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1676 à 1708 - Thionville – Les fortifications (5ème et dernière partie)

Publié le par Persin Michel

En ce début d’année, nous allons clore cette série d’articles sur les travaux faits aux fortifications de Thionville entre 1634 et 1700. Ces travaux ont été commandés au capitaine Rodolphe Saltzgueber qui les a mis en œuvre. Ce capitaine de deux compagnies suisses était surtout connu pour avoir construit le premier pont (couvert) de Thionville. Cette série d’articles aura révélé son implication dans l’ensemble des travaux de fortification de la ville dès son annexion [1] à la France.

 

[1] Cette fois-ci définitive jusqu’à la guerre de 1870 puis de 1940

Carte de 1745 où la  rive droite est encore sous fortifiée et sans le canal de dérivation (Archives Nationales- Paris)

Carte de 1745 où la rive droite est encore sous fortifiée et sans le canal de dérivation (Archives Nationales- Paris)

L’acte du 10 juillet 1676, résumé ci-après, mentionne de nouveaux intervenants, dont je vais citer les titres, pour la construction d’une redoute carrée ou trapèzoïdale.

Le sieur Charles Nicolas de Soucy, écuyer et seigneur de Chambaux, conseiller du roi et commissaire ordinaire et provincial des guerres et parties pour sa majesté, conduisant la police des troupes et gens de guerre tenant garnison dans les Trois Evêchés, Thionville et Sierck et stipulant que monseigneur de Morangis, conseiller du roi en tous ses conseils, intendant de la généralité de Metz, a passé marché avec Rodolphe de Saltzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major de brigade au service de sa majesté pour qu’il construise en état de perfection une redoute en maçonnerie de forme carrée ou de trapèze suivant les dimensions qui lui ont été données par Monseigneur de la Haye [1], lieutenant général des armées du roi et commandant de Thionville qui juge cette redoute utile et nécessaire.

 

[1] Jacob Banzuzl de la Haye, maréchal de camp, blessé à mort le 27 juin 1677. Cité pour sa défense de la ville de St-Thommé ou Mélia en Inde en 1674.

Le marché a été passé en présence du sieur de Saint-Lô, ingénieur général des fortifications de Lorraine et frontières.

Le marché stipule que la toise sera payée 27 livres au sieur Saltzgueber mais qu’on devra lui fournir, les pierres de taille directement en place, qu’on paiera les voitures et chariots, 3 escalins [1] chaque voiture ayant des dimensions ordinaires et que l’on fournira les ouvriers, la chaux et le sable en fonction des mesures (toisé) qui en sera fait.

Le 10 août 1676, le sieur Saltzgueber s’oblige envers sa majesté, au travers du sieur Louis de Bonafoux [2], capitaine au régiment d’Anjou et ingénieur à la conduite des travaux du roi à Thionville, de construire ce qui suit :

Premièrement :La charpente pour former une galerie en manière de chemin couvert dans la redoute de maçonnerie qui a été faite dans le petit ouvrage à la tête de la digue sur la rivière de la porte de Metz [3] avec les dimensions nécessaires pour pouvoir tirer derrière le parapet.

Il fera aussi deux portes à ladite redoute en madriers de chêne de deux pouces et demi d’épaisseur.

Il fera la charpente utile pour construire le pont sur le fossé de la demie lune à la tête du grand pont sur la Moselle avec deux barrières aux deux bouts du pont et une bascule [4]au milieu. Il fournira donc toutes les ferrures, les chaînes, bandes, verrous et clous pour les barrières et planchers de sapin de la redoute.

Il fournira les soubassements de pierre de taille pour y mettre les piliers avec des consoles aussi de pierre de taille pour soutenir les bois.

Pour cela, il recevra 500 livres tournois payables à proportion de l’avancement des ouvrages.

Le 10 février 1677, nous avons un acte qui nous donne plus de précision sur le sieur Saltzgueber :Est présent, Rodolphe Saltzgueber, capitaine au régiment Suisse de Salis et de deux autres compagnies franches de la même nation (Suisse) et major de brigade d’infanterie de sa majesté en garnison en cette ville de Thionville ainsi que le sieur Pierre Jean Jacquet dit la « Verdure » [5] et le sieur Dominique Gilant, tous ont promis et se sont engagés, l’un pour l’autre et solidairement envers sa majesté ,au travers de monseigneur Thomas de Choisy, brigadier d’infanterie des places de Lorraine et marches, de construire quatre redoutes de maçonnerie en la forme et manière qu’on leur a indiqué et de faire le transport de toutes les terres nécessaires pour former les terre-pleins et parapets, d’en faire l’engazonnement comme aussi celui des parapets du corps de la place.

