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Articles avec #thionville 20eme siecle tag

1458-2019 * Histoire du moulin de Thionville (suite 2)

Publié le par Persin Michel

1458-2019 * Histoire du moulin de Thionville (suite 2)
1458-2019 * Histoire du moulin de Thionville (suite 2)
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1458-2019 * Histoire du moulin de Thionville (suite 2)

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Guerre de 1914 - 1918 – Et juste un peu après à Terville

Publié le par Persin Michel

En 1914, nos villages étaient à l’heure prussienne depuis déjà plus de 40 ans. Les habitants en avaient la nationalité, la langue allemande était obligatoire, l’utilisation du français était punie. Les jeunes gens étaient enrôlés dans l’armée allemande puisqu’ils étaient allemands, toutefois la conscription et l’assimilation s’étant souvent mal passée, l’armée allemande, méfiante, incorporait de préférence les jeunes alsaciens et mosellans [1]dans des régiments situés en plein cœur de l’Allemagne puis la formation assurée, ils partaient pratiquement tous pour le front de l’est ou oriental, où malheureusement, ils tombèrent très nombreux  [2]`

 

Les premiers combats de cette grande guerre eurent lieu vers Pont à Mousson, vers Mercy-le Haut [3]et dans ces villages du plateau lorrain, assez éloignés de Thionville et des villages environnants pour que la population n’eut pas à en souffrir exagérément. L’avancée rapide des armées allemandes, malgré la résistance héroïque des troupes françaises, éloignèrent le front de l’est vers la Meuse et la Marne où la guerre s’enterra, se fixa pour quelques années.

 

L’inquiétude des familles se polarisa sur leurs enfants partis se battre avec les troupes allemandes en orient ou sur le front Est. N’oublions pas que 250000 jeunes mosellans et alsaciens furent engagés dans cette guerre du côté allemand, un peu plus de 50000 y perdirent la vie.

 

Thionville est une base arrière de l’armée allemande, une base logistique et sanitaire où l’on fait transiter et où l’on stocke le matériel, l’armement, les munitions et où l’on soigne les blessés. La population. est passée de 7255 habitants en 1871 à plus de 12000 en 1914. Le rationnement est en place depuis 1915 et en 1916 suite à la bataille de Verdun la ville passe sous autorité militaire. 

 

[1]Soit les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle cédés à l’Allemagne en 1871 par le traité de Francfort

[2]Voir « Soldats et monuments » pour Veymerange et Elange de Michel Persin – 2011 – Repro 2000 Yutz.

[3]En Meurthe et Moselle

Ce n’est qu’en 1917 et 1918 que les aviations alliées, encore bien jeunes techniquement et tactiquement bombardèrent les gares, usines et les entreprises industrielles de notre région.[1](Ci-dessous un Bréguet 14 bombardier équipant l’armée française)

 

 

 

En 1918, l’armée allemande, quoiqu’encore combative était fatiguée. Les armées alliées avec l’apport décisif des troupes américaines percent le front en plusieurs endroits reprenant une guerre de mouvements que l’armée allemande a du mal à contenir. A Kiel, les marins de la Kiegsmarine, se révoltent et créent des conseils de soldats et d’ouvriers rapidement suivis par une grande partie de la population allemande [1]. La révolution qui commence en Allemagne désorganise l’armée et l’administration civile. Le kaiser abdique le 9 novembre 1918 pour se réfugier en Hollande. 

 

[1]Révolution qui aboutira à la faible République de Weimar

Toute la belle organisation allemande tant vantée s’écroule, les officiers n’osent plus sortir en uniforme sous peine d’être rudoyés et dégradés par ceux-là même qu’ils commandaient encore hier, les civils se mêlent aux soldats. [1]

 

Après la signature de l’armistice, les troupes allemandes qui étaient encore au combat en Meuse reçoivent l’ordre de se replier sur la Sarre.

 

Les troupes françaises entrent dans Thionville le 22 novembre 1918.

 

Déferle alors la joie de la victoire. On fête les poilus et leurs alliés, on pleure et glorifie le sacrifice héroïque des morts et des blessés. On fait de beaux discours et on congratule les prisonniers de guerre qui rentrent de captivité.

 

Lentement, trop au goût des soldats, on démobilise les troupes, les renvoyant à leur vie civile qu’ils auront souvent du mal à réintégrer.

