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Articles avec #thionville 18eme tag

1643 - 1789 ++ Les gouverneurs de Thionville et leur résidence

Publié le par Persin Michel

1643 - 1789   ++ Les gouverneurs de Thionville et leur résidence
1643 - 1789   ++ Les gouverneurs de Thionville et leur résidence
1643 - 1789   ++ Les gouverneurs de Thionville et leur résidence
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1643 - 1789   ++ Les gouverneurs de Thionville et leur résidence
1643 - 1789   ++ Les gouverneurs de Thionville et leur résidence

Les références aux sources seront indiquées dans le prochain

et dernier article de cette année covid-2020

 

(à paraître en décembre 2020)

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1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)

Publié le par Persin Michel

1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)
MISCELLANEES 2020 

 

Recueil d'histoires sur Thionville et les villages alentours

(Toutes écrites à partir de documents originaux)

 

* Connaissez vous l'histoire des moulins de Thionville du moyen-âge à 2019 ?

* Connaissez vous l'histoire de la dame Claudon Gutnach malade de la peste en 1675 ?

* Connaissez vous  les fortifications de Thionville en 1751 ?

* Savez-vous comment l'on appréhendait la laïcité  en 1794 ?

* Connaissez vous les premiers troubles révolutionnaires 

et la garde bourgeoise puis nationale à Thionville ?

 

Vous voudriez mieux  connaitre l'histoire de votre ville ?

 

Lisez le Miscellanées 2020 vous y trouverez les réponses à ces questions.

 

Le livre est disponible aux points de ventes suivant:

A Thionville

Espace Culturel Leclerc  - Cour des capucins 

mais encore

 au Pays Thionvillois Tourisme - 31, place Anne Grommerch (Marché)

à la

Maison de la presse - Rue de Jemmapes 

et

A Terville

au Cultura - ZAC du Linkling 3 (près du Leclerc)

 

1748 - La seigneurie de Cattenom - Terville - Elange et autres lieux (Aveu et dénombrement)

Groupes Facebook où vous pouvez trouver des informations et photos intéressantes:

Cliquer sur l'adresse du groupe (en rouge) qui vous intéresse:

 

Thionville en photos et vidéos :

https://www.facebook.com/search/top/?q=thionville%20en%20photos%20et%20vidéos&epa=SEARCH_BOX

Histoires Lorraines:

https://www.facebook.com/search/top/?q=histoires%20lorraines&epa=SEARCH_BOX

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1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)

Publié le par Persin Michel

1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)
1458-2019 * Vie et mort du moulin de Thionville (suite N° 8 - 17 & 18ème siècle)

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17 Février 1751 - Mémoire sur la fortification de Thionville (suite) et devenir de Yutz

Publié le par Persin Michel

Plan d'avant la construction du pont en 1673, on utilisait des bacs pour traverser la Moselle (en bas à droite)

Plan d'avant la construction du pont en 1673, on utilisait des bacs pour traverser la Moselle (en bas à droite)

Nous avons vu précédemment que l’ingénieur De la Chèze avait quantifié les hommes devant être nourris journellement dans la place de Thionville, le type des denrées qui devaient être mises en magasin et cela pour 3 mois de siège ou 6 mois de blocus.

 

Il nous explique ensuite l’importance de ces approvisionnements pour les hommes et en cela se réfère au mémoire de monsieur de Vauban [1]sur le sujet :

 

« On sait qu’un homme de guerre renfermé dans une place assiégée et qui y fait son devoir est obligé d’y essuyer journellement des fatigues et des dangers continuels et qu’il en est bientôt épuisé. Si la disette vient malheureusement se joindre à tant de peines se produit alors infailliblement le dépérissement funeste de la garnison et le peu de résistance des fortifications. Les denrées sont les principales forces de leur tête et leurs bras car l’un et l’autre demandent des aliments, surtout depuis le premier tiers du siège jusqu’à sa fin qui est le temps le plus vif et où l’on se tient toujours pour ainsi dire colleté avec l’ennemi et c’est néanmoins sur le temps le plus critique que tombe ordinairement le manque de subsistance, c’est à dire lorsqu’elle est le plus nécessaire. C’est pourquoi Monsieur de Vauban a formé les approvisionnements de siège de manière à nourrir le soldat relativement au pénible et dangereux service que l’on doit en tirer et c’est en ce point que consiste principalement une bonne et vigoureuse défense. 

 

[1]Sébastien le Prestre dit Vauban (1er mai 1633– 30 mars 1707). Concernant le sujet de son séjour à Thionville qui fait toujours « parler » on peut faire les spéculations suivantes : Il se déplaçait très souvent sur le terrain faisant aux environs de 3000 km par an, soit à cheval soit en chaise de poste, de ses carnets de voyages et agendas on peut déduire qu’il est sans doute passé à Thionville vers 1686/1687 et/ou en 1698.

Mais on peut aussi dire qu’il n’y séjourna pas et que ses travaux sur la ville résultent de mémoires réalisés par les ingénieurs militaires séjournant en ville, qu’il lisait avec grand soin, les annotant et les validant avant de les faire accréditer par le roi. Il fut remplacé en 1703 par le maréchal Tallart, car il était très diminué par une bronchite chronique qui le tenait depuis des années et dont il se plaignait souvent. Il en mourut d’ailleurs à Paris le 30 mars 1707. On l’a dit en disgrâce à cause de son mémoire sur la fiscalité royale « La dîme royale » mais je ne le pense pas, le roi l’ayant toujours bien estimé. Il était entré au service des armes à 17 ans et fut blessé de nombreuses fois, beaucoup d’ingénieurs militaires laissèrent leur vie dans les sièges ou attaques des villes pendant les guerres du 17èmeet 18èmesiècle.

