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1664 à 1700 - Thionville – Les fortifications (4ème partie)

Publié le par Persin Michel

Après les deux intermèdes concernant Saint-Nicolas et les 60 ans de l’église Notre Dame de l’Assomption, revenons aux travaux sur les fortifications de Thionville réalisés par et sous la supervision de Rodolphe Salzgueber.

                                                                        **************

Le 15 juin 1674, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg

à réaliser à dires d’expert et gens de connaissances, deux corps de garde pour les officiers, un à la porte de Metz sous la voûte et l’autre à la porte de Luxembourg, joignant l’entrée de la voûte à main droite, lequel sera couvert d’ardoises.

Il devra faire les murailles (murs) de bonne maçonnerie, d’y faire des fenêtres garnies de vitres et de fil d’archet au-devant. Les jambages seront de pierre de taille, des cheminées et aussi des lits de camp, tables et bancs seront nécessaires pour la commodité de l’officier.

Il rebouchera les petites brèches qui sont au-dessus des portes, pour cela il recevra 350 livres.

Il devra aussi recouvrir les corps de gardes à l’avancée de la porte de Metz, c’est à dire d’y remanier toutes les tuiles et en remettre des neuves pour remplacer celles cassées ou manquantes afin qu’il ne pleuve plus dans les corps de garde et pour cela il recevra 3 livres.

Il devra encore faire les réparations aux ponts des portes de Metz et de Luxembourg, consistant en la pose de madriers à remettre sur le dessus des ponts, il lui faudra fournir le bois et la main d’œuvre et recevra alors 103 livres et 15 sols.

Dans la rue brûlée, il devra rétablir les grands moulins à cheval dans les magasins du Roi, vis à vis de la maison du sieur Klein. Il devra fournir la main d’œuvre et toute la ferrure nécessaire et aussi le bois et rendre les moulins propres à faire de la farine, alors il touchera 278 livres et 10 sols.

Le sieur de Salzgueber, devra démolir toutes les maisons [1] qui sont comprises dans l’alignement de la rue qui doit conduire de la porte du pont à la place et fera transporter une partie des matériaux proche de la porte de Luxembourg en des lieux où ils ne gêneront pas. Pour ces démolitions, il recevra 318 livres.

Le 19 juin 1674, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg à faire les réparations nécessaires aux chemins couverts de Thionville et de la manière suivante :

[1] D’après les plans, cela n’a semble-t-il concerné, qu’une seule maison située devant l’entrée du pont.

Après avoir bien aplani, dressé, épointé les palissades, il sera fait une rigole profonde de 3 pieds ou 3 pieds et demi dans laquelle seront plantées les palissades, attachées et bien chevillées avec de bons linteaux comme prévu sur le profil qui lui a été remis afin que les palissades soient si bien dressées et alignées que les pointes ne fassent qu’une même ligne. La rigole sera remplie de terre, lesquelles seront si bien battues entre et contre les palissades qu’elles seront rendues inébranlables. Salzgueber sera payé 7 livres et 10 sols pour chaque cent de palissades qu’il aura planté, il s’est en outre engagé à faire des barrières de sortie vis à vis des fossés des bastions, des demie lunes suivant l’alignement des palissades, aux barrières ils remettra les vieilles serrures en état et les attachera en sorte qu’elles ferment bien et il sera payé 6 livres pour chaque barrière.

Il devra aussi faire le gazonnage au-dessus du parapet de maçonnerie qui se fera comme suit : Le gazon sera coupé tout d’une main, en bonne terre et bien enraciné. Il aura 14 à 15 pouces de long, 4 pouces d’épaisseur et 6 pouces de largeur. Il sera posé en boutir de liaison avec les terres qui seront mises entre ledit gazon et les palissades, lesquelles terres seront choisies les meilleures, les plus grasses, bien battues.

Les gazons seront bien joints et posés l’un contre l’autre en sorte que les lits de l’un couvrent bien les joints de l’autre et de deux en deux. Il sera posé sur un lit de petites fascines de bois de saule coupé en saison afin qu’elles puissent reprendre et elles auront leurs cimes tournées du coté du parement c’est à dire le gros bout du coté des palissades.

Les fascines seront fournies sur les lieux à la charge de sa majesté. Salzgueber sera payé à raison de 40 sols par toise carrée de gazonnage posé.

Il devra transporter toutes les terres superflues et inutiles dans le chemin couvert pour en former les glacis suivant les plans et alignements qu’il aura reçu. Il sera payé pour ce travail 40 sols pour chaque toise cube de terre charriée.

Le 29 août 1674, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg afin de réaliser un rempart à l’extrémité du pont, afin de gagner le terrain qui est beaucoup plus bas que les piles du pont et qu’on puisse s’en servir pendant que l’on construit l’ouvrage à la tête dudit pont.

