la faire fructifier et en retirer les bénéfices attendus comme stipulé dans un record de justice en date du 10 avril 1573 qui fixait les devoirs des habitants avec en regard les rétributions ordinaires affectées à ces droits.[5]

 

La seigneurie de La Grange comportait une grande partie des terres du village de Manom ainsi que des terres à  Garche.

 

Les devoirs des habitants de Manom mais aussi de Garche consistaient en divers cens et taxes mais aussi en corvées qu’énumérait le record de justice de 1573, les voici :

 

Chaque laboureur avec sa charrue se devait de travailler :

 

2 jours aux marsages.(Au printemps, appelé aussi tramois))

2 jours aux semarts. (Semailles)

2 jours à verser et remuer les terres. (Labourage)

2 jours à les semer.

Une demie journée à voiturer hors la prairie de la maladrerie (Malgrange) et celle de  « Rheinwisse » tous les foins. 

2 chars de blé à la moisson. 

1 char de bois à Noël. 

1 char de fagots au mois de mai. 

1 jour à bécher et à labourer les vignes et pendant les vendanges, de cueillir le raisin et porter la hotte.

Désigner 3 ou 4 personnes à la fenaison pour charger le foin, l’amonceler et à la fourche, le charger.

 

Mais voilà, notre seigneur de La Grange allait tomber sur quelques fortes têtes insoumises de Manom [6]qui de plus obtinrent un soutien, de la communauté du village dans son ensemble.

 

Ces « fortes têtes insoumises » acceptaient difficilement, voir pas du tout, ce nouveau seigneur inconnu et comme ce fut assez souvent le cas, profitèrent du changement de seigneur pour essayer de remettre en cause leurs contributions à son train de vie, aussi ils refusèrent purement et simplement d’exécuter les corvées dans leurs ensemble, soutenus à priori par le village.

 

"...habitants et communauté prenant fait et cause de ceux des

particuliers qui la composent..."


[1]Histoire des seigneurs et de la seigneurie de La Grange par Charles KOHN aux Archives municipales.

[2]A Thionville, une autre famille avait rajouté à leur nom la terminaison « La Grange », ce sont les Georges qui furent seigneurs en partie de Meilbourg, en relation avec l’achat des îles de la Grange sur la Moselle.

[3]Aussi orthographié ORRY ou OLRY

[4]Seigneur de La Grange après son père, il vécut peu de temps à La Grange, en 1744, il vivait à Paris où il est décédé au début de 1757. C’est son épouse qui gérait le domaine de La Grange. Vivant largement au-dessus de ses moyens, il fut obligé de vendre entre 1751 et 1753, la seigneurie avec la faïencerie et la tuilerie plus ses charges de conseiller et d’avocat. C’est comme cela que la seigneurie et son château furent rachetés en décembre 1752 par René François comte de Foucquet, maréchal des camps et armées du Roi, cousin du maréchal de Belle-Isle

[5]Comme vu dans les articles précédents, fort peu de droits, beaucoup de devoirs !

[6]Les choses se passèrent de la même façon à Garche

Qui étaient-ils ?

 

C’était en fait les laboureurs du village, c’est à dire les moins pauvres des pauvres habitants, soit ceux qui avaient un tant soit peu la possibilité d’agir en montrant leur mécontentement.

 

C’était il y a maintenant 311 années !

 

Comme disait Coluche, j’ai les noms et les adresses.

Moi, je n’ai pas les adresses, mais j'ai les noms que voici : 

 

Les laboureurs :

 

Nicolas Léonard

Etienne Léonard

Dimanche Léonard

Jean Bouster

Valentin Vir

François Bronquar

François Charon

Jean Charon

Michel Lejeune

Frédérique Lint

Sébastien Serf

 

Les manouvriers qui devaient aider à la fenaison :

 

François Faussel

Jacques Clément

Jean Nicolas

Nicolas Hillard

 

Cela représentait pour les laboureurs de Manom un peu plus de trois mois de travail à une période où eux-mêmes étaient en pleine saison des travaux champêtres.

 

Devant le refus catégorique des laboureurs, des manouvriers, soutenus par le village, le seigneur François Brice Gomé de La Grange porta l’affaire devant la justice du parlement de Metz le 29 juin 1706 avec comme exigence de les voir condamnés à faire les corvées qu’ils avaient toujours faites, depuis le record de justice de 1573, cela avec dommages et intérêts et en cas de refus de faire exécuter les corvées par des tiers aux frais de la communauté.

 

Les laboureurs et la communauté villageoise firent valoir que le dénombrement du record de justice de 1573 n’était plus valable et qu’il fallait sans doute le revoir.

 

Un autre élément est à prendre en compte dans ce refus même s’il n’est pas mentionné. Pour cela, il nous faut revenir au bail judiciaire de 1698.

Effectivement, ce bail a été passé moyennant un canon de 1800 livres pour la première année et de 2000 livres pour la seconde année, ce qui nous donne une fin de bail en 1700/1701 avec comme conditions d’entretenir les bâtiments, les dépendances et les terres afin de les rendre en bon état à la fin du bail.

 

Enfin le bail est passé aux personnes suivantes : 

 

Michel Laniau, maire de Manom.

Nicolas Léonard

Dimanche Léonard

Pierre François Nicolas

 

Nous retrouvons là une partie des laboureurs qui refusèrent les corvées et cerise sur « gâteau » le canon du bail était à payer entre les mains du commissaire de la cour du parlement de Metz où officiait en financier avisé François Brice Gomé qui dès la fin du bail et le paiement des créanciers réalisé par les canons du bail judiciaire, se porta acquéreur de la seigneurie de La Grange.

 

Mettons-nous quelques instants à la place de ces laboureurs Manommois qui pendant deux années ont exploité les terres de la seigneurie, profité du bois mort et de la vaine pâture, ont sans doute fait quelques travaux aux bâtiments et pris « soin » de la vieille douairière d’Argenteau et qui se voient au terme du bail dont leur travail a payé les créanciers de la seigneurie, obligés d’aller travailler gratuitement pendant trois mois pour un seigneur Toulois inconnu ayant su profiter de l’opportunité de sa charge à la chancellerie du parlement.

 

Malgré tout, le 27 novembre 1706, le parlement rendit l’arrêt suivant :

 

« Au vu des requêtes, je conclus pour le roi que les habitants ou communauté de Manom soit déboutés et en conséquence je les condamne à faire les corvées ordinaires et accoutumées conformément au record de justice du 10 avril 1573 à charge toutefois de recevoir les rétributions ordinaires [1]et pour le refus qu’ils ont fait cette année je les condamne aux dommages et intérêts »

 

Il est donc probable que les laboureurs s’exécutèrent pour les années suivantes. Le village voisin de Garche fit le même genre de refus au nouveau seigneur de La Grange. 

 

Il était assez courant à cette époque que les habitants contestent les corvées qui leur étaient imposées et cela souvent quand un nouveau seigneur étranger à la région prenait en charge leur communauté. L’esprit de clan jouait fortement, les seigneurs issus de familles installées là depuis longtemps n’avaient souvent pas les mêmes difficultés.

 

Toutefois, depuis longtemps les corvées étaient considérées comme « odieuses » car pour les paysans cela voulait dire qu’ils travaillaient quand le seigneur ne faisait rien, lui apportant aisances et richesses. En champagne, certains seigneurs étaient appelés « Genstuehommes ou genspillehommes » et cette grogne avait fini par remonter aux états généraux d’Orléans (1560/61) et de Blois (1576 et1588) où furent prises quelques ordonnances pour remédier aux abus les plus importants.

 

Au 16ème  siècle on fixa à 12 jours maximum les corvées pour une année puis lors des corvées royales on les limita à 5 jours par an.

Sous Louis XIV, on prit de plus en plus en compte le poids des corvées seigneuriales et les paysans disaient souvent « Si le roi savait ! ». 

Mais le roi savait et si l’on baissa un peu la pression sur les corvées seigneuriales, on l’augmenta sur les corvées royales destinées à entretenir les routes, ponts et chemins. 