Dans la réalité on ne peut pas toujours parvenir à ce but, soit parce que les denrées manquent au pays ou que l’on ne s’y est pas pris assez tôt. On peut alors remplacer le maigre par du gras, mais il faut cependant tenir pour maxime constante que le pain seul n’est pas un aliment suffisant pour un soldat en siège et cela vaut aussi pour les officiers dont le corps n’est pas plus robuste que celui des soldats surtout dans une place comme Thionville où il n’y a de ressources que dans les magasins du roi.

 

Si l’ennemi en vient au blocus de la ville pour l’affamer ce qui pourrait arriver car le siège de la ville est le plus sérieux qu’on puisse rencontrer sur la frontière, il faut alors réserver un des nouveaux magasins à l’artillerie et ramener l’autre moitié des denrées dans un magasin de la vielle ville de Thionville.

 

Ensuite, l’ingénieur fait état de spécifications techniques concernant les positions possibles de l’ennemi sur les hauteurs du couronné de Yutz et les travaux à mener au niveau du canal et des ponts écluses pour se soustraire le plus possible au inconvénients d’un tel état de fait avec le démontage rapide des magasins au-dessus des ponts, la création au-dessus des caves de parapets et autres mesures techniques dont il dit clairement qu’elles ont été agréées puis exécutées par Monsieur de « Cormentagne  [1]» qui en est l’auteur.

 

Haute-Yutz – Basse-Yutz – Makenom [2]

 

Sur la nécessité de raser ces trois villages

Plan de 1750 environ
 

[1]Louis deCormontaigne né à Strasbourg en 1695 et mort à Metz le 20 octobre 1752, le présent mémoire est daté de 1751. Il ne fut pas exactement le continuateur de Vauban décédé 45 ans auparavant. En 1744, il est nommé directeur des fortifications de Metz, Thionville et Bitche.

[2]Macquenom

Il y a nécessité de raser les trois villages de Haute-Yutz, Basse-Yutz et Makenom situés sous le mousquet des ouvrages de Thionville et qui sont préjudiciables aux fortifications de la ville. Les raser pour les regrouper en un seul et même village.

 

Il y a longtemps qu’ils sont condamnés et on ne saurait tarder davantage à les raser, il nous suffira de dire en peu de mots que :

 

Celui de Haute-Yutz touche pour ainsi dire à la palissade du couronné et qu’il est précisément sur un rideau dont il faut raser la partie adhérente au glacis pour fournir des terres au remblai des ouvrages de l’aile droite du couronné.

 

Celui de Basse-Yutz est sous le mousquet du retranchement de la pointe inférieure de l’isle et celui de Makenom tient à celui de Basse-Yutz.

 

Les trois villages ne sont pas considérables pris séparément mais s’ils sont réunis, ils formeraient un très bon village propre à fournir des denrées de subsistance pour la garnison de Thionville.

 

Il ne se pourrait pas que cette réunion soit contredite par le spirituel ni par le temporel car ces trois villages ont le même curé et le même seigneur.

 

Le choix du nouvel emplacement pour le nouveau village :

 

Si les villages sont nécessaires aux grandes routes, les grandes routes sont nécessaires aux villages.  Il vaut donc mieux que le nouveau village soit placé sur une grande route servant de communication entre nos places fortifiées de la frontière. 

 

Or, il se trouve que la grande route de Thionville à Saarlouis passe sur le ban des trois villages par conséquent le choix du nouvel emplacement semble évident, c’est à dire sur la grande route de Saarlouis.

 

Le nouveau village ne pas être trop loin ni trop près de la place car pendant la guerre, les officiers des troupes de campagne ne peuvent pas placer leurs chevaux dans la ville car il n’y a pas assez d’écuries dans les bâtiments du roi comme chez les particuliers. Ils sont donc obligés de les mettre dans les trois villages, il est par conséquent utile de ne pas trop éloigner le nouveau village pour ne pas enlever aux officiers le recours possible à leurs chevaux dont ils dépendent et d’un autre côté il ne faut pas trop rapprocher le nouveau village de la place pour ne pas offrir à l’ennemi un débouché facile pouvant favoriser une attaque, non le nouveau village doit se situer à environ 900 toises de la palissade du couronné.

 

Il faut de l’eau courante pour les usages domestique et pour abreuver les chevaux et donc le nouveau village ne doit être construit trop haut pour n’avoir pas trop à creuser afin de trouver cette eau mais plutôt dans un point bas mais qui ne doit pas être marécageux ou malsain.

 

La justice et la convenance voudraient que les terrains ou habiteront les habitants du nouveau village soit à égalité avec ceux qu’ils possédaient dans les villages rasés, de même pour les seigneurs.[1]

 

[1]Je n’ose imaginer le nombre de contestations qu’induiraient une telle démarche et le nombre de procès qui en découleraient. Pourtant on le fit pour Haute-Yutz en 1815 déclenchant une haine certaine envers le général Hugo parmi la population.


Les façades des maisons seront alignées de part et d’autre de la chaussée, de la grande route de Thionville à Saarlouis en veillant à laisser au moins 10 toises [1]entre le bord de la chaussée et les maisons et cela pour servir de palier [2]aux allants et venants et au débarras de la voie publique. On mettra sur ces paliers les fumiers afin de les faire pourrir et de vider les maisons qui en sont infectées.

 

Où l’on voit bien les « usoirs » devant les maisons sur cette photo du village de Mouacourt vers 1900

 

 

L’église :

 

L’église ne saurait être mieux placée qu’au milieu du nouveau village, enclose dans des murs avec la maison curiale. Ce clos doit être plus élevé que le reste du village afin de lui acquérir le commandement et de ne pas être plongé dans les habitations.

