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1694 - Un contrat de mariage à Thionville

Publié le par Persin Michel

Dernière page du contrat de mariage
Dernière page du contrat de mariage

Le 22 mai 1694, le sieur Philippe De Guerschin écuyer, seigneur de Logne résident à Thionville passe un contrat de mariage pour épouser demoiselle Marie Fourot de Thionville. Ce contrat de mariage est typique de cette époque et met en scène quelques personnages importants du Thionville de la fin du 17ème siècle. Thionville n'est française officiellement que depuis 35 ans, même si la ville est sous l'autorité des troupes française depuis 51 ans. Les personnages cités sont issus de l'armée où de l'administration civile.

"Devant nous notaires royaux à Thionville, y demeurant, soussignés furent présents en leurs personnes, le sieur Philippe de Guerschin, escuyer, seigneur de Logne, résident en cette ville, fils légitime de feu le sieur Pierre de Guerschin, vivant, essuyer et colonel d'un régiment de cavalerie et de dame Anne Schemcket, ses père et mère, assistés du sieur Louis de Henaut, escuyer, seigneur de Marasson son beau frère, de messire Estienne de Blanchard, chevalier, seigneur d'Argelé, lieutenant du Roy en cette ville et gouverneur de Thionville, de messireCharles François Hüe de Saint-Rémy, escuyer, seigneur de Gras d'une part et demoiselle Marie Fourot fille légitime de défunt maistre Barthélémy Fourot, vivant, conseiller du Roy, maistre particulier des eaux et forests en la maitrise particulière de Metz et Anne Françoise Bock, ses père et mère, assistés de dame Agnès Philips veuve de feu François Bock et dame foncière de Volcrange sa grande mère, de maistre Jean Nicolas conseiller du Roy, lieutenant particulier au bailliage et juge royal de cette ville son oncle et curateur, du sieur André Fourot bourgeois de cette ville son oncle paternel, du sieur Jean Hilt, eschevin de l'hostel de ville de cette cille, de messire Robert Bock prêtre, de messire Jean Mathias Bock, conseiller du Roy, procureur du Roy de l'hostel de ville, ses oncles maternels, de messire Jean Larminat conseiller du Roy, receveur des espèces audit bailliage, de maistre Nicolas Robin, notaire royal en cette ville, ses cousins et de messire Bernard Philips prêtre régent de la paroisse de cette ville d'aitre part. Lesquels ont déclaré que pour parvenir au futur et espéré mariage à faire entre le sieur de Guerschin et ladite demoiselle Marie Fourot les conventions matrimoniales qui suivent ont esté accordé et de part et d'autres acceptés à savoir premièrement que les futurs époux et épouse se prendront par loi de mariage et s'espouseront en face de nostre mère la sainte église catholique, apostolique et romaine le plustost que faire se pourrait à la première réquisition de l'un ou de l'autre.

Chascune des dit futurs conjoints payera et acquittera ses dettes contractées avant le présent contrat de mariage et jusques a huÿ sans le fait de l'autre et sans que les biens de l'un ou de l'autre puisse estre tenu d'aucune desdites dettes réciproquement. Aussitost après la consommation du mariage lesdits futurs espoux et espouse feront un et commun en tous biens meubles acquêts et conquests immeubles et fruits et revenus des biens immeubles propres.

Laditte demoisselle futur espouse apportera en communauté tous ses meubles, savoir meubles meublants obligations, constitutions et arrièrages a elle eschue par droit de succession de déffunt maistre Barthélémy Fourot et dame Anne Françoise Bock ses pères et mères. Toutes les obligations, constitutions et arrièrage sont déclarées meubles par le présent contrat du consentement des parties comme ledit de Guerschin, futur espoux n'a aucun meuble, ny effets mobliliaires, il a meubly par le présent contrat de mariage de ses biens immeubles les plus beaux et les plus chair jusques à la somme de six mil livres qui entreront en communauté cela ayant esté stipulé expressément.