 

Bien entendu l’armée allemande fait de même et démobilise les soldats alsaciens et mosellans, qui pour leur malheur ont combattu à leur côté [2]. Ceux-là vont rentrer dans leurs foyers, faisant profil bas, l’amertume au cœur, regardés avec animosité et soupçon. 

 

Les civils allemands installés depuis des années, voir des dizaines d’années, subirent des vexations, des arrestations et au final beaucoup furent renvoyés en Allemagne avec 30 kg de bagages et un maigre pécule. 

 

Les biens allemands, maisons, usines, ateliers et commerces furent rachetés par des français, souvent à bas prix générant quelques fortunes inespérées. 

 

Après la liesse de la victoire, il fallut réorganiser la région et la chose ne fut pas simple. L’après-guerre fut morose pour bien des familles de notre région, certaines familles dont les enfants s’étaient mariés à des allemands furent divisées. Les postes les plus en vue dans l’administration ou dans le secteur privé échappèrent souvent aux Mosellans, toujours un peu suspects.

 

Et puis la culture germanique qu’ils avaient acquise depuis tant d’années fut difficile à remplacer par la culture française et on estime aujourd’hui que cela leur prit au moins deux générations.[3]

 

Ces précisons sont apportées pour bien montrer que rien en fut aussi facile qu’on pourrait le croire. La victoire n’est pas l’alpha et l’oméga de cette funeste « der des ders ». Même si les populations de Thionville et des villages alentours avaient assez peu soufferts des destructions matérielles inhérentes aux conflits armés, elles eurent également leurs lots de misères et de peines, souvent bien plus difficiles à surpasser qu’un dégât matériel.

 

Revenons donc à nos villages, ici Terville, pour me pas toujours se référer à la ville voisine.

 

 

[1]Thionville connaitraun comité de soldats et d’ouvriers conduit par un matelot et plusieurs officiers allemands seront pris sévèrement à parti en ville.

[2]Contre leur gré d’où leur nom de « malgré-nous » que leur a attribué Maurice Barrès

[3]En décembre 1918, on interdit aux Mosellans et Alsaciens de parler allemand en public après 22h, alors que pour beaucoup leur langue maternelle en était proche.

Terville eut à subir quelques désagréments de cette guerre comme le prouvent les 27 demandes de « Dommages de guerre » faites par les habitants. Pour 24 familles, ces dommages ne concernaient que des dégâts dans leurs champs (récoltes de pommes de terre volées par la troupe, foin et récolte de blé ou d’avoine de même). D’autres eurent des dégâts causés par la construction d’abris bétonnés [1]ou la pose de fil de fer barbelé. 

 

Effectivement, les allemands [2]avaient construit en 1915 sur le territoire de la commune de nombreux abris et casemates bétonnés :

 

20 abris de première ligne dans le bois de Terville et dans les prés sous ce bois

5 casemates dite de casernement dans le bois lui-même.

(Ces abris et casemates sont toujours visibles.)

 

21 abris de première ligne le long du ruisseau de Veymerange, cité des peupliers et de Verdun, abris aujourd’hui disparus.

 

Seules, trois familles eurent des dégâts plus importants :

 

La famille du meunier Auguste Gauvillé dont le moulin aura des tuiles et des chenaux abîmés par des éclats de bombes et quelques dégâts dans ses prés à cause de tranchées creusées là. 

 

[1]Concernant les abris bétonnés vous pouvez vous reporter au livre d’Eric Pierret « La grande ceinture fortfiée de Thionville 1914-1916 » paru en 2009 au Presses du Tilleul.

[2]Par les 2èmeet 11èmecompagnie du Lothringisches Infanterie-Régiment N°15

Le moulin "Rouge"

 

Ce moulin appelé aussi « Moulin Rouge » ou « Moulin de Daspich » était très ancien. Situé au confluent de la Fensch et du ruisseau de Veymerange, il fut une des pièces importantes du champ de bataille lors de la défaite française à la suite du siège de Thionville en 1639. Il a brûlé en 1932 et ne fut pas reconstruit.

 

La famille de Pierre Hirtzberger et Marie Orny son épouse, aubergistes au 98, rue de Verdun, eurent quelques dégâts (tuiles et chenaux) à leur maison et à leur commerce à cause de bombes d’avions lors du bombardement de la gare de Thionville.