 

On pourra mettre en sureté dans ce clos, si besoin, un petit détachement et fermer par une barrière l’entrée et la sortie du village. Les valets des officiers à la première alerte mettront dans ce clos les chevaux où ils ne pourront pas être forcés par une partie ordinaire en recherche de butin et non de coups de fusils. On pourra y mettre aussi les bestiaux et les effets mobilier des habitants si besoin.

 

Il sera bon de rapprocher le clos de la chaussée plus que des maisons du village pour lui donner vue sur les allées et venues et de laisser un intervalle de 20 toises de largeur de part et d’autre sur tous les côtés du clos en sorte que rien ne pourra l’offusquer. On pourra y planter un orme pour l’ombrager et masquer les toitures avec cette remarque que la maison curiale ne doit pas avoir de porte sur le mur de clôture sur lequel elle est adossée mais doit être accessible uniquement par la porte qui conduit à l’église et qui ne devra être que la seule porte du clos.

 

On devra créneler le mur de clôture et faire un petit fossé autour dont en retournera les bords en forme de contre escarpe et où l’on pourra mettre les eaux sauvages[3]du village si l’on peut.

 

Les maisons des seigneurs :

 

Les maisons des seigneurs ne pourront être qu’au début ou à la fin du village car leur maison comporte un étage qui peut mettre en péril le clos, les maisons paysannes [4]ne comportant pas d’étage n’ont pas cet inconvénient.

 

La chapelle du canal :

 

Il existe actuellement une petite église ou chapelle de dévotion située vers l’entrée du village de Basse-Yutz sur le bord du canal avec un clocher et une enceinte de murailles qu’il faudra raser ou déplacer vers le nouveau village.

 

[1]Une toise fait environ 1,90 m

[2]Ce que l’on appellera dans les villages lorrains les « usoirs » où l’on trouvait le fumier, la réserve de bois et les charettes ou autres machines agricoles

[3]Les eaux sauvages sont les eaux de pluies, de ruissellement qui viendront se collecter dans ces fossés

[4]Les maisons paysannes de l’époque n’ont qu’un rez-de-chaussée souvent à pans de bois 

Carte synoptique des modifications préconisées par le mémoire de 1751

Carte synoptique des modifications préconisées par le mémoire de 1751


Nous savons que les trois villages ne furent pas rasés comme le prévoyait ce mémoire, mais que celui de Haute-Yutz fut incendié en 1815 par le général Hugo [1], et reconstruit en 1817 à son emplacement actuel.

 

Ce passage de l’histoire de Haute-Yutz est fort bien décrit dans l’ouvrage suivant :

 

YUTZ aux éditions Coprur paru en juillet 1985

 

Vous pouvez aussi consulter sur Yutz (cliquer sur l'adresse ci-dessous)

 

 http://www.archeogeographie.org/dossiers/fouilles/pps/yutz.pps.

 

réalisé par Jean-Marie Blaising

 

[1]Père de Victor Hugo  pour des raisons restées très obscures.

NB :  

 

Les éléments de ce mémoire sont souvent présentés comme étant de Louis de Cormontaigne mais ils sont produits par de La Chèze, ingénieur militaire, en poste à Thionville sous les ordres de Louis de Cormontaigne qui vivait à Metz étant directeur des fortifications de Metz, Thionville et Bitche.

 

Celui-ci recevait les mémoires de ses ingénieurs, les étudiait, venait éventuellement visiter les lieux, voir et discuter avec l’ingénieur, puis les agréait ou pas. Une fois agréés, les projets étaient envoyés à l’état-major du roi qui les validait en fonction des finances ou d’autres considérations stratégiques et/ou politique ayant la vue d’ensemble de la situation du pays.

 

 

La suite du mémoire comporte un long chapitre sur les différentes attaques possibles de la ville en envisageant les stratégies de défense adaptées. Ce chapitre est très technique et doit être associé à un plan [1]où sont répertorié les différents moyens mis en œuvre. 

 

Il nous restera encore à voir la construction des fours à pain avant de clore ces articles sur le mémoire de ce militaire, lieutenant-colonel, ingénieur en chef à Thionville en 1749, encore actif dans la ville en 1751, mort en activité. Il réalisa le relevé des souterrains de la ville pour servir à la guerre souterraine dont il attribut l’étude et la spécialité à Louis de Cormontaigne.

 

Merci à Monsieur Gaudinet Frédéric des archives municipales pour nos échanges d'informations et à Monsieur Jean Marie Blaising pour m'être inspiré d'une des cartes parue dans "Haute-Yutz, le temps d'un village" décembre 2007, disponible sur le net.

 

 

[1]Plan non retrouvé dans les archives

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MISCELLANEES 2019

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La souscription est close depuis le 25 février 2019.

 

le MIscellanées 2019 est donc disponible dans les points de vente suivants :

 

Espace Culturel Leclerc 

Centre commercial des capucins à Thionville-Centre

 

A la Maison de la Presse

Place aux bois à Thionville

 

Cultura 

Zac du Linkling 3 à Terville

 

A l'office de tourisme de Thionville

Pays thionvillois

31, place Anne Grommerch (Ancienne place du marché)

là vous pourrez trouver en vente les ouvrages suivants:

 

Le Miscellanées 2019

 

Le Miscellanées 2017

 

 

L histoire de l'ancienne chapelle des lépreux

 

A la librairie Hisler

Centre commercial GERIC

 

 

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17 Février 1751 - Mémoire sur la fortification de Thionville

Publié le par Persin Michel

Nous allons voir de façon plus précise, le mémoire rédigé par un ingénieur militaire en 1751, concernant les fortifications de Thionville sur la rive droite de la Moselle. J’avais commencé à vous présenter le préambule de ce rapport le 17décembre 2018, pour mémoire ci-dessous :

 

Préambule d’un rapport rédigé par l ‘ingénieur Lachèse [1]sur la fortification de la ville et qui commente ici les raisons de la construction de la couronne sur les hauteurs de Yutz. 