De plus ledit sieur de Guerschin futur espoux promet donner et assigne à la demoiselle future espouse pour bagues et joyaux la somme de trois mil livres pour lesquels ses biens demeureront dès à présent affectés et hypothéqués desquels trois mil livres tournois ladite futur espouse pourra disposer à sa volonté ainsi quelle trouvera à propos et en faveur de qui luy semblera sans avoir besoin d'aucune autorisation entant par la présente suffisamment autorisée pour ce faire.

De plus il a esté expressement stipulé et conditionné qu'en cas que ladite Agnès Philips vient à décéder pendant et le présent contrat de mariage, toutes les constitutions, obligations et rentes, vente à faculté de rachat, engagère et tous les biens immeubles qui festoient à ladite demoiselle future espouse par droit de succession de ladite Agnès Philips sa mère grande luy tiendront lieu de nature de biens propres et ne pourront entrer en communauté mais seulement les fruits et revenus d'Yeux. Au surplus lesdits futurs espoux se conformeront et régleront suivant la coutume de cette ville qui est la mesme que celle de Luxembourg renonceant à toutes autres ainsi faict et passé à Thionville le vingtdeuxième may mil six cens quatre quatorze et ont signé lecture faicte et vanat de signer il a esté stipulé et accordé que les biens propres de l'un ou de l'autre des parties demeureront affecté de hypothèques pour les dettes qui se payeront des deniers ou effect de la communauté et pendant ycelle et qui ont esté contracté avant le présent contrat de mariage et qui sont présentement deus."(Copie de l'original)

Coutume de Thionville
Coutume de Thionville

​Pour résumer ce contrat de mariage, on peut faire les remarques suivantes:

Le mariage aura lieu le 25 mai 1694 soit 3 jours après la signature du contrat de mariage.

Dans sa structure, ce contrat est identique à l'ensemble des contrats de ce type passés au 17ème et 18ème siècle.

L'écriture est lisible et l'orthographe employée mélange pour un même mot, la forme ancienne et la forme moderne encore usitées aujourd'hui.

Les titres sont utilisés de manière désinvolte, surtout pour les appellations de "sieur, messire, magister…" par contre les titres de noblesse peu nombreux ici, sont précis et font la distinction entre "escuyer" et "chevalier" qui indiquent un échelon supplémentaire dans la noblesse française, pour rappel: écuyer, chevalier, baron, vicomte, comte, marquis et duc. Le terme d'écuyer est porté par tout noble n'ayant jamais été fait chevalier.

Que nous dit ce contrat:

Que les futurs époux se marieront à l'église (mention systématique)

Qu'ils devront acquitter les dettes contractées avant le mariage.

Que dès le mariage consommé, ils formeront une communauté de biens à laquelle chacun apportera des biens qui sont listés, leurs autres biens seront propres et n'entreront pas dans la communauté.

Ici nous voyons que:

L'épouse apportera à la communauté tous ses meubles (mobilier) et tout ce qu'elle a hérité de son père Barthélémy Fourot et de sa mère Anne Bock comme obligations, constitutions et arrièrages (argent principalement). Toutefois il est précisé que la succession de sa grande mère Agnès Philipps ne rentrera pas dans la communauté car considérée comme biens propres.

L'époux n'a aucun meuble ni d'effet mobilière (c'est un militaire), donc il apporte à la communauté une somme de 6000 livres tournois gagée sur ses biens immobiliers les plus beaux et en outre il verse à son épouse une somme de 3000 livres tournois pour acheter des bijoux dont elle pourra disposer à sa guise et sans son autorisation.

