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Histoire de Thionville et des villages alentours

Histoire de Thionville et des villages alentours

Numéro ISSN: 2492-2870 Histoire de la ville de Thionville et des villages alentours à partir de documents d'archives

Articles avec #thionville 18eme siecle catégorie

Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Dans mes deux articles de mai et juin, sur le couvent des clarisses et sa chapelle, aujourd’hui mairie et salle des mariages, je vous avais dit que nous allions reparler prochainement de ce couvent, mais il me manque encore quelques documents pour avoir une vision plus claire de son histoire, des recherches sont en cours.

Je vais donc regarder avec vous le testament d’un riche marchand thionvillois du début du 18ème siècle et nous verrons ensuite l’inventaire après décès qui a été fait de sa maison.

La famille Degoix était alliée à la famille Delhaye étudiée dans mon dernier ouvrage sur la chapelle des lépreux de Thionville Saint-François [1].

Jean Degoix était né vers 1650, marié à Françoise Col qui été née vers 1655.

Françoise Col est décédée avant 1709, année du décès de Jean Degoix, alors âgé d’environ 59 ans. Ils ont eu trois filles, l’aînée Christine, née vers 1685 et mariée à Pierre Jacques Petelot puis Marie Catherine, mariée en 1713 avec Nicolas Conset (Conseil) ainsi qu’une autre fille plus jeune. En 1703, le couple avait eu un garçon prénommé Jean décédé en bas âge.

 

Voici son testament :

 

« Par devant nous, notaires royaux établis à Thionville et y résidant, soussignés fut présent en personne, Jean Degoix, marchand bourgeois de cette ville, gisant au lit de maladie dans sa cuisine. Il est sain d’esprit et d’entendement ainsi qu’il est apparu aux notaires et aux témoins ci-après nommés, dignes de foi.

 Appelé, il a dit que considérant la certitude de la mort et l’incertitude de sa vie et pour ne pas être pris au dépourvu avant d’avoir ordonné ses dernières volontés, il avait fait son testament et dicté ses dernières volontés ainsi qu’il suit :

A savoir qu’il demande très humblement pardon de toutes ses pensées à Dieu, son créateur par les mérites infinis de notre seigneur Jésus Christ, par l’intercession de la bienheureuse vierge Marie, mère de Dieu et celle de son ange gardien, de son patron et de tous les saints du paradis. Il demande pardon aussi de bon cœur à ceux qu’il aurait put offenser.

Il demande à être enterré dans l’église paroissiale de cette ville, dans le tombeau de sa femme et que ses obsèques et funérailles soient faites ainsi qu’il lui sied.

Il veut qu’il soit distribué aux pauvres pour prier Dieu, le jour de son enterrement, une maldre de blé et qu’outre les messes dites dans la paroisse, il soit encore dit incessamment après son décès par les révérends pères capucins de cette ville, cent messes de requiem pour le salut de son âme à raison de quoi, il lègue audits révérends pères capucins, la somme de trente sept (37) livres et dix sols tournois qu’il veut  délivrer à leur syndic sans aucune relance.

---------------------

[1] « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux »  paru au 1er trimestre 2017.

Il déclare qu’il a appris des habitants de Beuvange-sous-Saint-Michel, paroisse de Volkrange qu’ils avaient le dessein de faire rétablir la chapelle [1] en ruine audit lieu et voulant contribuer au rétablissement de ladite chapelle, il veut et ordonne que lors du rétablissement de la chapelle, ses héritiers abandonnent pour y souscrire certains engagements ou ventes à facultés de rachat à lui fait par Jean Baué d’un pré au même lieu de Beuvange pour soixante (60) livres tournois

 

Jean Degoix a encore deux filles mineures et à cause de leur bas âge, il lègue et leur fait don de six cent livres tournois pour les deux pour leur entretien, éducation et habillement durant leur minorité.

 

Il déclare en outre qu’il a payé pour dot, habillement de sa fille aînée la somme de onze cent vingt cinq (1125) livres tournois y compris l’achat et la réception des métiers de marchand à Jacques Petelot, son gendre et dont il a quittance qui se trouve dans ses papiers.

 

Il veut et ordonne que chacune de ses filles mineures reçoivent pareille somme de onze cent vingt cinq (1125) livres tournois pour dot.

 

Il déclare que pour le mariage de sa fille aînée, outre la dot de onze cent vingt cinq livres tournois, il a aussi donné une croix en or et deux bagues et une chaîne d’argent et que pour égaliser avec elle, ses deux filles mineures, il leur est destiné les deux croix d’or, les quatre bagues d’or et deux chaînes d’argent qu’il a achetées pour elles.

 

Il veut, entend et ordonne que sa fille aînée et son gendre ne puissent interférer, ni contredire ses dernières volontés exprimées dans les présentes.

 

Présentes qui constituent son testament et dernières volontés, exprimées et fait en la cuisine dudit Jean Degoix, testateur, en présence du sieur Pierre Petner, marchand bourgeois de Thionville et de Noël Glaudy, maître sellier, bourgeois de Thionville, témoins dignes de foi et personnellement requis et appelés de la part du testateur, ce jourd’hui vingt sixième jour du mois de février, l’an mille sept cent neuf, à trois heures de relevée.

 

PS : Suite à un arrangement de dernière minute sur la destination des croix et bagues d’or entre les fille mineures, mais qui ne remet pas en cause le testament.

 

[1] Le dernier chapitre de mon ouvrage « Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » évoque aussi l’histoire de cette chapelle du mont Saint-Michel

 

Signatures de Jean Degoix et des témoins

Signatures de Jean Degoix et des témoins

Ce testament permet à Jean Degoix de partager entre ses filles plus de quatre mille livres [1] tournois, en comprenant la dot de sa fille aînée mariée un an auparavant.

 

Nous allons voir maintenant l’inventaire après décès de Jean Degoix dont le décès est intervenu entre la mi-mars et la mi-avril 1709.

 

Inventaire des effets de Jean Degoix du 24 avril 1709

 

Inventaire fait par nous, Etienne Heu de Saint-Rémy, écuyer, conseiller du roi, lieutenant général civil et criminel, conseiller aux inventaires du bailliage du siège royal de Thionville, à la requête de Pierre Jacques Petelot au nom et comme tuteur des enfants mineurs du défunt Jean Degoix, vivant, marchand bourgeois de cette ville. Inventaire de tous les meubles, effets et papiers de la famille du défunt Jean Degoix en exécution de notre ordonnance de ce jour.

 

Lequel inventaire nous avons fait rédiger par Alexandre Joseph Bailler , notaire et greffier aux inventaires, avec Pierre Jacques Petelot mari de Christine Degoix, le procureur du roi et son adjoint.

 

Du mercredi 24 avril :

 

Premièrement nous sommes montés dans une chambre haute qui prend jour dans la grande rue et dans la rue de derrière  [2]où nous avons trouvé les effets suivants :

 

  • Six (6) fauteuils en bois de noyer usés,  garnis de toile et de bourre .
  • Un vieux bois de lit garni de cinq (5) rideaux de serge verte, bordés d’un galon de fil écru, le tout en falbala avec ses tringles.
  • Un matelas avec palliasse avec leur courtille à rayures bleues et blanches, un peu usagé et une courte pointe de toile teintée.
  • Une armoire en bois de noyer à quatre battants et demi, fermant à deux serrures dans  laquelle se trouve :

                     Treize draps en toile

                       Trois draps d’étoupe

                       Douze chemises de toile de chanvre assez usées

                       Quatre autres chemises en toile fort vieilles

                       Un cendrier

                       Trois douzaines de serviettes de toile de chanvre, rappées

                       Une autre douzaine de serviettes de chanvre

                       Une douzaine de nappes de toile de chanvre de bon usage

                       Deux douzaine de serviettes, nappes en toile de lin.

                       Une taie d’oreiller tant petit que grand toile de chanvre.

                       Quatre taies de toile de lin  et de chanvre

                       Une culotte de toile avec une chemise de toile de chanvre

                       Deux tabliers de cuisine en toile d’étoupe

                       Cinq cravates de toile de cloitre

 

[1] C’est une somme importante pour l’époque.

[2] la maison se trouve donc dans rue principale de Thionville, actuelle rue Paris et la chambre a une ou des fenêtres donnant sur les rues de part et d’autre de la maison ;

Au chapitre des étains :

 

Des quarts en étains, des pots, plats et assiettes en étain à la fleurs de lys pour cinquante six livres.

 

Au chapitre de la cuisine :

 

Une vieille balance de cuisine

Un grand nombre de pots, bassinoires, poilons, tourtières en cuivre,  casseroles,                     bassin à eau, mortier, chandeliers, tant en fer, étain et cuivre rouge, hachoir,           chenets…

 Dans la  cuisine existe aussi un accouchoir [1] avec une paillasse, un matelas de       laine  et de crin garni de chanvre, des oreillers.

 

Dans cette cuisine se trouve une armoire fixée dans la muraille et dans laquelle on a trouvé :

 

Cent quarante deux livres, neuf sols en pièces de monnaies

 

Au chapitre de la cave :

 

            Seize briques de savon

            Dix cordes

            Douze brassées de grosses cordes

            Quatre vingt cinq livres de chandelles

            Dix huit fromages de Géromé

            Trois gros fromage de Hollande entier

            Un demi fromage de Gruyère

            Vingt brassée de petites cordes

            Sept manches de bêche

            Dix entonnoirs de fer blanc et un entonnoir de bois

            Un vieux coffre en bois de chêne

            Une écuelle de poix blanche

            Un baril de poix noire [2]

 

La cave semble contenir une partie des objets liés au commerce de Jean Degoix comme nous allons le voir dans l’inventaire de la boutique.

 

Au chapitre de la boutique : (Quelques éléments parmi des centaines)

 

            Huit livres et demie de ficelle, tant grosse que petite

            Sept livres de corde

            Trente sept paille de fer battu

            Quarante quatre simples gobelets de verre à boire de la bière

            Six cuillères à pot et trois écumoires

            Sept petits poilons et huit autres plus grands

            Quatre grands couvercles de pot

            Cinq faux à faucher

 

[1] On trouve dans cette cuisine le lit où était couché, Jean Degoix le jour où il a fait son testament.

[2] Poix blanche, matière jaunâtre ou blanchâtre produite par le pin et le sapin. Poix noire, obtenue par combustion lente de débris résineux. Servait à coller ou à calfater.

            Six enclumes de faux avec les marteaux

            Vingt cinq anneaux de sceau

            Vingt trois cadenas tant gros que petits

            Vingt et une étrilles

            Quatre clochettes

            Quatre vingt quinze boucles de fer

            Douze cent clous

            Quatorze mille semences de clous

            Cinq cent clous de talons

            Cinq mille broquettes

            Trois mille trois cent cinquante clous rondelest, beaucoup d’autres clous de siège

            Trente six livres de colle de menuisier

            Dix neuf livres de catéchisme

            Six douzaines de couteaux de boucher et treize couteaux de table

            Quarante cinq peignes de corne

            Quatorze petits forets

            Vingt trois pièces de pistolet

            Six livres de moutarde

            Trois livres de gingembre`

            Quatre vingt alènes de cordonnier

            Sept livres de poivre

`           Sept livres de fromage de Hollande

            Deux douzaines de pipes en bois

            Neuf livres de souffre

            Six livres de poudre à poudrer

            Vingt cinq muscades et une once de fleur de muscade

            Dix livres de riz

            Trois onces [1] de clous de girofle

            Vingt deux douzaines de boutons

            Cinquante cinq cahiers de papier

            De nombreux fils de Flandres

            Quarante cinq lacets de toutes les couleurs

            Quinze milliers d’épingles tant grosses que petites

            Deux couteaux à manche de cerf

 

            Et encore des dizaines et des dizaines d’articles différents….

 

Les marchandises sont estimées à 950 livres tournois soit le prix d’une petite maison.

 

Cet inventaire à la Prévert, nous donne à penser que Jean Degoix, qualifié de marchand, tenait en réalité un magasin de type droguerie, vendant un assortiment de produits très diversifiés allant des clous à la moutarde. Il avait ainsi une clientèle importante, tant chez les particuliers que les professionnels, autres artisans et marchands de la ville.