 

[1] L’escalin est une monnaie d’argent des Pays-Bas valant 40 liards ou 10 sous

[2] Signe très lisiblement : Bonnafau

[3] Le canal de la Fensch à Beauregard

[4] C’est à dire une partie mobile du genre pont-levis.

[5] Un grand nombre de soldats de cette époque avaient des surnoms.

Ils devront aussi faire le gazon des chemins couverts, des demi-lunes et de la contre-escarpe, d’en relever les parapets, de faire quatre petites digues aux endroits désignés pour les inondations, les digues seront retenues par devant en construisant un mur. Il sera fait aussi un mur de clôture autour du magasin neuf et du moulin de la porte de Metz et de planter toutes les palissades autour de la contre escarpe suivant l’alignement des parapets comme le tout est prescrit dans les devis.

Pour tous ces travaux les entrepreneurs devront fournir tous les matériaux nécessaires :

À savoir, les peines d’ouvriers, le sable, la chaux, les moellons, les pierres de taille, le bois, le gazon, les chariots, les outils et ainsi ils seront payés 30 livres tournois de la toise cube pour toutes les sortes de maçonnerie, grosses ou petites, y compris les pierres de taille et ils auront 7 sols et 6 deniers de la toise cube de terre et 45 sols de la toise carrée de gazon, plus 18 deniers pour les palissades.

Ils recevront encore 2700 livres pour les réparations à faire au pont comme le stipule le mémoire signé par le sieur de Choisy et cela à la réception des travaux au pont.

L’acte qui suit, daté du 11 février 1677, soit le lendemain de l’acte précédent, va nous éclairer sur l’articulation de ces différents marchés et contrats.

Jean Pollin, sergent de la compagnie franche du sieur Saltzgueber, Antoine Schmit et Henry Graber, soldats de ladite compagnie et tous les trois maître maçon, se sont engagés envers le sieur Saltzgueber, le sieur Pierre Jean Jacquet et Dominique Gilant, entrepreneurs des fortifications des villes de Metz et de Thionville, pour faire toutes les maçonneries et pierres de taille que lesdits Salztgueber, Jacquet et Gilant ont entrepris pour le roi en cette ville de Thionville, le tout conformément aux plans, profils et devis signés par le sieur de Choisy et les entrepreneurs.

Pour ces travaux, ils seront payés 4 livres et 10 sols pour chaque toise cube, les matériaux étant fournis par les entrepreneurs. Ils devront rendre compte à la fin des travaux.

On voit bien là que les sieurs Saltzgueber, Jacquet et Gilant sont les entrepreneurs des fortifications des villes de Metz et de Thionville, qu’ils passent des marchés avec les directeurs des fortifications ou ingénieurs du roi pour la Lorraine. Une fois les marchés signés pour une certaine somme, eux même repassent un contrat avec leurs propres soldats pour effectuer physiquement les travaux et bien entendu pour une somme bien moindre car nous sommes ici dans un rapport de 30 livres à 4 livres la toise cube.

Ces relations peuvent nous sembler étranges [1] au sein d’un même régiment ou compagnie. Effectivement, des contrats [2], se passent moyennant finance, entre membres de la même armée, de la même compagnie et entre personnes qui ont un lien de subordination fort car militaire. Salztgueber est capitaine, Jacquet est lieutenant, Pollin est sergent, Schmit et Graber sont simples soldats.


[1] Dans nos régiments de pionniers ou de génie, ce genre de fonctionnement semblerait complétement anachronique.

[2] Devant notaire

Le 27 février 1677, Nicolas Larmit, Nicolas le Nut, Etienne Baudouin et Jacques la Cour, tous bourgeois de Metz s’engage solidairement envers les sieurs Saltzgueber, Pierre Jean Jacquet et Dominique Gilant, entrepreneurs des fortifications des villes de Metz et Thionville, d’effectuer tout le transport des terres qu’il faudra amener à Thionville pour former, les parapets, banquettes, batteries des bastions à raison de 32 sols la toise cube de terre. Ils s’engagent aussi à faire tout le gazonnement du dehors et dedans de la place à raison de 40 sols la toise quarrée de gazon.

