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30 août 1705 - Fête à Volkrange (fin)

Publié le par Persin Michel

Avant de clore l'histoire de l'incident du 30 août 1705 à la fête de Volkrange, je voudrais faire une petite apartée au sujet de mon dernier livre "Patrimoine" dont la souscription est désormais close. L'ouvrage va maintenant entrer en fabrication.

Un ouvrage de ce type, très spécialisé et donc avec un tirage restreint et une diffusion identique ne peut être édité qu'avec un minimum de soutien institutionnel.

Ce soutien, je l'ai trouvé auprès de la mairie de Thionville:  Mme Anne Grommerch, députée-maire de Thionville et  M. Jackie Helfgott, adjoint à la culture, patrimoine, tourisme et transport ainsi qu'aux services de la mairie; à la direction de la communication et principalement aux services des archives municipales avec ses principaux animateurs: M. Dominique Laglasse et Frédérique Gaudinet

Je voudrais aussi remercier le journal "Le Républicain Lorrain" en la personne de ses correspondants locaux: Mme Claudette Marion et M. Michel Croué.

 

Fête de Volkrange du 30 août 1705 (fin de l'affaire)

 

Nous avons donc vu que Volkrange  avait  deux seigneurs fonciers :

Jean Mathias de Bock et Jean de Pouilly, chacun pour une moitié de la seigneurie. Jean de Pouilly étant aussi seigneur de Beuvange. Ce sont des seigneurs fonciers, la haute justice relève de la prévôté de Thionville puis du bailliage.

Jean Mathias de Bock habite une maison à côté du château et Jean de Pouilly habite le château, dont une petite partie avait appartenu à la famille Hue de Saint-Rémy.

Jean de Pouilly fera restaurer le château et y habitera avec sa famille, mais en quelque sorte assiégé par les propriétés de Jean Mathias de Bock, comme le montre le plan ci-dessous daté de 1712.

Schéma des maisons et voies d'accès

Schéma des maisons et voies d'accès

Comme on le voit sur ce plan, la disposition du château, des maisons de Jean Mathias de Bock et les chemins d’accès ne pouvait que favoriser les conflits entre les deux familles, mais nous y reviendrons quand nous parlerons du conflit des « barrières » .

Plusieurs actes notariés nous renseignent un peu plus sur la vie de la famille de Pouilly :

Le 7 décembre 1684

« Jean de Pouilly, écuyer, seigneur en partie de Volkrange et de Baranzy et Eléonore de Roly son épouse  déclarent qu’en vertu de la bonne amitié qu’ils se portent et qu’afin de donner au survivant d’entre eux les moyens de survivre honnêtement suivant leur qualité et condition et pour autres bonnes causes et considérations, elles se donnent réciproquement par donation à cause de mort et au survivant, outre la succession mobilière, la somme de 3000 écus soit 9000 livres tournois [1] à prendre sur la partie des biens qu’ils ont acquis pendant leur mariage… En ménageant l’héritage de leur fille et de leur fils, Marie Christine et Isaïe de Pouilly… » Extrait.

Le 7 février 1687

« Convention de mariage entre Marie Christine de Pouilly, fille de Jean de Pouilly et Eléonore de Roly, avec messire Ferry Joseph de Roly âgé de 30 ans environ, fils du baron Jean de Roly, seigneur de Sartenfagne et Villenfagne [2].  Est présent aussi, Isaïe de Pouilly, le frère de la mariée… » Extrait [3]

19 février 1693

« Il est stipulé que Françoise de Saintignon, résidente à Mersch devant Virton, étant présente ce jour au château de Volkrange, déclare que de son bon gré et volonté, sans aucune contrainte, qu’ elle décharge par la présente, le sieur François Isaïe de Pouilly, écuyer, seigneur de Volkrange (avec son père Jean) de tous les intérêts civils, réparations et dommages qu’elle pourrait avoir à prétendre contre ledit seigneur de Pouilly au sujet de la compagnie et copulation charnelle qu’il a eu avec elle et dont elle est devenue enceinte et a ensuite accouché d’un garçon nommé Adrien et baptisé en l’église paroissiale de Mersch.