On remarquera aussi que de nombreux produits sont importés d’autres pays ou provinces, en particulier le fromage de Hollande et des Vosges ainsi que des épices plus exotiques comme le gingembre, la muscade et les clous de girofle.

 

Enfin, après la visite et l’inventaire de la boutique, nous en venons maintenant à l’inventaire des différents papiers conservés par Jean Degoix.

 

[1] Une once correspond à environ à un poids compris entre 25 et 35 g

Ils sont, là aussi, très nombreux et je ne citerai que les plus importants en terme d’avoir.

 Nous verrons en particulier que Jean Degoix avait des intérêts fonciers et immobiliers assez importants dans les villages de Beuvange-sous-Saint-Michel, Volkrange et Morlange ce qui explique son intérêt pour la réparation de la chapelle du mont Saint-Michel de Beuvange.

 

Au chapitre des papiers : (Réalisé le 27 avril 1709)

 

            Une liasse de papiers concernant le partage des biens, immeubles de la succession        de Jean Henry  Schmit, prêtre habitué en cette ville, Bernard Frisch maître boucher,          bourgeois de cette ville à cause de Madeleine Schmit sa femme et autres consors          dénommés audit partage entre ledit Jean Degoix comme tuteur des enfants mineurs     de Françoise Collin et au droit de Françoise Col sa femme.

 

NB: Ces familles : Schmit, Frisch, Collin et Col sont alliées et impliquées dans l’histoire de la chapelle des lépreux qui se trouve à Saint-François (Voir mon ouvrage sur le sujet)

 

            Un bail d’une chambre et d’un cabinet laissés à Jean Cademy par Jean Niclo,         huissier de police, portant somme de trente livres de loyer. Ledit loyer cédé à      Jean Degoix pour quatre années.

 

            Un cran de chaptel [1] par Jean Degoix à Mathis Probst de Metzange pour une         somme de trente écus en date du 28 novembre 1703, et un autre à Nicolas Jacob de            Beuvange pour vingt écus au 24 septembre 1707.

 

            Une promesse consentie par Jean Hagen, laboureur demeurant à la cense de        Daushaus [2]  pour trente huit livres en date de 1708 .

            Une obligation consentie par ledit Hagen au profit de Jean Degoix en date de        l’année 1705 pour une somme de soixante seize écus blancs.

 

            Une quittance sous seing privé donné par Jean Degoix le 25 février 1703 d’une   somme de vingt et un écus à la décharge de Didier Baué de Beuvange.

 

            Une constitution consentie par Diimanche Schweitzer de Metzange au profit de    Jean Degoix pour un principal de trois cents livres en date de 1706.

 

            Une obligation consentie par Jean Baué de Beuvange portant une somme de trois            cents livres en date de 1705.

 

            Une obligation faite au profit de Jean Degoix portant une somme de trois cents     livres par Pierre Allerborn de Thionville en date de 1709. Ladite obligation       portant intérêts au denier dix huit au profit de Marie Catherine Degoix, fille mineure, et à elle léguée par son père Jean Degoix.

 

            Il avait aussi à bail une métairie à Volkrange pour neuf cents livres de loyer

 

[1] Cela correspond à un bail à cheptel, un troupeau de bêtes est donné à garder et à prospérer à une personne qui doit en partager les bénéfices au bout de l’an.

[2] Actuellement la ferme du Colombier entre Veymerange et Elange

Dans ces papiers fut retrouvée la quittance faite par Pierre Jacques Petelot son gendre pour la dot du mariage avec sa fille aînée Christine, le festin, le linge et l’habillement.

 

Retrouvé également un billet, signé par Jean Degoix le 12 mars 1709, par lequel, il fait le partage de son argenterie et bijoux entre les trois enfants et par lequel il apparaît que les parts des deux filles mineures sont entre les mains de Jean Fischbach [1], laboureur d’Elange et de sa femme.

 

Une quittance donnée par le greffier de police portant la somme de neuf livres payées pour les droits de métier pour son gendre Pierre Jacques Petelot.

 

Enfin une liasse de vieux papiers en parchemin concernant sa maison de Thionville située dans la grande rue entre celle de Nicolas Herga et celle des héritiers Latouche avec un autre appartement situé derrière la maison dudit Louis Lamiotte.

 

Un registre journalier contenant quarante huit articles concernant les débiteurs qui n’avaient pas payé les marchandises.

 

Je pourrais continuer comme cela sur plusieurs pages,  mais je vais vous épargner cette litanie de reconnaissances de dettes, de constitutions, d’obligations diverses toutes au profit du défunt Jean Degoix.

 

Le montant total des avoirs représentés par l’ensemble de ces documents se monte à plusieurs milliers de livres tournois

 

Les débiteurs sont de Thionville et des villages alentours  (extrait)

 

            Cademy et Niclo de Thionville

            Mathis Probst de Metzange

            Nicolas Jacob de Beuvange

            Jean Hagen du colombier

            Didier et Jean Baué de Beuvange

            Pierre Allerborn de Thionville

            Agnès Klopstein et son mari Robert Delapierre de Thionville

            Léonard Mathis de Fontoy

            Noël Claude de Thionville

            Barthélémy meunier à Morlange

            Louis Pichier de Thionville

            Pierre Clocqui de Morlange

            Jean Baué le jeune de maison rouge

            Le meunier d’Immeldange et Mathis Veinant de la Haute-yutz

            Martin Monnelle

            Bodard de Thionville

            Jean Michel Scharff, avocat à Thionville

            Nicolas Koch d’Elange

            Nicolas Fischbach d’Elange

            Et tant d’autres…..

           


[1] C’est lui qui donnera le verger où fut construite la chapelle d’Elange en 1726.

Nous voyons aussi que dès 1699, Jean Degoix avait acheté des biens importants à Morlange, Beuvange et Volkrange. Nous sommes là quelques dizaines d’années après la fin de guerre de Trente ans et du dernier siège de Thionville en 1643.  Les villages alentours ont payé un lourd tribu et beaucoup ont très peu d’habitants, les terres sont laissées à l’abandon depuis des années et n’ont plus guère de valeur, aussi quelques marchands de Thionville, qui profitent de la reprise économique [1] et retrouvent des liquidités, les investissent dans l’achat de terres, métairies et troupeaux dans ces villages proches de la ville.

 

Enfin comme beaucoup de bourgeois de Thionville, Jean Degoix se devait de loger un officier de la garnison. Dans la chambre occupée par cet officier, on a recensé, un vieux châlit de bois de chêne, une palliasse ou matelas avec des draps, oreillers et couvertures de toile, le tout usagé.. Il y avait aussi un plat en étain, une table en sapin, un grand chaudron et des chenets.

 

Nous savons que sa fille aînée, Christine, mariée avec Pierre Jacques Petelot fit souche à Thionville comme sa seconde fille Marie Catherine, mariée avec Nicolas Conset ou Conseil. Elles avaient toutes les deux épousé des marchands de la ville, quant à sa plus jeune fille, nous n’avons cherché plus d’informations. Contrairement à d’autres inventaires après décès, il ne figure pas de reconnaissance de dettes envers des tiers, ce qui n’est pas courant à l’époque, preuve de la bonne et saine gestion faite par Jean Degoix.

 

Voilà donc en ce début de 18ème siècle, ce que possédait un riche marchand, bourgeois de Thionville, ce qu’il léguait à ses enfants. On peut le dire, c’était là un patrimoine assez élevé, nous verrons dans les articles à venir, le patrimoine laissé par un manouvrier d’Elange et ensuite par un officier de la noblesse, seigneur de plusieurs villages alentours. 

 

Comparaison n’est pas raison, on le dit, mais à n’en pas douter, ces comparaisons nous donneront une idée assez juste de l’état de cette société  thionvilloise au début du siècle des lumières.

 

[1] Reprise favorisée par la présence française, la fin des hostilités, la pacification du pays et des voies commerciales. Aussi par l’appétit de vie des habitants sortant d’une longue période troublée, voir dévastatrice.

Dans ce document de juillet 1723, on voit que Nicolas Confes et Marie Catherine Degoix continuent à mettre à bail au sieur Baué, la métairie de Beuvange,  héritée de Jean Degoix.

Dans ce document de juillet 1723, on voit que Nicolas Confes et Marie Catherine Degoix continuent à mettre à bail au sieur Baué, la métairie de Beuvange, héritée de Jean Degoix.

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
Sceau ordinaire du couvent de Marienthal au Luxembourg

Sceau ordinaire du couvent de Marienthal au Luxembourg

En février 2014, j’avais sur mon blog www.histooiredethionville.com, initié une série d’articles sur l’histoire de la ferme de Marienthal à Thionville-Guentrange. [1]

 

Pour plus d’explication,s reportez vous à cette série d’articles sur le sujet toujours disponible sur le blog : www.histoiredethionville.com

Une fois sur le blog, taper dans la zone RECHERCHE : Val Marie et vous trouverez tous les articles parus sur le sujet.

Vous pouvez aussi consulter le « Miscellanées 2013-2014 » aux archives municipales.

 

 

 

[1] On retrouve ces articles dans le « Miscellanées 2013/2014 » consultables aux archives municipales et bien entendu sur mon blog.

Dans l’avant dernier article de la série, nous voyons que Balthazar Schweitzer, fils de Rémy Schweitzer, ayant repris la ferme [1]de « Marienthal-Vonnerhof » après son père, a des difficultés financières. Il contacte un emprunt en 1719 auprès du juif Lazard Limbourg, il est étranglé par ses dettes et en 1717, les Dames du couvent de Marienthal veulent le voir déchu de son bail, car en plus de ses dettes, il a dégradé un bois au ban d’Oeutrange, ce qui a provoqué un procès initié par le procureur du roi de la maitrise des eaux et forets de Thionville.

 

Ainsi ses dettes se montent alors à 1430 livres tournois, on lui a retiré de son bail l’exploitation du fameux bois d’Oeutrange, il doit aussi procéder aux réparations à la maison de la cense et aux dépendances..

 

En 1736, on le voit vendre à Nicolas Helminger une vigne d’un arpent pouvant être labourée, pour la somme de 200 livres tournois. Nous savons qu’il est probablement décédé le 12 mars 1739.

 

Nous ne savions pas ce qu’était devenue la ferme de Marienthal [2] après son décès et jusqu’à la révolution.

 

L’acte qui suit va nous donner la suite de l’histoire :

 

Nous soussignées Dames prieure et sous-prieure et autres dames du conseil du noble couvent de « Mariendalle », toutes capitulairement assemblées dans le lieu ordinaire où nous traitons de nos affaires temporelles, après avoir mûrement réfléchi et délibéré sur la situation du couvent et particulièrement sur le sujet de notre cense appelée « Vonnershoffe » située dans le ban de Thionville et bans circonvoisins, confessons et déclarons qu’ayant ci-devant laissé à titre de bail emphytéotique pour nonante neuf années à Rémy Schweitzer, notre dite cense étant passée dans la possession et jouissance de Balthazar Schweitzer, son fils, qui au lieu de satisfaire aux clauses et conditions énoncées par ledit bail avait entièrement négligé d’y satisfaire, ce qui nous avait obligé de le faire déchoir du bénéfice du bail par sentence du 6 avril 1732, à laquelle néanmoins, l’on avait formé opposition de la part des créanciers dudit Balthazar Schweitzer qui prétendaient la faire vendre (la cense) , le bénéfice de la vente devant couvrir leur dû.

 

Pour éviter que notre cense soit vendue, et pour le bien et la conservation de ladite cense, nous avons, c’est à dire immédiatement après la sentence du 6 avril 1732, relaissé notre cense, par bail verbal au sieur Nicolas Elminger, notre officier et admoniateur au département de Thionville, à charge de faire bâtir la maison de ladite cense à ses frais et sans espoir d’indemnité et de payer toutes les dettes hypothécaires contractées par ledit Balthazar Schweitzer jusqu’au jour de ladite sentence du 6 avril 1732 pour que le sieur

 

[1] Ferme= cense = métairie

[2] Marienthal ou Val Marie zone résidentielle située à Thionville-Guentrange, non loin du super marché Leclerc au bas de la côte menant au Kinépolis.. Ici francisé en « Mariendalle ».