Chaque chevalet ne différera en rien de ceux qui ont été faits contre la porte de la ville si ce n’est pour leur hauteur, ils seront posés sur le bon fond et arrêtés avec des pillots, en sorte que les débordements des eaux ne puissent les endommager. Le dessus du pont sera conforme à la charpenterie faite sur les piliers de maçonnerie.

L’on observera que la rampe devra être douce afin que les chariots puissent monter et descendre avec beaucoup de facilités.

L’entrepreneur sera payé à raison de 15 livres la toise courante en mesurant du milieu de la dernière pile jusqu’à l’endroit où finira le rempart.

Le fer nécessaire sera fourni et posé par ledit Salgueber.

Le 15 mai 1675, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg à faire toute la charpenterie nécessaire aux ouvrages de la ville, pour les toitures, couverture des orgues, guérites, planchers, lits de camp, lambris et les portes et ventillons, les toitures seront en ardoise, le bois sera du sapin. Il fera aussi deux guérites en bois de chêne, une sur le devant de la porte de Metz et l’autre sur le coté qui regarde la place. Il sera payé pour cela 700 livres tournois.

Il devra faire les réparations au tambour qui joint le flanc gauche du bastion de Metz, y démolir tout ce qui n’est pas solide et le rétablir bien solide et pour cela il aura 28 livres la toise cube.

Il devra faire trois aisances de pierre de taille dans le grand fossé aux endroits convenus et recevra alors 220 livres pour chacune.

Il fera aussi la maçonnerie à une petite écluse qui sera sur le glacis du chemin couvert, vis à vis de l’angle flanqué de la branche droite de l’ouvrage vers Terville et recevra alors 200 livres la toise cube. La terre nécessaire pour faire la digue de l’écluse lui sera payée 40 sols la toise cube et il recevra le même prix pour les terres utiles pour former la digue qui joindra la gorge de l’ouvrage le long de la Moselle avec le chemin couvert et cela pour retenir l’eau dans le marais, les terres superflues seront mises sur le glacis et bien battues.

Ensuite, il fera tout le pavé depuis la porte du pont jusqu’à la place d’arme et il fera aussi une chaussée au bout du grand pont. Il devra terminer ces travaux pour la fin octobre de ce mois (soit 5 mois) et sera alors payé d’après le toisé.

Un avenant à ce contrat daté du même jour, stipule qu’il devra aussi faire six barrières, avec leur cadenas, aux accès aux remparts, il fera aussi un petit corps de garde en planches dans le bas du «Ferdinand »[1] et devra démolir une croix de pierre qui est sur la place, le tout pour 44 livres et 10 sols.

Sierck :
Le même jour, 15 mai 1675, un autre contrat lui demande de réparer toutes les brèches qui sont aux murs du château de Sierck avec une bonne maçonnerie de chaux et de sable en utilisant les meilleurs moellons du pays. Il devra en outre fournir sept barrières avec cadenas pour la petite place proche les « Récollets ». Pour ces travaux, il recevra 20 livres la toise cube de maçonnerie et 22 livres et 10 sols pour les barrières.

Il lui faudra aussi faire une banquette de pierre sèches derrière la grande « Brèche » et mettre sur la redoute un plancher, puis de faire un petit pont au-dessus du fossé avec une palissade à droite et à gauche et enfin une guérite de madriers sur le flanc de la grande face, il recevra alors 34 livres et 15 sols.

[1] Ouvrage bastionné se trouvant à coté du grand pont.

Plan de Sierck en 1747

Plan de Sierck en 1747

Le 17 janvier 1676, le sieur Saltzgueber [1] sera chargé de transporter toutes les terres pour faire le chemin couvert à la tête de la muraille qui retient les encadrements de la porte de Metz et autour du moulin et cela suivant les plans fournis. Les terres seront prises en défonçant le terrain pour atteindre le niveau demandé qui est au-delà du glacis c’est à dire de manière que le glacis soit vu du corps de la place, il devra laisser en place des témoins de profil afin de pouvoir en faire le toisé [2]. Le tout sera payé à raison de 40 sols la toise cube.

Il devra aussi engazonner les parapets et les banquettes puis les palisser.

Il devra construire en pierre de taille, trois lieux d’aisance aux endroits marqués et les faire comme celles entre le bastion de Metz et d’Enghein et recevra alors 222 livres pour chaque aisance construite.[3]

Ensuite, il fera un corps de garde en maçonnerie à la porte du pont conformément aux plans et recevra la somme de 1100 livres tournois. (Le prix est élevé car le descriptif des travaux est très long et explicite afin d’obtenir un bâtiment de bonne qualité)

[1] Maintenant le nom s’orthographie avec un « t »

[2] Faire le toisé, c’est prendre les mesures des travaux réalisés afin d’établir le prix.

[3] Se reporter aux plans dans les articles 2ème et 3ème parties

Il fera ensuite quatre casernes [1] avec chacune quatre chambres en bas et un couloir au milieu et encore quatre chambres à l’étage avec au-dessus un grenier. Il y aura des cheminées et des portes fermant à clés. Chaque caserne lui sera payé 3300 livres tournois.