Les entrepreneurs fourniront les voitures, le gazon, les outils, le bois des palissades.

Le 1er septembre 1677, le sieur Balthazar Leyendecker [1], maître recouvreur de la ville de Thionville, s’engage envers Pierre Jean Jacquet, entrepreneur des travaux de sa majesté en cette ville de faire couvrir de tuiles plates, le magasin à poudre à la gorge du bastion porte de Metz, lesquelles tuiles seront posées avec du bon mortier et des crampons entaillés dans la pierre de taille. Il devra aussi couvrir la grange au moulin à chevaux [2] de tuiles creuses de la même façon.

Pour cela il sera payé 20 écus blancs payable à proportion du travail qui se fera sans discontinuer. Le sieur Jacquet dit la « verdure » fournira les matériaux utiles.

Le 24 juin 1680, Edmond Weyrich, maire de la Basse Yutz et Jean Nicolas Weyrich, batelier à Thionville ont promis, solidairement, envers Pierre de la « verdure » entrepreneur des travaux du roi à Thionville, de voiturer incessamment avec deux bateaux, un fourni par Jean Nicolas Weyrich et l’autre par le sieur de la « verdure », toutes les pierres que ledit la « verdure » fera arracher à la carrière d’Illange sur la Moselle et que les gens du sieur la « verdure » chargeront et déchargeront des bateaux, le tout moyennant 3 livres et 10 sols par bateau.

Le sieur de la « verdure » n’est autre que le lieutenant Pierre Jean Jacquet dit la « verdure ».

NB : On remarquera que le sieur de Saltzgueber n’est pas cité dans cet acte, pourtant sa compagnie suisse est toujours en garnison à Thionville, comme le montre un autre acte sans rapport avec les fortifications, qui désigne un certain Pierre Jacob, tambour dans le régiment de Saltzgueber un autre acte de 1678 cite lui, un certain Pierre Jacque également tambour dans le même régiment suisse.

Enfin, le dernier acte de cette série est daté du 22 décembre 1708. Les protagonistes ont changé, nous avons là le sieur Jean Well, maître charpentier de Thionville et son épouse Marguerite Simonis lesquels promettent, solidairement, au sieur Joseph de la Vollée, entrepreneur des fortifications du roi en cette ville, de faire les travaux définis et d’en assurer l’entretien suivant un contrat qu’il leur a été lu et cela pendant dix années. Moyennant quoi, ils percevront tous les ans, payable de six mois en six mois la somme de 900 livres tournois et devront pour sureté, mettre tous leurs biens meubles et immeubles en gage.


[1] Ce recouvreur (couvreur) bourgeois de Thionville a refait le toit de l’église de Hayange en novembre 1662. Ces descendants, entrepreneurs connus à Thionville, porteront le nom de Leydecker

[2] Le moulin à chevaux se trouvait en la rue Brûlée dans le magasin du roi, il était mû par des chevaux et servait à faire de la farine quand le moulin de la ville chômait ou était arrêté.

Ce dernier acte décline une autre façon de travailler, par la signature d’un contrat d’entretien annuel valable dix ans. C’était en quelque sorte un « fermage ou bail ».

Le capitaine Rodolphe Saltzgueber et les deux autres entrepreneurs, Pierre Jean Jacquet et Dominique Gilant, ne sont plus concernés par les derniers actes. Le régiment de Salztgueber semble avoir quitté Thionville.

Rodolphe Saltzgueber, militaire et bâtisseur a construit le premier pont de Thionville et assuré pendant de nombreuses années la construction et l’entretien des fortifications de la ville de Thionville.

Récapitulatif de sa présence à Thionville :

En 1668, les actes ne le mentionnent pas.

En 1669, une revue militaire des deux compagnies suisses est faite sur la place d’armes de Thionville, elle marque son arrivée à Thionville.

1673, construction par ses soins du premier pont de Thionville, pont couvert en bois sur soubassements de pierre de taille, à l’image des ponts couverts de la Suisse.

De 1673 à 1676, il va participer et superviser tous les travaux de fortifications de la ville.