 

Toutefois, les paysans se sentant un peu plus écoutés commencèrent à se montrer plus vindicatifs envers leur seigneur, certains ou certaines communautés entreprirent de leur faire des procès qui furent en général perdus en vertu d’un vieil adage :

 

« Oignés vilain, il vous point – Poignés vilain, il vous oint »

(Tiré de Gargantua 1546 - On peut traduire par « caressez un mauvais homme,

il vous fera du mal, faites-lui du mal, il vous caressera »

 

 


[1]En se référant à mes articles précédents sur la seigneurie de Meilbourg les rétributions ordinaires consistaient en miches de pain ou soupe avec ou sans lard, car il y avait obligation de nourrir les corvéables.

De moins en moins respectés, ayant de plus en plus de difficultés à percevoir les apports que devait générer leur seigneurie, les seigneurs importants déléguèrent la gestion de celles-ci à leurs officiers ou syndics, les petits seigneurs campagnards vendirent leur seigneurie et cherchèrent "honneur et respect" aux armées dont souvent leur famille était accoutumée ou dans des offices plus lucratifs. 

 

Ces petites seigneuries furent achetées par des anoblis récents, des bourgeois enrichis, marchands et même riches fermiers qui n’eurent plus alors aucune autorité sur les laboureurs aisés qui commencèrent à envisager eux-mêmes l’achat d’un office ou même d’une seigneurie, car à la veille de la révolution, si les charges et redevances existaient encore, les contreparties que devaient rendre les seigneurs n’existaient plus.

 

L’état centralisateur avait capté le pouvoir jadis aux mains des seigneurs. Ainsi en 1787, on incita ceux-ci à participer davantage à la gestion des communes, on leur donna souvent la présidence des assemblées tout en limitant leurs droits. Ils n’étaient plus les maîtres car le bailliage, l’intendant et le parlement local instruisaient, jugeaient, décidaient.

 

Beaucoup de seigneurs locaux firent carrière aux armées, certains rejoignirent les municipalités ou même l’industrie comme Christophe Gomé de La Grange avec sa faïencerie et sa tuilerie. Mais voilà pour tenir le rang, entretenir un château et du personnel, avec des revenus plus aléatoires, la reconversion était la seule planche de salut, ceux qui ne purent ou ne voulurent la mener perdirent tout, leurs charges et offices, leur château et leurs terres. Ils furent nombreux ainsi à Thionville et dans la région, car les douces habitudes sont bien difficiles à abandonner.

 

 

Sources :

Le village sous l’ancien régime par Albert Babeau – 1878

ADM 3e7605 – 3e7527 – 3e7586 - B2364-28

Parce que l'histoire n'est pas toute la culture

 

MANIFESTATIONS A VENIR

 

 

1706 - Les "Insoumis" de Manom et leur seigneur François Brice Gomé de La Grange

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1733 -1749 THIONVILLE - Projet de prisons dans la Tour aux puces

Publié le par Persin Michel

Tour aux puces musée de Thionville
La tour aux puces couverte de lierre au-devant une colonne Morris

 

L’histoire de cette « bonne vieille Tour aux puces » est assez peu connue, si vous voulez connaître ce que l’on peut retenir de son histoire, je vous conseille d’aller voir les sites suivants :

www.thionville.fr/fr/tour-aux-puces

 

(Pour le résumé de son histoire)

 

www.tourauxpuces.com

 

(Pour des informations sur le musée)

 

 

Je vais vous exposer le projet d’y installer des prisons militaires dans les années 1733 et 1749, nous ne sommes pas certain qu’il ait vu le jour, mais les plans associés au projet sont de bonnes qualités et nous donneront un aperçu des étages de la tour à cette époque.

 

Ces plans étaient accompagnés d’un courrier daté du 8 août 1749 et signé Lachèze [1]

 

 

 

[1] GF Teissier dans son histoire de Thionville, le cite et l’orthographie « La Chèze Jean Baptiste » il le dit ingénieur en chef de la place de Thionville où il était encore en 1751. Un plan de la ville porte son nom.

«  Monseigneur,

 

J’ai l’honneur de vous envoyer les deux estimations différentes sur le projet des prisons militaires de cette place, dont la première que vous m’avez remise a été faite en 1733 par monsieur de Rochemore [1] et la deuxième par monsieur de Gourdon, tous les deux ingénieurs en chef de cette place.

 

J’y joins la copie des plans du projet de monsieur de Rochemore dont je me suis servi pour aller faire la visite du bâtiment dont il est question qui est actuellement occupé par l’artillerie et quelques fois à moitié par les vivres.

 

J’y  ai fait  venir le geôlier des prisons de la ville qui convient non seulement de la bonne distribution  proposée, mais que la capacité de chaque étage sera suffisante pour contenir le nombre de soldats, officiers et criminels qu’il y ait pu avoir depuis longtemps dans cette garnison.

 

Je l’ai aussi fait convenir qu’on pourrait presque tripler les cachots en faisant usage des souterrains du rez de chaussée, ce que j’ai écrit sur le plan et pratiqué un entresol au dessus de l’étage de la prison des soldats, ce qui l’augmenterait du double et ce que j’ai aussi écrit sur le plan de cet étage.

 

A l’égard de la différence des deux estimations de monsieur  de Rochemort et Gourdon, celle  des deux qui est plus forte m’a paru être faite avec plus d’attention et sur les lieux.

 

Je joins copie de l’état de cet examen que j’ay fait pour voir la raison de cette différence qui vient aussi de ce que cette deuxième estimation a été faite sept années après, ce qui ferait un supplément de dépense pour les réparations qu’on avait négligées, c’est pour cette même raison que j’augmente cette dernière estimation de 550 livres tournois pour réparations presque à neuf du comble de la tour et plancher au-dessous, où il paraît que l’on a rien fait depuis 1740.

 

Avec la dépense totale de 5276 livres 8 sols et 6 deniers tournois de ma dernière estimation, on ne pourrait exécuter que le projet tel qu’il est marqué sur les plans, car s’il était question de pratiquer des cachots dans les souterrains du rez de chaussée  et de faire l’entresol du deuxième étage de la prison des soldats, cela augmentera de beaucoup la dépense surtout pour le deuxième article, puisqu’il serait question  d’exhausser les murs de la tour de près de trois pieds et faire une charpente neuve pour le comble, laquelle à la vérité il faut travailler dans le même goût ainsi que sa couverture quand bien même on laisserait subsister le bâtiment pour usage de l’artillerie et des vivres, cette réparation est très pressante.

 

Il vous a été représenté monseigneur, qu’il n’y avait point de prison militaire dans cette place, que celle des bourgeois dont on faisait usage était d’une très petite capacité, que l’artillerie et les vivres pourraient se passer aisément de ce bâtiment nommé la tour aux puces, la dépense nécessaire pour remplir cet objectif est bien petite en considération de ce qu’il en coûterait pour en construire de neuves dans la ville.

 

[1] La famille Rochemort ou Régémort, père et fils furent des architectes ingénieurs qui ont aussi participé à la construction de la nouvelle église Saint Maximin en 1755, voir à ce sujet le Miscellanées 2016, page 39 sur la construction de cette église. (Vous pouvez aussi rechercher cet article via le blog www.histoiredethionville.com en utilisant la recherche du blog)

Il ne serait plus nécessaire de faire celle qu’on proposera dans le couronné de la ville aussi grande qu’on l’avait projeté.

 

Je suis avec un très profond respect, Monseigneur, votre très humble et obéissant serviteur.

 

Lachèze

 

 

Voilà une lettre intéressante par rapport à ce projet de construction d'une prison militaire dans l’enceinte de la Tour aux puces.

 

Quoi qu’il en soit, cette lettre nous apporte quand même quelques informations:

 

La première est que la ville ne possédait pas de prison militaire en ville [1]. Il n’existait dans la ville qu’une prison civile, d’ailleurs fort petite qui se trouvait dans les locaux du beffroi (voir à ce sujet mon article sur ce blog « 1704 Evasion à la prison de Thionville »)

 

Nous voyons aussi que la charpente et la couverture de la tour sont à refaire de façon urgente et que des travaux ont été faits en 1740.

 

[1] Il existait une prison militaire dans le couronné, également trop petite que l’on envisageait d’agrandir.