Il devra encore faire le magasin à poudre situé vis à vis de la gorge du bastion de Metz suivant les plans joints avec des fondations très solides pour 30 livres la toise cube. Il fera un plancher de madriers de chêne, une porte bien ferrée avec serrures et verrous pour cela il aura 110 livres. Le tout devra être livré pour la fin novembre 1676.

Les voitures pour charrier la terre, les moellons, la chaux et le sable seront payés par les intendants.

Le 21 janvier 1676, le lieutenant Pierre Jean Jacquet de la compagnie de Saltzgueber va passer commande à Dominique « Geyralding » de Raon-l’Etape dans les Vosges, pour un lot très important de bois, dont 3000 planches, livrable à Thionville. Pour cette opération, un bourgeois de la ville, Dominique Scwadol, se portera caution en versant 40 écus blancs à 3 livres tournois l’écu.

Dans le même document, le même lieutenant, Pierre Jean Jacquet passera commande, auprès de Etienne Marmoy et Nicolas Marmoy, frères, demeurant à la tuilerie de Lagrange, pour 60000 tuiles et 30000 briques livrables en juillet pour le prix de 8 livres et 10 sols le mille. Le témoin de l’affaire sera un bourgeois de Thionville, Balthazar Leyendecker.

Nous sommes rendus en 1676 et depuis 1634, soit 42 ans, les fortifications de la ville ont constamment été améliorées et entretenues. Le sieur Saltzgueber avec ses gardes suisses et les artisans de la région, sous les ordres du directeur des fortifications, à l’aide des plans et profils fournis par les ingénieurs du Roi dont Vauban, a été la cheville ouvrière de ces travaux. Nous verrons dans une prochaine et dernière partie, début 2017, les travaux qu’il a encore réalisé sur la place de Thionville avec une petite notice sur ce personnage peu connu faute de document le concernant.

 

[1] Ce qui correspond à 24 chambres mais sans connaître le nombre d’hommes par chambre.

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THIONVILLE - 1956-2016 Les 60 ans de l'église Notre Dame de l'Assomption

Publié le par Michel Persin

La couverture du livret sur l'histoire de l'église Notre Dame

La couverture du livret sur l'histoire de l'église Notre Dame

A l'occasion des soixante ans de l'église Notre Dame de l'Assomption de Thionville Saint-François, la paroisse a édité un livret retraçant l'histoire de l'église. 

(Format A4 - 90 pages -nombreuses illustrations couleurs) 

Vous y découvrirez l'histoire des chapelles ayant précédées l'église actuelle:

- La chapelle des lépreux remontant à la léproserie de Thionville au moyen-âge dont le bâtiment désacralisé existe toujours.

- La chapelle provisoire réalisée en 1937/1938 dans l'ancienne salle de spectacle créée en 1908 dite la "Kaiserhalle" qui deviendra par le suite le "Grand Trianon"

Enfin, la construction de l'église Notre Dame actuelle, réalisée dans un ancien bâtiment édifié par les allemands et non terminé en 1945, devant servir de laiterie.

Après avoir découvert sa construction, son équipement et sa riche décoration,  vous découvrirez au fil des pages et des nombreuses photos d'époque, la vie de la paroisse Notre Dame au travers de ses réalisations les plus marquantes.

Sa chorale, son atelier et toutes les associations qui concourent à en faire une paroisse vivante.

Vous connaîtrez aussi l'origine et l'évolution de la Saint-Fiacre (patron des jardiniers), fête du quartier, qui se tient tous les ans à l'arrière de l'église et connaît toujours un beau succès.

Pour 8 € 

Vous pouvez acheter le livret au secrétariat du presbytère de la paroisse au 37, avenue de Guise à Thionvill  du lundi au vendredi 14h-18h
Tél: 0382532581

http://saintefamille.over-blog.org

 

 

 

La saint Fiacre en 2016

La saint Fiacre en 2016

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Saint Nicolas patron de la Lorraine et des écoliers

Publié le par Michel Persin

La statue de Saint-Nicolas dans l'église Saint-Nicolas à Bari (Italie) 2011

La statue de Saint-Nicolas dans l'église Saint-Nicolas à Bari (Italie) 2011

** Cette statue représente un Saint-Nicolas de type moyen-oriental, ce qu'il était assurément.

Dans quelques jours, nous serons le 6 décembre, jour de Saint-Nicolas, patron de la Lorraine et des enfants. Quelques personnes n'ont posé des questions sur cette fête qui me laissent à penser qu'aujourd'hui notre saint et son histoire sont fort peu connus !

J'ai, dans ma jeunesse, pas si lointaine, entendu, la nuit tombante, le son de sa clochette dans les rues de Veymerange. J'ai connu l'angoisse du père fouettard, sachant bien que j'avais "parfois" mérité son courroux. J'ai apprécié les quelques friandises qu'il m'avait données de sa main gantée de blanc. Il m'est resté de ces visites de Saint-Nicolas et de son éternel acolyte à la baguette menaçante, des souvenirs nostalgiques d'avant Noël, quand la chaleur de la maison et de la famille réunie nous entouraient de bienveillance rassurante.