Au début de l’année 1677, il sera secondé par son lieutenant Pierre Jean Jacquet dit la « verdure » et par Dominique Gilant. Ils porteront le titre d’entrepreneurs des fortifications du roi pour Metz et Thionville.

Enfin, en septembre 1677, il a passé la main à ses seconds et n’apparaît plus dans les actes concernant les fortifications de la ville.

Bien entendu, de 1717 à 1789, les fortifications de la ville vont continuer de se perfectionner et de s’étendre, principalement sur la rive droite de la Moselle, vers Yutz et son double couronné. On y verra alors à l’œuvre, les ingénieurs Duportal, Tardif, Cormontaigne et Filley. L’ensemble de ces ingénieurs, comme Saltzgueber et ses compagnies suisses ont œuvré à partir de plans en partie élaborés ou au moins validés par Vauban.

Rappel:  Les articles sur les fortifications et le capitaine Saltzgueber sont tirés d'un ensemble d'actes notariés : ADM 3E7534-3E7535 (Helminger)

Dans le prochain article nous verrons plus en détail qui était Rodolphe de Saltzgueber et quelle fut sa vie après avoir quitté Thionville.

 

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Voeux 2017 - Bilan 2016 et nouveautés 2017

Publié le par Persin Michel

Charte médiévale avec le sceau de la ville (à gauche) - ADM Braubach 18J111/118

Charte médiévale avec le sceau de la ville (à gauche) - ADM Braubach 18J111/118

Je vous souhaite et je ne serai pas original, une bonne santé car au final, c’est notre bien le plus précieux.
 
Que l’année 2017 qui débute, vous donne et vous conserve, l’amour de votre famille, des êtres chers et de vos amis.

 

Que la santé et l’amour réunis vous amènent à la bienveillance et la compréhension, sans être faible, envers l’autre, parfois si différent.

 

Enfin, gardez la foi dans votre culture et votre histoire, ne baissez ni les bras ni la tête devant l’adversité, gardez la foi en l’avenir et surtout soyez critique envers le flot d’informations qui aujourd’hui nous submerge.
 
Les nouveaux médias liés à internet offrent des opportunités sans équivalent pour vous amuser, vous informer et même vous former.

 

Mais soyez attentif, ils véhiculent aussi une masse incroyable de fausses nouvelles, de rumeurs, d’erreurs qu’on se plait à faire suivre, participant ainsi à une vaste entreprise de désinformation et d’abêtissement.

 

Quand une grande partie d’une population est persuadée d’un fait, d’un état de la société, vrai ou faux, quand une masse critique est atteinte alors un pays peu basculer vers un avenir plein de promesses ou vers des lendemains sombres et obscurs.
 
Soyez critique, soyez logique, n’acceptez aucune information sans l’avoir à minima passez au crible du bon sens et du vraisemblable.

 

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Le BLOG

 

Bilan 2016

 

9300 visiteurs uniques
18.000 pages consultées

 

soit une progression de 100% depuis l’année dernière

 

15 articles parus en 2013
16 articles parus en 2014
19 articles parus en 2015
24 articles parus en 2016
Un livre imprimé appelé « Miscellanées »
paraît chaque mois de janvier, il reprend l’ensemble des articles
parus l’année précédente.
 
Il est consultable aux archives municipales et au Puzzle, mais vous pouvez aussi le recevoir gratuitement sous forme numérique (PDF) sur votre ordinateur ou acheter le livre imprimé (modalités page suivante)

 

Perspectives et nouveautés pour 2017

 

Blog

 

En 2016, j’ai beaucoup écrit sur la ville et peu sur les villages alentours, je vais donc déplacer un peu le curseur vers les quartiers.

 

Thionville et la région a fait partie pendant des siècles du Luxembourg voisin.

 

L’histoire de cet état luxembourgeois est donc très importante pour notre ville et sa région, je vais donc par petites touches évoquer cette histoire.

 

Livres

 

Depuis déjà deux années, je travaille à reconstituer l’histoire de l’ancienne chapelle des lépreux du quartier Saint-François à Thionville.

 

J’arrive au bout des recherches, je ferai donc paraître pour Pâques un ouvrage sur l’histoire de cette ancienne chapelle, un des plus ancien bâtiment de la ville encore debout avec la tour aux puces et le beffroi.