Bien entendu ce projet est assez onéreux, soit plus de 5000 livres, sans y inclure les cachots dans les « souterrains » et à l’entresol, ni l’élévation de la tour de pratiquement un mètre, ni la charpente et la couverture.

 

Tous ces travaux devaient représenter une somme non négligeable, alors que d’autres part, il était question de reconstruire l’église paroissiale et de perfectionner encore les fortifications. 

 

Tous ces arguments ont du jouer en défaveur de ce projet, il est probable que l’option retenue a été l’agrandissement de la prison militaire du couronné.

La Tour en puces (musée de la ville) en novembre 2017

La Tour en puces (musée de la ville) en novembre 2017

Toutefois, comme vous le verrez plus loin sur les quelques photos de cette Tour dans les années 1910, on peut constater que l’on retrouve des éléments qui figurent sur les plans qui accompagnaient ce courrier.

 

 

LES PLANS DE 1733

Le Rez de chaussée, la cour, éventuellement les prisons des soldats et la cave du geôlier

Le Rez de chaussée, la cour, éventuellement les prisons des soldats et la cave du geôlier

1733 -1749  THIONVILLE - Projet de prisons dans la Tour aux puces

Photo de l’entrée de la tour vers 1910 qui semble correspondre avec le plan du rez de chaussée de la page précédente à l’exception des fenêtres du 1er étage qui ont été percées ultérieurement à 1733.

 

On remarquera sur le plan que la tour possédait une cour intérieure dont une partie se trouvait sous un appenti !

 

Doit-on en déduire que l’autre partie de la cour était à ciel ouvert, ce qui laisserait supposer que la toiture de la tour ne couvrait pas entièrement le bâtiment ?

 

Comme je le disais en préambule, l’histoire de cette tour est encore largement méconnue. Pourtant d’assez nombreuses études furent réalisées à son sujet, aucune n’a vraiment convaincu quant à son origine et même à son histoire, tout au moins avant le 19ème siècle.

Je viens de relire pratiquement tout ce qui est paru sur l'histoire de cette tour et franchement, j'ai parfois l'impression d'être en présence des mystères de la pyramide de Khéops !

 

Elle reste un bon sujet d’étude pour qui aurait quelques années à y consacrer !

 

 

Le 1er étage prison des officiers et logement du geôlier

Le 1er étage prison des officiers et logement du geôlier

2ème étage, prison des soldats

2ème étage, prison des soldats

Source : Archives départementales de la Moselle : C12

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1763 – THIONVILLE - La justice de Veymerange

Publié le par Persin Michel

Un cabinet d'avocat ou de notaire au 18ème siècle

Un cabinet d'avocat ou de notaire au 18ème siècle

Comme convenu, nous nous retrouvons en ce mois d’octobre pour continuer nos petites découvertes de l’histoire de notre bonne ville de Thionville et des villages alentours.

 

Afin de reprendre en douceur, je vais vous présenter un document adressé à la justice de Veymerange [1] par une pauvre veuve du village ne pouvant payer ses dettes et voir comment cette justice a statué sur sa demande.

 

Pour rappel, sous l’ancien régime [2] existaient dans nos villages des justices civiles chargées de régler les différents entre les villageois. C’étaient des justices « seigneuriales »  mais qui ne géraient que les affaires mineures, une justice de proximité comme nous allons le voir.

 

Pour l’occasion, je vais vous présenter le document expurgé des formules juridiques nombreuses et redondantes qui pourraient vous le rendre indigeste !

 

Le document est adressé à messieurs les maires et échevins de la haute justice [3]

de Weymerange

 

[1] Village rattaché à la ville de Thionville en 1967.

[2] Principalement vers la fin du 18ème siècle

[3] Weymerange, Veymerange fut érigé en haute justice le 19 juin 1704.

Catherine Granier, supplie humblement les membres de la justice de prendre en considération ce qui suit :

 

« Veuve de Martin Oswalt qui était laboureur à Weymerange, j’ai le grand malheur d’avoir perdu mon mari le 26 mars 1763. Mon mari défunt avait acheté le 24 janvier 1760, par contrat devant le notaire Probst de Thionville, a son frère Antoine Oswalt, plusieurs héritages situés audit village de Weymerange pour une somme de 600 livres tournois et par un autre contrat de vente du 7 février 1760, il avait acheté à ce même frère, Antoine Oswalt, une maison, jardin et portion de grange situés aussi au village de Weymerange et cela pour une somme de 200 livres.

 

Lors de ces achats, ledit Antoine Oswalt, mon beau frère, était encore garçon, majeur d’ans et jouissant de tous ses droits [1]. Son intention était d’aller rejoindre l’armée, en conséquence; il disait n’avoir pas besoin d’argent et que son frère Martin, mon mari, pouvait garder les sommes qu’on lui devait, par devers lui.

 

Antoine Oswalt étant revenu de l’armée l’année dernière, il voulut être payé desdites sommes, soit de 800 livres tournois. Or, mon défunt mari, Martin Oswalt, n’était plus en mesure de payer ces sommes comptant, en conséquence; il passa une obligation devant le notaire Hennequin de Thionville, le 30 mars 1762, au profit de son frère Antoine Oswalt pour une somme de 700 livres tournois, payable en deux termes :

 

  300 livres tournois payables dans un an

 400 livres tournois payables dans deux ans

 

Il a aussi signé un billet de promesse d’un montant de 95 livres payable dans un an.

 

Mon mari étant décédé, moi sa veuve, Catherine Granier, je ne suis pas capable de payer ces sommes et comme je suis menacée de frais et de poursuites de la part d’Antoine Oswalt, mon beau frère, je propose l’arrangement suivant :

 

 Je voudrais relaisser à mon beau frère Antoine Oswalt, tous les biens et héritages que mon mari Martin Oswalt lui a achetés en 1760.

 

Cette demande est « montrée » au procureur d’office de la seigneurie de Weymerange qui autorise le maire de Weymerange, Damien Weis à traiter l’affaire.

 

Le maire, Damien Weis, ordonne le 25 avril 1763, qu’une assemblée de parents, tant paternels que maternels, soit faite par devant la justice, à deux heures de relevée [2] pour délibérer sur la requête de Catherine Granier.

 

En vertu de quoi, Jean Guillaume, sergent résident à Florange, va apporter assignation à Jean Poulmaire, Marthis Oswalt, Nicolas Weynant et Nicolas Oswalt, tous habitants de Veymerange et à Jean Granier, maréchal ferrant demeurant à Guénange pour qu’ils comparaissent à Veymerange et qu'ils parlent en personne à l’heure dite. »

 

Il est précisé que les débats se feront en langue allemande.

 

[1] C’était donc un célibataire majeur.

[2] Soit 14 heures

Voyons maintenant le compte rendu de cette réunion de la justice de Veymerange :

 

Le 25 avril 1763, l’après midi

 

Par devant nous maire et gens de justice de la terre et seigneurie de Weymerange est comparu Catherine Granier, veuve de Martin Oswalt, vivant, laboureur demeurant à Weymerange.

 

Elle nous a dit qu’en vertu de notre ordonnance de ce jour, elle avait fait assigner à comparaitre par devant nous ce jour :

 

Jean Poulmaire, manœuvre de Weymerange, oncle paternel audit mineur Mathis Oswalt

Jean Granier, maréchal Ferrant demeurant à Guénange, oncle maternel.

Nicolas Weynant, demeurant à Weymerange, cousin germain à cause de sa femme.

Nicolas Oswalt, tailleur d’habits, demeurant à Weymerange, aussi cousin germain.

 

L’assemblée constituée doit donner son avis sur la nécessité qu’il y a d’autoriser ladite Catherine Granier, veuve de Martin Oswalt, afin d’être dégagée et libérée de ses dettes, de relaisser les mêmes biens et héritages que son défunt mari avait achetés par actes notariés devant le notaire Probst de Thionville  en 1760 pour la somme de 800 livres, à Antoine Oswalt son beau frère, garçon majeur et qui n’a pas été payé. 

 

Catherine Granier expose en langue germanique pourquoi elle ne peut payer et signe d’une croix, ne sachant écrire, en tant que tutrice naturelle des enfants mineurs qu’elle a procréés avec Martin Oswalt, son défunt mari.