Plus tard, quelques fois, j'ai moi même pris les traits du saint ou de son noir compagnon, lors de visites à l'école du village ou dans une ou l'autre des maisons voisines.

On dit souvent que pour aimer une personne, il faut la connaître, gageons que pour une tradition, il en va de même. 

Voici donc un abrégé de l'histoire de Saint-Nicolas et du père fouettard.

Nicolas en grec, veut dire "Victoire du peuple", c'était l'évêque de Myre en Lycie, actuellement au sud del'Anatolie, dans la Turquie actuelle. Myre où il décédera en l'an 345. Il était né à Patare (Patara dans la même province) vers les années 270, dans une famille riche et chrétienne.

Vers ses 8 ans, il perd ses parents et certains disent qu'il aurait été recueilli par son oncle Nicolas alors évêque de Myre qui l'aurait fait prêtre puis évêque. Mais cette période de sa vie n'est pas totalement établie.

Ce que l'on sait de façon plus précise c'est qu'il a participé au 1er conseil de Nicée en 325 et qu'il y lutte contre l'arianisme [1]. On lui attribut une grande générosité et un sens aigu de la justice sociale. Il connaîtra la prison comme ses frères chrétiens, il sauvera dit-on plusieurs fois, trois jeunes gens, puis trois officiers, d'une exécution certaine et cela grâce à son autorité naturelle, sa dialectique et sa combativité.

Après son décès en 345, il est inhumé à Myre dans l'église Saint-Nicolas, où de nombreux pèlerins viennent le prier. Sa légende est déjà bien établie et ses ossements sont réputés secréter un huile parfumée. Toutefois en 1071, la guerre qui dévaste la région, pousse des marchands venus de Bari, dans le sud de l'Italie à "voler" les reliques du saint homme pour les mettre à l'abri des turcs, c'était le 9 mai 1087.

Une basilique sera construite à Bari, entre 1089 et 1197, entièrement consacrée au Saint.

En 1098, un chevalier Lorrain, Aubert de Varangéville fait le pèlerinage à Bari d’où il rapporte une phalange  de la main du saint. Cette phalange sera déposée à Port, petit village près de Nancy. Aussitôt, un grand nombre de pèlerins vinrent à Port pour vénérer la sainte relique et dès 1095, l’évêque de Toul [2] consacra une nouvelle église à Port pour y abriter la relique. Plusieurs miracles furent attestés et la vénération du saint prit une ampleur considérable faisant de Saint-Nicolas-de-Port un pèlerinage important de la Lorraine et des régions limitrophes. La ville en bordure de la Meurthe et au carrefour commercial entre plusieurs provinces, abrita au 16ème siècle, une des foires les plus importantes d’Europe et cela bien entendu grâce à Saint-Nicolas, à ses pèlerins et à sa basilique.

Depuis lors, le culte du Saint déjà connu et célébré depuis des siècles en orient, s’amplifia remontant la Meurthe, puis la Moselle pour atteindre le Rhin.[3]

En 1477, le duc de Lorraine, René II, part délivrer sa ville de Nancy assiégée par Charles-le- Téméraire, duc de Bourgogne. Il s’arrête en chemin pour entendre la messe à Saint-Nicolas-de-Port et y placer ses armées sous la protection du saint. Le 5 janvier 1477, la bataille de Nancy tourne à son avantage et Charles le Téméraire y trouve la mort. Le duc de Lorraine attribut sa victoire à Saint-Nicolas et fait du saint, le patron de la Lorraine, ce qu’entérinera le pape Innocent X en 1657.

[1] Courant de pensée n’accordant pas à jésus le statut de Dieu attribué à son père, d’où négation de la sainte trinité.

[2] Pibon

[3] Au Luxembourg s’est le « Kleeschen » ou « Zinnikleeschen », le père fouettard est le « Housecker »

 

Son fils, le duc Antoine confirmera par lettres patentes ce patronage de Saint-Nicolas, ce qui amena de plus en plus de confréries, d’hôpitaux et de chapelles à se placer sous la protection de Saint-Nicolas.[1]  Il est devenu en Lorraine et dans le monde germanique tout proche, un saint très populaire, beaucoup de petits enfants l’eurent comme patron, comme prénom, et les Nicolas ou Nicole ne se comptèrent bientôt plus, tant ils furent nombreux, d’ailleurs se prénom est encore une valeur sûre aujourd’hui. Il donna aussi tous les Colas et tous les dérivés que sont : Collin, Collignon, Collort, Collard …

Dans la légende de Saint-Nicolas existe l’histoire de trois jeunes filles qu’il avait dotées afin que leur père indigne et « gripsous » ne les livrent pas à la prostitution. Il devint donc logiquement le protecteur de la vertu des jeunes filles et de celles des jeunes femmes à marier.