 

(Une souscription sera ouverte début mars)

 

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MISCELLANEES 2016

Couverture du Miscellanées 2016

Couverture du Miscellanées 2016

Comme tous les ans, le « Miscellanées » regroupant l’ensemble des articles de l’année 2016 du blog : www.histoiredethionville.com va paraître fin janvier 2017

 

Livre au format A4 – 120 pages – 24 articles - Nombreuses illustrations couleurs - Tirage réduit

 

Livre imprimé au prix de 16€ TTC

 

(livré chez vous sur Thionville et quartiers y compris Terville sinon rajouter 4€ de port)

 

Renvoyer le bon de commande à l’adresse suivante :

 

Blog Histoire de Thionville 7, rue Ausone 57100 Thionville

 

avec votre règlement qui ne sera encaissé qu’après la livraison

 

Livre numérique (PDF)

 

envoyé sur votre adresse mail gratuitement

 

Messagerie du blog ou à l’adresse mail du blog histoiredethionville@gmail.com

 

Date de sortie : 2ème quinzaine de janvier

 

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SOMMAIRE de l’ouvrage

PAGE

Introduction : Création et évolution de l’ouvrage

5

La frontière linguistique (commentaire de lecture)

7

1482 – Thionville – La chapelle Saint-Michel (1ère partie)

9

1482 – Thionville – La chapelle Saint-Michel (2ème partie)

21

1482 – Thionville – La chapelle Saint-Michel (3ème et dernière partie)

25

IVème siècle – Thionville – La légende de Saint-Maximin

29

1755 – Thionville - Construction de l’église Saint-Maximin (1ère partie)

31

1755 - Thionville – Construction de l’église Saint-Maximin (2ème partie)

32

15 avril 2016 – Thionville – Décès du député maire Anne Grommerch

45

1755 – Thionville – Construction de l’église Saint-Maximin (fin)

47

1733 – Thionville – Nomination du curé Thiersant à la cure de Thionville

55

1733 – Un dromadaire à Thionville

57

1703 – Thionville – Enlèvement et libération de la baronne de Schmitbourg

59

1669 – Thionville – Prostitution

63

1704 – Evasion à la prison de la ville

65

Les fours banaux à Thionville et dans les villages alentours

67

1704 – Transfert d’une prisonnière de Thionville à Metz

73

1705 – La Vente des seigneuries

74

1783 – Le libraire licencieux

76

1634/1700 – Thionville – Les fortifications (1ère partie)

79

1664/1700 – Thionville – Les fortifications (2ème partie)

87

1664/1700 – Thionville – Les fortifications (3ème partie)

91

Le bon Saint-Nicolas patron de la Lorraine et des écoliers

97

1956/2016 – Thionville – Les 60 ans de l’église Notre Dame de l’Assomption

103

1664/1700 – Thionville – Les fortifications (4ème partie)

105

Sources

111

Bilan 2016 et perspectives 2017

113

Nouveauté 2017

115

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1664 à 1700 - Thionville – Les fortifications (4ème partie)

Publié le par Persin Michel

Après les deux intermèdes concernant Saint-Nicolas et les 60 ans de l’église Notre Dame de l’Assomption, revenons aux travaux sur les fortifications de Thionville réalisés par et sous la supervision de Rodolphe Salzgueber.

                                                                        **************

Le 15 juin 1674, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg

à réaliser à dires d’expert et gens de connaissances, deux corps de garde pour les officiers, un à la porte de Metz sous la voûte et l’autre à la porte de Luxembourg, joignant l’entrée de la voûte à main droite, lequel sera couvert d’ardoises.

Il devra faire les murailles (murs) de bonne maçonnerie, d’y faire des fenêtres garnies de vitres et de fil d’archet au-devant. Les jambages seront de pierre de taille, des cheminées et aussi des lits de camp, tables et bancs seront nécessaires pour la commodité de l’officier.

Il rebouchera les petites brèches qui sont au-dessus des portes, pour cela il recevra 350 livres.

Il devra aussi recouvrir les corps de gardes à l’avancée de la porte de Metz, c’est à dire d’y remanier toutes les tuiles et en remettre des neuves pour remplacer celles cassées ou manquantes afin qu’il ne pleuve plus dans les corps de garde et pour cela il recevra 3 livres.