 

L’assemblée ainsi réunie, tous parents des enfants mineurs de Catherine Granier, prêtent serment de bien fidèlement et en bonne conscience, donner leur avis sur la demande de Catherine Granier.

 

Après délibération, tous sont d’avis que pour le bien des enfants mineurs et pour celui de leur mère, Catherine Granier, afin qu’elle soit libérée de ses dettes, elle soit autorisée à relaisser à Antoine Oswalt, son beau frère, les biens et héritages que lui avait acheté son défunt mari, Martin Oswalt en 1760 et cela pour la même somme de 800 livres tournois.

 

En conséquence, nous gens de justice de Weymerange, autorisant Catherine Granier à relaisser lesdits biens à Antoine Oswalt son beau frère qui lui donnera quittance.

 

Tous ont signé ou fait leur marque avec notre procureur d’office et notre greffier, commis en la personne de Dominique Pierre Winse, assermenté, notre greffier ordinaire étant empêché.

Les signatures au bas du document

Les signatures au bas du document

Comme on peut le voir, l’affaire fut relativement vite jugée, par des personnes du village et par la parenté, en prenant en compte l’intérêt des enfants mineurs à charge de leur mère. Au final, le jugement est empreint de bon sens.

 

Ce document illustre de façon claire ce que les historiens [1]  ont constaté, ces justices villageoises étaient de véritables justices de proximité auxquelles les habitants des villages avaient un accès facile et une "relative confiance.

 

Comme nous l’avons signalé dans les notes de bas de page, au début de l’article, le village de Veymerange, fut érigé en haute justice le 19 juin 1704, auparavant, siège d’une seigneurie foncière, il dépendait en partie de la seigneurie de Volkrange.

 

Son premier seigneur haut-justicier fut Charles Bernard de Failly, capitaine de cavalerie au service du roi, également seigneur de Lommerange et cela jusqu’en 1716.

C’était un « vrai » militaire qui participa à de nombreuses batailles où il perdit d’ailleurs la vie. De fait, il était très peu présent, ses seigneuries étaient en quelque sorte gérées par procuration.

 

En 1760, le seigneur en était un certain Plateau [2], apparenté à la famille De Wendel, il ajouta à son nom, le nom du village, se faisait appeler Plateau de Veymerange. Il fut conseiller au parlement de Metz, son fils reprit la seigneurie puis ses neveux en furent expropriés pour dettes. La famille Plateau de Veymerange défraya la chronique au sujet de l'affaire des Indes.

 

Le maire Damien Weis [3] avait en charge la justice foncière, aidé en cela par deux échevins, un sergent, parfois un greffier.

 

Il était maréchal ferrant à Veymerange où il tenait la forge héritée de son père, Mathis Weis, le 9 février 1750

 

* Tiré des documents du bailliage de Thionville -  B4418

 

NB : On remarque qu’en 1760, la langue germanique c’est à dire le « Francique luxembourgeois » était la langue la plus usitée à Veymerange, mais aussi dans les villages environnants.[4]

 

 

 

[1] Ceux qui étudient les documents d’époque

[2] Prit possession de la seigneurie en 1751, son fils fit reprise en 1776 et ses neveux furent expropriés en l’an X, le 25 pluviôse.

[3] La famille Weis ou Weiss s’était appelée quelques années auparavant la famille « Blanc » quand la volonté et la « mode » était à la francisation des noms à consonance germanique. Ainsi lors de prise de bail le 12 décembre 1676 d'une terre à  Volkrange.

[4] Thionville n’est française officiellement que depuis 1759 et dans les faits depuis 1643.

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        INFORMATIONS  INFORMATIONS  INFORMATIONS  INFORMATIONS 

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Pour les personnes qui voudraient encore se procurer mon dernier ouvrage:

"Histoire de l'ancienne chapelle des lépreux"

Il ne reste que quelques exemplaires à l'office de tourisme et aux archives communales.

 

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A lire:

Le dernier numéro "Des cahiers du pays Thionvillois" N°22 - 2017

Un bel article bien documenté et illustré de Jean Marie Blaising

"L'âge du fer à Yutz: 90 années de découvertes"

et d'autres sujets forts intéressants....

 

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1709 - THIONVILLE - Testament et inventaire des biens d'un riche marchand de la ville

Publié le par Persin Michel

Dans mes deux articles de mai et juin, sur le couvent des clarisses et sa chapelle, aujourd’hui mairie et salle des mariages, je vous avais dit que nous allions reparler prochainement de ce couvent, mais il me manque encore quelques documents pour avoir une vision plus claire de son histoire, des recherches sont en cours.

Je vais donc regarder avec vous le testament d’un riche marchand thionvillois du début du 18ème siècle et nous verrons ensuite l’inventaire après décès qui a été fait de sa maison.

La famille Degoix était alliée à la famille Delhaye étudiée dans mon dernier ouvrage sur la chapelle des lépreux de Thionville Saint-François [1].

Jean Degoix était né vers 1650, marié à Françoise Col qui été née vers 1655.

Françoise Col est décédée avant 1709, année du décès de Jean Degoix, alors âgé d’environ 59 ans. Ils ont eu trois filles, l’aînée Christine, née vers 1685 et mariée à Pierre Jacques Petelot puis Marie Catherine, mariée en 1713 avec Nicolas Conset (Conseil) ainsi qu’une autre fille plus jeune. En 1703, le couple avait eu un garçon prénommé Jean décédé en bas âge.

 

Voici son testament :

 

« Par devant nous, notaires royaux établis à Thionville et y résidant, soussignés fut présent en personne, Jean Degoix, marchand bourgeois de cette ville, gisant au lit de maladie dans sa cuisine. Il est sain d’esprit et d’entendement ainsi qu’il est apparu aux notaires et aux témoins ci-après nommés, dignes de foi.

 Appelé, il a dit que considérant la certitude de la mort et l’incertitude de sa vie et pour ne pas être pris au dépourvu avant d’avoir ordonné ses dernières volontés, il avait fait son testament et dicté ses dernières volontés ainsi qu’il suit :

A savoir qu’il demande très humblement pardon de toutes ses pensées à Dieu, son créateur par les mérites infinis de notre seigneur Jésus Christ, par l’intercession de la bienheureuse vierge Marie, mère de Dieu et celle de son ange gardien, de son patron et de tous les saints du paradis. Il demande pardon aussi de bon cœur à ceux qu’il aurait put offenser.

Il demande à être enterré dans l’église paroissiale de cette ville, dans le tombeau de sa femme et que ses obsèques et funérailles soient faites ainsi qu’il lui sied.

Il veut qu’il soit distribué aux pauvres pour prier Dieu, le jour de son enterrement, une maldre de blé et qu’outre les messes dites dans la paroisse, il soit encore dit incessamment après son décès par les révérends pères capucins de cette ville, cent messes de requiem pour le salut de son âme à raison de quoi, il lègue audits révérends pères capucins, la somme de trente sept (37) livres et dix sols tournois qu’il veut  délivrer à leur syndic sans aucune relance.

---------------------

[1] « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux »  paru au 1er trimestre 2017.

Il déclare qu’il a appris des habitants de Beuvange-sous-Saint-Michel, paroisse de Volkrange qu’ils avaient le dessein de faire rétablir la chapelle [1] en ruine audit lieu et voulant contribuer au rétablissement de ladite chapelle, il veut et ordonne que lors du rétablissement de la chapelle, ses héritiers abandonnent pour y souscrire certains engagements ou ventes à facultés de rachat à lui fait par Jean Baué d’un pré au même lieu de Beuvange pour soixante (60) livres tournois

 

Jean Degoix a encore deux filles mineures et à cause de leur bas âge, il lègue et leur fait don de six cent livres tournois pour les deux pour leur entretien, éducation et habillement durant leur minorité.

 

Il déclare en outre qu’il a payé pour dot, habillement de sa fille aînée la somme de onze cent vingt cinq (1125) livres tournois y compris l’achat et la réception des métiers de marchand à Jacques Petelot, son gendre et dont il a quittance qui se trouve dans ses papiers.

 

Il veut et ordonne que chacune de ses filles mineures reçoivent pareille somme de onze cent vingt cinq (1125) livres tournois pour dot.