Sa légende accrédite aussi l’histoire de ces trois officiers échappant à une mort certaine par le prêche de Saint-Nicolas en leur faveur, elle cite aussi de nombreux miracles extraordinaires de délivrance et d’accidents évités grâce à son invocation. Il deviendra aussi le patron des navigateurs car il avait sur sa seule invocation, sauvé du naufrage, Saint-louis et la reine de France, qui revenaient de croisade en 1254, la reine offrit une nef d’argent à la basilique de Saint-Nicolas-de-Port en souvenir de ce sauvetage. Il fut ainsi le patron des voyageurs et des flotteurs de bois qui descendaient la Moselle, Jeanne d’Arc elle même s’arrêta à Saint-Nicolas-de-Port en 1429 avant d’aller sauver la France des Anglais.

Dès le 12ème siècle, Saint-Nicolas est déjà le patron des écoliers et des clercs comme en fait état un texte de la bibliothèque nationale.[2]

Enfin, il fut le grand patron des enfants puisqu’il ressuscita nous dit-on, les trois petits enfants coupés en morceaux par un terrible boucher, ce qui donna la chanson bien connue de tous : « Ils étaient trois petits enfants… » dont voici les paroles :

[1] Dans le diocèse de Toul  plus de 180 monuments lui sont dédiés et plus de 64 paroisses lorraines sont sous sont patronage

[2] BN Lat 1139 Folio 46

Image d'Epinal

Image d'Epinal

Ils étaient trois petits enfants

Qui s'en allaient glaner aux champs

Tant sont allés, tant sont venus

Que vers le soir se sont perdus.

S'en sont allés chez le boucher :

"Boucher, voudrais-tu nous loger ?"

"Entrez, entrez, petits enfants,

Y'a de la place assurément."

Ils n'étaient pas sitôt entrés

Que le boucher les a tués,

Les a coupés en p'tits morceaux

Mis au saloir comme un pourceau.

Saint Nicolas au bout d'sept ans

Vint à passer dedans ce champ,

Alla frapper chez le boucher :

"Boucher, voudrais-tu me loger ?"

"Entrez, entrez, Saint Nicolas,

Y'a de la place, il n'en manque pas."

Il n'était pas sitôt entré qu'il a demandé à souper.

"Voulez-vous un morceau d' jambon ?"

"Je n'en veux pas, il n'est pas bon."

"Voulez-vous un peu de rôti ?"

"Je n'en veux pas, il n'est pas cuit.

Du p'tit salé, je veux avoir

Qu'il y a sept ans qu'est au saloir."

Quand le boucher entendit ça,

Hors de la porte il s'enfuya.

"Boucher, boucher, ne t'enfuies pas,

Repens-toi, Dieu te pardonnera."

Saint Nicolas alla s'asseoir

Dessus le bord de son saloir :

"Petits enfants qui dormez là,

Je suis le grand Saint Nicolas."

Et le Saint étendit trois doigts,

Les petits se levèrent tous trois.

Le premier dit : "J'ai bien dormi."

Le second dit : "Et moi aussi."

Et le troisième répondit

"Je croyais être au Paradis."

Il est célébré dans toute l’Europe et la Russie s’est placée sous son patronage, il y a fort longtemps. La Lorraine l’a choisi depuis le moyen-âge et à Saint-Nicolas-de-Port on chante encore le cantique :

Saint-Nicolas, ton crédit, d’âge en âge, a fait pleuvoir des bienfaits souverains, viens, couvre encore de ton doux patronage, tes vieux amis, les enfants de Lorraine

Donc tous les 6 décembre, Saint- Nicolas vient offrir aux enfants, aux écoliers, des présents pour les récompenser de leurs efforts et les inciter à être gentils et serviables aux parents et aux autres. Aujourd’hui, il passe encore dans les écoles maternelles et défile dans les rues de nos villes faisant la joie des petits mais aussi des grands, le coeur empli de nostalgie.

Vous me direz que j’ai oublié un autre personnage, compagnon rituel de Saint-Nicolas, je veux parler du « Père Fouettard ».

Ce personnage est apparu bien plus tard dans l’histoire de Saint-Nicolas et son apparition n’est pas très bien documentée. Toutefois, il semble qu’il ait été associé au grand saint après 1552. Avant cette date, Saint-Nicolas venait seul, mais en 1552, Charles Quint vint mettre le siège devant Metz.