Il devra encore faire les réparations aux ponts des portes de Metz et de Luxembourg, consistant en la pose de madriers à remettre sur le dessus des ponts, il lui faudra fournir le bois et la main d’œuvre et recevra alors 103 livres et 15 sols.

Dans la rue brûlée, il devra rétablir les grands moulins à cheval dans les magasins du Roi, vis à vis de la maison du sieur Klein. Il devra fournir la main d’œuvre et toute la ferrure nécessaire et aussi le bois et rendre les moulins propres à faire de la farine, alors il touchera 278 livres et 10 sols.

Le sieur de Salzgueber, devra démolir toutes les maisons [1] qui sont comprises dans l’alignement de la rue qui doit conduire de la porte du pont à la place et fera transporter une partie des matériaux proche de la porte de Luxembourg en des lieux où ils ne gêneront pas. Pour ces démolitions, il recevra 318 livres.

Le 19 juin 1674, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg à faire les réparations nécessaires aux chemins couverts de Thionville et de la manière suivante :

[1] D’après les plans, cela n’a semble-t-il concerné, qu’une seule maison située devant l’entrée du pont.

Après avoir bien aplani, dressé, épointé les palissades, il sera fait une rigole profonde de 3 pieds ou 3 pieds et demi dans laquelle seront plantées les palissades, attachées et bien chevillées avec de bons linteaux comme prévu sur le profil qui lui a été remis afin que les palissades soient si bien dressées et alignées que les pointes ne fassent qu’une même ligne. La rigole sera remplie de terre, lesquelles seront si bien battues entre et contre les palissades qu’elles seront rendues inébranlables. Salzgueber sera payé 7 livres et 10 sols pour chaque cent de palissades qu’il aura planté, il s’est en outre engagé à faire des barrières de sortie vis à vis des fossés des bastions, des demie lunes suivant l’alignement des palissades, aux barrières ils remettra les vieilles serrures en état et les attachera en sorte qu’elles ferment bien et il sera payé 6 livres pour chaque barrière.

Il devra aussi faire le gazonnage au-dessus du parapet de maçonnerie qui se fera comme suit : Le gazon sera coupé tout d’une main, en bonne terre et bien enraciné. Il aura 14 à 15 pouces de long, 4 pouces d’épaisseur et 6 pouces de largeur. Il sera posé en boutir de liaison avec les terres qui seront mises entre ledit gazon et les palissades, lesquelles terres seront choisies les meilleures, les plus grasses, bien battues.

Les gazons seront bien joints et posés l’un contre l’autre en sorte que les lits de l’un couvrent bien les joints de l’autre et de deux en deux. Il sera posé sur un lit de petites fascines de bois de saule coupé en saison afin qu’elles puissent reprendre et elles auront leurs cimes tournées du coté du parement c’est à dire le gros bout du coté des palissades.

Les fascines seront fournies sur les lieux à la charge de sa majesté. Salzgueber sera payé à raison de 40 sols par toise carrée de gazonnage posé.

Il devra transporter toutes les terres superflues et inutiles dans le chemin couvert pour en former les glacis suivant les plans et alignements qu’il aura reçu. Il sera payé pour ce travail 40 sols pour chaque toise cube de terre charriée.

Le 29 août 1674, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg afin de réaliser un rempart à l’extrémité du pont, afin de gagner le terrain qui est beaucoup plus bas que les piles du pont et qu’on puisse s’en servir pendant que l’on construit l’ouvrage à la tête dudit pont.

Chaque chevalet ne différera en rien de ceux qui ont été faits contre la porte de la ville si ce n’est pour leur hauteur, ils seront posés sur le bon fond et arrêtés avec des pillots, en sorte que les débordements des eaux ne puissent les endommager. Le dessus du pont sera conforme à la charpenterie faite sur les piliers de maçonnerie.

L’on observera que la rampe devra être douce afin que les chariots puissent monter et descendre avec beaucoup de facilités.

L’entrepreneur sera payé à raison de 15 livres la toise courante en mesurant du milieu de la dernière pile jusqu’à l’endroit où finira le rempart.

Le fer nécessaire sera fourni et posé par ledit Salgueber.