Dernier point, il est stipulé que la vie du couple avec les événements qui arriveront seront soumis et se régleront en suivant la coutume de Thionville qui est la même que celle de Luxembourg. (C'est en quelque sorte un code juridique qui régit la ville et les villages alentours. Cette coutume avait été homologuée en août 1613 par le Duc de Luxembourg puis reconduite par le roi de France, Louis XIV en octobre 1657, après la prise de la ville de Thionville par les français en 1643)

Armoiries de la famille déposée en 1696
Armoiries de la famille déposée en 1696

Regardons de plus près les personnes citées dans ce contrat à commencer par les futurs époux:

Le futur époux:

Sieur Philippe de Guerschin, écuyer, seigneur de Logne.

(Dans le texte il est écrit Deguerschin, mais sa famille se nomme indifféremment de Guerschin ou de Guerchin.)

Il se prénomme Jean Jacques Philippe. C'est un militaire, au 62ème régiment de Salm-Salm, né le 19 novembre 1664 à Thionville. Il a 30 ans quand il se marie.

Il passera 39 ans 7 mois et 23 jours au service du roi de France et terminera sa carrière militaire comme capitaine d'infanterie.

Son père est Pierre de Guerchin, colonel d'infanterie décédé avant 1694 et sa mère est Anne Schencket ou Schenckel.(On trouve aussi le nom de Erchinquel !)

Quoiqu'il en soit, il est dit seigneur de Logne. C'était un village dont dépendait Ay, Bousse, Blettange… Il y avait un château qui fut détruit dans les guerres entre Metz et Thionville au 15ème siècle et 16ème siècle. En 1605, la seigneurie abrite encore 2 familles ! Puis elle est reprise par Nicolas Utringer, échevin de Thionville. Son fils Renault Ottringer, en devint le seigneur en 1668. Dépendante du Luxembourg, une visite diocésaine de 1684, mentionne un cimetière ruiné, un clocher sans cloche, une maison de cure en ruine.Un village où vivent moins de 10 habitants et un seigneur qui laboure la terre… Bref une terre en déshérence. Le château est toutefois reconstruit en partie au 17ème siècle, puis il est racheté par la famille de Guerschin qui le gardera jusqu'à la révolution. On peut encore voir les armoiries de la famille dans la chapelle et dans un mur du clocher. Le château sera ensuite plusieurs fois remanié, encore après les bombardement de novembre 1944, il fut restauré en 1949.

Pierre de Guerchin, le père, décédé avant 1694, est colonel d'infanterie et arrive sans doute sur Thionville lors du siège et la prise de la ville en 1643. On remarquera qu'il n'a pas le titre de seigneur de Logne, car s'est son fils, Jean Jacques Philippe qui né à Thionville en 1664, achètera la seigneurie alors en déshérence et prendra alors le titre de seigneur de Logne. J.J Philippe aura une fille Agnès mariée en 1737 avec Jacques Jean François Arnauld de la Douye et un fils Jean Philippe marié à Nicole de Vincey...

J.J Philippe avait aussi deux soeurs: Catherine et Marie Anne qui se maria avec Louis de Hénaut (Haynault) que nous verrons par la suite.

La chapelle de Logne

La chapelle de Logne

Les témoins du futur époux:

Le sieur Louis de Hénaut (Haynault), écuyer, seigneur de Marenson.

C'est le beau-frère du futur époux, il a épousé une de ses trois soeurs, Marie Anne de Guerschin, en 1671 à Thionville. C'est un militaire en garnison à Thionville probablement originaire de la région de Compiègne dans l'Aisne où l'on retrouve son père Louis de Hénaut, seigneur de Marenson décédé en avril 1676 et sa mère Héléne de Bofle décédée le 10 octobre 1682, tous deux inhumés dans l'église de Cuise la Motte (Aisne). Il est probablement une connaissance de Jean Esmery de Boislogé, décédé en 1745 à Thionville où il était maître de l'artillerie. Esmery de Boislogé était originaire de Compiègne et avait épousé Anne Fourot, la soeur de la future épouse.

Messire Estienne de Blanchard, chevalier, seigneur d'Argelé.