Le moral des messins étaient bas et la corporation des tanneurs eut l’idée d’inventer un personnage rébarbatif armé d’un fouet qui poursuivait dans les rue de la ville, les jeunes garçons et jeunes filles afin de les divertir des affres du siège qui dura jusqu’en janvier 1553.[1]

Après la levée du siège et pour fêter cela, une fois l’an, les tanneurs faisaient courir les rues à leur personnage, poursuivant les enfants. Au fil des années, il advint que cette évocation de Charles Quint tomba en même temps que la Saint-Nicolas et on prit l’habitude de les faire défiler en même temps, le père fouettard était né et devint le pendant du saint, aux enfants sages les friandises, aux enfants moins sages les menaces de coups de bâton.[2]

[1] Le siège dure d’octobre 1552 au début janvier 1553. L’armée de Charles Quint est décimée par le typhus et par les désertions, rien ne va dans la conduite des opérations, le temps est exécrable et Charles Quint malade abandonne le siège début janvier, se repliant sur Thionville

[2] C’est une des hypothèses, il y en a d’autres.

A notre époque où tout doit être sous contrôle, où la peur de traumatiser justifie toutes les précautions, à notre époque, où la norme, les normes, le principe de précaution, le politiquement correct cadrent et encadrent toute notre société, le père fouettard se voit interdire de visiter certaines écoles maternelles, les défilés… Pour certains extrémistes de la pensée unique, on lui nie même le droit d’exister. J’ai connu, comme des milliers et sans doute des millions d’européens, bien des « pères fouettard de Saint-Nicolas »[1] sans en être le moins du monde traumatisé. Alors, avant de passer à la trappe nos coutumes ancestrales, juste un peu de réflexion et de bon sens. Il est bien plus traumatisant pour un petit enfant de voir la violence de notre société dans beaucoup de domaine s’étaler à la télévision que de voir un « père fouettard » qui ne fouette jamais, frayeur vite effacée par la présence du bon Saint-Nicolas.

[1] Père fouettard de comédie

Statue en bronze de Saint-Nicolas devant l'église Saint-Nicolas de Bari (Italie) 2011

Statue en bronze de Saint-Nicolas devant l'église Saint-Nicolas de Bari (Italie) 2011

Sources :

Saint Nicolas Jean Marie Cuny 1978

Les photos: collection Michel Persin

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1664 à 1700 - Thionville – Les fortifications (3ème partie)

Publié le par Persin Michel

** En premier lieu, je voudrais signaler et corriger une erreur sur le plan de la ville figurant dans l’article précédent. Lors de la mise en page, l’étiquette indiquant le bastion « le Ferdinand » a bougé. Pour le nom des bastions, il faut se référer au plan joint à la fin de cet article.

Comme nous l’avons déjà dit et redit, le premier pont de Thionville, point de bois couvert, monté sur des piles de maçonnerie a été édifié en 1673, sous la direction de Rodolphe Salzgueber [1], capitaine de deux compagnies suisses et major de brigade au service du roi en poste à Thionville. Ce capitaine est fort peu connu, on sait qu’il  a supervisé de près la construction du pont, ce que l’on sait beaucoup moins, voir pas du tout, c’est qu’il a  supervisé d’importants travaux concernant les fortifications de la ville. Ces travaux étaient exécutés suivant des profils et des plans fournis par ses supérieurs.[2]

L’acte que nous allons voir est daté du 25 janvier 1674. Il est assez long et décrit par le menu les travaux à réaliser à différents endroits de la ville, je laisserai quelques paragraphes techniques pour les spécialistes, mais je me permettrai aussi de synthétiser l’ensemble qui sinon deviendrait vite abscons.

L’acte est passé entre messire Louis de Saint-Lô [3], écuyer, seigneur de l’Espinay, ayant la direction des fortifications des places de Lorraine et du Luxembourg, capitaine au régiment de la marine et le sieur Rodolphe Salzgueber [4] qui s’oblige donc par cet acte de faire exécuter les travaux suivants :

1- Construction d’un parapet tant à la porte de Metz qu’à celle de Luxembourg et cela depuis l’endroit où leurs ponts commencent et finissent et cela jusqu’à 20 toises au-delà du parapet du chemin couvert.

Les parapets seront composés de bonnes pierres qui aient beaucoup de qualité et qui seront toujours posées en boutisse [5] et non point en parement.

Les parapets auront chacun une largeur de 15 pieds et sera fait en dos d’âne, c’est à dire plus élevé d’un pied sur le milieu que sur sa bordure et il sera si bien pressé et battu qu’il ne pourra s’enfoncer.

Pour ces parapets, Salzgueber sera payé à raison de 13 livres et 10 sols la toise quarrée.[6]

[1] Comme toujours à ces époques l’orthographe du nom est assez imprécise : Salzgueber, Salzgaiber, Saltzgeber, parfois Saltzgaiber ! Ne retenons aujourd’hui seulement  la phonétique.

[2] Malheureusement ses plans et profils n’étaient pas joints aux actes.

[3] Monsieur Louis de Saint Lô peut-être considéré comme un ingénieur travaillant souvent sous les ordres de Vauban avec lequel il n’était pas toujours d’accord comme dans l’affaire des fortifications de Marsal.

[4] Orthographe utilisé dans cet acte.

[5] Ne laissant voir au-dehors du mur que le bout étroit de la pierre, pose traversière.