Le 15 mai 1675, Rodolphe Salzgueber, capitaine de deux compagnies suisses et major d’une brigade au service de sa majesté, s’engage envers messire Louis de Saint-Lô, écuyer et seigneur de Lespinay, capitaine au régiment de la marine ayant la direction des fortifications des villes et places des pays de Lorraine et frontières de Luxembourg à faire toute la charpenterie nécessaire aux ouvrages de la ville, pour les toitures, couverture des orgues, guérites, planchers, lits de camp, lambris et les portes et ventillons, les toitures seront en ardoise, le bois sera du sapin. Il fera aussi deux guérites en bois de chêne, une sur le devant de la porte de Metz et l’autre sur le coté qui regarde la place. Il sera payé pour cela 700 livres tournois.

Il devra faire les réparations au tambour qui joint le flanc gauche du bastion de Metz, y démolir tout ce qui n’est pas solide et le rétablir bien solide et pour cela il aura 28 livres la toise cube.

Il devra faire trois aisances de pierre de taille dans le grand fossé aux endroits convenus et recevra alors 220 livres pour chacune.

Il fera aussi la maçonnerie à une petite écluse qui sera sur le glacis du chemin couvert, vis à vis de l’angle flanqué de la branche droite de l’ouvrage vers Terville et recevra alors 200 livres la toise cube. La terre nécessaire pour faire la digue de l’écluse lui sera payée 40 sols la toise cube et il recevra le même prix pour les terres utiles pour former la digue qui joindra la gorge de l’ouvrage le long de la Moselle avec le chemin couvert et cela pour retenir l’eau dans le marais, les terres superflues seront mises sur le glacis et bien battues.

Ensuite, il fera tout le pavé depuis la porte du pont jusqu’à la place d’arme et il fera aussi une chaussée au bout du grand pont. Il devra terminer ces travaux pour la fin octobre de ce mois (soit 5 mois) et sera alors payé d’après le toisé.

Un avenant à ce contrat daté du même jour, stipule qu’il devra aussi faire six barrières, avec leur cadenas, aux accès aux remparts, il fera aussi un petit corps de garde en planches dans le bas du «Ferdinand »[1] et devra démolir une croix de pierre qui est sur la place, le tout pour 44 livres et 10 sols.

Sierck :
Le même jour, 15 mai 1675, un autre contrat lui demande de réparer toutes les brèches qui sont aux murs du château de Sierck avec une bonne maçonnerie de chaux et de sable en utilisant les meilleurs moellons du pays. Il devra en outre fournir sept barrières avec cadenas pour la petite place proche les « Récollets ». Pour ces travaux, il recevra 20 livres la toise cube de maçonnerie et 22 livres et 10 sols pour les barrières.

Il lui faudra aussi faire une banquette de pierre sèches derrière la grande « Brèche » et mettre sur la redoute un plancher, puis de faire un petit pont au-dessus du fossé avec une palissade à droite et à gauche et enfin une guérite de madriers sur le flanc de la grande face, il recevra alors 34 livres et 15 sols.

[1] Ouvrage bastionné se trouvant à coté du grand pont.

Plan de Sierck en 1747

Plan de Sierck en 1747

Le 17 janvier 1676, le sieur Saltzgueber [1] sera chargé de transporter toutes les terres pour faire le chemin couvert à la tête de la muraille qui retient les encadrements de la porte de Metz et autour du moulin et cela suivant les plans fournis. Les terres seront prises en défonçant le terrain pour atteindre le niveau demandé qui est au-delà du glacis c’est à dire de manière que le glacis soit vu du corps de la place, il devra laisser en place des témoins de profil afin de pouvoir en faire le toisé [2]. Le tout sera payé à raison de 40 sols la toise cube.

Il devra aussi engazonner les parapets et les banquettes puis les palisser.

Il devra construire en pierre de taille, trois lieux d’aisance aux endroits marqués et les faire comme celles entre le bastion de Metz et d’Enghein et recevra alors 222 livres pour chaque aisance construite.[3]

Ensuite, il fera un corps de garde en maçonnerie à la porte du pont conformément aux plans et recevra la somme de 1100 livres tournois. (Le prix est élevé car le descriptif des travaux est très long et explicite afin d’obtenir un bâtiment de bonne qualité)

[1] Maintenant le nom s’orthographie avec un « t »

[2] Faire le toisé, c’est prendre les mesures des travaux réalisés afin d’établir le prix.