 

« Thionville est située sur la Moselle à 6 lieues [2]de Luxembourg, duché dont elle a fait partie.

A 5 lieues de Metz, dont elle dépend tant pour le commandement que pour la juridiction.

 

Elle n’était autrefois fortifiée que fort simplement, mais depuis l’année 1727, le roi a augmenté ses fortifications dans presque tout son circuit au point que si le côté de la Moselle répondait en force aux autres côtés de la place, elle pourrait être regardée comme une des plus forte du royaume. Cette partie de la Moselle a toujours été regardée comme défectueuse. Les eaux de la rivière devenaient extrêmement basses dans les arrières saisons et jusqu’au point de ne conserver que 3 pieds [3]d’eau dans son plus profond, elle devenait guéable dans presque tout son cours.

 

Le pont qui traverse la rivière n’était couvert que d’un petit ouvrage à corne de peu de résistance, ce qui a déterminé à l’agrandir et à en former une double couronne qui couvre tout le côté de la rivière. Cet ouvrage quelque beau qu’il soit, pêche par un point essentiel ; il a trop peu de capacité pour une bonne défense et ne procure aucun emplacement à Thionville qui en a très besoin et a été construit si bas que les eaux de la Moselle, lorsqu’elles débordent en interdisent l’entrée en passant au-dessus de la partie des parapets du chemin couvert qu’elles détruisent et emportent dans le fossé.

 

A ces défauts, se joint celui d’être soumise à la hauteur d’Yutz où dès le premier travail on pourrait établir des batteries qui en très peu de temps en aurait anéantie toutes les défenses et donne le moyen de s’en rendre maître aisément. Cela fait juger que le côté n’était pas en équilibre avec les autres parties de la fortification de Thionville et que ce serait toujours le chemin qu’un ennemi habile prendrait pour se rendre maître de cette place et a fait former le dessein d’y travailler pour parvenir à la mettre dans cet équilibre de force.

 

On n’a rien trouvé de mieux que l’établissement d’un ouvrage dont le bastion du centre pris de la supériorité sur toute les hauteurs de Yutz et l’auteur de cette prétendue couronne d’Yutz n‘a donné ce projet dans le dessin de ne pas voir l’objet de cette dépense aussi considérable qu’elle est réellement, espérant que le temps lui fournirait le moyen d’exécuter le projet de la jonction à la double couronne de la Moselle après que les deux fronts de la hauteur seraient exécutés. Il est trop habile pour avoir jamais pensé que les deux fronts puissent tenir lieu du nécessaire en cette partie et ne l’a point caché.

 

[1]Voir la biographie résumée en fin d’article. Il signe LaChaise

[2]Une lieue terrestre représente environ 4,44 km

[3]1 pied = 0,326 m

C’est sur ce principe qu’on a donné le nouveau projet et on ne peut disconvenir que la couronne seule serait un mauvais ouvrage de peu de défense dont la communication serait difficile et qui serait vue dans toute son intérieur par l’ouverture de sa gorge, et donnerait à l’ennemi un emplacement plus commode que la nature ne lui donnait ci-devant pour établir les batteries nécessaires pour la ruine entière de cette double couronne.

 

 

La Moselle, les inondations et le futur canal :

 

« Voici les raisons qui occasionnent les inondations et celles de faire un canal de 25 toises de largeur [1]pour éviter les plus fréquentes inondations et empêcher les eaux de monter au point où elles ont été le 21 août 1740.

 

A Thionville, la rivière Moselle coule dans un bassin (lit) de 70 à 80 toises [2]de largeur dont les bords sont élevés au-dessus des eaux ordinaires de 7 à 9 pieds [3]et les plus hautes eaux de 9 à 12 pieds [4]. Cette rivière est extrêmement inconstante dans ses variations, souvent elle sort de son lit ordinaire en 2 ou 3 jours et s’élève à 10 ou 11 pieds, quelquefois jusqu’à 12 ou 13 pieds et parfois plus encore car sa plus grande crue à été de 14 pieds [5]ce qui a été regardé comme un évènement extraordinaire car il n’y a aucune mémoire dans le pays qui se souvienne de l’avoir vue si haute.

 

Au-dessous de Thionville, la rivière est trop resserrée lors des crues et quand elle passe entre les fortifications de la place et le revêtement de la double couronne, les eaux sont forcées de monter jusqu’à ce qu’elles puissent s’écouler par la campagne et la prairie sous les glacis de la double couronne.

 

[1]Soit environ 50 mètres

[2]De 140 à 160 mètres

[3]Entre 2,30 m et 2,9 m

[4]Entre 2,9 m et 3,9 m

[5]Soit 4,56 m


Là, elles rencontrent la chaussée de Saarlouis qui est entre la double couronne et la couronne de Yutz, cette chaussée la retient comme une digue et ne leur donne d’écoulement que par les 7 petites arches des deux ponts, trop étroites pour permettre un bon écoulement des eaux. Donc pour s’écouler, les eaux doivent atteindre la hauteur des deux ponts et passer au-dessus [1]. Pour y parvenir, il faut que toute la campagne soit inondée, les chaussées interdites, ce qui cause au pays un tort considérable.