Elminger puisse jouir de la cense et ses dépendances suivant et conformément audit bail de 1698 et comme ledit Rémy Schweitzer en a joui sans en rien excepter, ni réserver.

 

Comme le sieur Elminger, en conséquence de notre bail verbal, a joui de la cense et a fait faire le bâtiment en question, qu’il a acquitté les dettes dudit Balthazar Schweitzer, nous avons délibéré et résolu par ces présentes de donner plein et entier pouvoir au sieur Jean Frédérique Béchin, notre procureur et chapelain, pour nous et en notre nom, passer bail emphytéotique, portant confirmation et ratification dudit bail verbal par nous fait au sieur Elminger et ce par devant notaire, pour notre cense de « Vonnershoffe » et ses dépendances pour lui et ses, ses hoirs et successeurs, en jouir ainsi et de même que le sieur Rémy Schweitzer en a joui jusqu’à l’expiration du bail emphytéotique du 21 octobre 1698, à charge pour le sieur Elminger de nous livrer chaque année que ledit bail durera, une somme de quatre-vingts écus (80) à trois livres tournois l’écu, monnaie au cours de France, conformément audit bail de l’an 1698, promettant de tenir pour ferme, stable et irrévocable tout ce que ledit sieur Behin gérera en vertu et au contenu de la présente procuration en foi de quoi, nous Dames prieure et sous-prieure et autre dames du conseil, assemblées comme dit, avons signé les présentes et apposé le sceau ordinaire de notre couvent.

 

Fait à Mariendalle le 10 septembre 1734.

 

Signatures :

 

Soeur M. C de Manteville, prieure

Sœur M. R de Coudenhove, sous prieure

Sœur M.U de Manteville

Sœur M. Agnès de Coudenhove

 

Dans cet acte nous voyons que Balthazar Schweitzer a été déchu de son bail le 6 avril 1732. On constate que les créanciers dudit Balthazar, pressés de recouvrer leur argent demande la vente de la métairie. Heureusement, les sœurs de Marienthal, avisées, vont le même jour de la sentence du 6 avril 1732, passer un bail verbal avec Nicolas Elminger l’admoniateur de leurs biens thionvillois, ce qui suspend la vente.

 

Le bail verbal exige que le nouveau bailli de la cense construise le bâtiment d’habitation de la métairie et règle toutes les créances de Balthazar Schweitzer. Une fois que les obligations du bail verbal sont réalisées, rassurées, les Dames de Marienthal vont signer un bail emphitéotique passé devant notaire avec ledit Nicolas Elminger afin qu’il jouisse avec sa famille et ses successeurs de l’exploitation de la cense. Le bail stipule un loyer ou limel de 80 écus soit 240 livres à verser annuellement au couvent de Marienthal.

 

Toutefois, Nicolas Elminger n’était pas fermier, aussi a-t-il mis la cense en fermage à la famille Picard qui exploitait déjà la métairie de Chaudebourg.

La cense ou métairie  aujourd'hui

La cense ou métairie aujourd'hui

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
1731 – Thionville – Christine Rosa, 16 ans, veut être admise chez les Clarisses

Nous avions vu dans l’article précédent la construction de l’église des Clarisses de Thionville dont le couvent est aujourd’hui la mairie de la ville.

 

Un acte du 31 décembre 1731, nous éclaire sur la démarche d’une jeune fille de seize ans pour être admise au sein de la communauté des religieuses de Sainte-Claire de Thionville. [1]

 

« Le lundi trente unième et dernier jour de l’années 1731, après midi, par devant moi, Damien Augustin, notaire royal au bailliage et siège de Thionville, y demeurant, soussigné et en présence des témoins cy-après nommés est comparue en personne :

 

Christine Ana [2], fille mineure, âgée à ce qu’elle dit de seize ans, actuellement pensionnaire au couvent du Saint-Esprit des religieuses de l’ordre de Sainte-Claire en cette ville. Laquelle (Christine Ana) dans l’étude de moi, notaire susdit, et en présence des témoins a déclaré de pleine liberté, sans induction, ni suggestion de personne généralement quelconques, qu’ayant la vocation par la grâce du seigneur et souhaitant être admise au nombre des dames religieuses dudit couvent, ses parents et ses héritiers présomptifs n’étant pas en état de lui procurer cet heureux état (être religieuse) et leur en avoir parlé différentes fois.

 

[1] On notera que les religieuses de Sainte-Claire dites clarisses sont à Thionville des « Urbanistes » ayant le droit de posséder des biens matériels, contrairement aux « Pauvres clarisses » qui suivent une règle beaucoup plus astreignante.

[2] Christine Ana Rosa, fille mineure, au décès de ses parents, se voit mise sous la tutelle d’un oncle Nicolas Florentin, jardinier, marié à Antoinette Rosa, une sœur de son père

Si même, le sieur Nicolas Florantin, son tuteur, lequel au lieu de lui être reliquataire de sa gestion, lui a dit que la comparanet mineure lui était débitrice de plus de six cents livres tournois.

 

Et comme pour parvenir audit état de religieuse, elle voudrait donner audit couvent une somme de quatre milles livres tournois (4000) pour sa dot, quatre cents livres (400) pour présent à l’église et se faire un fonds de trente six livres (36) de pension viagère pour ses menus besoins et nécessités, lorsqu’il aura plu aux dames religieuses de chœur et étant d’ailleurs dénuée de tout secours temporel, n’ayant pas ou très peu de linge, ni habillement, point d’argent pour se pouvoir de meubles pour sa chambre et habits de religieuse, elle a déclaré après avoir invoqué le saint nom de Dieu à son secours, qu’elle voulait dès à présent faire rédiger par script ses dispositions et ordonnances, de ses volontés par forme de testament, comme effectivement, elle a déclaré fait et dicté à moi, notaire susdit et témoins, lesdites dispositions en la manière suivante :

 

Savoir que ses désirs étant tels que dessus et dans l’espérance d’y parvenir, elle donne, lègue et abandonne dès à présent et pour toujours audit monastère et religieuses du couvent du Saint-Esprit, ordre de Sainte-Claire en cette ville, généralement tous ses biens meubles et immeubles généralement quelconques et de quelle qualité et nature qu’ils puissent être et que ses parents lui ont dit, consister en deux métairies au village, ban et finage d’Illange, seigneurie de Meilbourg [1], dont :

 

L’une (métairie) provenant de Nicolas Rosa et Françoise Grouselier ses aïeuls paternels, métairie laissées à bail héréditaire moyennant quatre (4) maldres de froment, quatre (4) maldres de moitange, un bichet de pois et cinquante (50) œufs de rente annuelle.

 

L’autre corps de biens provenant de Baltazard Meslinger et sa femme aïeuls maternels , rapportant actuellement, trois (3) maldres de froment et trois (3) maldres de moitange [2], outre environ sept (7) nouées de vignes, portions de maisons, granges, écuries, pressoirs, jardins et vergers, biens situés au village, ban et finage d’Illange et bans circonvoisins, sans rien en réserver, ni excepter généralement quelconques consistant encore lesdits biens de la comparante dans une maison située à Thionville en la rue brûlée, provenant de ses aïeuls maternels de la valeur d’environ mille deux cent (1200) livres tournois et quelques cens en argent sur des jardins à la porte de Metz et affermés par ledit défunt Nicolas Rosa et sa femme à différentes personnes et enfin aux dires de ses parents, en une somme d’environ deux mille (2000) livres tournois à elle dû par Nicolas Florentin, jardinier, et Antoinette Rosa sa femme sur tous leurs biens et spécialement sur une brasserie située à la porte de Metz au long de la Fensch et comme elle n’a pas d’autre connaissance de ses biens et facultés, elle déclare qu’elle comprend dans la présente donation tous ses autres biens, recettes et revenus généralement quelconques sans rien en réserver ni excepter directement ou indirectement et provenant tant des successions paternelles et maternelles soit mobilières ou immobilières.

 

A charge par lesdites dames abbesses et religieuses de payer et de satisfaire a tout ce qu’il conviendra, soit pour sa pension pendant le temps de sa postulation, celle de son année d’épreuve ou de noviciat, comme aussi des dettes et des charges auxquelles ses biens ci-dessus légués peuvent être obligés, et de lui constituer valablement une pension viagère payable par année pour subvenir a ses menus besoins et nécessité et enfin de lui garnir une chambre convenable à son état de religieuse, le tout ainsi fait à l’étude de moi, notaire, lesdits jour et année susdits.

 

[1] Meilbourg ancienne seigneurie située à côté d’Illange et alliée au Rodemack (en 1325) et au Lagrange

[2] Le ou la maldre contient environ 2 hectolitres de grains. Moitange ou méteil = un mélange de grains, généralement du blé et du seigle

Le tout en présence de maître François Nicolas Fringan, conseiller du roi, lieutenant particulier de la maîtrise des eaux et forets de cette ville et avocat au parlement, aussi de maître Joseph Grégoire Soucelier, conseiller du roi, procureur du roi au siège de la police, échevin de la ville et avocat au parlement, et encore de maître Jean Robert aussi avocat au parlement et syndic de l’hôtel de ville, demeurant tous les trois en cette ville de Thionville,.

 

Témoins et spécialement requis et appelés et après que le présent contrat a été lu et relu à ladite Christine Rosa, comparante, elle a dit qu’il (le contrat) contenait ses volontés et dispositions, elle a persisté et signé avec lesdits témoins et moi notaire.

 

Un document additionnel a été ajouté au contrat :

 

« En mon étude, en présence des témoins dignes de foi, Christine Rosa dénommée au testament ci-dessus, a requis que la lecture qui lui a été faite à l’instant, et bien qu’âgée de seize années, elle l’avait bien compris et entendu et qu’elle persiste comme étant sa volonté sans suggestion ni induction de personne, étant en pleine liberté de quoi elle a requis, acté et signé en présence de Henry Tocker, prêtre vicaire à Weimerange et du sieur Dominique Jacquin, marchand orfèvre de cette Thionville et qui ont signé comme témoins après la lecture faite du présent contrat. »

 

Voilà comment une jeune fille de seize ans, pensionnaire au couvent des Clarisses de Thionville, persuadée de sa vocation de « sœur Clarisse », se dépossède de tous ses biens par testament afin d’assumer cette vocation.

 

L’âge de la jeune fille a obligé le notaire à s’entourer d’un maximum de précautions, en ayant la participation d’un certain nombre de témoins de qualité, notables patentés de la ville, et au final de refaire une lecture du testament, devant la jeune fille, en la présence d’un témoin apportant la caution d’un religieux, en la personne d’Henry Tocker, vicaire de Veymerange [1].

 

 

PS : Les Clarisses de Thionville eurent un blason figurant à l’armorial général de France [2] :

« D’azur à une sainte Catherine de carnation, et au buste du roi, d’or »

 

Référence: Notaire Augustin 3e7670

 

La dernière abbesse fut Dorothée Elminger, famille connue de Thionville

En 1774, l’abbesse était Elisabeth-Claire de Coussidon.

En 1674 l’abbesse est Marie-Thérèse Gennesson

En 1664, l’abbesse est M… de Beurthey ou de Beurth

 

Dans les prochains articles nous reparlerons de cet ancien couvent des Clarisses, qui fut aussi un hôpital, aujourd’hui hôtel de ville et devenu un des bâtiments « emblématiques » de la ville avec la Tour aux Puces.[3]

 

[1] La cure de Veymerange dépend alors de la paroisse de Volkrange.

[2] Moyennant finance.

[3] La chapelle des lépreux au quartier Saint-François est également un des plus anciens bâtiment de la ville, voir son histoire dans mon ouvrage récent ‘Histoire de l’ancienne chapelle des lépreux » 2017

 INFOS -INFOS -  INFOS - INFOS - INFOS - INFOS  

 

HISTOIRE DE L'ANCIENNE CHAPELLE DES LEPREUX

au quartier Saint-François

 

Il reste quelques exemplaires a vendre aux points de vente suivant:

Espace culturel Leclerc aux Capucins

Cultura de Terville

 

Bureau de tabac "le Gallia" au quartier Saint-François

 

 

Certains disent que c'est un "collector" mais il est sûr que vous y apprendrez beaucoup

sur la chapelle et sur la ville

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Nous avons vu dans les articles précédents que la ville avait des difficultés financières et des réticences, voir des refus, de payer l’impôt de la part de sa population.