Elle promet de l’élever en religion catholique apostolique et romaine et duquel elle décharge le sieur de Pouilly. Elle décharge aussi le sieur de Pouilly de toutes actions et prétentions auxquelles elle pourrait prétendre et consent qu’il contracte mariage et épouse qui bon lui semblera sans qu’elle veuille, ni puisse s’y opposer.

En contrepartie, Jean de Pouilly, père de François Isaïe de Pouilly, consent dès maintenant et pour toujours audit Adrien, fils de la dame de Saintignon, tous les biens, droits et prétentions qu’il a en la seigneurie de Baranzy, soit rentes, revenus, terres, prés, droits seigneuriaux et ce qui en dépend pour qu’il puisse en jouir avec sa mère comme d’un bien propre à condition toutefois que s’il décédait sans laisser d’enfants légitimes procréés de son corps, lesdits biens retourneront à Jean de Pouilly, sa veuve ou ses héritiers. Si par Dieu, l’enfant Adrien décédait avant sa mère, celle-ci pourra jouir des biens, sa vie durante.

Il a été expressément stipulé que ni ledit Adrien, ni la dame de Saintignon ne pourront vendre, ni engager lesdits biens de Baranzy afin que les biens retournent au décès de la dame et dudit Adrien aux héritiers de la famille de Pouilly.


[1] Ce qui est une somme assez considérable.

[2] En Belgique

[3] François Isaïe de Pouilly se mariera avec Charlotte de Roly bien qu’ayant fait un enfant à Françoise de Saintignon. Il semble que les liens avec la famille de Roly aient été jugés plus « avantageux »

De plus, Jean de Pouilly promet de donner à la dame de Saintignon une fois pour toute et à la décharge du seigneur François Isaïe de Pouilly son fils, la somme de 50 écus blancs à 3 livres l’écu soit 150 livres tournois.

Le présent contrat est passé devant le témoin : François Robert de Nonnancourt, écuyer, seigneur de Pouilly en Meuse. Il a été accordé par le seigneur Jean de Pouilly qu’en cas de nécessité pressante, il pourra engager le bien et en disposer comme son bien propre. » Extrait

En 1694

On voit François Isaïe de Pouilly se « porter fort  [1] » pour son père Jean de Pouilly, ce qui laisse penser à un changement dans l’ordre familial.

Le 18 décembre 1704

Le roi de France, Louis XIV le Grand ayant besoin d’argent pour financer ses guerres européennes, décide de vendre les hautes justices dépendantes des bailliages. Les seigneurs fonciers qui sont par définition des seigneurs moyens et bas, achètent à bon prix la haute justice qu’il leur manquait. Ils ont  ainsi toutes les prérogatives du seigneur.

« François Isaïe de Pouilly, fils de Jean de Pouilly et d’Eléonore de Roly, achète au roi la haute justice de Volkrange et de Beuvange,  en conformité avec l’édit d’avril 1702, moyennant la somme de 1333 livres 6 sols et 8 deniers » Extrait

Par le fait, il devient donc seigneur haut, moyen et bas justicier de Volkrange, Metzange et Beuvange.

Le 20 juin 1705

« François Isaïe de Pouilly, seigneur haut justicier et foncier de Volkrange et Beuvange, assisté du sieur Fringan [2], son avocat, nous a déclaré que pour satisfaire à l’arrêt du 30 avril 1703 et à notre jugement du 19 juin 1705, il nous présente les personnes de messieurs :

 - Jean Larminat [3], conseiller du roi, receveur des espèces du siège de Thionville pour faire les fonctions de procureur fiscal de la haute justice de Volkrange et Beuvange.

 -  Martin Moine pour être le maire de la haute justice de Volkrange et Beuvange.

 - Abraham Picquart et Jacques Lefranc pour être échevins de la haute justice de Volkrange et Beuvange.

Sur le fait, tous les nommés vont prêter serment d’allégeance au seigneur François Isaïe de Pouilly.. » Extrait

Le 3 août 1705

Le seigneur haut justicier, moyen et bas de Volkrange et Beuvange, François Isaïe de Pouilly, va poser des barrières [4] (voir le plan ci-dessus) pour empêcher le sieur Jean Mathias Bock, seigneur foncier pour moitié de Volkrange, d’accéder à ses propriétés [5] sauf à passer sur son terrain devant le château,  avec tous les problèmes qui en découleront.