Depuis 1680, il est lieutenant du Roi et gouverneur de Thionville. Il est marié à Jeanne Elisabeth Hüe de Saint-Rémy qu'il a épousé à Metz le 8 décembre 1686. Il a beaucoup travaillé au rétablissement et à l'établissement des moulins de Thionville, son épouse a continué ce travail après son décès.

Messire Charles François Hüe de Saint-Rémy, écuyer, seigneur de Gras. Epoux de Marie Julienne Gobelieus dont le père était conseiller à la chambre impériale de Spire et officier de l'abbaye Saint-Maximin de Trêves. Il était le père de Jeanne Elisabeth Hüe de Saint-Rémy donc le beau-père de Estienne de Blanchard ci-dessus. Plusieurs membres de sa famille furent lieutenant général au bailliage de Thionville.

La future épouse:

Marie Fourot fille légitime du défunt (+ vers 1646) Barthélémy Fourot, vivant, conseiller du Roi,avocat au parlement de Metz, maître particulier des eaux et forêts en la maîtrise de Metz et de Anne Françoise de Bock, elle même fille de François de Bock, seigneur en partie de Volkrange et d'Agnès Philips qui veuve sera dame foncière de Volkrange. Précisons de suite que la famille de Bock était affiliée à la famille Hûe de Saint-Rémy.

Marie Fourot à une soeur Anne (+ 11/09/1755) mariée avec Jean Esmery de Boislogé et un frère Joseph.

Barthélémy Fourot est présenté parfois comme seigneur de Hackenberg, il est important de préciser qu'il n'était que seigneur foncier et que pour une très petite partie comme beaucoup d'autres familles de la région. Toutefois cette petite partie passa ensuite à la famille de Guerschin qui s'en prévalu.

Nous retrouvons ensuite dans les témoins les oncles paternels et maternels issus des familles Fourot et de Bock et quelques personnalités ayant des fonctions à l'hôtel de ville.

Quoiqu'il en soit, ce simple contrat de mariage, nous donne des renseignements intéressants sur les us et coutumes de l'époque, sur la ville et ses personnalités. Il m'a permis aussi de mettre à jour de nombreuses erreurs dans les informations émanantes de "généanet" et même de documents plus reconnus comme le dictionnaire de la noblesse par La Chesnaye des Bois (1699-1784), il est vrai déjà jugé peu fiable à son époque et dont se servent de nombreux historiens.

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70 ème anniversaire de la libération de Thionville

Publié le par Persin Michel

Les 15 et 16 septembre 2014, la ville de Thionville a commémoré avec éclat le 70ème anniversaire de la libération de la ville. J'ai assisté aux différentes cérémonies et reconstitutions historiques de ces deux jours et j'en ferai ici une courte restitution.

Rappel historique:

Le 1er septembre 1944, une escouade de reconnaissance américaine est entrée dans la ville jusqu'au pont aujourd'hui des "Alliés" où elle a été prise à partie par les troupes allemandes regroupées vers la gare.

Ce fait d'arme a été relaté en détail dans ce blog le 18 août 2014 dans la catégorie "Guerre 39-40".

A ce moment, la ville n'est pas libérée et les allemands reviendront en ville après ce bref et premier accrochage.

Toutefois, l'armée américaine (1) a repris son offensive et avance inexorablement vers Thionville. Les autorités civiles allemandes commencent à quitter la ville, enfin le 12 septembre 1944, vers 3 heures du matin, les soldats allemands quittent la ville en faisant sauter le pont. Ils se replient dans les forts de Yutz, Illange et Koenigsmacker d'où ils bombarderont sans relâche la ville et les éléments de l'armée américaines arrivés le 13 septembre dans la ville.