 

L’acte qui suit nous montre que quatre vingt ans plus tard, la ville a toujours d’énormes difficultés financières, mais les choses ont-elles vraiment changé à cet égard ?

 

« Aujourd’hui 18 août 1783 à 8h du matin, l’assemblée générale des notables ayant été convoqué de la part du maire, il y a été dit que sa majesté ayant autorisé cette ville de Thionville, par un arrêt en son conseil du 30 août 1777, à percevoir pendant six années les octrois mentionnés dans sa délibération du 25 janvier de l’année précédente et cela pour satisfaire à son besoin de remboursement de l’emprunt d’une somme de 46000 livres tournois pour achever le paiement de la reconstruction de son église paroissiale [1] et acquitter en argent le logement des officiers supérieurs des corps qui sont en garnison dans la ville.

 

Ce terme de six années devant expirer au 1er décembre prochain sans qu’il ait été possible d’éteindre aucune partie de la somme de 46000 livres, tant à cause des charges qui subsistent suite à l’établissement des octrois que des nouvelles charges survenues comme la nécessité où s’est trouvé la ville de reconstruire à neuf les glissoirs [2] et les dégorgeoirs [3] de son moulin sur le glacis de la place, de plus la ville fait actuellement reconstruire à neuf le grand pont dormant sur le premier fossé de la place à la porte dite de Metz et cela coûtera environ 10000 livres, l’année prochaine la ville reconstruira à neuf le grand pont dormant sur le même fossé à la porte dite de Luxembourg, suite à l’adjudication qui en a été passé le 8 juillet dernier et approuvé par monsieur l’intendant le 19 du même mois.

 

Outre les glissoires et les dégorgeoirs de son moulin de Daspich [4] qui sont dans le plus mauvais état et beaucoup de réparations à faire aux corps de garde dans l’intérieur de la place. En conséquence, après examen sommaire des comptes de la ville, il avait été arrêté par délibération provisoire du 16 juin dernier approuvé par monseigneur l’intendant le 18 du même mois de demander la prorogation des dits octrois pour six autres années à commencer le 1er décembre prochain avec la réserve toutefois de celui sur l’entrée des moutons, brebis, boucs et béliers dont la régie générale faite depuis le 1er avril dernier qui a été majoré par le recette aux comptes pour tenir lieu de don gratuit de cette ville. Surquoi ayant été de nouveau conférée et délibérée, il a été unanimement arrêté de se pourvoir au conseil de sa majesté pour obtenir le prolongement desdits octrois.

 

 

 

[1] Voir à ce sujet le blog 2016 ou le Miscellanées 2016 aux archives municipales

[2] Les glissoirs sont des dispositifs charger de faire changer de niveau une matière quelconque, ici de l’eau, ais ils existaient aussi pour les sacs de farine.

[3] Les dégorgeoirs sont des moyens de laisser garder un certain niveau dans un bief en laissant s’écouler l’eau au travers de grilles ou d’un petit canal. Attention, dans un moulin à foulon comme à Beauregard, le dégorgeoir servait à laver les tissus, à les laisser « dégorger »

[4] Attention, ici Daspich ne doit pas être confondu avec le village, le moulin dit de Daspich était en fait le moulin rouge de Terville

Premièrement :

Sur les pieds fourchus, le bois de chauffage et le charbon qui entreront dans la ville pour y être consommés, soit d’achat, de rente ou pour y être vendus, même les bestiaux qui y auraient été « nourris ».

 

A savoir :

 

5 livres sur chaque bœuf ou taureau3 livres sur chaque vache ou géniss3 deniers pour chaque livre pesant de viande desdites espèces qui entreront par quartier ou en détail.

10 sols sur chaque veau

6 deniers pour chaque livre pesant de viande de veau qui entrera par quartier ou en détail.

20 sols pour chaque porc

10 seulement si l’acheteur justifie qu’il pèse au-dessous du poids de 50 livres.

10 sols pour le porc par bande.

6 deniers par livre pesant des autres pièces de lard et de viande qui se vendrons au détail.

Les mêmes droits sur les porcs en bande de lard et quartier qui entreront dans la banlieue de Thionville, attendu la grande consommation qui s’y fait.

 

15 sols pour chaque voiture à quatre roues de bois de chauffage ou fagots et moitié pour chaque voiture à deux roues.

30 sols pour chaque banne de charbon et 2 sols pour chaque sac.

 

Deuxièmement :

Sur tous les vins, bières, cidre, eaux de vie, liqueurs qui entreront dans la ville et dans sa banlieue soit pour y être consommés ou non, à l’exception de ceux qui passeront « Debout » ou qui resteront en dépôt pendant trois jours pleins, à savoir :

5 sols sur chaque hotte de vin d’achat, rouge ou blanc, du ressort du bailliage de Thionville, du pays messin et des quatre mairies du Val de Metz.

10 sols par hotte de vin de Lorraine ou de Bar, Verdun, Toul, Alsace et pays de Luxembourg

4 livres par hotte de vin de Bourgogne, Champagne, Moselle venant des pays étrangers et du Rhin, du Dauphiné, du Languedoc, de la Provence et généralement de tous ceux connus dans le pays sous la dénomination de vin étranger.

2 sols sur chaque bouteille de liqueur et autre bouteille commune

5 sols sur chaque hotte de bière, soit grosse, mêlée ou petite, indistinctement qui quoique fabriquée dans la ville ou la banlieue sera conduite en ville chez un particulier.

7 sols et 6 deniers pour chaque hotte de bière qui proviendra des fabriques située hors de la banlieue et de la ville.

5 sols pour chaque hotte de cidre.

30 sols pour chaque hotte d’eau de vie fine et 5 sols pour chaque hotte d’eau de vie commune,.

Pour tous qu’ils soient de cru ou d’achat, sans que l’on puisse compter les pots en plus des hottes de chaque pièce qui contiendra trois hottes et plus, ni que les vins d’un admoniateur ou fermier, adjudicataire ou bailliste, s’ils sont réputés vins de cru, ne seront assujettis aux droits d’octroi.

Sa majesté sera en outre très humblement suppliée d’ordonner que tous les droits d’octroi seront exigibles dans les 24 heures après l’entrée en la ville, à l’exception de ceux dont les objets seront destinés pour le service ou compte du roi, pour la consommation des malades de l’hôpital militaire, de l’hôpial des pauvres de Sainte-Elisabeth et de la communauté des pères capucins. Tous les octrois seront perçus conformément aux charges, ordres et défenses retenues par l’arrêt du conseil du 30 septemebr 1777, une copie sera jointe à la présente délibération et adressée à Monseigneur le directeur général des finances.

 

Fait et décidé en l’assemblée générale des notables en l’absence de messieurs les députés du bailliage qui ont été invités..

 

Suive les signature du maire, Petit,  et des notables

Les signatures

Les signatures

Ce problème du remboursement du prêt effectué pour la reconstruction de la nouvelle église paroissiale a été dès 1757, une crainte constante des officiers de l’hôtel de ville. Ainsi, ils alertaient les autorités dès le 3 juillet 1757 en ces termes :

 

« Si les nouveaux octrois mis en place pour le remboursement de cet emprunt ne sont pas continués ou que par le manque de garnison, ils se trouvaient réduit, alors la dette deviendrait « éternelle » car la ville n’au aucune autre ressource ! »

 

Le 11 juillet 1757 : « Ils mettaient l’accent sur la nécessité d’avoir une garnison capable d’opérer le débit des vins dont dépend le produit des octrois »

 

En décembre 1757, le fermage des octrois de la ville ne trouve pas preneur à cause des guerres et du manque de garnison en la ville, en conséquence, le fermage ne sera proposé que pour une année afin de voir venir.

 

Au 19ème siècle, les bureaux d’octrois qui se trouvaient à l’extérieur des portes [1] de la ville assuraient une bonne part des revenus de la communauté et faisait l’objet d’un règlement très précis.

 

 

[1] Au 18ème siècle les octrois se trouvaient aussi à l’extérieur des portes la ville dans des bâtiments en planches

Page de garde du règlement

Page de garde du règlement

1ère page du règlement

1ère page du règlement

Sur la photo a droite le petit bureau d'octroi en 1913

Sur la photo a droite le petit bureau d'octroi en 1913

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SOUSCRIPTION 

 

Quelques mots sur la souscription pour l'ouvrage "Histoire de l'ancienne chapelle des lépreux" à Thionville Saint-François qui est lancée jusqu'au 18 avril 2017.

Déjà de nombreuses souscriptions, n'attendez pas, c'est un ouvrage qui donne beaucoup de clés sur l'histoire de la chapelle de Saint-François et celle du mont Saint-Michel de Beuvange mais aussi sur la ville de Thionville.

 

Aussi pensez à réserver rapidement votre ouvrage 

 

 

Après deux années de recherches dans tous les dépôts d'archives de Moselle,

l'histoire de l'ancienne chapelle des lépreux à Thionville - Saint-François est enfin établie.

 

Le dernier chapitre de l'ouvrage est consacré à l'histoire de la chapelle du lépreux de

Thionville - Beuvange-sous-Saint-Michel.

 

Vous y trouverez aussi de nombreux renseignements sur l'histoire de Thionville et de très nombreuses illustrations en couleur. (Voir le sommaire en fin d'article)

 

Le livre est au format A4 pour 190 pages.

 

La clôture de la souscription aura lieu le 18 avril, la sortie du livre se fera le 2 mai 2017 (délai de fabrication) et sera en vente à l'Espace Culturel Leclerc au centre commercial des capucins à Thionville.

 

Le prix de souscription est de 20€ TTC, les chèques ne seront encaissés qu'après la livraison.

 

Après le 2 mai, le prix public sera de 25€

1783 – Thionville - Finances et octrois
1783 – Thionville - Finances et octrois
1783 – Thionville - Finances et octrois
IMPORTANT:  Bon de souscription a retourner avec votre chèque établi à l'ordre de Michel Persin

IMPORTANT: Bon de souscription a retourner avec votre chèque établi à l'ordre de Michel Persin

1783 – Thionville - Finances et octrois

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Dans l’article précédent nous avions vu « qu’ André Blondin est en 1703, le maître de la confrérie des boulangers de la ville de Thionville, à ce titre, il fera partie du regroupement de l’ensemble des corps de métiers de la ville pour demander à Jean Larminat, conseiller du roi, receveur des amendes et espèces du bailliage, d’aller à Paris plaider leurs causes. »

 

Voici la suite :

 

« Le 14 août 1703, devant les notaires royaux de Thionville sont réunis les maîtres de métiers des confréries de la ville :

 

  • André Blondin, maître de la confrérie des boulangers.
  • Jean Hein, maître du corps des cordonniers et tanneurs.
  • Jean Guillaume Huttinger, maître du corps des drapiers.
  • François Jean Thirion, maître du corps des tailleurs d’habits.
  • Nicolas Limbourg, maître du corps des marchands, merciers, huiliers et ciriers
  • Pierre Him, maître du corps des charpentiers et menuisiers.
  • Laurent Jardinier, maître du corps des maréchaux [1], serruriers, vitriers, celliers, bourreliers, cloutiers, potiers d’étain et cordiers.
  • Pierre Leyendecker, maître du corps des maçons, recouvreurs [2] et potiers de terre.
  • Nicolas Jean, maître du corps des tonneliers.
  • François Néron, maître du corps des chirurgiens.
  • Georges Florentin, maître du corps des jardiniers.
  • Jacques Gérard, maître du corps des tisserands.
  • Jean Luttin, maître perruquier.
  • Pierre Herault, maître apothicaire.
  •  

Tous bourgeois de cette ville de Thionville et composant les corps et communautés de métiers, lesquels, tous en leur nom et aux noms de tous leurs confrères ont fait et constitué, unanimement, par les présentes en la personne de Jean Larminat [3], conseiller du roi, receveur des amendes et espèces du bailliage, leur procureur.