[3] Se reporter aux plans dans les articles 2ème et 3ème parties

Il fera ensuite quatre casernes [1] avec chacune quatre chambres en bas et un couloir au milieu et encore quatre chambres à l’étage avec au-dessus un grenier. Il y aura des cheminées et des portes fermant à clés. Chaque caserne lui sera payé 3300 livres tournois.

Il devra encore faire le magasin à poudre situé vis à vis de la gorge du bastion de Metz suivant les plans joints avec des fondations très solides pour 30 livres la toise cube. Il fera un plancher de madriers de chêne, une porte bien ferrée avec serrures et verrous pour cela il aura 110 livres. Le tout devra être livré pour la fin novembre 1676.

Les voitures pour charrier la terre, les moellons, la chaux et le sable seront payés par les intendants.

Le 21 janvier 1676, le lieutenant Pierre Jean Jacquet de la compagnie de Saltzgueber va passer commande à Dominique « Geyralding » de Raon-l’Etape dans les Vosges, pour un lot très important de bois, dont 3000 planches, livrable à Thionville. Pour cette opération, un bourgeois de la ville, Dominique Scwadol, se portera caution en versant 40 écus blancs à 3 livres tournois l’écu.

Dans le même document, le même lieutenant, Pierre Jean Jacquet passera commande, auprès de Etienne Marmoy et Nicolas Marmoy, frères, demeurant à la tuilerie de Lagrange, pour 60000 tuiles et 30000 briques livrables en juillet pour le prix de 8 livres et 10 sols le mille. Le témoin de l’affaire sera un bourgeois de Thionville, Balthazar Leyendecker.

Nous sommes rendus en 1676 et depuis 1634, soit 42 ans, les fortifications de la ville ont constamment été améliorées et entretenues. Le sieur Saltzgueber avec ses gardes suisses et les artisans de la région, sous les ordres du directeur des fortifications, à l’aide des plans et profils fournis par les ingénieurs du Roi dont Vauban, a été la cheville ouvrière de ces travaux. Nous verrons dans une prochaine et dernière partie, début 2017, les travaux qu’il a encore réalisé sur la place de Thionville avec une petite notice sur ce personnage peu connu faute de document le concernant.

 

[1] Ce qui correspond à 24 chambres mais sans connaître le nombre d’hommes par chambre.

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THIONVILLE - 1956-2016 Les 60 ans de l'église Notre Dame de l'Assomption

Publié le par Michel Persin

La couverture du livret sur l'histoire de l'église Notre Dame

La couverture du livret sur l'histoire de l'église Notre Dame

A l'occasion des soixante ans de l'église Notre Dame de l'Assomption de Thionville Saint-François, la paroisse a édité un livret retraçant l'histoire de l'église. 

(Format A4 - 90 pages -nombreuses illustrations couleurs) 

Vous y découvrirez l'histoire des chapelles ayant précédées l'église actuelle:

- La chapelle des lépreux remontant à la léproserie de Thionville au moyen-âge dont le bâtiment désacralisé existe toujours.

- La chapelle provisoire réalisée en 1937/1938 dans l'ancienne salle de spectacle créée en 1908 dite la "Kaiserhalle" qui deviendra par le suite le "Grand Trianon"

Enfin, la construction de l'église Notre Dame actuelle, réalisée dans un ancien bâtiment édifié par les allemands et non terminé en 1945, devant servir de laiterie.

Après avoir découvert sa construction, son équipement et sa riche décoration,  vous découvrirez au fil des pages et des nombreuses photos d'époque, la vie de la paroisse Notre Dame au travers de ses réalisations les plus marquantes.

Sa chorale, son atelier et toutes les associations qui concourent à en faire une paroisse vivante.

Vous connaîtrez aussi l'origine et l'évolution de la Saint-Fiacre (patron des jardiniers), fête du quartier, qui se tient tous les ans à l'arrière de l'église et connaît toujours un beau succès.

Pour 8 € 

Vous pouvez acheter le livret au secrétariat du presbytère de la paroisse au 37, avenue de Guise à Thionvill  du lundi au vendredi 14h-18h
Tél: 0382532581

http://saintefamille.over-blog.org

 

 

 

La saint Fiacre en 2016

La saint Fiacre en 2016

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