 

Il déclare que pour le mariage de sa fille aînée, outre la dot de onze cent vingt cinq livres tournois, il a aussi donné une croix en or et deux bagues et une chaîne d’argent et que pour égaliser avec elle, ses deux filles mineures, il leur est destiné les deux croix d’or, les quatre bagues d’or et deux chaînes d’argent qu’il a achetées pour elles.

 

Il veut, entend et ordonne que sa fille aînée et son gendre ne puissent interférer, ni contredire ses dernières volontés exprimées dans les présentes.

 

Présentes qui constituent son testament et dernières volontés, exprimées et fait en la cuisine dudit Jean Degoix, testateur, en présence du sieur Pierre Petner, marchand bourgeois de Thionville et de Noël Glaudy, maître sellier, bourgeois de Thionville, témoins dignes de foi et personnellement requis et appelés de la part du testateur, ce jourd’hui vingt sixième jour du mois de février, l’an mille sept cent neuf, à trois heures de relevée.

 

PS : Suite à un arrangement de dernière minute sur la destination des croix et bagues d’or entre les fille mineures, mais qui ne remet pas en cause le testament.

 

[1] Le dernier chapitre de mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » évoque aussi l’histoire de cette chapelle du mont Saint-Michel

 

Signatures de Jean Degoix et des témoins

Signatures de Jean Degoix et des témoins

Ce testament permet à Jean Degoix de partager entre ses filles plus de quatre mille livres [1] tournois, en comprenant la dot de sa fille aînée mariée un an auparavant.

 

Nous allons voir maintenant l’inventaire après décès de Jean Degoix dont le décès est intervenu entre la mi-mars et la mi-avril 1709.

 

Inventaire des effets de Jean Degoix du 24 avril 1709

 

Inventaire fait par nous, Etienne Heu de Saint-Rémy, écuyer, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel, conseiller aux inventaires du bailliage du siège royal de Thionville, à la requête de Pierre Jacques Petelot au nom et comme tuteur des enfants mineurs du défunt Jean Degoix, vivant, marchand bourgeois de cette ville. Inventaire de tous les meubles, effets et papiers de la famille du défunt Jean Degoix en exécution de notre ordonnance de ce jour.

 

Lequel inventaire nous avons fait rédiger par Alexandre Joseph Bailler , notaire et greffier aux inventaires, avec Pierre Jacques Petelot mari de Christine Degoix, le procureur du roi et son adjoint.

 

Du mercredi 24 avril :

 

Premièrement nous sommes montés dans une chambre haute qui prend jour dans la grande rue et dans la rue de derrière  [2]où nous avons trouvé les effets suivants :

 

  • Six (6) fauteuils en bois de noyer usés,  garnis de toile et de bourre .
  • Un vieux bois de lit garni de cinq (5) rideaux de serge verte, bordés d’un galon de fil écru, le tout en falbala avec ses tringles.
  • Un matelas avec palliasse avec leur courtille à rayures bleues et blanches, un peu usagé et une courte pointe de toile teintée.
  • Une armoire en bois de noyer à quatre battants et demi, fermant à deux serrures dans  laquelle se trouve :

                     Treize draps en toile

                       Trois draps d’étoupe

                       Douze chemises de toile de chanvre assez usées

                       Quatre autres chemises en toile fort vieilles

                       Un cendrier

                       Trois douzaines de serviettes de toile de chanvre, rappées

                       Une autre douzaine de serviettes de chanvre

                       Une douzaine de nappes de toile de chanvre de bon usage

                       Deux douzaine de serviettes, nappes en toile de lin.

                       Une taie d’oreiller tant petit que grand toile de chanvre.

                       Quatre taies de toile de lin  et de chanvre

                       Une culotte de toile avec une chemise de toile de chanvre

                       Deux tabliers de cuisine en toile d’étoupe

                       Cinq cravates de toile de cloitre

 

[1] C’est une somme importante pour l’époque.

[2] la maison se trouve donc dans rue principale de Thionville, actuelle rue Paris et la chambre a une ou des fenêtres donnant sur les rues de part et d’autre de la maison ;

Au chapitre des étains :

 

Des quarts en étains, des pots, plats et assiettes en étain à la fleurs de lys pour cinquante six livres.

 

Au chapitre de la cuisine :

 

Une vieille balance de cuisine

Un grand nombre de pots, bassinoires, poilons, tourtières en cuivre,  casseroles,                     bassin à eau, mortier, chandeliers, tant en fer, étain et cuivre rouge, hachoir,           chenets…

 Dans la  cuisine existe aussi un accouchoir [1] avec une paillasse, un matelas de       laine  et de crin garni de chanvre, des oreillers.

 

Dans cette cuisine se trouve une armoire fixée dans la muraille et dans laquelle on a trouvé :

 

Cent quarante deux livres, neuf sols en pièces de monnaies

 

Au chapitre de la cave :

 

            Seize briques de savon

            Dix cordes

            Douze brassées de grosses cordes

            Quatre vingt cinq livres de chandelles

            Dix huit fromages de Géromé

            Trois gros fromage de Hollande entier

            Un demi fromage de Gruyère

            Vingt brassée de petites cordes

            Sept manches de bêche

            Dix entonnoirs de fer blanc et un entonnoir de bois

            Un vieux coffre en bois de chêne

            Une écuelle de poix blanche

            Un baril de poix noire [2]

 

La cave semble contenir une partie des objets liés au commerce de Jean Degoix comme nous allons le voir dans l’inventaire de la boutique.

 

Au chapitre de la boutique : (Quelques éléments parmi des centaines)

 

            Huit livres et demie de ficelle, tant grosse que petite

            Sept livres de corde

            Trente sept paille de fer battu

            Quarante quatre simples gobelets de verre à boire de la bière

            Six cuillères à pot et trois écumoires

            Sept petits poilons et huit autres plus grands

            Quatre grands couvercles de pot

            Cinq faux à faucher

 

[1] On trouve dans cette cuisine le lit où était couché, Jean Degoix le jour où il a fait son testament.

[2] Poix blanche, matière jaunâtre ou blanchâtre produite par le pin et le sapin. Poix noire, obtenue par combustion lente de débris résineux. Servait à coller ou à calfater.

            Six enclumes de faux avec les marteaux

            Vingt cinq anneaux de sceau

            Vingt trois cadenas tant gros que petits

            Vingt et une étrilles

            Quatre clochettes

            Quatre vingt quinze boucles de fer

            Douze cent clous

            Quatorze mille semences de clous

            Cinq cent clous de talons

            Cinq mille broquettes

            Trois mille trois cent cinquante clous rondelest, beaucoup d’autres clous de siège

            Trente six livres de colle de menuisier

            Dix neuf livres de catéchisme

            Six douzaines de couteaux de boucher et treize couteaux de table

            Quarante cinq peignes de corne

            Quatorze petits forets

            Vingt trois pièces de pistolet

            Six livres de moutarde

            Trois livres de gingembre`

            Quatre vingt alènes de cordonnier

            Sept livres de poivre

`           Sept livres de fromage de Hollande

            Deux douzaines de pipes en bois

            Neuf livres de souffre

            Six livres de poudre à poudrer

            Vingt cinq muscades et une once de fleur de muscade

            Dix livres de riz

            Trois onces [1] de clous de girofle

            Vingt deux douzaines de boutons

            Cinquante cinq cahiers de papier

            De nombreux fils de Flandres

            Quarante cinq lacets de toutes les couleurs

            Quinze milliers d’épingles tant grosses que petites

            Deux couteaux à manche de cerf

 

            Et encore des dizaines et des dizaines d’articles différents….

 

Les marchandises sont estimées à 950 livres tournois soit le prix d’une petite maison.

 

Cet inventaire à la Prévert, nous donne à penser que Jean Degoix, qualifié de marchand, tenait en réalité un magasin de type droguerie, vendant un assortiment de produits très diversifiés allant des clous à la moutarde. Il avait ainsi une clientèle importante, tant chez les particuliers que les professionnels, autres artisans et marchands de la ville.

On remarquera aussi que de nombreux produits sont importés d’autres pays ou provinces, en particulier le fromage de Hollande et des Vosges ainsi que des épices plus exotiques comme le gingembre, la muscade et les clous de girofle.