 

Présent en personne et acceptant, ils lui donnent pouvoir, puissance et autorité pour se transporter expressément et incessamment de cette ville de Thionville à Paris pour s’opposer formellement de leurs parts au conseil d’état du roi, tant à l’égard de la proposition faite par monsieur le maire et les échevins de Thionville, d’imposer 5 sols sur chaque hotte de vin entrant dans la ville pour sa consommation, qu’à l’arrêt rendu en conséquence le 19 juin dernier et de désavouer les officiers de cette ville, des offres qu’ils ont fait au nom de la communauté de Thionville de prendre cet impôt de 5 sols sur les hottes de vin pour payer les gages des officiers de police

 

[1] Maréchal-ferrant

[2] Couvreurs

[3] Né en 1670 décédé en 1709, marié à Apoline Fourot. Il est un des fils de Louis Larminat (1629-1704) échevin de Thionville de 1679 à 1701

De plus, ils ne veulent pas que l’imposition de 6 sols sur chaque chariot de bois entrant en ville, soit continuée tant et si longtemps et jusqu’à ce que les dettes de l’hôtel de ville, les gages et » ustencils » soient recouvrés pendant le commandement de l’Espéroux [1] sous les ordres d’Espagnac.[2]

 

Pour cela, ils veulent que leur procureur reste à Paris, jusqu’à ce qu’il ait obtenu un arrêt définitif. Ils paieront le voyage d’aller, le séjour et le voyage de retour et même les journées d’absences dans sa charge à Thionville. »

 

[1] Gestas de L’espéroux, seigneur de Bertrange (Dans l’ouvrage de GF Teissier, on le dit commandant seulement en 1708, pourtant cet acte le désigne déjà commandant en 1703 !)

[2] Thierrat d’Espagnac, gouverneur de Thionville e 1680 à 1711

Quelques signatures en bas de l'acte

Quelques signatures en bas de l'acte

Nous n’avons pas d’acte certifiant qu’ils eurent satisfaction, mais il semble que non, car les impôts continuèrent à être prélevés. En tout état de cause, ils montrèrent aux autorités de la ville, leur détermination pour les affaires à venir, qui furent assez nombreuses, comme le prouve l’acte suivant :

 

« le 31 août 1719, pardevant nous, gens de justice de Thionville, Jean Damin, maire de la communauté de Thionville, Nicolas Lhoste, lieutenant et Nicolas Clerc, échevin est comparu Jacques Guillaume, doyen en ville de la mairie, lequel nous a dit s’être transporté en vertu de notre ordonnance, dans toutes les maisons des bourgeois de la ville et leur avoir fait plusieurs fois commandement de payer, chacun leur part, des deniers prêté par monsieur Marc « Laint ou Lainl ».

Ordonnance et condamnation contre la communauté de Thionville au sujet de leurs bois. Une partie des habitants refuse de payer leur cote part, nous avons donné audit doyen, acte de ces diligences à faire payer les refusants et nous ordonnons que les habitants seront appelés par le commandement dudit doyen à « quatre heures du matin » surquoi, lors de leur assemblée, il leur sera dit qu’ils seront incessamment contraint au paiement de la somme portée dans la condamnation et qu’alors chacun devra payer en sus le voyage de l’huissier, les intérêts et dépends, pour parvenir au paiement

Ledit maire, lieutenant comme le doyen ont requis un acte pour faire valoir leur actions d’autant que les habitants ne veulent pas payer, ni obéir au commandement du maire qui leur a déjà fait plusieurs fois lors des assemblées qui ont lieu devant l’église paroissiale pour délibérer des affaires de la ville.

1703 - Les corps de métiers se rebiffent !

Signé par le maire, Jean Damin, l’échevin, Nicolas Lhoste, le doyen, Jacques Guillaume

 

Il faut savoir que les thionvillois avait la réputation de gens difficiles à manier !

 

NB :

En 1701, les officiers de l’hôtel de ville étaient

 

Le maire :

François George, seigneur de la Grange, de Meilbourg et Macquenom, colonel de la milice bourgeoise de Thionville.

 

Les échevins :

Jean Hilt

Louis Latouche

Martin Bonjean

Nicolas Louis

Louis Larminat. [1]

 

Plus tard, vers le milieu du 18ème siècle nous avons une liste succincte des corporations de Thionville, elles semblent moins nombreuses et parfois regroupées un peu différemment :

 

Boulangers

  • Bouchers
  • Chirurgiens
  • Maréchaux
  • Maçons, Charpentiers, recouvreurs
  • Merciers, huiliers, ciriers, rôtisseurs
  • Tailleurs d’habits
  • Tisserands

 

Bonne lecture et à bientôt pour des nouvelles sur la souscription de l’ouvrage à paraître sur la chapelle des lépreux de Saint-François et

la chapelle du lépreux à Thionville-Beuvange.

 

[1] Il acheta le 29 décembre 1710, la charge de subdélégué de l’intendant de Metz qui venait d’être créée. Ce problème de charge achetée ne "colle" pas avec les informations connues sur la famille Larminat, mais je verrais cela et je vous en ferai part.

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Publié le par Michel Persin
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Coup de pied

 

Monsieur le lieutenant général civil et criminel au bailliage et siège royal de Thionville

 

Supplie humblement, André Blondin, maître boulanger, bourgeois de cette ville, disant que le jour d’hier, treizième du présent mois, François Vesque, aussi boulanger de cette ville, étant entré dans la maison du suppliant, André Blondin, et y ayant trouvé trois ou quatre des amis et confrères dudit Blondin, il se serait d’abord joint à eux et bu avec eux trois ou quatre verres de vin. Il voulait continuer de boire, mais André Blondin s’étant aperçu qu’il avait déjà bu auparavant et qu’il pouvait dans la suite troubler la joie, il lui aurait donc refusé de lui faire donner du vin avec d’autant plus de raison qu’il en demandait avec des termes daigneux [1] et blessant l’honnêteté.

Sur ce refus, sortant de la chambre, il aurait menacé André Blondin en lui disant :

 

« Tu me le payeras ! »

 

Puis, sans provocation de la part dudit Blondin et ayant aperçu sa femme qui avait allumé une chandelle pour l’éclairer et lui ouvrir la porte de la maison pour le faire sortir, il se serait retourné sur le seuil et lui aurait allongé un grand coup de pied dans le ventre qui lui aurait fait pousser un grand cri et lui aurait donné de la fièvre la nuit et l’aurait mis en danger, d’autant qu’elle était enceinte de cinq ou six mois. Voilà ce qui oblige André Blondin à se pourvoir devant la justice.

 

Sur cet incident, monsieur le lieutenant général fait adjonction au procureur du roi de faire examiner l’épouse d‘André Blondin par le chirurgien juré de la ville et de la faire panser et médicamenter.

Fait le 14 janvier 170

Signé : Hue de Saint-Rémy

 

Le procureur du roi, fait suivre la requête pour servir ce que de raison.

Fait à Thionville le même jour

Signé: Bock

 

Vu la présente requête et l’action du procureur du roi, nous ordonnons qu’il sera incessamment par nous informé du cas, circonstances et dépendances à l’effet de quoi seront, les témoins qu’André Blondin voudra faire entendre assignés par devant nous ce jour 14 janvier 1703, en notre hôtel, à trois heures de relevé [2] pour déposer sur les faits amenant la plainte et j’ai promis à André Blondin de faire visiter, panser et médicamenter sa femme par le sieur Metzinger, chirurgien juré de cette ville qui en dressera son rapport.

Fait le 14 janvier 1703

Hue de Saint Rémy

 

[1] Signifie méprisant, devenu par la suite dédaigneux

[2] Soit 15h

Rapport du chirurgien juré :

Rapporté par moi, maître chirurgien juré royal pour la ville et ressort du bailliage de Thionville qu’en exécution du commandement de monsieur le lieutenant général civil et criminel du 14 janvier 1703, je me suis transporté en la maison d’André Blondin, maître boulanger de la ville pour voir et visiter la dame Fanchon Falliné [1], sa femme. Laquelle j’ai trouvé gisante au lit disant être enceinte d’environ six à sept mois [2]et sentir des douleurs à la partie moyenne de la région épigastrique et aux reins pour avoir reçu du jour d’hier à ce qu’elle dit, un coup de pied dans le bas ventre sans cependant aucune marque de contusion ou plaie. Après l’avoir touchée et visitée, lui ai trouvé le pouls un peu agité et contre le mouvement naturel causé par quelques épouvantes. Elle a dit avoir encore senti remuer son enfant le jour d’hier et depuis plus rien. Voilà sa déclaration en ma présence et en celle de sa sage femme ordinaire, dame Anne marie. Je lui ai prescrit le repos et le régime convenable. Certifié être vrai en foi de quoi j’ai signé le présent rapport pour servir et valoir à la dite dame Falliné ce que de raison.

Fait à Thionville le 14 janvier 1703

Signé : Metzinger

 

Comment souvent du fait d’un jugement rendu par d’autres instances, nous ne savons pas quelles suites seront données à cette affaire.

 

Mariage :

Toutefois, lors de mes recherches sur la chapelle des lépreux à Saint-François [3], je suis tombé sur un contrat de mariage où l’on retrouve une partie des protagonistes du fait divers en question. Contrat de mariage dont la teneur suit:

 

« Le 21 avril 1714, sont présents en personnes, d’une part, le sieur Pierre Blondin, maître boulanger de Thionville, assisté du sieur André Blondin, aussi maître boulanger de la ville, son père, est là aussi, Pierre Braillon leur bon ami, bourgeois de Thionville. D’autre part, Marie Anne Françoise Herman, jeune fille du défunt André Herman, son père qui exerçait le métier de Boulanger en cette ville et d’Eve Kées, sa mère, à présent femme au sieur François Vesque, aussi boulanger et bourgeois de la ville, qui l’assiste avec maître Richard Dupont, prêtre primissaire [4] de la paroisse de Thionville et le sieur Hubert Huberty, marchand de la ville.

 

Les clauses du contrat se résument en plusieurs points :

 

- Qu’ils se marient au sein de leur mère l’église, apostolique et romaine, le plus tôt possible.

- Que dès leur mariage, ils mettront tous leurs biens en commun.

 

- Le futur époux a constitué une dot de 500 livres tournois à prendre sur les biens de la succession qu’il a hérité au décès de sa mère, Françoise Falinette.

 

- Le père du futur époux, André Blondin, versera sous huitaine après les noces une somme de 300 livres tournois.[5]

 

[1] Ou Fallinette ou encore Falignet suivant l’humeur du scripteur

[2] Le mari André Blondin annonce lui entre cinq et six mois.

[3] L’histoire de cette chapelle devrait être éditée pour Pâques 2017

[4] De « primisarius » chargé de dire la première messe du jour.

[5] Repoussé au mois de juin prochain

- François Vesques et Eve Kées, sa deuxième femme, promettent de constituer pour dot en avancement d’héritage à ladite future épouse, Marie Anne Herman, une somme de 500 livres tournois payable le lendemain des noces.

 

De plus pour l’habiller convenablement, ils lui verseront 100 livres, ils lui donneront aussi des meubles, de fins draps et de fines nappes, une douzaine d’assiettes, trois plats, un pot pinte et chopines en étain fin et la batterie de cuisine, auquels ils ajouteront un bois de lit avec matelas et couverture.

Le présent contrat de mariage passé à Thionville le 21 avril 1714 et signé de tous sauf Eve Kées qui ne sait pas écrire.

 

Comme on peut le voir nous retrouvons là les principaux protagonistes du fait divers, je veux citer :

 

- André Blondin et son épouse Françoise Falinette qui avait reçu le coup de pied au bas ventre.

- François Vesque le donneur de coup de pied.

 

C’est à dire qu’onze ans après les faits, le fils d’André Blondin, Pierre [1], se marie avec Marie Françoise Herman qui est la fille d’Eve Kées, veuve d’André Herman, à ce jour remariée avec François Vesque, le donneur de coup de pied à la mère du futur époux.

 

On peut remarquer aussi que Pierre Blondin était déjà né lors de cette affaire de coup de pied et que ce n’est pas lui qui était en gestation.