 

La gare de Thionville et les installations industrielles furent bombardées une vingtaine de fois en 1918, en février, mars, en mai, en juin et en juillet par des escadrilles françaises et anglaises. La ville de Thionville ne fut pas épargnée, victime de l’imprécision des bombardements. Une quarantaine de personnes y laissèrent la vie.

 

Les dégâts les plus importants eurent lieu chez Charles Maire, cultivateur, qui verra le 2 décembre 1918 à 10h30 sa grange et une partie de sa maison détruites par un incendie qui fut imputé à une négligence des troupes américaines [1]qui étaient parties vers Thionville le matin même à 9h en laissant une bougie allumée dans la grange où elles avaient passé la nuit.

 

[1]C’était le 58èmerégiment d’infanterie américain qui avait cantonné à Terville.

La ferme en 2010
En 2018

 

Ces familles avaient demandé ces dommages de guerre dès 1920 et toutes furent indemnisées dans les années suivantes jusqu’en 1925 [1].

 

Le 6 décembre 1918 soit moins d’un mois après l’armistice du 11 novembre, le conseil municipal de Terville est reconstitué comme suit :

 

Membres de l’ancien conseil : (durant l’annexion)

Archen Jean, cultivateur

Maire Henri, boulanger et épicier

Clément Louis, couvreur

Léonard François, cultivateur

Klaine François, menuisier

Schweitzer Nicolas, cultivateur

Maire Charles, cultivateur

Kehr Jean, maréchal-ferrant

 

Nouveaux membres :

Picard Ernest, agent des postes

Clément Victor, propriétaire

Holstaine Joseph, jardinier

Hym Louis, menuisier

Filstroff Nicolas, ancien cultivateur nommé d’office car vétéran de la guerre de 1870 [2]

Le conseil ainsi reconstitué nommera comme maire :  Jean Archen 

Comme adjoint, Henri Maire

 

Concernant ces nominations d’office de vétérans de la guerre de 1870 qui eurent lieu dans plusieurs villages, il faut bien comprendre que souvent les parents, plus souvent les grands parents des soldats enrôlés dans l’armée allemande en 1914 avaient été eux-mêmes soldats dans l’armée française en 1870 lors de la guerre franco-prussienne. 

 

Guerre éclair, cruelle, que l’on avait perdue par incurie et impréparation et on le disait alors par désertion des généraux. L’abandon à l’Allemagne de l ‘Alsace et de la Moselle ne fut pas compris et encore moins l’acharnement des politiques et d’une grande partie des français à ne pas vouloir reconquérir ces provinces perdues, seuls quelques personnalités françaises militèrent pour la « revanche », elles furent traitées de militaristes, de « va en guerre » et autres noms d’oiseaux puis on oublia l’Alsace et la Moselle à leur triste sort.

 

[1]A Beauregard, les vitraux de l’église furent détruits par les détonations des bombes d’avion. A Thionville la synagogue à aussi souffert et l’église de Guentrange de même.

[2]A Veymerange, le vétéran de 1870 nommé au conseil municipal fut Gabriel Weber.

Alors à l’occasion de cette belle victoire de 1918, du retour au sein de la mère patrie des provinces perdues, on remit à l’honneur, provisoirement, les quelques patriotes survivants de cette vieille guerre de 1870 à la rancune tenace. Les honneurs, même insignifiants, ont très souvent le don de faire oublier les pires avanies.

 

Dans les années ayant suivi la grande guerre, la mairie de Terville va octroyer plusieurs dons en lien avec cette guerre.

 

Le 20 août 1919, la commune va voter une aide de 100 F pour la visite à Thionville du président de la République le 23 août 1919.

Le 21 août 1920, elle votera un don de 300 F pour la reconstruction de la commune d’Audun-le-Roman durement éprouvée par la guerre.

 

Le 1erfévrier 1926, elle votera un crédit de 30 F au comité des mutilés et réformés de guerre de la Moselle.

 

Le 13 janvier 1927, la commune votera un don de 100 F pour la construction de l’ossuaire de Douaumont.[1]

 

Le 16 janvier 1932, elle votera un don de 50 F pour les monuments aux morts sur l’emplacement des villages détruits pendant la grande guerre et qui ne seront jamais reconstruits.