 

Pour éviter cela, il faudrait ajouter à la rivière un nouveau cours comme un canal capable d’écouler les eaux sans trop les diminuer quand elles sont basses et cela pourrait se faire par un canal de 25 toises de largeur allant de la basse à la haute Moselle.

 

Les avantages de ce canal seraient :

 

  • Eviter les grandes inondations pour le pays autour de la ville.

  • Assurer une communication plus constante sur les chaussées.

  • Eviter de relever les portes et ponts de la ville qui ne seront plus noyés pas même celle de la double couronne exceptée celle de sa demi-lune qu’il faudra relever.

  • Eviter pour toujours le danger ou a été le grand pont de la Moselle d’être emporté.

  • De donner un bon retranchement dans les nouveaux ouvrages.

 

[1]Un des ponts de la chaussée de Saarlouis a été emporté le 18 décembre 1740, l’eau montait alors d’un pied par jour

Les grains, la farine et les denrées : 

 

 

Il y a une nécessité de construire à Thionville des caves et des magasins où l’on pourra disposer en sureté les approvisionnements de bouche nécessaires à la subsistance de la garnison pendant la durée d’un siège.

 

Ce projet qui est agréé et que l’on exécute, rendra un siège extrêmement difficile pour l’ennemi et sera d’une longue durée en le soutenant avec 7000 hommes de garnison y compris toutes les espèces de gens de guerre nécessaires à une bonne défense pendant trois mois.

 

Il faut convenir que la place a été bien négligée de ce côté et qu’il n’y a aucune cave à l’épreuve de la bombe dans toute la ville, lesquelles simples caves s’emplissent entièrement d’eau lors des crues de la Moselle et ne peuvent donc recevoir les boissons et chairs salées.

 

Il n’y a pas un seul magasin capable de recevoir des grains et des farines, sauf le grenier des casernes, mais qui ne peuvent contenir que quelques avoines et les grains et les farines utilisés par jour pour une petite garnison ordinaire de 4 à 5 bataillons au plus et un escadron mais rien de convenable pour les approvisionnements d’un long siège ou d’un blocus accompagné d’un bombardement.

 

Cette place est actuellement si petite et si resserrée qu’une telle conduite de la part de l’assiégeant culbuterait ou incendierait en une journée toutes les habitations et les denrées qui y seraient, soit le sixième du nécessaire et ferait donc rendre la place.

 

Tous les souterrains de la place servent de communication pour accéder aux ouvrages extérieurs, en y marchant un à un et encore en manque-t-il plusieurs auxquels on travaille d’année en année et par conséquent ne sont d’aucun secours à ce jour.[1]

 

Ce que nous avançons dans ce mémoire à été prouvé au commencement de la présente guerre où l’on a eu ordre de jeter quelques provisions dans la place où elles furent dispersées, ça et là, chez des particuliers quoiqu’en petites quantités et il s’en est suivi une conservation impossible par les employés chargés d’y veiller. Il y eut un déchet continuel de la plupart des denrées qu’on ne pouvait plus soigner ni veiller.

 

Que deviendront-elles dans le bombardement ?

 

[1]L’auteur de ce mémoire a fait le relevé des ses souterrains dont une copie existe sans doute aux archives de l’armée (Génie) à Vincennes mais où cependant rien n’est répertorié !

Elles disparaitraient avec les maisons des particuliers dans lesquelles elles auraient été entreposées. Les maisons trop serrées seraient rapidement détruites et incendiées.

 

Si l’on peut remédier à cela, la place deviendra une des plus importantes car le plus grand chemin de l’ennemi peut-être la Moselle bien plus navigable que la Saar, Thionville est donc pour l’ennemi la première porte où il faut frapper avant de remonter plus haut.

 

Afin de répondre aux deux constats précédents concernant :

 

La Moselle, les inondations et le futur canal.

Les grains, la farine et les denrées 

 

Voici le projet de ce qu’il est le plus convenable à faire pour y remédier :

 

Construire deux bâtiments sur l’entrée et la sortie des eaux du canal à travers la nouvelle enceinte de Yutz à Thionville pour recevoir les approvisionnements de bouche nécessairependant un siège de 3 mois ou 6 mois de blocus

Plan de 1746 montrant la coupe d'un des ponts écluses

Plan de 1746 montrant la coupe d'un des ponts écluses

Sur cette carte postale de 1967 on voit  au premier plan l’état du pont amont avant restauration.

 

 

Pour plus d’informations et pour les plans d’époque et autres photos vous pouvez

consulter le N°15 des documents thionvillois [1].

 

Le présent article ne présente que le mémoire de l’ingénieur La Chèze

Les bâtiments projetés étaient composés de caves voûtées à l’épreuve des bombes situées au-dessus des piles du pont écluse. 

 

Au-dessus des caves, on trouvait une chaussée pavée centrale permettant le passage au-dessus du canal et de part et d’autre de cette chaussée des greniers servant d’entrepôts. Le bâtiment actuel, rénové de 1991 à 1995, ne comporte d’un seul grenier au-dessus de la chaussée centrale et de l’emplacement des deux greniers d’origine.

Le pont écluse amont d’entrée des eaux restauré et le pont écluse aval de sortie des eaux avec ses caves mais dont les greniers supérieurs ont été détruits.

 

Quelques remarques sur la construction de ces deux bâtiments :

 

(Il y a plusieurs pages de remarques, je n’y ai mis que les plus générales, les autres sont très techniques)

 

Les piles et les arches des passages d’eau seront établies sur un massif ou radier de maçonnerie, fortifié, haut et bas, par des files de pilots et palplanches. Ledit massif établit dans le tuf mêlé de roc car nous avons déjà reconnus le fond dans les autres ouvrages que l’on a construit cette année.