 

La punition pour ce coup de pied n’a pas dû être trop sévère et la rancune peu tenace. A leur décharge, les intérêts à s’allier entre familles du même corps de métier [2] étaient alors très importants et l’on pouvait bien passer, sur une soirée trop arrosée.

 

Enterrement :

Pour en revenir à la chapelle des lépreux de Saint-François, on trouve le décès d’André Blondin, maître boulanger à Thionville, le 26 avril 1728, et son inhumation dans la chapelle de Saint-François.

 

Pourquoi une inhumation dans cette chapelle ?

 

Simplement en vertu du fait que la famille Herman a été à une époque propriétaire de cette chapelle. (A voir en détail dans l’ouvrage à venir sur cette chapelle)

 

[1] Pierre Blondin s’était marié le 9 novembre 1706 avec Marie Thuilier avant cette seconde noce

[2] On notera que la famille Kées était aussi une famille de meuniers bienvenue dans une famille de boulangers

Acte de décès d'André Blondin

Acte de décès d'André Blondin

NB :

- Etienne Hue de Saint-Rémy, lieutenant général civil et criminel, au bailliage de Thionville époux d’Agnès Bock.

 

- Jean Mathias Bock, procureur du roi au bailliage De Thionville, subdélégué de l’intendant de Metz, seigneur foncier de Volkrange, célibataire.

 

André Blondin est en 1703, le maître de la confrérie des boulangers de la ville de Thionville, à ce titre, il fera partie du regroupement de l’ensemble des corps de métiers de la ville pour demander à Jean Larminat, conseiller du roi, receveur des amendes et espèces du bailliage, d’aller à Paris plaider leurs causes. (Nous verrons cela dans un article à venir)

Signature d'André Blondin comme maître de la confrérie des Boulangers

Signature d'André Blondin comme maître de la confrérie des Boulangers

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

1704 - Le transfert d’une prisonnière à Metz

1705 - La vente des seigneuries

 1783 - Le libraire licencieux 

 

Les vacances ne sont pas terminées, mais je vous livre ici quelques documents originaux, en quelque sorte un « devoir de vacances » bien agréable.

1704 - Transfert d’une prisonnière de Thionville à Metz

 

Un acte du 11 août 1704, nous donne un aperçu de la manière dont se faisait le transfert d’une prisonnière de Thionville à Metz pour son procès.

 

«Le 11 du mois d’août 1704, par devant nous Estienne Hue de Saint-Rémy, escuyer, conseiller du roi et lieutenant criminel au bailliage et siège royal  de Thionville, étant en la chambre criminelle est comparu le procureur du roi qui a dit qu’il a fait afficher et apposer à la porte de cet auditoire, qu’il sera aujourd’hui procédé au bail au rabais de la conduite d’Anne Arnous, prisonnière en la prison de notre conciergerie de Thionville, pour être menée sous bonne et sûre garde en la conciergerie du parlement de Metz, pour son procès requérant sa comparution.

 

Nous avons donné acte au procureur du roi de sa requête et avons ordonné qu’il soit présentement procédé à l’attribution du bail au rabais et avons fait lire à haute et intelligible voix ladite affiche par le sieur Barthel, huissier de service.

Après quoi, l’huissier a mis la conduite de ladite Anne Arnous à la conciergerie du parlement de Metz pour son procès aux enchères qui suivent :

 

Bail mis à prix à 50 livres

 

Collignon propose 45 livres

Chabot propose 42 livres

Niclou propose 40 livres

Collignon propose 38  livres et 10 sols

Chabot propose 37 livres

Collignon propose 36 livres

 

Personne ne venant rabaisser le bail, celui-ci est alloué au sieur Collignon qui devra donc mener ladite prisonnière, Anne Arnous, à son procès au parlement de Metz et la remettre en la conciergerie du parlement en assurant une bonne et sûr garde. La dite prisonnière lui sera remise en main propre et le tout noté sur le registre.

 

NB : Il est intéressant de constater qu’il y a plus de 300 ans, le transfert de prisonnier de Thionville à Metz était sous-traité à des particuliers, moyennant finances et garanties données par le particulier ayant remporté l’offre.

1705 – La vente des seigneuries de la prévôté de Thionville

 

« Le 14 mars 1705, examen par le lieutenant général et les conseillers du bailliage au siège royal de la ville, de la remontrance fait par le procureur du roi audit bailliage disant que l’édit de sa majesté ayant ordonné la vente et l’aliénation à titre d’inféodation et de propriété « incommuable » des justices et seigneuries des paroisses ordinaires du royaume, la plupart de celle de la prévôté de Thionville ayant été adjugées à différents acquéreurs et lesquels au lieu de se faire recevoir et installer en possession et jouissance par les officiers de sa majesté ainsi qu’il est dit au contrat de vente de messieurs les commissaires généraux et conformément à l’édit du roi du mois de juillet 1704 concernant les justices seigneuriales et quoi que ces règlements qui ne peuvent être ignorés par les acquéreurs, lesdits acquéreurs se sont mis en possession eux même ou par un sergent non commissionné.

Ils ont créé des maires et des gens de justice au mépris de l’édit du roi aussi il est requis du procureur du roi de faire réprimer pareils entreprises et que les possessions prises par les acquéreurs de Koenisgmacker, Terville, Elange, Boulange, Gandrange, Volkrange, Beuvange et d’autres lieux soient déclarés nulles avec défense aux maires et gens de justice créés par les dits acquéreurs d’exercer aucune fonction de leur office à peine de faux, les sergents qui les ont mis en possession sans aucune commission seront condamnés chacun à trois livres d’amende avec défense de ne plus récidiver sauf aux acquéreurs qui doivent se pourvoir pour leur installation et réception des maires et gens de justice ainsi qu’il est ordonné et que le jugement qui interviendra soit signifié aux acquéreurs et aux maires et gens de justice afin de s’y conformer.

 

Nous membres du bailliage en égard à la remontrance du procureur du roi et y faisant droit, nous avons déclaré et déclarons kes possessions prises par les acquéreurs des justices et seigneuries des paroisses de Koenisgmacker, Terville, Elange, Boulange, Gandrange, Volkrange, Beuvange et autres lieux dépendants du bailliage de Thionville, nulles, défendons aux maires et gens de justice de ces lieux d’exercer leurs offices sous peine de faux et d’arbitraire . De même nous condamnons les sergents ayant mis en possession les acquéreurs sans la mission de le faire d’une amende de trois livres et de défense de récidiver sous peine d’interdiction. Nous demandons aux acquéreurs de se pourvoir et ordonnons aux acquéreurs et gens de justice d’attendre d’être signifiés du jugement d’acquisition qui sera rendu ».

 

Ce texte est en deux parties, la première est une remontrance faite par les officiers royaux au bailliage de Thionville expliquant que certains acquéreurs de seigneurie dépendant dudit bailliage, ont une fois acté leur achat, nommés leur maire et leurs échevins, leur sergent et bangardes sans en référer aux officiers royaux et sans leur autorisation. Or l’administration royale avait prévu un contrôle sur ces acquisitions en terme de paiement effectif du montant de la seigneurie acquise et un contrôle sur les nominations du maire et des gens de justice. N ‘oublions pas que certaines seigneuries avait été acquises par deux seigneurs [1], qui nommaient chacun leur maire et gens de justice au sein du même village avec les inconvénients pouvant en découler.

 

La deuxième partie n’est que la confirmation de la remontrance par les membres du bailliage qui de toutes les façons n’avaient pas le pouvoir d’aller contre les officiers royaux.

 

On demanda donc aux gens de justice ainsi nommés de ne pas exercer leur fonction et aux acquéreurs de se pourvoir en justice pour demander la validation par les officiers royaux de leur acquisition avant de pouvoir créer et nommer leur maire, leurs échevins, sergent et autres. En fait le roi et son administration mettaient les choses au point et l’église au milieu du village.

 

Le roi avait vendu ses seigneuries mais restait le maître et les futurs seigneurs qui pour la plupart étaient d’anciens militaires, petits nobles ou plus simplement des bourgeois, commerçants de la ville comprirent vite quelle était leur place. Beaucoup qui s’étaient  endettés pour ce titre de seigneur déchantèrent bien vite, les rentes, droits et cens divers n’étaient souvent pas payés par des paysans pauvres ou par des laboureurs plus riches, mais chicaneurs et procéduriers. La mésentente était fréquente entre les co-seigneurs et le morcellement des propriétés lors des successions n’arrangeait rien. De ce fait, beaucoup de seigneuries furent revendues plusieurs fois en quelques dizaines d’années [2].

 

La vente des seigneuries du royaume avait atteint son but, renflouer les caisses royales mais fut souvent un marché de dupe pour les acquéreurs.

 

Ci-dessous, la déclaration de l’achat de la seigneurie de Terville-Elange par le sieur Jean de la Martinière de Thionville [1] pour une somme de 12760 livres et pour un rapport annuel théorique [2] de 500 livres, en cens, rentes et droits seigneuriaux divers, soit à minima 25 ans pour amortir l’achat. En 1722, la seigneurie sera vendue à Marie Anne Léopold de Neuhof, veuve de André Brandenbourg de Breyfeillac, comte de Trévoux et ses deux enfants la revendront en 1763, à Benoît Nicolas Wolter de Neurbourg, déjà seigneur de Cattenom, pour la somme de 18714 livres qui lui seront remboursé par le roi qui avait entre temps repris les domaines.[3]

Donc, entre 1704 et 1770, la seigneurie de Terville/Elange ne s’est valorisée que de 5954 livres soit d’environ 100 livres par année !

http://www.histoiredethionville.com/livre-à-venir-terville-histoires-retrouvées

 

[1] Il est commissaire garde du parc d’artillerie de Thionville

[2] Théorique car de nombreux droits et cens n’étaient pas payés ou avec énormément de retard à cause des mauvaises récoltes, des guerres et des épidémies.

[3] Voir « Terville, Histoires retrouvées » par Michel Persin 2013

 


[1] Un seigneur haut-justicier et un seigneur foncier comme à Volkrange avec l’incident qui en avait découlé lors de la fête du village.en

[2] Ainsi entre 1705 et 1789, la seigneurie de Veymerange eut plus de cinq seigneurs différents

 

Déclaration de l'achat de la seigneurie de Terville/Elange (ADM)

Déclaration de l'achat de la seigneurie de Terville/Elange (ADM)

Le libraire licencieux

 

« Aujourd’hui 8 avril 1783, nous Jacques Barthélémy Blouet, conseiller du roi, lieutenant générale civil et criminel au bailliage de Thionville ainsi que de la police de la ville, en procédant à l’assistance  de la réquisition de maître Antoine Collar, procureur du roi au siège de Thionville, et procédant à l’apposition des scellés chez le défunt Louis Bonin, libraire et bourgeois de Thionville, nous sommes descendu dans une cave attenante à la maison du sieur Bonin ou nous avons trouvé un coffre de chêne dans lequel il y avait des livres prohibé, c’est la raison pour laquelle nous avons fait transporter le coffre dans notre hôtel du bailliage pour en faire l’examen détaillé et en dressé l’inventaire .

 

Le 4 juin 1783, nous avons procédé à l’inventaire des biens du sieur Bonin, libraire de son état afin d’établir sa succession, inventaire fait sous la requête de maître Jean Joseph Delavallée, avocat au parlement de ce siège. Afin d ‘établir un inventaire le plus justement estimé, nous avons fait appel au sieur Pierre Bertrand, libraire de Thionville qui a prêté le serment qu’il s’acquitterait fidèlement de sa mission.

Nous nous sommes transporté au grenier de la maison du sieur Bonin défunt et avons commencé l’inventaire  des livres :

 

L’histoire de Clarisse en 4  volumes estimés à 4 sols.

La partie de chasse d’Henri IV en 4 volumes estimés à 12 sols.