 

Enfin, après la visite et l’inventaire de la boutique, nous en venons maintenant à l’inventaire des différents papiers conservés par Jean Degoix.

 

[1] Une once correspond à environ à un poids compris entre 25 et 35 g

Ils sont, là aussi, très nombreux et je ne citerai que les plus importants en terme d’avoir.

 Nous verrons en particulier que Jean Degoix avait des intérêts fonciers et immobiliers assez importants dans les villages de Beuvange-sous-Saint-Michel, Volkrange et Morlange ce qui explique son intérêt pour la réparation de la chapelle du mont Saint-Michel de Beuvange.

 

Au chapitre des papiers : (Réalisé le 27 avril 1709)

 

            Une liasse de papiers concernant le partage des biens, immeubles de la succession        de Jean Henry  Schmit, prêtre habitué en cette ville, Bernard Frisch maître boucher,          bourgeois de cette ville à cause de Madeleine Schmit sa femme et autres consors          dénommés audit partage entre ledit Jean Degoix comme tuteur des enfants mineurs     de Françoise Collin et au droit de Françoise Col sa femme.

 

NB: Ces familles : Schmit, Frisch, Collin et Col sont alliées et impliquées dans l’histoire de la chapelle des lépreux qui se trouve à Saint-François (Voir mon ouvrage sur le sujet)

 

            Un bail d’une chambre et d’un cabinet laissés à Jean Cademy par Jean Niclo,         huissier de police, portant somme de trente livres de loyer. Ledit loyer cédé à      Jean Degoix pour quatre années.

 

            Un cran de chaptel [1] par Jean Degoix à Mathis Probst de Metzange pour une         somme de trente écus en date du 28 novembre 1703, et un autre à Nicolas Jacob de            Beuvange pour vingt écus au 24 septembre 1707.

 

            Une promesse consentie par Jean Hagen, laboureur demeurant à la cense de        Daushaus [2]  pour trente huit livres en date de 1708 .

            Une obligation consentie par ledit Hagen au profit de Jean Degoix en date de        l’année 1705 pour une somme de soixante seize écus blancs.

 

            Une quittance sous seing privé donné par Jean Degoix le 25 février 1703 d’une   somme de vingt et un écus à la décharge de Didier Baué de Beuvange.

 

            Une constitution consentie par Diimanche Schweitzer de Metzange au profit de    Jean Degoix pour un principal de trois cents livres en date de 1706.

 

            Une obligation consentie par Jean Baué de Beuvange portant une somme de trois            cents livres en date de 1705.

 

            Une obligation faite au profit de Jean Degoix portant une somme de trois cents     livres par Pierre Allerborn de Thionville en date de 1709. Ladite obligation       portant intérêts au denier dix huit au profit de Marie Catherine Degoix, fille mineure, et à elle léguée par son père Jean Degoix.

 

            Il avait aussi à bail une métairie à Volkrange pour neuf cents livres de loyer

 

[1] Cela correspond à un bail à cheptel, un troupeau de bêtes est donné à garder et à prospérer à une personne qui doit en partager les bénéfices au bout de l’an.

[2] Actuellement la ferme du Colombier entre Veymerange et Elange

Dans ces papiers fut retrouvée la quittance faite par Pierre Jacques Petelot son gendre pour la dot du mariage avec sa fille aînée Christine, le festin, le linge et l’habillement.

 

Retrouvé également un billet, signé par Jean Degoix le 12 mars 1709, par lequel, il fait le partage de son argenterie et bijoux entre les trois enfants et par lequel il apparaît que les parts des deux filles mineures sont entre les mains de Jean Fischbach [1], laboureur d’Elange et de sa femme.

 

Une quittance donnée par le greffier de police portant la somme de neuf livres payées pour les droits de métier pour son gendre Pierre Jacques Petelot.

 

Enfin une liasse de vieux papiers en parchemin concernant sa maison de Thionville située dans la grande rue entre celle de Nicolas Herga et celle des héritiers Latouche avec un autre appartement situé derrière la maison dudit Louis Lamiotte.

 

Un registre journalier contenant quarante huit articles concernant les débiteurs qui n’avaient pas payé les marchandises.

 

Je pourrais continuer comme cela sur plusieurs pages,  mais je vais vous épargner cette litanie de reconnaissances de dettes, de constitutions, d’obligations diverses toutes au profit du défunt Jean Degoix.

 

Le montant total des avoirs représentés par l’ensemble de ces documents se monte à plusieurs milliers de livres tournois

 

Les débiteurs sont de Thionville et des villages alentours  (extrait)

 

            Cademy et Niclo de Thionville

            Mathis Probst de Metzange

            Nicolas Jacob de Beuvange

            Jean Hagen du colombier

            Didier et Jean Baué de Beuvange

            Pierre Allerborn de Thionville

            Agnès Klopstein et son mari Robert Delapierre de Thionville

            Léonard Mathis de Fontoy

            Noël Claude de Thionville

            Barthélémy meunier à Morlange

            Louis Pichier de Thionville

            Pierre Clocqui de Morlange

            Jean Baué le jeune de maison rouge

            Le meunier d’Immeldange et Mathis Veinant de la Haute-yutz

            Martin Monnelle

            Bodard de Thionville

            Jean Michel Scharff, avocat à Thionville

            Nicolas Koch d’Elange

            Nicolas Fischbach d’Elange

            Et tant d’autres…..

           


[1] C’est lui qui donnera le verger où fut construite la chapelle d’Elange en 1726.

Nous voyons aussi que dès 1699, Jean Degoix avait acheté des biens importants à Morlange, Beuvange et Volkrange. Nous sommes là quelques dizaines d’années après la fin de guerre de Trente ans et du dernier siège de Thionville en 1643.  Les villages alentours ont payé un lourd tribu et beaucoup ont très peu d’habitants, les terres sont laissées à l’abandon depuis des années et n’ont plus guère de valeur, aussi quelques marchands de Thionville, qui profitent de la reprise économique [1] et retrouvent des liquidités, les investissent dans l’achat de terres, métairies et troupeaux dans ces villages proches de la ville.

 

Enfin comme beaucoup de bourgeois de Thionville, Jean Degoix se devait de loger un officier de la garnison. Dans la chambre occupée par cet officier, on a recensé, un vieux châlit de bois de chêne, une palliasse ou matelas avec des draps, oreillers et couvertures de toile, le tout usagé.. Il y avait aussi un plat en étain, une table en sapin, un grand chaudron et des chenets.

 

Nous savons que sa fille aînée, Christine, mariée avec Pierre Jacques Petelot fit souche à Thionville comme sa seconde fille Marie Catherine, mariée avec Nicolas Conset ou Conseil. Elles avaient toutes les deux épousé des marchands de la ville, quant à sa plus jeune fille, nous n’avons cherché plus d’informations. Contrairement à d’autres inventaires après décès, il ne figure pas de reconnaissance de dettes envers des tiers, ce qui n’est pas courant à l’époque, preuve de la bonne et saine gestion faite par Jean Degoix.

 

Voilà donc en ce début de 18ème siècle, ce que possédait un riche marchand, bourgeois de Thionville, ce qu’il léguait à ses enfants. On peut le dire, c’était là un patrimoine assez élevé, nous verrons dans les articles à venir, le patrimoine laissé par un manouvrier d’Elange et ensuite par un officier de la noblesse, seigneur de plusieurs villages alentours. 

 

Comparaison n’est pas raison, on le dit, mais à n’en pas douter, ces comparaisons nous donneront une idée assez juste de l’état de cette société  thionvilloise au début du siècle des lumières.

 

[1] Reprise favorisée par la présence française, la fin des hostilités, la pacification du pays et des voies commerciales. Aussi par l’appétit de vie des habitants sortant d’une longue période troublée, voir dévastatrice.

Dans ce document de juillet 1723, on voit que Nicolas Confes et Marie Catherine Degoix continuent à mettre à bail au sieur Baué, la métairie de Beuvange,  héritée de Jean Degoix.

Dans ce document de juillet 1723, on voit que Nicolas Confes et Marie Catherine Degoix continuent à mettre à bail au sieur Baué, la métairie de Beuvange, héritée de Jean Degoix.