[6] Valant à peu prés 3,8 m2

2- Il devra rétablir le fond de la muraille qui sert de face gauche à la demi-lune le long de la rivière Moselle du côté de la porte de Metz et cela en la manière suivante :

« Faire exécuter un pillotage [1] sur le devant égal à celui des pilles du pont et après avoir ôté toute la terre jusqu’au bon fond, il fondera avec de la chaux vive ainsi que l’on a fait audit pont jusqu’à fleur d’eau où il sera fait une retraite de 2 pieds sur le devant en prenant soin de poser la première assise de pierre de taille 1 pied plus bas que la plus basse eau et cette retraite sera couverte par une pierre de taille, le parement de pierre de taille sera élevé d’assise égale à la hauteur de la muraille qui le joint et le reste sera fait avec de gros moellons de Ranguevaux qui ne gèle point. Le corps de la maçonnerie sera  composé de gros moellons posés dans un bain de mortier tierce de chaux et les deux tiers de sable bien dégraissé et de la meilleure qualité qui se trouve dans le pays. Si après avoir approfondit d’environ 6 pieds ou plus au-dessous de l’eau, l’on ne trouve pas le bon fond, il sera posé une grille sur 2 pillotis ainsi qu’il est marqué sur le profil ci-joint, la faisant pencher d’1 pied sur le derrière. Les pillotis, madriers et bois nécessaires seront fournis audit Salzgueber, mais il sera obligé de battre les pillotis jusqu’à 40 à 50 coups de moutons [2] pesant 1000 livres [3] et plus…. »

Ensuite, il est précisé que ledit Salzgueber devra mettre en œuvre les bois et qu’il devra se régler sur le profil joint, il sera en outre obligé de garantir la muraille pendant 3 années à compter du jour de sa réalisation, moyennant quoi, il sera payé à raison de 40 livres chaque toise cube [4] de maçonnerie et il lui sera possible de se servir des vieux matériaux de la muraille qu’il démolira et à l’égard des terres qui proviendront de l’excavation des fondations, elles seront portées et battues et fascinées derrière le bâtiment et du reste l’on formera le parapet et la banquette qui sera gazonnée pour cela Salzgueber sera payé à raison de 55 sols pour chaque toise cube de terre.

3 - Il promet en plus de faire percer la muraille vis à vis du pont sur la rivière avec une voûte qui traversera l’épaisseur du rempart en la manière suivante :

« A l’égard de la poterne, il aura pour modèle celle de la porte de Metz, tant à l’égard des des ponts « …… » pour les portes et feuillures, pour leur orgues [5] que pour leur ceinture, à l’exception que pour observer la symétrie , il fera à gauche une fausse porte comme celle de droite et que l’on ne sera pas obligé d’y sculpter les armes du roi mais bien apposer des collages pour le faire quand on le voudra, pour le reste, il suivra les plans et profils ci-joint, il devra bien entendu construire sur un fond solide et le corps de la maçonnerie sera composé de moellons ainsi qu’il est dit, le tout sera bien lié aux anciennes (maçonneries). Après avoir élevé le fondement jusqu’à la hauteur du rez-de chaussée, il fera une retraite de 6 pouces [6] sur le devant sur laquelle il posera 2 assises de pierre de taille d’un pied chacune et le reste du parement sera de gros moellons de Ranguevaux posés en liaison et assise égale jusqu’à la naissance de la voûte qui commencera sur une petite plaine de pierre de taille et ne « régnera » qu’autant qu’il sera nécessaire pour mettre leur orgue à couvert, c’est à dire que le reste du côté de la ville ne sera pas voûté présentement à moins qu’on ne le juge à propos et en cela ledit Salzgueber sera tenu de le faire, sinon,

[1] Mettre en place des pilotis enfoncés dans le sol. Venise est construite avec cette technique.

[2] C’est un gros « marteau » mécanique servant à enfoncer les pilotis.

[3] Mouton d’un poids d’environ 500 kg

[4] Soit environ 7,40 m3 la toise cube et la toise carrée environ 3,80 m2

[5] Les orgues sont des herses de bois dont les barreaux descendants sont indépendants

[6] Soit environ 2,7 cm.

 il disposera les choses pour pouvoir le faire. Il suivra les plans et profil et sera payé à raison de 28 livres chaque toise cube de maçonnerie et 12 sols par pied carré de parement de pierre de taille. »

4 – Comme il faudra couper le rempart de la longueur suffisante pour avoir celle des fondements, la terre enlevée sera transportée tant dans les lieux ou le terre plein n’est pas bien uni que dans un vide prochain entre le château et les jardins des religieuses, observant qu’il faudra en laisser sur le bord, suffisamment pour remplir l’espace derrière le « bâtiment » après qu’il sera fait et bien battu et fasciné [1] et pour cela ledit Salzgueber sera payé tant pour le déblai que pour le remblai à raison de 55 sols la toise cube.