 

[1] Se porter caution.

[2] On retrouve là un protagoniste de l’incident à la fête le 30 août 1705.

[3] Voilà encore un protagoniste de l’incident à la fête patronale.

[4] Clayonnages de bois

[5] Sa maison située derrière le château s’appelait la « Tour de Weyler ». Le bâtiment n’existe plus aujourd’hui.

Aussi le 31 août 1705, soit le lendemain de l‘incident à la fête patronale, le sieur Jean Scharf conseiller du roi au bailliage de Thionville et commissaire nommé en cette affaire va faire témoigner les personnes suivantes afin d’apporter un peu de lumière sur les faits.

Témoins 

Jean Henry, manouvrier de Thionville âgé de 89 ans.

« Dit qu’il connaît bien les lieux et que jamais ces chemins n’ont été fermés mais toujours ouverts, il y passait à pied, à cheval et en chariot, car passer par le chemin du château n’est pas facile surtout en chariot à cause des arbres en bord de chemin, cerisiers et pruniers. »

Nicolas Euvrard, manouvrier de Thionville, âgé de 60 ans.

« Dit qu’il y 45 ans il demeurait au château avec son père et n’a jamais connu les chemins fermés. Il fait les mêmes remarques que Jean Henry. »

Jean Josse, manouvrier d’Ebange, âgé de 55 ans.

« Il dit qu’il a lui aussi demeuré au château pendant 18 ans et n’a jamais connu les chemins fermés, il va dans le même sens que les autres témoins. »

Jean Limbourg, manouvrier de Terville, âgé de 60 ans

« Il dit qu’il est natif de Volkrange, qu’il en est parti depuis 33 ans mais il a toujors connu les chemins ouverts et empruntés par tout le village. »

Nicolas Limbourg, huilier de Thionville, âgé de 55 ans

« Il dit que son père était, il y a 42 ans, admoniateur du château et que les chemins ont toujours été ouverts. »

Jacques Pescheur, laboureur de Beuvange, âgé de 75 ans.

« Il fait le même témoignages que les autres témoins. »

Jean Mathias de Bock, seigneur foncier de la moitié de la seigneurie de Volkrange, produisit un acte en allemand, traduit par le notaire Lanio, daté du 9 avril 1600 et qui prouvait que le chemin qui longeait les fossés du château était sa propriété, car acheté avec la seigneurie foncière.

Cette affaire se termina le 1er juillet 1712 par la condamnation du seigneur François Isaïe de Pouilly au profit de Jean Mathias de Bock afin qu’il puisse à nouveau accéder à ses propriétés ainsi que ses fournisseurs et visiteurs comme par le passé en empruntant les chemins habituels et traditionnels.

Conclusion :

Dans ce contexte de mésentente entre les deux co-seigneurs, l’un étant devenu en 1704 seigneur haut justicier donc de fait avec un état juridique supérieur à l’autre et le faisant sentir fortement. Alors qu’un procès est initié par Jean Mathias de Bock pour fermeture des chemins d’accès à sa maison par François Isaïe de Pouilly, on comprend mieux que la proclamation de la fête patronale du 30 août 1705, par le maire du seigneur foncier, alors que cette prérogative était réservée au seigneur haut justicier, ait déclenché cette bagarre et cet incident.

30 août 1705 - Fête à Volkrange (fin)

Epilogue

Les témoins de l’affaire de la fête paroissiale furent entendus, les personnages en cause dans cette bagarre étant des notables de la ville, impliqués dans la conduite du bailliage, l’affaire fut renvoyée au parlement de Metz, mais n’eut pas de suite fâcheuses pour les différents protagonistes que nous retrouverons tous aux mêmes postes dans les années qui suivirent.

Toutefois, l’affaire des « barrages » ajoutée à l’affaire de la « fête patronale » occasionnèrent aux deux protagonistes, Jean Mathias de Bock et François Isaïe  de Pouilly, bien des tracas en particulier à François Isaïe de Pouilly qui en 1713 vendit la seigneurie et le château de Volkrange à François de Saintignon pour 6000 livres tournois, avec quelques sécurités ; comme s’être réservé un logement au château et surtout la possibilité de racheter la seigneurie et le château au même prix, ce qu’apparemment, il fit très rapidement.