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1734 – Thionville – La métairie de Marienthal en péril

Publié le par Persin Michel

Sceau ordinaire du couvent de Marienthal au Luxembourg

Sceau ordinaire du couvent de Marienthal au Luxembourg

En février 2014, j’avais sur mon blog www.histooiredethionville.com, initié une série d’articles sur l’histoire de la ferme de Marienthal à Thionville-Guentrange. [1]

 

Pour plus d’explication,s reportez vous à cette série d’articles sur le sujet toujours disponible sur le blog : www.histoiredethionville.com

Une fois sur le blog, taper dans la zone RECHERCHE : Val Marie et vous trouverez tous les articles parus sur le sujet.

Vous pouvez aussi consulter le « Miscellanées 2013-2014 » aux archives municipales.

 

 

 

[1] On retrouve ces articles dans le « Miscellanées 2013/2014 » consultables aux archives municipales et bien entendu sur mon blog.

Dans l’avant dernier article de la série, nous voyons que Balthazar Schweitzer, fils de Rémy Schweitzer, ayant repris la ferme [1]de « Marienthal-Vonnerhof » après son père, a des difficultés financières. Il contacte un emprunt en 1719 auprès du juif Lazard Limbourg, il est étranglé par ses dettes et en 1717, les Dames du couvent de Marienthal veulent le voir déchu de son bail, car en plus de ses dettes, il a dégradé un bois au ban d’Oeutrange, ce qui a provoqué un procès initié par le procureur du roi de la maitrise des eaux et forets de Thionville.

 

Ainsi ses dettes se montent alors à 1430 livres tournois, on lui a retiré de son bail l’exploitation du fameux bois d’Oeutrange, il doit aussi procéder aux réparations à la maison de la cense et aux dépendances..

 

En 1736, on le voit vendre à Nicolas Helminger une vigne d’un arpent pouvant être labourée, pour la somme de 200 livres tournois. Nous savons qu’il est probablement décédé le 12 mars 1739.

 

Nous ne savions pas ce qu’était devenue la ferme de Marienthal [2] après son décès et jusqu’à la révolution.

 

L’acte qui suit va nous donner la suite de l’histoire :

 

Nous soussignées Dames prieure et sous-prieure et autres dames du conseil du noble couvent de « Mariendalle », toutes capitulairement assemblées dans le lieu ordinaire où nous traitons de nos affaires temporelles, après avoir mûrement réfléchi et délibéré sur la situation du couvent et particulièrement sur le sujet de notre cense appelée « Vonnershoffe » située dans le ban de Thionville et bans circonvoisins, confessons et déclarons qu’ayant ci-devant laissé à titre de bail emphytéotique pour nonante neuf années à Rémy Schweitzer, notre dite cense étant passée dans la possession et jouissance de Balthazar Schweitzer, son fils, qui au lieu de satisfaire aux clauses et conditions énoncées par ledit bail avait entièrement négligé d’y satisfaire, ce qui nous avait obligé de le faire déchoir du bénéfice du bail par sentence du 6 avril 1732, à laquelle néanmoins, l’on avait formé opposition de la part des créanciers dudit Balthazar Schweitzer qui prétendaient la faire vendre (la cense) , le bénéfice de la vente devant couvrir leur dû.

 

Pour éviter que notre cense soit vendue, et pour le bien et la conservation de ladite cense, nous avons, c’est à dire immédiatement après la sentence du 6 avril 1732, relaissé notre cense, par bail verbal au sieur Nicolas Elminger, notre officier et admoniateur au département de Thionville, à charge de faire bâtir la maison de ladite cense à ses frais et sans espoir d’indemnité et de payer toutes les dettes hypothécaires contractées par ledit Balthazar Schweitzer jusqu’au jour de ladite sentence du 6 avril 1732 pour que le sieur

 

[1] Ferme= cense = métairie

[2] Marienthal ou Val Marie zone résidentielle située à Thionville-Guentrange, non loin du super marché Leclerc au bas de la côte menant au Kinépolis.. Ici francisé en « Mariendalle ».

Elminger puisse jouir de la cense et ses dépendances suivant et conformément audit bail de 1698 et comme ledit Rémy Schweitzer en a joui sans en rien excepter, ni réserver.

 

Comme le sieur Elminger, en conséquence de notre bail verbal, a joui de la cense et a fait faire le bâtiment en question, qu’il a acquitté les dettes dudit Balthazar Schweitzer, nous avons délibéré et résolu par ces présentes de donner plein et entier pouvoir au sieur Jean Frédérique Béchin, notre procureur et chapelain, pour nous et en notre nom, passer bail emphytéotique, portant confirmation et ratification dudit bail verbal par nous fait au sieur Elminger et ce par devant notaire, pour notre cense de « Vonnershoffe » et ses dépendances pour lui et ses, ses hoirs et successeurs, en jouir ainsi et de même que le sieur Rémy Schweitzer en a joui jusqu’à l’expiration du bail emphytéotique du 21 octobre 1698, à charge pour le sieur Elminger de nous livrer chaque année que ledit bail durera, une somme de quatre-vingts écus (80) à trois livres tournois l’écu, monnaie au cours de France, conformément audit bail de l’an 1698, promettant de tenir pour ferme, stable et irrévocable tout ce que ledit sieur Behin gérera en vertu et au contenu de la présente procuration en foi de quoi, nous Dames prieure et sous-prieure et autre dames du conseil, assemblées comme dit, avons signé les présentes et apposé le sceau ordinaire de notre couvent.

 

Fait à Mariendalle le 10 septembre 1734.

 

Signatures :

 

Soeur M. C de Manteville, prieure

Sœur M. R de Coudenhove, sous prieure

Sœur M.U de Manteville

Sœur M. Agnès de Coudenhove

 

Dans cet acte nous voyons que Balthazar Schweitzer a été déchu de son bail le 6 avril 1732. On constate que les créanciers dudit Balthazar, pressés de recouvrer leur argent demande la vente de la métairie. Heureusement, les sœurs de Marienthal, avisées, vont le même jour de la sentence du 6 avril 1732, passer un bail verbal avec Nicolas Elminger l’admoniateur de leurs biens thionvillois, ce qui suspend la vente.

 

Le bail verbal exige que le nouveau bailli de la cense construise le bâtiment d’habitation de la métairie et règle toutes les créances de Balthazar Schweitzer. Une fois que les obligations du bail verbal sont réalisées, rassurées, les Dames de Marienthal vont signer un bail emphitéotique passé devant notaire avec ledit Nicolas Elminger afin qu’il jouisse avec sa famille et ses successeurs de l’exploitation de la cense. Le bail stipule un loyer ou limel de 80 écus soit 240 livres à verser annuellement au couvent de Marienthal.

 

Toutefois, Nicolas Elminger n’était pas fermier, aussi a-t-il mis la cense en fermage à la famille Picard qui exploitait déjà la métairie de Chaudebourg.

La cense ou métairie  aujourd'hui

La cense ou métairie aujourd'hui

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1731 – Thionville – Christine Rosa, 16 ans, veut être admise chez les Clarisses

Publié le par Persin Michel

1731 – Thionville – Christine Rosa, 16 ans, veut être admise chez les Clarisses

Nous avions vu dans l’article précédent la construction de l’église des Clarisses de Thionville dont le couvent est aujourd’hui la mairie de la ville.

 

Un acte du 31 décembre 1731, nous éclaire sur la démarche d’une jeune fille de seize ans pour être admise au sein de la communauté des religieuses de Sainte-Claire de Thionville. [1]

 

« Le lundi trente unième et dernier jour de l’années 1731, après midi, par devant moi, Damien Augustin, notaire royal au bailliage et siège de Thionville, y demeurant, soussigné et en présence des témoins cy-après nommés est comparue en personne :

 

Christine Ana [2], fille mineure, âgée à ce qu’elle dit de seize ans, actuellement pensionnaire au couvent du Saint-Esprit des religieuses de l’ordre de Sainte-Claire en cette ville. Laquelle (Christine Ana) dans l’étude de moi, notaire susdit, et en présence des témoins a déclaré de pleine liberté, sans induction, ni suggestion de personne généralement quelconques, qu’ayant la vocation par la grâce du seigneur et souhaitant être admise au nombre des dames religieuses dudit couvent, ses parents et ses héritiers présomptifs n’étant pas en état de lui procurer cet heureux état (être religieuse) et leur en avoir parlé différentes fois.