 

Les magasins seront à l’épreuve de la bombe.

 

Il y aura dans un des bâtiments un magasin pour les poutrelles, les denrées de bouche et dans l’autre bâtiment on mettra le grain et la farine.

 

Il n’y aura aucune cheminée dans les bâtiments pour éviter le feu avec des matières inflammables, eau de vie, huile, vinaigre et graisse.

 

Le regroupement des denrées dans ces magasins pourra se faire facilement par la Moselle et le canal, leur garde sera plus aisée.

 

On trouve ensuite quelques éléments sur les quantités de denrées nécessaires pour les sièges ou les blocus, quantités évaluées d’après la table de monsieur de Vauban établie pour une ville comme Thionville à 9 bastions.

 

Infanterie :                   5400 hommes

Cavalerie :                     540 hommes

Autres guerriers          1160 hommes

Total :                        7100 hommes

Vivres nécessaires pour 6 mois de blocus en farines : 

 

Froment :        5280 septiers [1]

Seigle :            2640 septiers

Total :            7920 septiers

 

NB : 

Les habitants inutiles ou sans ressources seront expulsés de la ville en cas de siège ou de blocus. Les autres devront se munir de vivres pour 6 mois car les décomptes ne concernent que les hommes de guerre.

 

Les estimations en froment et en seigle ont été augmentées environ d’un cinquième pour les officiers des troupes, les valets, l’hôpital, les ingénieurs, les charpentiers, les canonniers, les mineurs, les charrons, les armuriers et autres gens utiles.

 

Ce mémoire nous donne aussi la liste des denrées mises en réserve dans les caves et greniers des bâtiments avec leur quantité. Je ne donnerai ici que les types de denrées et n’entrerai pas dans le calcul des quantités nécessaires en fonction des effectifs.

 

Liste des denrées entreposées et consommées de façon journalière par les soldats :

 

-Pois

-Lentilles

-Riz

-Orge mondé [2]

-Orge en grain pour les tisanes et nourrir les volailles

 

Epices :

 

-Poivre

-Cannelle

-Clous de girofle

-Noix de muscade

 

Ails et oignons à raison de deux têtes par jour et par chambre de 6 hommes.

 

Vins alcool et tabac :

 

-1 chopine par jour d’un vin de qualité [3]

-2 petites mesures d’eau de vie par jour et par home.

-Tabac à fumer correspondant à 4 pipes par jour et par homme.

 

Viandes :

 

-Lard salé

-Bœufs et vaches

-Moutons pour les officiers blessés ou malades

-Veaux et volailles pour les hommes malades ou blessés qu’on élèvera chez les particuliers, dans les fossés de la place et dans les cloîtr

 

[1]Un septier est estimé à 235 livres pesant doit faire 158 rations de pain à 2 livres pesant le pain. La livre pesant à cette époque vaut pratiquement 1 kg, au 18èmesiècle elle sera ramenée à pratiquement 500 g

[2]Orge dont on a enlevé l’enveloppe qui entoure le grain et qui n’est pas consommable

[3]La chopine correspond à ½ litre, parfois on utilise ce terme pour désigner une bouteille

Pour les jours maigres qui sont de deux par semaine :

 

-Fromage

-Morue salée et verte[1]

-Harengs

-Herbes potagères, persil, thym…

 

Fruits :

 

-Fruits frais, pommes et poires

-Pruneaux pour les malades

 

Autres :

 

-Huile de noix ou de navettes

-Huile d’olive de bonne qualité

-Beurre salé

-Vinaigre

 

Il faut aussi entreposer des ustensiles de cuisine :

 

-Pots de terre environ 200

-Barils de distribution environ 1000

-Gamelles de bois environ 4000

-Cruches de terre environ 1000

-Chaudières pour la cuisson environ 8

 

Cela nous laisse à voir l’alimentation quotidienne des soldats de la garnison. 

 

S’en suit dans le mémoire, une importante partie purement stratégique qui prévoit de construire dans la vieille ville de Thionville, un magasin assez important pour rapatrier les denrées de ses deux bâtiments dans la ville au cas où une attaque éventuelle obligerait à détruire en partie les bâtiments construits sur le nouveau canal. Il est précisé que les caves pourraient être conservées mais que les greniers au-dessus pourraient être détruits en seulement quelques jours afin de les soustraire aux canons ennemis et dégager ainsi la vue.

 

Ensuite vient une partie purement militaire qui explique l’importance pour les soldats d’être bien nourris comme le précise monsieur de Vauban dans ses écrits. 

 

Nous verrons cette partie dans l’article à venir.

 

Timbre émission 19.09.2006
 

[1]Morue verte = morue juste salée - Morue salée = Morue séchée et salée

MISCELLANEES 2019

 

Les difficultés d'impression ont été réglés donc l'impression va reprendre

en conséquence la souscription sera close le 25 février 2019

 

 

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30/8/1705 Thionville-Volkrange : La fête au village

Publié le par Persin Michel

Huile sur toile de l'école française du 18ème siècle

Huile sur toile de l'école française du 18ème siècle

Dans cet article, je vais vous conter un incident qui s'est produit le dimanche 30 août 1705, lors de la fête du village de Volkrange, mais avant, je voudrais démystifier, une légende qui court encore chez quelques  "historiens" je dirais historiques !

