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1705 - Thionville - Val Marie (suite 3…)

Publié le par Persin Michel

cNous avions quitté la cense de Marienthal (Vonnerhof) en 1700 avec comme maire Rémy Schweitzer, nous la retrouvons en 1704 avec comme maire, Rémy Suisse !

En fait, c'est le même homme ! Suisse, n'est que la francisation de Schweitzer

La Suisse se nommait alors Schweiz et les habitants du pays Schweizer.

Maintenant, voyons ce nouvel acte du 28 novembre 1705:

Rémy Suisse, maire de "Vonnerhof" et demeurant à la cense de "Vonnerhof" et son épouse Marguerite Koch passent un contrat de bail de 6 années, consécutives et sans intervalle à commencer à la Saint-George à leur fils Baltazar Suisse et à son épouse Elisabeth Terver pour gérer et exploiter la moitié de la cense de "Vonnerhof" et autres biens sur les bans voisins et cela aux conditions suivantes:

La cense comprend maisons, granges, écuries, jardins, vergers, terres labourables, haies et buissons. Rémy Suisse et son épouse se réservent la maison où ils résident actuellement avec une vigne et les jardins, dont les fruits seront partagés par moitié.

Ils se réservent aussi le pâtural du milieu et celui proche de la chapelle de Saint-Pierre.

Les preneurs, donc Balthazar Suisse, le fils et son épouse, devront cultiver les terres et entretenir les dépendances, y amener le fumier et la chaux qui sera payée par moitié comme les grains pour les semences. Ils paieront par moitié les faucheurs pour les foins et mèneront à leurs risques et charges les grains sur les greniers des parents.

Bien entendu, ils paieront la taille et la capitation par moitié. A charge pour le fils de fournir les chevaux pour les corvées du roi.

Ils pourront couper dans le bois dépendant de la métairie (cense), 8 cordes de bois, 4 chariots de clayonnage, dans les 8 cordes de bois, ils devront chaque année, avec les branches faire 1 chariot d'échalas pour la vigne.

Les preneurs, Balthazar et son épouse donneront chaque année à leur parents la somme de 55 écus blancs à 3 livres l'écu et les parents paieront seuls les cens et redevances pour les terres au ban d'Elange et de Veymerange qu'ils doivent encore pour une année à Nicolas Oswalt mais ils jouiront par moitié des limels sur ces biens pour l'année en cours.

Voilà un contrat de bail assez représentatif fait par des parents vieillissants à leur fils et belle fille en stipulant bien qu'ils continuent à habiter leur maison dans la cense.

Un autre acte du 15 mai 1705, nous apprend que Rémy Suisse et Marguerite Koch vendent une vigne de 3 nouées située au lieu dit "Kufferberg" à Jean Perrin, vigneron de la Basse-Guentrange et Elisabeth Collebrand sa femme pour une somme de 54 livres tournois à payer en 4 termes égaux sur 4 années et qu'ils paieront à la Dame de Corneille le cens foncier, soit 20 pots et 1 chopine.

* On remarquera que cette vigne avait été achetée en 1699 par Rémy Suisse à Michel Perrin pour la somme de 135 livres tournois soit une moins value de 81 livres tournois en 6 ans !

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1700 - Thionville Val marie (suite 2)

Publié le par Persin Michel

La vie de la ferme de Wonnerhof continue comme nous l'indique un acte du 27 juin 1700:

Ledit Rémy Schweitzer, maire d'Elange et "maire" de Wonnerhof en vertu de la procuration à lui donné par Jean May, procureur du couvent des dames religieuses de Marienthal en date du 20 juin 1700, après publications aux prônes du dimanche va procéder chez lui, dans son habitation, à l'adjudication des biens situés à Kuntzig et appartenant aux dames de Marienthal.

L'adjudication se fera de manière accoutumée en présence de Jean Bernard Wonner, maire des dites dames religieuses de Marienthal et demeurant à Oeutrange.

Après les mises faites par les uns et les autres de plusieurs habitants, tous des villages de Kuntzig, Macquenom, Yutz et d'autres villages joignants ceux-ci, personne n'ayant voulu surenchérir, les dîmes desdits biens sont attribuées à:

Jean Bernard Schlimmer, Jean Kol et André Hiber tous habitants de Macquenom comme plus offrant et derniers enchérisseurs après l'extinction de la bougie, le tout pour 27 maldres de grains à savoir 2 madrés de froment, 12 1/2 maldres de montagne et 12 1/2 maldres d'avoine, bon grain marchand et honnête, que lesdits entrepreneurs seront tenus de livrer à leur frais, risques et périls sur les greniers qui leur seront indiqués à Thionville et cela chaque année à la Saint-Martin.