Manœuvre pour échapper à la justice ?

François Isaïe de Pouilly, mourut à Volkrange le 5 novembre 1721, âgé de 63 ans, il fut inhumé le 6 novembre 1721, dans l’église paroissiale de Volkrange, devant l’autel de la Sainte-Vierge dans le « tombeau de fer ». Il est alors désigné comme seigneur de Volkkrange, Metzange, Beuvange, Knutange et Veymerange en partie.

Cette petite histoire de pugilat à la fête patronale du village nous aura permis de regarder de plus près ces châtelains volkrangeois si chicaneurs et procéduriers.

L’origine des châtelains de Volkrange est à peu près établie, mais quelques ajustements sont à faire, principalement sur les origines et sur le lien que ce village pourrait avoir avec son homonyme de Belgique, près de Messancy.

FIN

 

 

 

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21 novembre 2015 - "Patrimoine" le RPL en parle...

Publié le par Persin Michel

21 novembre 2015 - "Patrimoine" le RPL en parle...

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30/08/1705 Thionville-Volkrange : La fête au village (suite 1)

Publié le par Persin Michel

Dans le premier article, nous avions vu le rapport de l’incident du 30 août 1705 à la fête de Volkrange entre les protagonistes suivants :

Jean Mathias Bock par l’intermédiaire de son maire car lui était absent. Il est seigneur foncier de Volkrange pour la moitié de la seigneurie et aussi d’Algrange.

Jean Louis Larminat receveur des amendes et épices de Thionville et procureur fiscal de la seigneurie de Volkrange pour François Isaïe de Pouilly.

François Nicolas Fringan, lieutenant particulier des eaux et forêts au bailliage de Thionville

Tous ces personnages sont décrits plus précisément dans l’article précédent.

Maintenant nous allons voir les autres personnages de cette affaire.

Jean de Pouilly, seigneur haut-justicier de Volkrange, Metzange et Beuvange et seigneur foncier pour la moitié de la seigneurie de Volkrange. Donc co-seigneur foncier avec Jean Mathias Bock de Volkrange.

Isaïe de Pouilly, fils de Jean de Pouilly qui hérite de son père et prend les mêmes titres.

Le sieur de Rolly qui est le beau frère de François Isaïe de Pouilly.

 

La famille de Pouilly: Elle porte d’argent au lion d’azur, armé, lampassé et couronné de gueules

La famille de Pouilly: Elle porte d’argent au lion d’azur, armé, lampassé et couronné de gueules

La famille de Pouilly :

C’est une des plus anciennes familles de chevalerie Lorraine que l’on retrouve déjà vers le 10ème siècle dans la maison forte de Pouilly sur Meuse, proche de Stenay, avec Victor d’Ardenne ou Victor de Pouilly surnommé « L’exterminateur de Normands ».

Elle participa aux croisades en 1096, en 1145 et en 1250, puis elle servit avec dévouement, la France mais aussi l’Allemagne, la branche cadette servit les ducs de Lorraine et  donna à Stenay une dizaine de gouverneurs. Elle s’allia avec les grandes familles lorraines et luxembourgeoises. (Voir sur Gallica : De Pouilly, sires et barons de Cornay et d’Inor… 1865).

Au 17ème siècle,  le village de Rutz ou Ruptz, actuellement Rupt-sur-Othain [1] , est propriété pour moitié de Isaye de Villechole qui est aussi seigneur de Breux et de Ville-devant Raucourt à cause de son épouse Françoise de Sterpigny-Waha-Fronville. Il obtiendra le 26 mars 1609, du duc Henry II de Lorraine, la permission de réédifier le signe patibulaire donc le signe de la haute, moyenne et basse justice sur ce village. Isaye de Carpentier de Villechole [2] eut une fille, Antoinette Carpentier de Villecholle qui épousa Jean II de Pouilly des Ancherins, lequel devint par ce mariage seigneur de Rutz, la famille sera aussi propriétaire en partie des seigneuries de Boureuilles, Cussigny, Porcheresse et autres lieux.