Elle fait partie de ces "âneries" sur le moyen-âge qui ont été tant rabâchées qu'elles sont devenues "vraies" pour nombre de personnes. Elle est comme le fameux droit de cuisage qui n'a jamais existé dans notre pays et cet incident de Volkrange infirme également que les seigneurs de nos villages avaient droit à la première danse lors de la fête des villages. Ce n'est qu'une fausse interprétation de coutumes alors en usage dans nos villages et qui concernaient l'ouverture de la fête, l'ouverture du bal.

Avant de vous relater l'incident, il me faut faire un préalable qui vous verrez explique en partie la tournure des événements arrivés lors de cette fête au village.

 

Coutume :

La coutume est un « usage juridique oral, consacré par le temps et accepté par la population d'un territoire déterminé ». C’est à dire que c’est la répétition d’une pratique qui établit cette pratique comme étant « l’usage » et cela devint en quelque sorte la loi.

Il existait à Thionville depuis de nombreuses années, des pratiques qui dictaient les règles à appliquer dans un ensemble de domaines et de cas. C’était la « Coutume » de Thionville,  applicable dans toute la prévôté puis ensuite dans tout le bailliage.

En 1643, Thionville la luxembourgeoise, devint française dans les faits et en 1659, elle le devint officiellement par le traité des Pyrénées du 7 novembre article 35 à 41.

S’il modifia profondément la structure de l’administration de la ville et de la région, Louis XIV, ne s’attaqua pas ou peu à la « Coutume » en usage. Ne voulant pas choquer ou perturber trop frontalement les habitants. Il va donc reconduire la « Coutume » en usage depuis 1623, validée par le duc de Luxembourg.

 

En 1661, il fait publier en langue française le texte suivant :

 

 Coutumes générales de la ville de Thionville et autres villes et lieux du

Luxembourg Français 

Dans ce texte, à l’article XI du « chapitre ou titre IV »  il est écrit :

En évoquant les seigneurs haut-justiciers :

« Lui confère aussi l’autorité de crier les fêtes paroissiales, permettre les danses et les jeux de ces jours là, sauf s’il existe un usage ou une coutume contraire »

 

Retenons bien cet article !

 

NB : Il est courant dans les actes notariés du 18ème siècle de lire la mention « …sera réglé suivant la coutume de Thionville… »

 

 

Venons en maintenant à l'incident du 30 août 1705 qui nous est relaté par un rapport du procureur du roi au bailliage de Thionville.

« Reçu par nous gens tenant le bailliage et siège royal de Thionville, la requête présentée par Jean Mathias Bock, procureur du roi en ce siège, et stipulant que le 30 août dernier, jour de la fête ou dédicace de Volkrange, son maire s’étant mis en devoir de publier la fête, ayant en main suivant la coutume, un roseau garni de rubans, les sieurs de Pouilly, père et fils suivis des sieurs Rolly, Fringan et Larminat, se seraient approchés du lieu ordinaire de la danse ou ledit maire ayant remis entre les mains du sergent, le roseau garni de rubans, le sergent aurait proclamé la fête au nom du sieur Jean Mathias Bock, seigneur en partie de Volkrange, sur quoi le sieur de Pouilly (le jeune) aurait crié avec emportement qu’il s’opposait et se serait jeté sur le maire pour lui ôter le roseau et pendant qu’il tirait le maire à lui, il fut suivi tumultueusement des sieurs de Rolly, Larminat et Fringan et autres qui tous se mêlèrent confusément avec le sieur de Pouilly.

Celui ci ayant cassé et brisé le roseau, le maire reprit le roseau cassé sur quoi ledit sieur de Rolly se jeta sur le maire pour lui reprendre et l’a menacé de le maltraiter en cas de refus. Il reprit donc le roseau par la force et le brisa en trois morceaux.  Mais le maire réussit à reprendre les morceaux du roseau des mains du sieur de Rolly, sur quoi le sieur Larminat avec furie se jeta sur le maire pour lui reprendre le roseau cassé et le mit entre les mains du sergent de justice du sieur de Pouilly.

Le sieur de Pouilly fit alors venir des fusiliers et leur aurait ordonné d’empêcher que l’on ne prenne aucune danse… »

Il est précisé sur le document que le procureur du roi sera avertit des faits et que l’avocat du roi réquisitionnera les sieurs de Pouilly, père et fils, le sieur de Rolly et Larminat pour être entendus sur les faits.  Le rapport est daté du 5 septembre 1705.

Pour résumer simplement l’affaire :

Le maire de Jean Mathias Bock, seigneur en partie de Volkrange, a demandé a son sergent de proclamer, avec en main un roseau garni de rubans, ouverte la fête du village et d’autoriser ainsi les danses. Or le sieur de Pouilly, seigneur en partie de Volkrange avec son fils et les sieurs de Rolly, Fringan et Larminat s’opposèrent par la force à cette déclaration en cherchant à prendre le roseau des mains du maire. Ce faisant ils déclenchèrent entre eux une bagarre qui se solda par la destruction du roseau et l’intervention, demandée par le sieur de Pouilly, de soldats afin d’interdire la fête.

 

 L’explication de ce pugilat est fort simple :

Le sieur de Pouilly était seigneur en partie de Volkrange et le sieur Jean Mathias Bock était aussi seigneur en partie de Volkrange. Ils étaient donc co-seigneurs du village mais avec une différence bien réelle :

Le sieur de Pouilly était seigneur haut-justicier du village et le sieur Jean Mathias Bock n’était que seigneur foncier  du village.

Relisons l’article XI de la coutume de Thionville : Il est bien précisé que la proclamation de la fête et des danses est de la responsabilité du seigneur haut-justicier donc du sieur de Pouilly.

Cette bagarre n’est donc qu’une question de préséance et de formalisme, mais on verra par la suite que l’entente entre ces seigneurs n’était guère fameuse depuis déjà fort longtemps.