Ce duel d'artillerie va durer 2 mois, occasionnant de nombreuses victimes civiles et militaires. Puis le 11 novembre 1944, la 95ème division d'infanterie, commandée par le lieutenant-colonel Autrey Marounn passe la Moselle au prix de lourdes pertes et prend pied sur la rive droite. Un pont provisoire peut alors être installé et l'armée américaine continuer sa marche vers Koenigsmacker, repoussant l'armée allemande de plus en plus loin de la ville, la mettant, aux environ du 15 novembre1944, hors de portée de l'artillerie allemande.

La ville est alors complètement libérée, même si des combats acharnés se dérouleront encore dans la région et plus loin dans les Ardennes.

(1) Le 20ème corps du général Walker.

Salon de coiffure

Le 15 novembre 2014,

vers 14h, dans une ville en partie pavoisée aux couleurs américaines et françaises, où déjà ont pris place des Jeeps, GMC, half-tracks et autres Harley Davidson, engins blindés, armes et matériels d'époque amoureusement restaurés et entretenus par de nombreuses associations de bénévoles venus d'un peu partout en France et en Belgique.

70 ème anniversaire de la libération de Thionville
Posé contre le poste de radio un fusil "US M1" arme emblématique des GI'S

Posé contre le poste de radio un fusil "US M1" arme emblématique des GI'S

Devant un public nombreux et intéressé, s'est rejoué l'épisode du 1er septembre 1944 relatant la reconnaissance américaine à travers la ville et l'accrochage ayant eu lieu vers le pont où l'escadron de reconnaissance eut à déplorer, des pertes humaines.

70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville

Après cette reconstitution mouvementée ponctuée de détonations diverses, une exposition de documents d'époque avait lieu dans la salle du beffroi, une habitante de Thionville ayant vécu ses événements fit part à l'assemblée de ses souvenirs, avec aussi le témoignage d'un vétéran américain, aidé en cela par un historien régional. (Sous la médiation de messieurs Dominique Laglasse et Frédérique Gaudinet, archivistes de la ville et Muriel Icard)

70 ème anniversaire de la libération de Thionville
Mme Joséphine Laglasse, fit part de ses souvenirs.

Mme Joséphine Laglasse, fit part de ses souvenirs.

Enfin place Claude-Arnoult un orchestre joua des standards américains de cette époque faisant danser quelques "Bepop" endiablés quand le stand de "Donuts" régala même notre première magistrate.

Enfin la nuit tombée la cavalerie "américaine" regagna ses quartiers...

En soirée eut lieu la cérémonie de jumelage avec la ville américaine d'Urbana dans l'Illinois et un concert gratuit de l'orchestre symphonique de Thionville au théâtre municipal.

Au final, une bonne journée qui nous replongea tous, petits et grands dans l'ambiance de la libération et qui intéressa bon nombre de jeunes qui posèrent beaucoup de questions pertinentes.

70 ème anniversaire de la libération de Thionville

Le 16 novembre,

 

Sous un ciel gris mais sans pluie, se déroula à partir de 9h45 sur la place de la Liberté la dern!ère journée de ces commémorations du 70ème anniversaire de la libération de Thionville. 

Journée plus officielle et protocolaire, toute emprunte d'ordre et de solennité où les militaires (retraités y comptis) furent mis à l'honneur devant une garde d'honneur au drapeau de l'armée américaine.

Devant les autorités militaires et civiles de la ville et de la région, plusieures décorations furent remises:

Légions d'honneur pour deux vétérans de l'armée américaines et décorations spécifiquement militaire pour quelques jeunes militaires français s'étant particulièrement illustrés en Afganistan.

De nombreuses gerbes furent déposées devant le nouveau monument érigée par l'association "Moselle River" qui rassurons nous ne restera pas sur le parking mais rejoindra un emplacement plus approprié, mais pas encore défini.

Les enfants de l'école de la Milliaire chantèrent "Les ricains"de Michel Sardou. 

Deux lycéens lurent un passage du fait d'arme du 1er septembre 1944 écrit par un des soldat américain y ayant participé.