(Suivent une liste de plusieurs dizaines de livres avec leur estimation)

 

Le 25 juin 1783, après avoir fait faire l’inventaire des livres de la boutique, nous avons fait celui du coffre avec les livres prohibés et nous en avons établi l’inventaire suivant :

 

10 exemplaires du livre « le système de la nature »

8 exemplaires du livre « Le mal et la liberté » de Jean Jacques Rousseau

3 exemplaires du livre « la belle allemande »

12 exemplaires du livre « Les amours de ……. »

8 exemplaires du livre « La confession du comte de *** » 1742 par Charles Pinot Duclos

4 exemplaires du livre « Le parnasse libertin »

18 exemplaires du livre « Le carillon de Cytère »

31 exemplaires du livre « Candide » de Voltaire.

36 exemplaires du livre « L’homme aux quarante écus » par Voltaire.

114 exemplaires du livre « La nouvelle Messaline » Nouvelles érotiques 1737

105 exemplaires du livre « la tourière des carmélites »

74 exemplaires du livre « Recueil de pièces galantes »

67 exemplaires du livre « Apologie de la fine galanterie »

88 exemplaires du livre « Les cinq jouissance à mourir »

7 exemplaires du livre « La putain errante » de l’Arétin

43 exemplaires du livre «L’histoire de la demoisselle B »

72 exemplaires du livre « La légende Joyeuse » de maistre Pierre Faifeu

5 exemplaires du livre « L’honnête philosophe 

 

NB: Beaucoup de ses livres sont pour le moins "Erotiques" les autres contestent Dieu, l'église et la morale, toutes choses fort peu appréciées par la royauté au 18ème siècle

 

L’inventaire terminé, nous avons mis notre cachet sur le coffre dans l’attente de la décision à prendre à son égard.

 

Le 24 juin 1783, le procureur du roi donne l’ordre qui suit :

 

« Je requiers que les livres prohibés mentionnés au procès verbal d’inventaire soit porté à la conciergerie du bailliage pour y être lacérés par l’huissier de service puis jetés au feu. »

 

L’ordre est exécuté le 29 juillet 1783.

 

Ci-dessous un exemple de livre prohibé que l'on peut encore trouver chez les bouquinistes

Le « Système de la nature » est un livre écrit en 1770, sous le pseudonyme de Jean Baptiste de Mirabaud, par le baron d’Holbach, Paul Henri Thiry (1723 à 1789) Le livre nie l’existence d’une âme et donc celle d’un Dieu. Pour lui, seul le cerveau est aux commandes et détermine la vie.

Le « Système de la nature » est un livre écrit en 1770, sous le pseudonyme de Jean Baptiste de Mirabaud, par le baron d’Holbach, Paul Henri Thiry (1723 à 1789) Le livre nie l’existence d’une âme et donc celle d’un Dieu. Pour lui, seul le cerveau est aux commandes et détermine la vie.

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
1704 – Evasion à la prison de Thionville

Dans l’article précédent nous avons vu qu’une certaine Madeleine Schaff avait été incarcérée à la prison royale de Thionville pour prostitution de son corps. Il se trouve que j’ai découvert, il y a quelques jours, un document daté du 1er juin 1704 qui relate une évasion de cette même prison où avait été incarcérée Madeleine Schaff en juin 1669.

http://www.histoiredethionville.com/2016/06/juin-1669-prostitution-et-prison-a-thionville.html

 

Voici  le rapport de cette évasion fait par le « geollier » et l’annotation au bas du rapport demandant une inspection de la prison :

 

« Ce jourd’huy, premier de juin 1704, aux environs des quatre heures du matin, moi Jacques Huyart, geollier commis aux prisons royales du bailliage et siège royal de Thionville [1], certifie m’être transporté dans une des chambres desdites prisons où était enfermé le nommé Jean Barthel, bourgeois de cette ville comme prisonnier à la requête du sieur Grinsar, marchand, bourgeois de Metz, pour une dette de 241 livres tournois, sauf néanmoins à déduire le reçu au paiement de laquelle somme, ledit Barthel a été condamné par sentence de ce siège, même par corps, comme il paraît sur son écrou du 7 mai dernier.

 

La nuit du dernier jour du mois de mai et premier juin, ledit Barthel se serait évadé de force desdites prisons, quoique qu’ayant fait bonne garde de sa personne.

 

Il aurait arraché et défait deux barreaux de la fenêtre de ladite chambre, lesquels cependant étaient tenus et liés avec deux chainettes qui entouraient les deux barreaux.

A l’instant, j’ai fait la recherche de la personne dudit Barthel par toute la maison de Claude Lestamy par laquelle il s’est sauvé et même dans la maison des voisins et n’ayant pu trouver ledit Barthel, j’ai été obligé de dresser le procès verbal pour servir et valoir ce que de droit d’autant qu’il ne vient aucune erreur de ma faute. Fait à Thionville dans les prisons royales du bailliage. » Signé du « geollier », Jacques Huyart.

 

 


[1] Au début du 18ème siècle, ces chambres servant de prisons pour les bourgeois de Thionville, étaient situées dans le bâtiment du bailliage (Beffroi) et la prison pour les militaires se trouvait dans le couronné de Yutz

 

Noté au bas du procès verbal par le procureur du roi au bailliage :

 

Je requiers pour le roi, que le bris de prison mentionné dans ce procès verbal, il en soit informé, circonstances et dépendances et cependant que lesdites prisons soient vues et visitées pour en être dressé procès verbal et qu’on me le communique.

A Thionville le 3 juin 1704, signé de Jean Mathias Bock [1], procureur du roi au bailliage.

 

Rapport sur les prisons royales de Thionville suite au bris et évasion :

 

L’an de 1704, le 3 juin, nous, Jean Fringan, doyen des conseillers du bailliage et siège royal de Thionville en absence du sieur lieutenant général audit siège en vertu du procès verbal dressé le 1er du présent mois par Jacques Huyart, concierge de la conciergerie dudit siège et sur réquisition du procureur du roi, mis au bas du procès verbal de Jacques Huyart, je me suis transporté avec Jean Gorgon Bailly, clerc au greffe à cause de l’absence du greffier en ladite conciergerie. Ledit Jacques Huyart, nous a conduit dans une petite chambre où il met d’ordinaire les prisonniers et qui prend jour [2]sur la cour de Claude Lestamy dit « Picquart », bourgeois de cette ville.

 

Dans cette chambre, nous avons trouvé une fenêtre barrée de haut en bas de quatre barreaux de fer carré et un pareil qui les barrait au travers des barreaux et les cramponnait l’un dans l’autre. Le quatrième barreau et la barre traversant quoi que cramponnée a été ôtée de force avec des outils de fer et les pierres de celle qui traversait ont été cassées. Le trou de la pierre d’embase où le quatrième barreau était posé a été creusé par dessous. C’est par ce brisement que ledit Jean Barthel détenu prisonnier dans ladite chambre s’est sauvé et évadé nuitamment. Pour assurer d’avantage ladite chambre en forme de prison, il faudrait que toutes les barres de fer fussent plombées par les bouts d’avec les pierres et murer une pierre de taille par dessus jusqu’au haut de la barre de fer et il restera encore un jour suffisant pour éclairer ladite chambre et les prisonniers.

Fait à Thionville le jour dit et signé du greffier et de moi-même.

 

On ne sait pas si le sieur Jean Barthel a été repris ou s’il a échappé durablement à la prison. Il n’était pas un bien grand criminel puisqu’incarcéré pour une dette importante envers un marchand de Metz, une somme de 241 livres ce qui à l’époque représentait la moitié du prix d’une maison en la rue brûlée ou le prix d’une maison et jardin dans la banlieue de la ville.

 

NB : Le beffroi actuel est bien différent de celui du 18ème siècle qui abritait aussi le bailliage, la chapelle du Rosaire et le poids de la ville. Il l’est bien plus encore de celui du beffroi originel. Toutefois, on peut voir qu’en 1704, la prison pour les bourgeois [3] de Thionville se limitait à une ou deux chambres situées dans le bâtiment du beffroi, au rez-de-chaussée, sans doute à l’arrière et donnant dans la cour d’une maison privée. Ces chambres ont une fenêtre avec des barreaux de fer et le concierge loge sans doute assez loin de ces chambres pour n’avoir rien entendu des « travaux» effectués par le prisonnier pour démonter deux des barreaux de la fenêtre. On a souvent dit que les prisons se situaient dans le sous-sol du beffroi, mais celui-ci servait au poids de la ville et les ouvriers y travaillant se plaignaient des odeurs à cause des fuites dans les écoulements des latrines de la prison qui se trouvaient donc au-dessus du poids et donc au rez-de-chaussée, ce qui corrobore ce rapport d’évasion.

 


[1] Il était aussi co-seigneur de Volkrange.

[2] Où il y a une fenêtre.

[3] Les habitants hors les militaires

 

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle

Dans l’article précédent j’écrivais :

http://www.histoiredethionville.com/2016/05/1733-un-dromadaire-a-thionville.html

 « Qu’ après ces deux courts textes, nous verrions une série d'articles sur les fortifications de Thionville réalisées par le capitaine, Rodolphe Saltzgeber, qui en 1673 avait construit le premier pont de Thionvillle et dont le nom est rarement associé aux fortifications de la ville. »

Toutefois, l’origine du capitaine Rodolphe Saltzgeber ou Saltzgaiber n’étant pas établi des recherches plus poussées auprès des archives Suisse et celles de l’armée à Vincennes sont en cours, nous verrons donc cette série d’articles sur les fortifications  dès que des informations plus précises seront disponibles.

 

J’avais annoncé le 23 septembre 2014,

http://www.histoiredethionville.com/2014/09/2014-thionville-baye-gallo-et-la-chapelle-st-francois.html

un article sur la chapelle des lépreux de Thionville, mais les informations disponibles me semblaient devoir être complétées et vérifiées. Au final, l’histoire de cette chapelle mérite plus qu’un article dans ce blog et je profiterai de cet été pour rédiger un ouvrage conséquent sur le sujet. Ouvrage qui devrait être disponible à l’automne 2016.

 

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Aujourd’hui, je vais vous conter une histoire rocambolesque qui est advenue au tout début du 18ème siècle et qui s’est conclue à Thionville au couvent du Saint-Esprit, dont le bâtiment est aujourd’hui occupé par la mairie de Thionville.

 

Les principaux personnages de l’affaire :

Anne Catherine, baronne de Schmitbourg [1] appelée « la baronne » dans le texte.

La baronne d’Eltz d’Ottange [2]

La dame de Caltenbach de Roussy [3]

Le sieur d’Alanzy [4]

Cretz Peter habitant de Altwies [5]

Le sieur Burthé habitant de Altwies

Le sieur Thierriat d’Espagne, gouverneur de Thionville [6]

Le receveur de l’électeur de Trêves.

 


[1] La famille de Schmibourg originaire de Coblence était alliée aussi à la famille d’Eltz.

[2] La famille d’Eltz alliée à la famille d’Hunolstein avait d’importants biens dans l’Eifel et la région de Trêves, elle avait aussi plusieurs seigneuries dans notre région, Ottange, Volmerange, Fontoy, Thionville..

[3] Cette famille appartient à un ensemble de familles de nobliaux qui s’étaient indûment appropriées des terres à Roussy et qui furent déboutées par François Maguin, conseiller à Metz et mari de marguerite de Wolter qui avait acquis la seigneurie de Roussy. On trouve dans ces familles les Caltenbach et les Halanzy.

[4] Capitaine d’un régiment de Dragons. Originaire de la Gaume.

[5] Commune dépendant actuellement de Mondorf-les-Bains

[6] Charles Thierriat d’Espagne, d’abord lieutenant du roi puis gouverneur de Thionville de 1680 à son décès à Thionville  le 25 juin 1711. Il avait été capitaine et major dans le régiment du maréchal de La Ferté et lieutenant du roi à Dôle avant d’arriver à Thionville.