Ce simple fait divers va toutefois nous donner beaucoup de renseignements sur les protagonistes, sur la fête, sur l’administration du village, sur la justice du bailliage…

Pour l’instant restons sur l’incident.

Afin de bien établir les faits, la justice du bailliage, en la personne de Jean Scharff, conseiller du roi, fit interroger une partie (21)  des hommes présents à la fête. Qui étaient- ils ?

  • Vassor Guillaume, bourgeois de Thionville, âgé de 40 ans.
  • Klein Jean, manœuvre d’Hettange-Grande, âgé de 36 ans.
  • Junger Philippe, laboureur d’Elange, âgé de 63 ans.
  • Chillon Michel, maçon d’Hettange-Grande, âgé de 50 ans.
  • Fischer Nicolas, manœuvre d’Elange, âgé de 29 ans.
  • Roly Jean, jeune garçon de Marspich.
  • Neis Jean, Jeune garçon de Thionville, âgé de 24 ans.
  • Bil Jacques, jeune garçon de Marspich, âgé de 29 ans.
  • Lechamp Nicolas, boulanger de Thionville, âgé de39 ans.
  • Gascher Jean, bourgeois de Thionville , âgé de 30 ans.
  • Gascher Valentin, bourgeois de Thionville, âgé de 55 ans.
  • Limbourg Nicolas, marchand de Thionville, âgé de 33 ans .
  • Cheltier François, laboureur de Marspich, âgé de 23 ans.
  • Stroest Antoine, maçon de Marspich, âgé de 28 ans.
  • Holstaine Adam, laboureur de Beuvange, âgé de 30 ans.
  • Pécheur Christophe, laboureur de Beuvange, âgé de 50 ans.
  • Frolin Nicolas, tisserand de Beuvange, âgé de 33 ans.
  • Adam Jean, laboureur de Metzange, âgé de 26 ans.
  • Schweitzer Rémy, laboureur de Marspich, âgé de 60 ans.
  • Jacob Nicolas, tisserand de Beuvange, âgé de 60 ans.
  • Veinant Jean, laboureur de Beuvange, âgé de 40 ans.

(Toujours la même remarque sur l’orthographe des noms propres à cette époque qui est souvent aléatoire)

On peut remarquer qu’aucun de ces hommes n’est originaire de Volkrange car trop impliqués et inféodés à l’un ou l’autre des seigneurs du village. On retrouve des gens de Beuvange, Metzange, Elange et Marspich, villages voisins de Volkrange mais personne de Veymerange pourtant proche. Figurent aussi des hommes d’Hettange-Grande et quelques bourgeois de Thionville. 

 

Le sieur Holstaine Adam explique qu’en fait il n’était pas présent à la fête et ne sait donc rien sur les évènements.

 

Le dénommé Stroest Antoine, maçon de Marspich dit ne pas comprendre le français et n’avoir pas compris vraiment ce qui se passait mais il décrit les faits sans en comprendre le sens.

 

Un autre encore, explique qu’arrivé en retard, il ne vit rien car trop éloigné de la place et à cause de la foule qui était devant lui.

 

Les dépositions des autres hommes présents à la fête, on peut établir quelques faits intéressants :

 

En premier lieu, on apprend que la fête était proclamée sur la place non loin du château et que cela se faisait après les vêpres entre 15h et 16h.  On y apprend aussi que pratiquement toute la population de Volkrange, Metzange et Beuvange y participait et qu’on y jouait du violon.

 

Voilà pour le décor, maintenant sur le fond de l’affaire, on y apprend que tout le monde étant rassemblé sur la place, le sieur de Pouilly arriva du château avec son fils, le sieur de Rolly son beau-frère et les sieurs Fringan et Larminat tous accompagnés de leur famille proche. On y apprend aussi que le sieur Jean Mathias Bock, l’autre seigneur du village n’était pas présent et avait délégué les formalités à son maire et à son sergent.

 

Un premier accrochage eut lieu dès l’arrivée du seigneur haut-justicier, de Pouilly qui demanda au maire présent des sièges pour lui et sa suite, ce à quoi le maire de Jean Mathias Bock ne répondit pas selon certains ou selon d’autres, il lui dit de s’adresser à son propre maire.

 

Ensuite les témoignages concordent en ce sens qu’ils décrivent tous le même enchainement des faits :

 

« Le maire de Jean Mathias Bock donne au sergent le roseau enrubanné et celui-ci crie la fête la déclarant ouverte au nom du seigneur Jean Mathias Bock ce qui déclenche de suite la protestation du seigneur haut-justicier de Pouilly à qui revient cette charge et dans la foulée le déclenchement de la bagarre entre le fils du seigneur de Pouilly et ses invités les sieurs de Rolly, Fringan et Larminat. La bagarre ayant pour objet de récupérer le roseau enrubanné qui dans la coutume était obligatoire pour ouvrir les danses. Le roseau une fois cassé la fête ne pouvait se tenir et le seigneur de Pouilly en fit faire un procès verbal puis il fit venir trois ou quatre soldats armés ou fusiliers pour calmer les gens et interdire les danses sous peine de prison. Chacun se retira donc de la place et la fête fut définitivement gâchée »

 

Nous verrons dans la suite de cet article que les relations entre les deux seigneurs, haut-justicier et foncier n’étaient pas bonnes et nous verrons que ces personnages étaient tous des notables du bailliage de Thionville donnant ainsi à cette « petite » affaire un retentissement assez important.

 

Dans le prochain article nous verrons donc qui étaient ces notables, quelles étaient leurs relations et comment se termina l’affaire.

 

À suivre…

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