De plus, en sureté de l'exécution du présent contrat, 1 louis d'or de France valant 13 livres tournois a été payé à l'instant par les entrepreneurs à Remy Schweitzer.

De surcroît les entrepreneurs mettent en gage leur biens mobiliers et immobiliers de façon solidaire comme gage de l'exécution du contrat.

Aucun des protagonistes ne sait signer, ni ne possèdent de marques particulières.

Ce contrat ommet de nous donner la durée du bail de ces biens de Kuntzig, mais en général c'est 6 ans.

Rémy Schweitzer qui à repris le bail de Michel Baué en 1694.

Jean Bernard Wonner d'Oeutrange est maire des biens que les dames religieuses de Marienthal possèdent à Oeutrange.

Etait-il, au paravent, lui ou son père, maire des religieuses de Marienthal à Thionville (Wonnerhof) ?

On voit aussi que l'abbaye de Marienthal avait des biens répartis sur toute la région Thionviloise.

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1694 - Thionville Val Marie (suite 1)

Publié le par Persin Michel

Le 25 février 1694, nous retrouvons la ferme de Marienthal qui à l'époque s'appellait la ferme de Wonner ou Wonnerhof dans un acte notarié (notaire Lanio) où l'on apprend que cette ferme est louée à bail emphytéotique (1) à Didier Baué, laboureur de Beuvange sous Saint-Michel.

Celui-ci a cédé en 1692, ce bail à Remy Schweitzer, laboureur et maire du roi à Elange, aux mêmes conditions que les dames religieuses de Marienthal proche de Muxembourg lui avait fait.

Ledit Rémy Schweitzer a payé audit Didier Baué, une somme de 100 louis d'or à raison de 11 livres et 10 sols par louis d'or, pour les travaux d'amélioration que celui-ci à fait aux bâtiments de la ferme.

(1) Emphytéotique: bail consenti sur une très longue période (de 18 à 99 ans) donnant la presque qualité de propriétaire au locataire contre un loyer (canon) très faible. Le locataire pouvait céder son bail . Il dérive directement du droit romain et permettait à de grands propriétaires terriens de faire entretenir à moindre frais leur domaine.

Extrait d'un plan du début du 19ème siècle des archives municipales de Thionvile.

Extrait d'un plan du début du 19ème siècle des archives municipales de Thionvile.

Il s'ensuit que Remy Schweitzer d'Elange, est devenu le fermier des dames et abbesse de Marienthal, à ce titre, il s'engage à payer aux dames religieuses et à leur prêtre et procureur, Jean May, une somme de 90 écus blancs ou 270 livres représentant le canon de la ferme pour 2 années.

Il paiera cette somme à la saint Martin prochaine, ainsi qu'une somme de 27 livres pour les grains que lui ont vendus et délivrés en nature, les religieuses, représentant la semence. Il s'engage aussi à payer ce que l'on doit au procureur Jean May.

Il dit n'être pas concerné par les actions des dames religieuses contre Didier Baué pour les arbres qu'il a coupés ou abattus dans leur bois sans leur permission comme le contrat le prévoyait.

Suit un autre acte passé devant le notaire Lanio, du 12 mars 1994, où Didier Baué et Rémy Schweitzer s'engage solidairement sur cet acte du 25 février 1694 et donne les explications sur la cession du bail de l'un envers l'autre et sur les 100 louis d'or payés pour les améliorations aux bâtiments de la ferme faites par Didier Baué.

Il est bien précisé à la fin des actes que les explications sont données en langue germanique mot pour mot et intelligiblement.

Les deux laboureurs n'ont pas l'usage d'écrire et seul signe le procureur Jean May.

Le nom associé au terme de procureur semble assez mystérieux !

Le nom associé au terme de procureur semble assez mystérieux !

Un autre acte du 28 décembre 1699, nous apprend qu'un certain Rémy Suisse, laboureur et son épouse Margeurite "Houne" vivent à "Vonnerhof" et qu'ils achètent une vigne de 3 nouées située à Guentrange au lieu dit "Kufferberg" à Jean Guerard couvreur demeurant à Hagondange et à Michel Perrin, vigneron à Guentrange et Elisabeth Moyeuvre, sa femme. La vente se fait pour 45 écus blancs à 3 livres tournois l'écu. L'acheteur paiera une rente annuelle de 2 sétiers 1/2 de vin blanc à la Dame de Corneille comme propriétaire foncière de la vigne.