La cérémonie strictement militaire ayant pris fin, les détachement des différentes armes quittèrent la place pour laisser place au défilé des véhicules d'époque.

Voilà deux journées de commémorations bien conduites, ayant intéressé beaucoup de Thionvillois et voisins et sans doute utiles au devoir de mémoire et à la cohésion nationale.

 

Le nouveau monument en remerciement aux GI'S (Moselle River)

Le nouveau monument en remerciement aux GI'S (Moselle River)

Les gendarmes

Les gendarmes

Les 400 portes drapeaux

Les 400 portes drapeaux

La famille lorraine

La famille lorraine

L'infanterie

L'infanterie

Garde au drapeau américaine

Garde au drapeau américaine

Enfin eut lieu le grand défilé des véhicules d'époque si bien entretenus par toutes les associations et qui ravirent le public.

70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville
70 ème anniversaire de la libération de Thionville

Cette deuxième journée de commémoration a été clôturée au théâtre municipal par un concert gratuit de l'US Air Force "The Ambassadors Jazz Ensemble".

Au cours des deux journées furent projetés plusieurs films à la Scala.

Merci donc à toutes les autorités civiles, militaires, bénévoles et spectateurs pour ces journées festives et conviviales.

L'association Moselle River : http://www.moselleriver1944.org qui oeuvre tant pour le souvenir des GI'S, libérateurs de nos régions.

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Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40

Publié le par Persin Michel

L'ancien monument aux mort de Veymerange-Elange (Ancienne croix de mission)

L'ancien monument aux mort de Veymerange-Elange (Ancienne croix de mission)

Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Thionville (Veymerange-Elange) Soldats et Monuments 14-18/39-40
Large extrait du fascicule "Veymerange - Elange Soldats et monuments" 
paru en 2011 et édité par Michel Persin

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27 Juillet 1789 - Heurts à Thionville

Publié le par Persin Michel

Mise à sac de l'hôtel de ville de Strasbourg
Mise à sac de l'hôtel de ville de Strasbourg

Mes recherches sur l'histoire de la chapelle Saint-François continuent.

Toutefois au cours de ces recherches, j'ai trouvé aux archives de la ville *, la relation de troubles ayant eut lieu dans la ville, suite à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et à la mise à sac de l'hôtel de ville de Strasbourg le 20 juillet.

Premiers signes tangibles de la révolution qui essaime dans notre région.

* Fonds Braubach BB14

Heurts à Thionville:

Les magistrats de la ville ont appris avec surprise et douleur que le mercredi 22 juillet 1789, vers les 4h de relevée (1) quelques soldats de la garnison ont entré en ville de la viande achetée à des bouchers forains (non établis en ville) au-delà du pont.

Ils n'ont pas voulu payer les droits sur cette viande aux employés des fermes (2) chargés de cette perception aux portes de la ville. Ce refus fut accompagné de paroles et de gestes durs qui excitèrent la curiosité de personnes du "bas peuple" qui se joignirent aux militaires en sorte que le tumulte augmentant, les employés des fermes prirent la fuite.

Les baraques qui leur servaient à percevoir les droits sur les marchandises (octroi) furent démolies dans la journée qui suivie sans que les magistrats aient pu arrêter ces désordres.

Les jours suivants, fort de leur succès, les soldats et le "bas peuple" auraient conduit sur la place du marché plusieurs voitures de sacs de sel venant de Metz et destinées pour le pays de Luxembourg. Ils ont obligé les voituriers à les leur vendre !

Le samedi 25 juillet dans la matinée, quelques personnes de la campagne, sous prétexte que la femme d'un boulanger leur avait dit des propos grossiers ont dévasté sa boutique, emporté ses pains, répandu ses farines à terre et pour finir ont cassé les fenêtres de sa maison !