5 – Le sieur de Salzgueber sera tenu aussi de faire construire des guérites de pierre de taille de Ranguevaux sur tous les angles flanqués des bastions, observant que la liaison avec la muraille devra être assez bonne pour soutenir sans risque tout le poids des guérites, s’il le faut elles seront jointes ensembles avec des clés [2]et des crampons aux endroits qui seront jugés nécessaire en cela il suivra les plans, profils et façades ci-joint et accepté. Pour ce travail le sieur Salzgueber sera payé 400 livres.

6 – Le sieur Salzgueber devra faire à la tête du pont une redoute [3]de maçonnerie avec un paravent tant en dehors qu’en dedans, fait de moellons de Ranguevaux et suivra pour l’épaisseur et l’élévation les plans et profils, observant qu’il devra faire des créneaux de 3 pieds en 3 pieds pour y pouvoir tirer, comme aussi de former leurs angles avec de la pierre de taille et sera payé à raison de 33 livres par toise cube de maçonnerie et pour ce prix il devra faire les lits de camp avec  les portes et les bancs.

7 – Enfin, le sieur Salzgueber fera autour de la redoute un fossé de la largeur indiquée dans le profil avec un petit pont pour traverser le fossé. Il fera planter une palissade dans le milieu. Les terres qui proviendront du fossé seront portées et rangées ainsi qu’il est marqué sur le profil, pour cela le sieur Salzgueber sera payé 30 sols la toise cube de terre et les palissades, et bois lui seront fournis sur les lieux mais il devra les aplanir [4] et les espointer et les planter. Pour les voitures nécessaires pour le transport des matériaux pour tous les ouvrages, elles seront consignées [5]par le pays qu’il devra payé à l’ordinaire comme pour les marchés précédents.

Enfin concernant le paiement des travaux, il sera fait à l’avancement des travaux, mais il recevra pour avance une somme de 3000 livres.

Passé à Thionville le 25 janvier 1674.

[1] Fasciné veut dire que l’on mélangeait des petites branches souples à la terre afin de la retenir en place et de la rendre moins friable

[2] la clé d’arc était en fait une pierre en forme de  trapèze fermant une voûte et assurant sa solidité

[3] Une redoute est une constructionn sans angles rentrants, située à l’extérieur de la place ou ville  fortifiée

[4] Les rendre plates sur deux côtés et les tailler en pointe

[5] Réquisitionnées dans les villages alentours et Salzgueber devra payer les paysans pour le service

Exemple d’agrafe ou de crampon métallique chargé de  solidifier une liaison entre deux pierres.

Exemple d’agrafe ou de crampon métallique chargé de solidifier une liaison entre deux pierres.

Les signatures de Saint Lô et de Salzgueber

Les signatures de Saint Lô et de Salzgueber

Notes :

Dans les signatures, on remarquera qu’à la fin du texte, il y a écrit : « Salzgueber signe avec nous… » pourtant la signature de la main de l’intéressé, se termine par « ..gaibre ». Il semble que sa famille venant de Suisse, se soit fixée en France sous Louis XV, en profitant pour françiser l’orthographe du nom. Nous verrons à la fin de cette série d’articles, les quelques informations que nous avons pu trouver sur le sieur Salzgueber.

Ces actes sont écrits d’un seul « jet » sans aucune virgule, les points sont à deviner quand il y a une majuscule et de nombreux mots sont encore différents des nôtres comme :

Espointer pour épointer

Eslevé pour élevé 

Moislong pour moellon  

Tierce pour tiers

Desgraisser pour dégraisser  

Quy et Quoy pour Qui et Quoi  

Chasque pour chaque

Lespoisseur pour l’épaisseur 

Cymétrie pour Symétrie 

Droict pour droit 

Déblay pour déblai 

et bien d’autres,  en prenant en compte que dans le même acte, ces mêmes mots peuvent être écrits différemment.

Une autre difficulté vient les termes techniques propres à la « Poliorcétique » ou l’art des fortifications.

Pierre de Ranguevaux :

Nous voyons aussi qu’une grosse partie des pierres employées aux fortifications venaient de Ranguevaux où existaient des carrières depuis le 12ème siècle, ainsi que de nombreux tailleurs de pierre qui ont œuvré sur les fortifications de Thionville et de Metz comme à la cathédrale de Metz.

Cette pierre est une chaux carbonatée qui ne gèle pas et possède une très grande solidité. On trouvait aussi à Ranguevaux, de l’argile fine et pure, propre à la fabrication de poterie. De nombreuses églises de nos villages et nos anciennes routes ont été réalisées pour le gros œuvre ou les dallages, en pierre venant de ce village bucolique proche de Hayange et Fameck.

Ci-dessous, vous trouverez un plan de Thionville daté de 1650, sur lequel est reporté le nom des différents bastion et les zones où eurent lieu ces travaux.

Plan daté de 1650 (Le fond de plan vient des archives municipales de Thionville)

Plan daté de 1650 (Le fond de plan vient des archives municipales de Thionville)

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