Un petit papier libre daté de 1700, joint à l'acte de 1699, nous explique que le sieur Jean Guérard est décédé et que son épouse Anne Moyeuvre, soeur d'Elisabeth Moyeuvre, consent à cette vente.

Rémy Suisse n'est n'autre que Rémy Schweitzer francisé et Marguerite Houne est Marguerite Koch

La Dame de Corneille a de nombreuses terres dans les villages alentours.

1 sétier valait environ 152 litres.

1 nouée = 8 ares 38 ca

Kufferberg = La colline du tonnelier ou des tonneliers

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Thionville - Val Marie et Marienthal (Début)

Publié le par Persin Michel

A Guentrange, existe un lieu-dit "Le val Marie". C'est une zone hybride, mi-résidentielle, mi-commerciale (voir le plan dans le carré noir). Ce lieu-dit n'est que la traduction de "Marienthal", nom porté par une métairie ou grosse exploitation agricole qui existait à cet emplacement (Carré rouge) depuis le 13ème siècle.

 Thionville - Val Marie et Marienthal (Début)

Les bâtiments reconditionnés en belle résidence urbaine existent toujours.

Photo extraite du blog "cbouzendorffer" Histoire de mon village Guentrange alias Guntrigas

Photo extraite du blog "cbouzendorffer" Histoire de mon village Guentrange alias Guntrigas

Elle appartenait depuis le milieu du 13ème siècle à l'abbaye de Marienthal size à Mersch, proche de la ville de Luxembourg, dont elle prit tardivement le nom.

Cette abbaye fut créée au Luxembourg en 1237 par Thierry, seigneur de Mersch avec le consentement et la bienveillance de la comtesse de Luxembourg, Ermesinde. Elle accueillait les princesses et filles nobles des provinces alentours et à ce titre, était richement dotée. Elle abrita ainsi la retraite de Yolande, fille de Henri, comte de Vianden et de la marquise de Namur, Marguerite de Courtenay.

La règle ou coutume du temps voulait que les princes et seigneurs fassent des dons aux établissements religieux et principalement aux abbayes surtout si une de leur fille y entrait comme novice ou comme abbesse. Souvent les seigneurs donateurs s'y faisaient inhumer, eux et toute leur famille.

Le couvent avait des revenus considérables ( 18.800 florins en 1782) grâce aux fondations et aux dots des religieuses issues de grandes familles Luxembourgeoises et étrangères.

Ancienne carte postale montrant les bâtiments de l'abbaye au Luxembourg  au 19ème siècle.

Ancienne carte postale montrant les bâtiments de l'abbaye au Luxembourg au 19ème siècle.

Entre la création de l'abbaye en 1237 et le 11 novembre 1317 où un inventaire des biens de l'abbaye nous prouve que la ferme existait devant Thionville en un lieu appelé "Marienthal les Thionville" ou encore "Nonnenscheuer" (1), il existe plusieurs actes, entre 1244 et 1284, qui font état de donations faites à l'abbaye de Marienthal par des Thionvillois qui sont à l'origine de la ferme de Thionville.

Ces actes sont les suivants:

- 21 février 1244, où Henri de Thionville, frère de feu le sénéchal Thiry donne au couvent de Marienthal, 40 jours de terre et 1 ferme qu'il tenait en fief de Henri de Luxembourg (2), il donne aussi ses terres et 1 vigne.

- 25 mai 1284, où Théodoric et Elisabeth de Thionville son épouse, vendent au couvent de Marienthal pour la somme de 55 livres de Trêves, la propriété de 3 maisons et de 4 prés situés à Thionville.

On voit là en 1244, soit 7 ans après la création de l'abbaye, le don d'une ferme, de terres et d'une vigne sous l'impulsion du comte Henri de Luxembourg (2).

Puis l'extension des biens de l'abbaye à Thionville, cette fois-ci par rachat à des Thionvillois, de terres et de maisons par l'abbaye elle-même.

Nous avons là probablement la naissance à Thionville de la ferme et des biens que possédait l'abbaye de Marienthal à Thionville comme le prouve l'état des biens de cette abbaye fait le 11 novembre 1317 par Ego Thilemannus, chapelain de l'abbaye.

Cette ferme allait devenir une des 7 fermes de Thionville et restera la propriété de l'abbaye de Marienthal jusqu'à la révolution, nous verrons dans un prochain article quelques actes la concernant.

(1) Elle s'appellera aussi au cours du 17 et 18ème siècle "Vonnerhof" ou la ferme de Vonner qui en fut un des fermiers.

(2) Henri le Blondel futur Henri V de Luxembourg

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