De cette union entre Jean II de Pouilly et Antoinette Carpentier de Villechole, naitra le 11 décembre 1621, Jean III de Pouilly qui épousera le 12 novembre 1649, Eléonore de Roly, de la maison de Roly, originaire du pays de Liège qui se fixa à Roly , village proche de Givet et où subsiste un château maintes fois remanié ayant appartenu à cette famille. Cette famille fut aussi alliée à la famille de Villechole.

Si la famille de Pouilly a été globalement bien étudiée [3] la branche qui nous concerne ici ne l’a jamais véritablement été.

Donc, nous avons ici Jean de Pouilly et Eléonore de Roly, ils se sont donc mariés le 12 novembre 1649 et réside à Grand-Failly où vont naître leurs enfants. Jean de Pouilly est alors désigné comme seigneur foncier de Baranzy proche de Longwy.

Le 16 septembre 1652, naît à Grand-Failly, leur fils, Isay (Isaïe) de Pouilly dont le parrain est Isay de Pouilly, seigneur de Rutz (Rupt) et la marraine ,Jeanne de Pouilly veuve de monseigneur de Saintignon, et dame de Grand-Failly .

 


[1]  A 60 km de Volkrange.

[2]  Vieille famille noble de la région d’Amiens/Saint-Quentin.

[3] Dans l’annuaire historique de l’ancienne noblesse de France par M. de Saint-Allais – Paris 1835

 

Ferme château de Roly

Ferme château de Roly

Le 9 août 1653, naît à Grand-Failly, une fille, Jeanne Thérèse. Son père, Jean de Pouilly est présenté comme seigneur de Baranzy (près de Longwy) et sa mère est bien Eléonore de Roly. Le parrain est Claude de Beauchamp, seigneur de Thonnelalong (Thonne-la-long proche d’Avioth) et la marraine est mademoiselle Jeanne de Villechalle (Villechole) de Picardie.

Naissance d'Isaïe François de Pouilly à Grand-Faily

Naissance d'Isaïe François de Pouilly à Grand-Faily

Naissance de Jeanne Thérèse de Pouilly à Grand-Failly

Naissance de Jeanne Thérèse de Pouilly à Grand-Failly

Les noms du parrain et de la marraine, nous donnent ici de bonnes indications sur la famille proche, ce sont des personnages que l’on retrouve très souvent dans les divers actes concernant la famille de Pouilly.

Une autre fille de Jean de Pouilly et Eléonore de Roly naîtra un peu plus tard, sans doute à Mercy-le-bas dont Jean de Pouilly était devenu seigneur foncier par héritage de la famille de Saintignon. Malheureusement les registres de Mercy-le-Bas ne commencent qu’en 1765.

Toutefois, nous retrouvons le nom de cette fille, Marie Christine de Pouilly,  dans plusieurs actes, dont celui de sa convention de mariage en date du 7 février 1687, avec Ferry Joseph de Roly, âgé de 30 ans, fils de Jean, baron de Roly, seigneur de Sart-en-Fagne et Ville-en-Fagne (Belgique) et autres lieux et  de madame Marie de Fournet. Dans cette convention son frère, Isay de Pouilly est également nommé, tout comme ses parents : Jean de Pouilly, écuyer, dit seigneur de Baranzy et de Volkrange et Eléonore de Roly, veuve en première noce de Pierre de Chaumont.

Jean de Pouilly est dans ce document désigné comme seigneur foncier de Volkrange, nous le savions seigneur foncier de Mercy-le-Bas et de Baranzy. Dorénavant il ne sera plus désigné que seigneur de Volkrange et de Baranzy, le village de Mercy-le-bas n’apparaître plus. Il a probablement vendu cette seigneurie foncière pour acquérir, le 11 décembre 1671 et pour une somme de 1400 patagons [1], la moitié de la seigneurie foncière de Volkrange .

Il a acheté cette moitié de seigneurie foncière à Anne Marie de Nassau sœur de Marie Elisabeth de Nassau, seule héritière du domaine mais qui décéda avant sa sœur et sans enfant. L’autre moitié de la seigneurie foncière de Volkrange était la propriété de François Hue de Saint-Rémy. Donc vers 1681, la seigneurie foncière de Volkrange avec son château appartient à deux co-seigneurs : Jean de Pouilly et François Hue de Saint-Rémy.