 

[1] On notera que les religieuses de Sainte-Claire dites clarisses sont à Thionville des « Urbanistes » ayant le droit de posséder des biens matériels, contrairement aux « Pauvres clarisses » qui suivent une règle beaucoup plus astreignante.

[2] Christine Ana Rosa, fille mineure, au décès de ses parents, se voit mise sous la tutelle d’un oncle Nicolas Florentin, jardinier, marié à Antoinette Rosa, une sœur de son père

Si même, le sieur Nicolas Florantin, son tuteur, lequel au lieu de lui être reliquataire de sa gestion, lui a dit que la comparanet mineure lui était débitrice de plus de six cents livres tournois.

 

Et comme pour parvenir audit état de religieuse, elle voudrait donner audit couvent une somme de quatre milles livres tournois (4000) pour sa dot, quatre cents livres (400) pour présent à l’église et se faire un fonds de trente six livres (36) de pension viagère pour ses menus besoins et nécessités, lorsqu’il aura plu aux dames religieuses de chœur et étant d’ailleurs dénuée de tout secours temporel, n’ayant pas ou très peu de linge, ni habillement, point d’argent pour se pouvoir de meubles pour sa chambre et habits de religieuse, elle a déclaré après avoir invoqué le saint nom de Dieu à son secours, qu’elle voulait dès à présent faire rédiger par script ses dispositions et ordonnances, de ses volontés par forme de testament, comme effectivement, elle a déclaré fait et dicté à moi, notaire susdit et témoins, lesdites dispositions en la manière suivante :

 

Savoir que ses désirs étant tels que dessus et dans l’espérance d’y parvenir, elle donne, lègue et abandonne dès à présent et pour toujours audit monastère et religieuses du couvent du Saint-Esprit, ordre de Sainte-Claire en cette ville, généralement tous ses biens meubles et immeubles généralement quelconques et de quelle qualité et nature qu’ils puissent être et que ses parents lui ont dit, consister en deux métairies au village, ban et finage d’Illange, seigneurie de Meilbourg [1], dont :

 

L’une (métairie) provenant de Nicolas Rosa et Françoise Grouselier ses aïeuls paternels, métairie laissées à bail héréditaire moyennant quatre (4) maldres de froment, quatre (4) maldres de moitange, un bichet de pois et cinquante (50) œufs de rente annuelle.

 

L’autre corps de biens provenant de Baltazard Meslinger et sa femme aïeuls maternels , rapportant actuellement, trois (3) maldres de froment et trois (3) maldres de moitange [2], outre environ sept (7) nouées de vignes, portions de maisons, granges, écuries, pressoirs, jardins et vergers, biens situés au village, ban et finage d’Illange et bans circonvoisins, sans rien en réserver, ni excepter généralement quelconques consistant encore lesdits biens de la comparante dans une maison située à Thionville en la rue brûlée, provenant de ses aïeuls maternels de la valeur d’environ mille deux cent (1200) livres tournois et quelques cens en argent sur des jardins à la porte de Metz et affermés par ledit défunt Nicolas Rosa et sa femme à différentes personnes et enfin aux dires de ses parents, en une somme d’environ deux mille (2000) livres tournois à elle dû par Nicolas Florentin, jardinier, et Antoinette Rosa sa femme sur tous leurs biens et spécialement sur une brasserie située à la porte de Metz au long de la Fensch et comme elle n’a pas d’autre connaissance de ses biens et facultés, elle déclare qu’elle comprend dans la présente donation tous ses autres biens, recettes et revenus généralement quelconques sans rien en réserver ni excepter directement ou indirectement et provenant tant des successions paternelles et maternelles soit mobilières ou immobilières.

 

A charge par lesdites dames abbesses et religieuses de payer et de satisfaire a tout ce qu’il conviendra, soit pour sa pension pendant le temps de sa postulation, celle de son année d’épreuve ou de noviciat, comme aussi des dettes et des charges auxquelles ses biens ci-dessus légués peuvent être obligés, et de lui constituer valablement une pension viagère payable par année pour subvenir a ses menus besoins et nécessité et enfin de lui garnir une chambre convenable à son état de religieuse, le tout ainsi fait à l’étude de moi, notaire, lesdits jour et année susdits.

 

[1] Meilbourg ancienne seigneurie située à côté d’Illange et alliée au Rodemack (en 1325) et au Lagrange

[2] Le ou la maldre contient environ 2 hectolitres de grains. Moitange ou méteil = un mélange de grains, généralement du blé et du seigle

Le tout en présence de maître François Nicolas Fringan, conseiller du roi, lieutenant particulier de la maîtrise des eaux et forets de cette ville et avocat au parlement, aussi de maître Joseph Grégoire Soucelier, conseiller du roi, procureur du roi au siège de la police, échevin de la ville et avocat au parlement, et encore de maître Jean Robert aussi avocat au parlement et syndic de l’hôtel de ville, demeurant tous les trois en cette ville de Thionville,.

 

Témoins et spécialement requis et appelés et après que le présent contrat a été lu et relu à ladite Christine Rosa, comparante, elle a dit qu’il (le contrat) contenait ses volontés et dispositions, elle a persisté et signé avec lesdits témoins et moi notaire.

 

Un document additionnel a été ajouté au contrat :

 

« En mon étude, en présence des témoins dignes de foi, Christine Rosa dénommée au testament ci-dessus, a requis que la lecture qui lui a été faite à l’instant, et bien qu’âgée de seize années, elle l’avait bien compris et entendu et qu’elle persiste comme étant sa volonté sans suggestion ni induction de personne, étant en pleine liberté de quoi elle a requis, acté et signé en présence de Henry Tocker, prêtre vicaire à Weimerange et du sieur Dominique Jacquin, marchand orfèvre de cette Thionville et qui ont signé comme témoins après la lecture faite du présent contrat. »

 

Voilà comment une jeune fille de seize ans, pensionnaire au couvent des Clarisses de Thionville, persuadée de sa vocation de « sœur Clarisse », se dépossède de tous ses biens par testament afin d’assumer cette vocation.

 

L’âge de la jeune fille a obligé le notaire à s’entourer d’un maximum de précautions, en ayant la participation d’un certain nombre de témoins de qualité, notables patentés de la ville, et au final de refaire une lecture du testament, devant la jeune fille, en la présence d’un témoin apportant la caution d’un religieux, en la personne d’Henry Tocker, vicaire de Veymerange [1].

 

 

PS : Les Clarisses de Thionville eurent un blason figurant à l’armorial général de France [2] :

« D’azur à une sainte Catherine de carnation, et au buste du roi, d’or »

 

Référence: Notaire Augustin 3e7670

 

La dernière abbesse fut Dorothée Elminger, famille connue de Thionville

En 1774, l’abbesse était Elisabeth-Claire de Coussidon.

En 1674 l’abbesse est Marie-Thérèse Gennesson

En 1664, l’abbesse est M… de Beurthey ou de Beurth

 

Dans les prochains articles nous reparlerons de cet ancien couvent des Clarisses, qui fut aussi un hôpital, aujourd’hui hôtel de ville et devenu un des bâtiments « emblématiques » de la ville avec la Tour aux Puces.[3]

 

[1] La cure de Veymerange dépend alors de la paroisse de Volkrange.

[2] Moyennant finance.

[3] La chapelle des lépreux au quartier Saint-François est également un des plus anciens bâtiment de la ville, voir son histoire dans mon ouvrage récent ‘Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » 2017

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HISTOIRE DE L'ANCIENNE CHAPELLE DES LEPREUX

au quartier Saint-François

 

Il reste quelques exemplaires a vendre aux points de vente suivant:

Espace culturel Leclerc aux Capucins

Cultura de Terville

 

Bureau de tabac "le Gallia" au quartier Saint-François

 

 

Certains disent que c'est un "collector" mais il est sûr que vous y apprendrez beaucoup

sur la chapelle et sur la ville

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