 

Le 23 juin 1932, elle votera un crédit de 25 F pour la souscription du monument élevé à Pacy-sur-Eure à la mémoire d’Aristide Briand. [2]

 

Elle va aussi engager d’autres dépenses liées à son retour à la France, notamment à l’école pour les livres et les cartes, mais aussi pour les pompiers et les fêtes du 14 juillet.

 

Le 23 août 1921, elle va voter un budget de 3300 F pour les nouveaux uniformes des sapeurs-pompiers qui seront fournis par la maison Hannion et Leguil de Thionville.

 

Le 3 août 1924, elle va voter un budget de 1000 F pour les nouveaux casques des sapeurs-pompiers, en espérant obtenir 1000 F des anciens casques encore en bon état et revendus à un antiquaire.

 

En dehors des événements liés de près ou de loin à la première guerre mondiale, la mairie saura toujours se montrer généreuse et solidaire pour aider lors des catastrophes naturelles, ainsi le 14 août 1927, elle votera une somme de 100 F pour les victimes de la colonie de Madagascar ou pour les inondations dans le midi.

Elle ne sera pas en reste pour ses indigents, payant les frais des hospices des petites sœurs des pauvres ou de l’asile d’aliénés de Sarreguemines pour les membres de la communauté. 

 

Elle paiera aussi quelques indemnités à des familles dont les fils étaient partis à la guerre laissant des parents âgés sans la ressource de leurs bras.

 

[1]En 1919, l’ossuaire est une baraque en planche puis en 1923 un trio d’architectes, Léon Azéma, Max Edrei, Jacques Hardy va remporter la soumission pour la construction d’un véritable ossuaire qui sera inauguré le 7 août 1932. Terville fera partit des 122 villes donatrices.

[2]Aristide Briand né le 28 mars 1862 à Nantes et décédé le 7 mars 1932 à Paris. Ses cendres sont au cimetière de Cocherel dans l’Eure depuis le 3 juillet 1932. Il fut 11 fois président du conseil et 20 fois ministre. Il joua un rôle essentiel pendant la première guerre mondiale.

Monuments aux morts de Terville

 

Compléments aux articles sur la construction 

de la nouvelle église Saint-Maximin en 1755

 

Ce blog, média numérique, me permet de compléter ou rectifier certains articles écrits précédemment, en un mot de les faire vivre au gré des recherches ou découvertes.

 

Dans une série de trois articles écrits sur ce blog en 2016 [1], je vous avais fait le récit de la construction de la nouvelle église Saint-Maximin en 1755. 

 

Au cours de mes recherches sur le couvent des clarisses de Thionville, actuel hôtel de ville, j’ai retrouvé les plans de deux projets de construction de la nouvelle église Saint-Maximin, plans qui à l’époque furent écartés [2].

 

Vous les trouverez ci-dessous : (Plans de la BNF ayant appartenu à Antoine René de Voyer marquis de Paulmy

Projet du sieur Loriot architecte du roi

 

Projet du sieur Louis

[1]Mars, avril et mai 2016 sur le blog ou dans le livre « Miscellanées 2016 » paru au 1ertrimestre 2017 et consultable aux archives municipales de Thionville.

[2]Trop simple, trop cher

Ces deux plans ont été réalisés pour faire une étude sur la largeur du rempart à prévoir dans le cadre des deux projets.

 

 

Sources :

 

Pour ceux qui voudraient creuser le retour à la France de Thionville en 1918, je vous conseille de lire l’ouvrage « Thionville le retour à la France 1918-1925 » par Frédéric Gaudinet, Documents Thionvillois N°16 paru en 2008. C’est un ouvrage très complet sur le sujet que vous pouvez sans doute vous procurer aux archives municipales.

 

Sur les abris et casemates construites par les troupes allemandes vous trouverez votre bonheur dans l’ouvrage d’Eric Pierret « La grande ceinture fortifiée de Thionville 1914-1916 paru aux Presse du Tilleul en 2009.

 

Sur les monuments aux morts et les soldats de certains villages autour de Thionville, vous pourrez trouver des informations dans l’ouvrage de Michel Persin « Patrimoine -Soldats -Monuments - Croix et bildstocks » paru en 2015. (Voir au musée de la Tour aux Puces à Thionville)

 

Concernant Terville voir l'ouvrage de Michel Persin paru en 2013 "Terville, histoires retrouvées" Repro2000 Yutz

 

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Guerre de 1914 - 1918 – Et juste un peu après à Terville

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1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)

Publié le par Persin Michel

1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)
1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)

Voici la couverture et la première page du catalogue de 1902 des « Pompes Noël ».