Aussi pour arrêter de plus grands maux et l'effet de menaces effrayantes, les officiers municipaux se sont hâtés le jour même, sous l'agrément de Monsieur de Bouillé (3), commandant de la Province, de mettre en armes la bourgeoisie, dont une compagnie le soir même, a monté la garde pour rétablir le calme.

Le 26 juillet à 2 heure de relevée, dans une assemblée tenue par toutes les corporations dans la grande salle du bailliage, les officiers municipaux s'y trouvant, on leur aurait demandé la cessation immédiate de l'octroi sur l'entée des "pieds fourchus"(4), ils ont cru devoir céder à la circonstance… Dans la même assemblée on leur a demandé aussi la suppression de la chambre syndicale des marchands dans laquelle les forains exposaient leurs marchandises en vente, ce qui a été accordée par les marchands et la ville …

L'on a ensuite exigé que soit relâché 3 contrebandiers ce que l'entrepreneur de tabac à accordé sans difficulté… Devant tant de demandes aussi vite accordées, certains ont été jusqu'à demander la suppression de tous les droits du roi et de la ville, ce qui leurs a été refusée.

Ce procès verbal à été dressé pour justifier dans tous les temps la conduite des officiers municipaux de la ville.

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Voilà les prémices de la révolution à Thionville qui par ailleurs se passa plutôt tranquillement au moins jusqu'en 1792.

On remarquera l'habileté des officiers de l'hôtel de ville dont le compte-rendu peut-être interprété dans le sens que prendra l'histoire, ayant été fermes mais aussi suffisamment souples dans le traitement de ces heurts et de ces événements dont personne à ce moment là pouvait prévoir la suite.

Depuis 1768, le maire est François Petit (lieutenant de ma maîtrise des eaux et forets) . Les assemblées municipales comportent 5 membres pour les affaires courantes, les assemblées générales rassemblent 90 personnes. Les membres de l'hôtel de ville sont des bourgeois, majoritairement avocats, notaires ou titulaire d'un office. il y a aussi quelques marchands, pratiquement aucun artisan ni militaire. ils sont plutôt modérés et pragmatiques.

L'armée très présente à Thionville avec des effectifs importants est commandée par le marquis de Crenolle et en second le vicomte de Puységur.

Les officiers de l'hôtel de ville prêteront le 4 août 1790 le serment "A la nation et au roi" sans embarras particulier.

Les élections de 1790, verront Charles Nicolas Hentz devenir maire et Jacques Rolly sera procureur représentant de l'état en charge de l'ordre public. Toutefois une grande instabilité se verra à la municipalité pendant plusieurs années. Il faut convenir de la difficulté de concilier à la fois les nobles dirigeant l'armée, les bourgeois modérés et le "peuple" plus acquis aux idées nouvelles qui émergent.

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​(1) Les heures de relevée correspondent aux heures de l'après-midi, ainsi 4 heures de relevée veut dire 16h.

(2) Les employées des fermes sont les douaniers ou les employés de l'octroi qui taxait les marchandises entrant des les villes.

(3) François Claude Amour de Chariel, marquis de Bouillé né en 1739 en Auvergne, mort en 1800 à Londres. Il fut un fidèle de Louis XVI allant jusqu'à organiser sa fuite le 20 juin 1791. En 1789, il est commandant des Trois Evêchés. Il fit respecter la loi à Metz et à Nancy où il réprimera la mutinerie de 1790, prononçant 33 condamnation à mort et 41 mises aux galères.

Il est cité dans la cinquième strophe de la Marseillaise:

Français en guerriers magnanimes

Portez ou retenez vos coups

Épargnez ces tristes victimes

A regrets s'armant contre nous (bis)

Mais ces despotes sanguinaires

Mais ces complices de Bouillé

Tous ces tigres qui, sans pitié

Déchirent le sein de leur mère

27 Juillet 1789 - Heurts à Thionville

(4) Les pieds fourchus sont les animaux ayant plusieurs doigts ongulés aux pattes comme les boeufs, porcs, chèvres et boucs….

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