Le château n’est plus habité, il est en très mauvais état, pratiquement en ruine et couvert de paille, ayant subit les affres des deux sièges de Thionville de 1639 [2] et 1643 puis les faits de guerre du Maréchal de Créquy.  C’est Jean de Pouilly qui le fera restaurer.

 

[1]  Monnaie  d’or et d’argent créée en 1612,  sous le règne des archiducs Albert et Isabelle (1598 à 1621) et qui connut dans les Pays-Bas et au dehors une grande renommée. Du patagon est dérivé le patard que les villageois de nos villages utilisaient pour payer entre autre, le droit de four banal.

[2] Les plus gros dégâts eurent probablement lieu en 1639 quand la bataille fit rage du côté de Volkrange entre les troupes françaises et les troupes « espagnoles »

La famille de Pouilly donna aussi à l’abbaye de Clairefontaine proche de Virton deux abbesses : Marguerite de Pouilly décédée le 8 décembre 1671 et Antoinette Lucie de Pouilly décédée le 9 juillet 1696, il faut noter que lui succéda Marguerite Josèphe de la Fontaine qui était d’une famille alliée au Pouilly et qui fit rebâtir le monastère, elle décédera le 29 mai 1734 regrettée de tous.

 

Résumons un peu :

En 1671, Jean de Pouilly et Eléonore de Roly, originaires du pays haut et de la Gaume, aujourd’hui en Belgique, sont détenteurs, tout ou partie, de la seigneurie foncière de Mercy-le-Bas et de Baranzy. Ils achètent pour 1400 patagons, la moitié de la seigneurie foncière de Volkrange, en se séparant de celle de Mercy-le-Bas et en gardant celle de Baranzy.

L’autre moitié de la seigneurie foncière de Volkrange est dans les mains de François Hue de Saint-Rémy.

La seigneurie de Volkrange est alors une seigneurie moyenne et basse soit foncière car la haute justice de Volkrange est du ressort de la prévôté de Thionville.

Ils ont eu plusieurs enfants, seuls deux seront cités dans les documents afférents à Volkrange : Isaïe François de Pouilly et sa soeur  Marie Christine de Pouilly.

Le château ou maison forte de Volkrange qui fait partie de la seigneurie foncière de Volkrange acheté par Jean de Pouilly est pratiquement en ruine et Jean de Pouilly le fera restaurer ou plus exactement reconstruire.

Eléonore de Roly va décéder à Volkrange le 7 février 1702 et son mari, Jean de Pouilly décédera également à Volkrange le 9 avril 1707. Ils seront tous les deux inhumés dans l’église paroissiale devant l’autel de la vierge dans le « tombeau de fer ».

Nous verrons dans un prochain article comment va évoluer la situation de la seigneurie sous l’égide du fils François Isaïe de Pouilly et ce que deviendra sa sœur Marie Christine de Pouilly. Nous verrons alors pourquoi nous sommes arrivés dans la situation explosive de la fête patronale du 30 août 1705.

A bientôt

 

Patrimoine et culture à Florange:

http://www.florangepatrimoineculture.fr/

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Articles parus dans le RPL des 5 et 6 novembre 2015

Publié le par Persin Michel

Bonjour,

 

Bientôt la suite de l'article sur l'incident du 8 août 1705 à la fête de Volkrange, dans cette attente, je vous mets ici les 2 articles parus les 5 et 6 novembre 2015 dans le Républicain Lorrain.

 

A bientôt pour la suite de notre histoire Volkrangeoise.

 

Les sujets que je traite dans mon blog sur Thionville et les villages alentours souvent devenus des quartiers vont parfois un peu plus loin géographiquement et historiquement que les villages "dits d'en bas" par rapport à Volkrange, je veux parler de Metzange, Beuvange, Elange, Veymerange, Terville.

En particulier, ces villages ont eu de fortes "affinités" avec  Florange et Bétange, nous aurons l'occasion de voir cela en 2016.

Il existe à Florange, une association "Patrimoine et culture" avec qui je partage les mêmes valeurs. Nous nous sommes vus dernièrement et afin d'augmenter notre synergie, je mettrai désormais de façon systématique le lien vers leur site internet que vous pourrez consulter avec profit.

 

http://www.florangepatrimoineculture.fr/

 

 

 

 

Articles parus dans le RPL des 5 et 6 novembre 2015

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