Le catalogue  comporte 40 pages qui présentent une gamme étendue de pompes allant de la petite pompe de ménage à installer sur un évier de cuisine à la grosse pompe à incendie sur roue (nous en verrons quelques exemples plus avant).

 

Nous pouvons tirer de ces deux pages plusieurs enseignements :

 

En 1902, l’usine est à Liverdun et l’ancienne usine de la rue Parmentier à Paris est devenue un entrepôt de vente.

L’entreprise a eu un nombre conséquent de prix, de médailles, de diplômes glanés dans des dizaines d’expositions en France et à l’étranger, cette publicité était très importante car ces récompenses paraissaient dans tous les journaux grands public et professionnels. Ce fut un des moteurs essentiels du développement de l’entreprise et un gage de qualité et de sérieux de la construction desdites pompes.

 

Nous pouvons aussi voir que dès 1873, soit peu de temps après la création de l’entreprise à Paris, un premier prix est attribué à l’exposition universelle de Vienne, ensuite les premiers prix s’enchaîneront, médailles d’or et d’argent.

 

C’est le début de l’épopée industrielle d’un simple forgeron de Volkrange.

Nicolas Noël a créée son usine de pompes à Paris en 1865/1866. Survint la guerre franco-prussienne de 1870, mosellan d’origine,  il opte le 9 août 1872 pour la nationalité française.

Exproprié de son terrain rue Parmentier à Paris pour extension du quartier dans le cadre des travaux Haussmanniens de 1853 à 1870, il établira en 1891/1892, une nouvelle usine à Liverdun, proche de chez lui et de la nouvelle frontière, établie par le traité de Francfort de 1871.

Cette usine sera  agrandie en 1899 par l’architecte Nancéen, Louis Lanternier qui sera appelé par la suite à construire pour Nicolas Noël et son épouse, le château de la Flie, proche de son usine de Liverdun.

 

Vue aérienne de l'usine

Vue aérienne de l'usine

Le château de la Flie construit par Nicolas Noël

Le château de la Flie construit par Nicolas Noël

Ci-dessous une vue des ateliers de l’usine de Liverdun au début du 20ème siècle et quelques exemples de pompes figurant au catalogue.

1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)
Pompe N°30 et 30 bis

Pompe N°30 et 30 bis

Annonce trouvée en 2014 sur « Leboncoin » d’une pompe Noël N°30, mise à prix 30 € !

Annonce trouvée en 2014 sur « Leboncoin » d’une pompe Noël N°30, mise à prix 30 € !

Cette grosse pompe à incendie pouvait envoyer 370 litres par minute à raison de 60 coups doubles des balanciers. Son prix était en 1902 d’environ 700 F .

Cette grosse pompe à incendie pouvait envoyer 370 litres par minute à raison de 60 coups doubles des balanciers. Son prix était en 1902 d’environ 700 F .

En 1889, Nicolas Noël est devenu un industriel aisé, il est fait chevalier de la légion d’honneur. En 1891, son usine donne du travail à un peu plus de 70 personnes.  La demande est de plus en plus forte et l’usine de Liverdun est à la peine, aussi il va créer une autre usine,  dite des « Récollets » à Tournus en Bourgogne.

 

Son épouse décédera en 1899,  lui deviendra maire de Liverdun ( 1900 à 1902), mettant son intelligence et sa notoriété au service de sa communauté.

 

Toutefois, le couple n’a pas eu d’enfant, ils vont prendre sous leur coupe un enfant du pays, Jean Baptiste Lacoste, né le 16 juin 1876 à Liverdun, fils de cheminot. (Photo ci-contre Collection JC Curé de Liverdun)

 

Ils vont lui payer des études à l’école des Arts et Métiers, dont il sortira comme ingénieur.

 

 Il prendra la direction de l’usine de Liverdun en 1899 à la mort de Mme Noël, dégageant ainsi du temps à Nicolas Noël pour exercer sa nouvelle charge de maire.