 

La mairie de Thionville ancien couvent des clarisses

La mairie de Thionville ancien couvent des clarisses

La baronne explique le pourquoi de ce récit:

 

Anne Catherine, baronne de Schmitbourg, étant présente à Thionville, au couvent des dames abbesses et religieuses du Saint-Esprit en la ville [1], nous a dit qu’ayant réfléchit sur la conduite qu’elle a tenue pendant le temps qu’elle a séjourné chez le nommé Cretz Peter demeurant à Altwies, village dépendant du canton de Rodemack, où elle avait été envoyée, il y a environ quatre mois, de l’ordre de ses parents pour se faire soulager et guérir d’une incommodité [2] qui lui était survenue au visage. Cette conduite ayant donné lieu à ses parents d’en être mécontents, en sorte qu’ils ne voulaient plus l’écouter, ni la recevoir chez eux. C’est pourquoi voulant les désabuser des fausses impressions que cela aurait fait sur leurs esprits, elle nous a déclaré sans force, injonction, ni contrainte, mais d’une libre, sincère et franche volonté que la vérité est celle qu’elle nous déclare ce jour et nous demande de la rédiger par écrit et d’en dresser un acte authentique en présence de madame la baronne d’Eltz, de la dame abbesse du couvent du Saint-Esprit et de monsieur Alexandre, prêtre et curé de la paroisse de la ville.

 

La baronne est malade et va faire une cure à Altwies, près de Mondorf-les-Bains:

 

Pendant son séjour qui a été de trois mois ou environ chez ledit Cretz Peter où elle avait entrepris sa cure pour guérir de son indisposition, celui-ci lui aurait dit que son mal venait d’un sortilège que certaines sorcières du pays de Coblence [3], lui auraient donné et que si elle souhaitait connaître la personne qui lui avait jetée ou si elle voulait retourner chez ses parents, elle serait alors continuellement exposé au même accident. De ce fait, elle résolu de demeurer en ce pays et il lui dit alors qu’elle devait se marier car c’était le seul et unique moyen de parvenir à la guérison, sans quoi, il ne voulait pas entreprendre sa cure et comme elle ne souhaitait rien de plus que son soulagement, elle lui fit connaître qu’elle était disposée à écouter ses avis, qu’elle le regardait pour un homme habile et ne le croyait pas capable de lui conseiller la moindre chose contraire à son avantage.

 

Ledit Cretz Peter, remarquant la grande crédulité de la baronne, lui proposa après quelques jours de résidence chez lui, de l’emmener lui-même, là où elle le voudrait, lui promettant qu’il ne lui manquera ni or, ni argent, qu’il était assez riche pour faire sa fortune, qu’il la conduirait à Paris ou en Hollande, ou en tel endroit qu’elle souhaiterait, qu’il abandonnerait sa femme, sa famille pour la suivre, mais ces propositions ne faisaient aucune impression sur l’esprit de la baronne, car elle ne cherchait que sa guérison, ledit Cretz Peter, lui refit plusieurs fois ces propositions qui restèrent vaines.

 

Plus tard, la baronne fit la connaissance d’un gentil homme appelé le sieur de Burthé qui demeurait au voisinage de Cretz Peter et qui s’étant aperçu du remède préconisé, soit le mariage, lui fit après quelques jours la proposition de l’épouser, mais la baronne n’éprouvait qu’indifférence et même conçu de l’aversion pour le sieur Burthé.

Celui-ci, entra dans un grand emportement et une grande fureur, disant hautement qu’il se poignarderait. Plus il témoignait son empressement, plus la baronne avait de la haine pour le pauvre homme et sans pouvoir dire d’où cela venait, sinon qu’elle pensa que c’était un charme qui ne pouvait procéder que de la part de Cretz Peter. Alors, elle le pria de faire cesser la passion violente du sieur Burthé.

 

 

 

[1] Ordre des clarisses dépendant du couvent du Saint-Esprit de Luxembourg.

[2] Terme général indiquant probablement une maladie de peau

[3] Où habitaient alors ses parents

La baronne va au château de Roussy et s'engage à la lègère:

 

Dans ces entrefaites, la dame de Caltenbach [1], demeurant au château de Roussy ayant rendu quelques visites à la baronne, celle-ci crut de son devoir de lui rendre la réciproque en se rendant au château de Roussy où elle aperçut un officier quelle ne connaissait pas et que l’on lui dit être le sieur d’Alanzy [2], lequel eut une conversation avec elle où elle lui fit entendre qu’elle désirait s’établir dans ce pays et s’y marier et qu’il y avait un gentilhomme de distinction qui paraissait avoir un penchant pour elle, mais qu’elle même avait beaucoup de répugnance pour lui. Le sieur d’Alanzy lui proposa un sien neveu qu’il disait être galant homme, ce à quoi la  baronne qui dans toutes ces propositions ne savait quel parti prendre répondit qu’il fallait voir ce jeune cavalier.

Mais le sieur d’Alanzy ayant été averti de la faiblesse, de l’âge et de l’esprit de la baronne ne manqua pas de venir la trouver le lendemain accompagné de son neveu qu’il emmena chez Cretz Peter, qui dès qu’il vit le jeune homme, dit à la baronne que c’était la personne qu’elle devait épouser. Madame de Caltenbach étant venue avec le sieur d’Alanzy et son neveu, sollicita la baronne pour qu’elle épouse le jeune homme et le sieur d’Alanzy promis de l’entretenir toute sa vie et d’en faire son héritier. Devant tant de pression la baronne conçu pour ce jeune homme une violente passion et donna sa parole de l’épouser, à la dame de Caltenbach, et sur sa demande lui fit un billet disant que le sieur d’Alanzy lui avait promis cent ducats et une compagnie franche pour le mari de la dame de Caltenbach . S’étant ainsi séparés, la dame de Caltenbach, s’en retourna avec le sieur d’Alanzy et son neveu au château de Roussy.

 

La baronne part pour Coblence en bateau sur la Moselle:

 

Le lendemain, la baronne partit avec un ecclésiastique et une femme de chambre qui étaient venus la reprendre pour la conduire chez ses parents où elle retournait en bateau. En chemin, elle passa quelques jours à Trêves d’où elle repartit pour continuer sa route et étant arrivée aux environs de Paltz [3] au-dessus de Trêves, elle aperçu le sieur D’Alanzy avec un corps de cavalerie qui était sur le bord de la Moselle.

 

La baronne se fait enlever:

 

Il fit arrêter le bateau  et monta à bord avec l’intention de l’emmener. La baronne protesta et le receveur de l’électeur de Trêves qui accompagnait la baronne ayant exhibé un passeport au sieur d’Alanzy pour empêcher qu’il ne les arrêta se vit répliquer par le sieur d’Alanzy qu’il respectait le passeport mais qu’il demandait que la baronne le suive car elle avait promis de se marier avec un des officiers de son régiment et qu’absolument, il l’emmènerait. La baronne, malgré la résistance du receveur de l’électeur de Trêves et la sienne fut contrainte de le suivre avec la cinquantaine de maîtres qui accompagnait le sieur d’Alanzy.

 

Le jour même, ils couchèrent à Grevenmacker, la baronne accompagnée par sa femme de chambre qui la quitta en ce lieu, le sieur d’Alanzy lui en ayant donné une autre. Le lendemain, un mardi, ils furent rendus au château de Roussy, chez le sieur et la dame de Caltenbach.

 


[1] Caltenbach ou Kaltenbach

[2] Alanzy ou Halanzy, famille originaire de la Gaume belgo-luxembourgeoise.

[3] On parle ici de Pfalzel, aujourd’hui quartier au nord de Trêves.

 

Cours de la Moselle de Thionville à Coblence

Cours de la Moselle de Thionville à Coblence

La baronne va être mariée contre son gré:

 

Dès le lendemain, le neveu du sieur d’Alanzy monta au château de Roussy dans le dessin d’épouser la baronne si quelque prêtre avait été présent mais faute de prêtre, la cérémonie fut différée au lendemain, jeudi, car le sieur d’Alanzy avait sollicité un certain prêtre inconnu et vagabond pour faire cette belle œuvre.

 

La baronne est sauvée du mariage et de ses "ravisseurs":

 

Monsieur Thierriat d’Espagne, gouverneur de Thionville,  ayant été prévenu par monsieur le Comte d’Autel [1] du mariage prévu et des conditions de ce mariage, envoya un détachement de sa garnison pour empêcher la cérémonie et pour enlever la baronne des mains du sieur d’Alanzy et de son neveu, ses ravisseurs, sans qu’il n’y eu d’autres suites, ni consommation du mariage. La baronne fut conduite dans la maison et couvent des dames et religieuses du Saint-Esprit où elle est encore actuellement, dans une grande douleur et repentir, d’un si fâcheux événement.

 

Renonçant à ce prétendu mariage auquel on a voulu l’induire et que si elle n’a point fait la présente déclaration plus tôt et dans le temps qu’elle a été détournée des mains du sieur d’Alanzy, ce n’a été que pour prévenir et empêcher qu’il n’arriva quelques disgrâces au sieur d’Alanzy.

 

La présente déclaration, sa lecture et explication ayant été faite à la baronne en langue germanique, mot pour mot, par le notaire [2] et en présence des témoins ci-dessous nommés qui ont une entière et parfaite connaissance des langues française et allemande.

La baronne persiste et signe cette déclaration comme la vérité.

 

Fait à Thionville au couvent des dames et religieuses du Saint-Esprit le 19 septembre 1703.

 

Ont signé les témoins :

Alexandre curé de Thionville, la baronne d’Eltz d’Ottange et la dame abbesse du couvent et la baronne Anne Catherine von Schmitberg

 


[1] Jean-Frédéric, comte d’Autel, baron de Vogelsang, feld-maréchal, gouverneur et capitaine général du duché de Luxembourg, chevalier de la Toison d’or, etc., naquit le 7 septembre 1645, à Luxembourg, et mourut le 1er août 1716.

[2] ADM Robin 3E7578

 

Château de Roussy - Dessin de Henri Bacher – Strasbourg - 1933

Château de Roussy - Dessin de Henri Bacher – Strasbourg - 1933

Ci-dessous deux sites à visiter sur l'histoire de notre région

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Publié le par Persin Michel
Publié dans : #Thionville 18ème siècle
Dessin d’Alicia et Amandine PERSIN

Dessin d’Alicia et Amandine PERSIN

Un acte notarié « exotique » dans la production des notaires Thionvillois qui nous explique au détour d’une affaire de dettes que la ville de Thionville et les campagnes alentours recevaient parfois de drôles de visiteurs qu’on s’empressait d’aller voir contre quelques deniers.

 

Résumé de l’acte en question  daté du 16 mai 1733 :

 

« Sont comparus en personne devant les notaires royaux de Thionville, les sieurs François Impérial et André Vannaty qui sont conducteurs d’un dromadaire et aussi les sieurs François Dubois et Claude Urial, tous les deux bourgeois de Nancy qui font du trafic et du négoce dans cette ville. Il se trouve que les sieurs Impérial et Vannaty, nous ont déclaré qu’en vertu d’une transaction passée devant le tabellion Etienne, de Nancy, en date du  13 avril 1733, ils ont convenu à l’amiable que la dette de 728 livres et 16 sols tournois qu’ils doivent aux sieur Dubois et Urial se réglera comme suit :

Ils mèneront conjointement le dromadaire et dans tous les endroits où ils passeront, les deniers qu’ils percevront des curieux venus voir le dromadaire, seront mis en bourse et la moitié appartiendra d’abord en propre et par avance audits sieurs Dubois et Urial et que l’autre moitié des deniers des curieux venus voir le dromadaire, ira aussi aux sieurs Dubois et Urial, jusqu’à concurrence de la somme de 728 livres et 16 sols tournois pour le remboursement de la dette. Pendant tout le temps où le remboursement se fera, lesdits sieurs Dubois et Urial pourront continuer leur trafic et négoce.

Il a aussi été convenu que la femme de François Impérial ne pourra pas montrer son chien aux curieux [1], dans les lieux où sera aussi le dromadaire. »

 

François Dubois et Claude Urial signent l’acte, François Imprial et André Vannaty ne savent pas écrire et font une croix. Un témoin signe : Denny, sergent des grenadiers au régiment de Dillon

 


[1] Ce chien devait faire différents tours de dressage pour amuser les badauds

Après ces deux courts textes, nous verrons une série d'articles sur les fortifications de Thionville réalisées par le capitaine, Rodolphe Saltzgeber, qui en 1673 avait construit le premier pont de Thionvillle et dont le nom est rarement associé aux fortifications de la ville.

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