 

1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)

Comme maire, Nicolas Noël fera construire en 1900, le lavoir de Liverdun, permettant aux lavandières habitant le haut du village, de ne plus descendre à la rivière pour laver leur linge. (La photo ci-dessous est assez parlante, tirée du site : http://www.lavoirs.org/affiche_lavoirs.php?code=54)

 

Le 1er mai 1899, Jean Baptiste Lacoste est donc devenu directeur de l’usine de Liverdun. Il va épouser le 30 juillet 1900 à Liverdun, Yvonne Louise Sognet. Il aura avec elle, trois enfants dont seule une fille, Simone Georgette Marie, survivra. (La famille Sognet et Noël était alliée par la famille Hulo)

 

Nicolas Noël est veuf, sans enfant et Jean Baptiste Lacoste est comme son propre fils, il dirige l’usine de Liverdun et celle de Tournus de main de maître, aussi Nicolas Noël en fera son légataire universel et seul héritier.

 

Nicolas Noël était aussi officier du mérite agricole, il avait d’ailleurs une grosse ferme dite du    

« Vaurot » située au-dessus de son château. Il fut encore chevalier de l’ordre royal du Portugal.

 

Le lavoir de Liverdun

Le lavoir de Liverdun

Nicolas Noël est toujours le patron des usines Noël, même s’il a délégué la direction des usines à Jean Baptiste Lacoste.  Que de chemin parcouru depuis sa naissance à Volkrange au sein d’une famille de tisserands, il a été inventif, entreprenant, courageux et tenace car n’en doutant pas le parcours fut difficile. Il est devenu riche, il a les honneurs et assumera pendant deux années la conduite de la municipalité. Il a aussi été généreux et humain, permettant à un membre de sa communauté de sortir de sa condition et de devenir directeur de ses usines, allant jusqu’à lui transmettre tout son avoir, usines, château …

Mais voilà tout sur cette terre a une fin, Nicolas Noël décédera le 28 mars 1914 à 76 ans dans son château de la Flie à Liverdun. Les témoins seront Jean Baptiste Lacoste, directeur des usines et Georges Sognet, comptable et neveu de Nicolas Noël.

 

Il a été inhumé au cimetière de Liverdun, rue du bac (aujourd’hui désaffecté), avec son épouse Barbe Hulo. (Photo de la tombe ci-dessous)

La tombe des époux Noël

La tombe des époux Noël

1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)

Pour autant les « Pompes Noël » bien gérées par Jean Baptiste Lacoste connurent encore de nombreuses années de prospérité. Elles participèrent activement à la grande guerre en produisant les fameuses pompes de tranchées (qui servaient à vider les tranchées qui se remplissaient d’eau) et des petites munitions.

 

En 1918, les fonderies (de fonte) de Pont à Mousson (PAM) prirent une participation dans l’usine et les bâtiments furent agrandit, puis dès 1929, vit le jour une unité d’expérimentation de fabrication de tuyaux en fonte par centrifugation  (brevet Sensaud de Lavaux) puis la production de ce genre de tuyaux démarra en 1932.

 

1932, c’est aussi la date du mariage de la fille de Jean Baptiste Lacoste, Simone Georgette Marie avec Paul Cavalier de la famille des industriels de Pont à Mousson. Ils habitèrent le château de la Flie, mais n’eurent pas d’enfant.

 

Jean Baptiste Lacoste décédera à Liverdun le 10 septembre 1957 à l’âge de 81 ans.

 

Enfin en 1961, survint la fusion des "Pompes Noêl" avec la société de Pont à Mousson. La production s’orientera alors exclusivement vers les tuyaux en fonte.

En 1970, l’usine de fonte de Pont à Mousson (PAM) va fusionner avec le groupe verrier Saint-Gobain pour devenir aujourd’hui encore le leader dans le monde des tuyaux d’assainissement en fonte ductile et plaque d’égoûts,  travaillent alors à l’usine de Liverdun, 350 personnes.

La production de tuyaux à Liverdun s’arrêta en 2003 et l’usine fermera ses portes en 2005.

 

NB: La société "Vallourec" est spécialisée, elle, dans le tube acier sans soudure

 

Quelques photos de l’usine de Liverdun à voir sur : http://industrie.lu/UsineNoelLiverdun.html

 

1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)
1837-1914 Thionville-Volkrange Nicolas Noël (suite et fin)

* Pour rappel chaque début d'année paraît un livret regroupant l'ensemble des articles parus dans ce blog l'année précédente.

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