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1788 - Thionville - Val Marie (La fin de la fin...)

Publié le par Persin Michel

Pour moi, est venu le temps de prendre quelques vacances, on se retrouvera donc fin août 2014 avec au menu:

La première incursion des soldats américains dans Thionville - 1er septembre 1944

(Souvenons nous que le débarquement a eu lieu le 6 juin de la même année)

Pour terminer, une petite précision au sujet du Val Marie et de "Vonnerhof".

Après la fin de l'exploitation de la ferme de "Vonnerhof" par la famille Schweitzer, c'est la famille Richard qui exploita cette ferme jusqu'à sa vente comme bien national.

Un acte de 1788, nous explique que Jean Richard, fermier de "Vonnerhof" et son épouse Anne Alguevasse (sous réserve) ont vendu un journal 1/2 de terre situé à Volkrange à Jean Picard, laboureur à Beuvange-sous-Saint-Michel et à son épouse Anne Jouh (sous réserve) pour une somme de 288 livres tournois.

Les témoins ont été Jean Wagner maître boulanger à Thionvile et le sieur Mautet contrôleur de la pâte, aussi de Thionville.

La famille Richard fut très présente sur Veymerange et Elange au 17/18ème siècle.

La famille Picard exploita de longues années la ferme de "Chaudebourg"

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1736 -1771 Thionville - Le Val Marie (suite et fin)

Publié le par Persin Michel

Avant d'aller plus loin dans l'historique de cette métairie de "Vonnerhof" qu'on appelle déjà "Marienthal", je voudrais donner ici quelques informations récente:

Un acte du 4 mai 1682, nous dit que Nicolas Hourt demeurant au château de Thionville, officier et admoniateur de monseigneur de Kerpen, seigneur d'Illingen (Illange) et en partie de Fontoy laisse pour 5 années à Rémy Suisse (Schweitzer) laboureur à Elange la cense de Chaudebourg (1), située au ban de Thionville et d'Elange moyennant le versement de 4 maldres de grain et 2 charrettes de foin.

Un autre acte trouvé récemment, daté du 5 décembre 1693, nous prouve qu'en fait la cense de "Vonnerhof" avait bien était donnée à bail pour une durée de 25 ans à Didier Baué (Boué) de Beuvange. Celui-ci en avait fait cession à Rémy Schweitzer en 1692.

Toutefois en 1694, Rémy Schweitzer remettra à bail à Didier Baué une partie des terres de la métairie de "Vonnerhof" située à Elange. Didier Baué avait écopé d'amendes pour destruction de bois appartement aux dames de Marienthal, c'était alors une manière de s'entraider. Plus tard le fils de Rémy Suisse ou Schweitzer connaîtra les mêmes ennuis liés aux bois du couvent de Marienthal.

Enfin le 6 mars 1736, Balthazar Schweitzer (fils de Rémy) alors remarié à Catherine Glottin va vendre à Nicolas Helminger, conseiller du roi au siège royal de la police de Thionville une pièce de vigne de 1 arpent sur la coté de Faustenberg mais pouvant être labourée et cela pour la somme de 200 livres tournois qui seront payées par un billet de promesse de demoiselle Madeleine veuve de Laurent Elminger.

Il semble que Balthazar Schweitzer soit décédé à Guentrange le 12 mars 1739.

Le contrat de bail sera résilié en 1771. La révolution va procéder à la confiscation des biens le 11 octobre 1794 puis à la vente des 3/4 de la métairie, le 22 mars 1795 (2 germinal an III) pour une somme de 255.000 livres tournois au profit des sieurs Duclout, Lafontaine et Grandthil.

Le 1/4 restant sera vendu à des fermiers d'Elange.

La propriété appartiendra à 2 maires de Thionville:

En 1830 à Jean Baptiste Péan marié à Joséphine Poulmaire.

Vers 1875 à Auguste Spire apparenté à la famille Péan.

Le domaine reviendra plus tard à la famille Wonner puis à des particuliers divers.

Un étang sera creusé en 1815 par des prisonniers russes.

La famille Schweitzer ou Suisse s'est installée à Beuvange sous Saint Michel au 17ème siècle. Elle arrivait de Suisse dans le cadre du repeuplement des villages après la guerre de Trente ans. Le premier Schweitzer identifié à Beuvange s'appelait Johan dit le Suisse. Cette famille connut une grande "prospérité" et expansion dans tous les villages aux alentours de Thionville. Il n'était pas rare que les individus se marient plusieurs fois ayant de ce fait jusqu'à 16 enfants. (Un dossier sur cette famille est consultable aux archives municipales de Thionville)

(1) Chaudebourg était une ferme située sur la colline de Guentrange donnant sur Elange non loin de la ferme du Colombier. Elle fut rasée à la guerre de 1914 car elle gênait la vue pour le tir du groupe fortifié de Guentrange. Les fermiers ont souvent été de la famille Picard.

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1719 - 1727 Thionville - Val Marie (suite 5…)

Publié le par Persin Michel

Pour résumer un peu les épisodes précédents:

Nous savons que Remy Schweitzer ou Suisse a passé un bail en 1698 avec les Dames religieuses de Marienthal au Luxembourg pour exploiter la métairie ou ferme dite "Vonnerhof" située à Thionville au Val Marie. Son fils Balthazar Schweitzer ou Suisse prendra la suite de l'exploitation quand son père Rémy arrêtera ses activités car trop âgé. Les parents, Rémy et son épouse, continueront à habiter à la ferme avec leur fils et belle fille.

La famille Schweitzer ou Suisse, exploite donc cette ferme ou métairie de "Wonnerhof" qu'on appelle aujourd'hui "Marienthal" depuis 1698 soit déjà 21 années, bonnes ou mauvaises. Auparavant (1692), elle était exploitée par la famille Baué ou Boué de Beuvange sous Saint Michel, elle s'appelait déjà "Vonnerhof" du nom de l'exploitant "Vonner" d'avant la guerre de Trente ans.

Un acte du 16 janvier 1719, nous explique que l'honnête Rémy Schweitzer, censier, demeurant à la ferme de "Wonnerhof", sans force ni contrainte, avoue avoir contracté une dette juste et loyale d'un montant de 200 livres tournois auprès du juif Lazard Limbourg de Thionville.

Cette dette, il s'oblige à la rembourser à la Saint-Martin d'hiver prochain sans aucun délai et cela sur l'ensemble de ses biens où qu'ils se trouvent.

(Balthazar Schweitzer ne sait pas signer mais Lazard Limbourg signe très lisiblement)

Enfin un dernier acte du 19 février 1727, nous prouve que les affaires de cette famille ne vont pas bien et même se dégradent sérieusement comme semble déjà l'indiquer le prêt fait en 1719 au juif Lazard Limbourg.

Effectivement à la révolution, les cahiers de doléances de nos villages sont explicites sur le fait que les fermiers évitaient au maximum d'emprunter aux juifs qui pratiquaient alors des taux d'usure importants, ils ne le faisaient que poussés par la nécessité.

Donc, ce dernier acte retrouvé, daté du 19 février 1727, nous apprend que Laurent Elminger, admoniateur pour la région, des nobles dames religieuses de Marienthal, a passé une transaction avec Balthazar Schweitzer, censier de "Wonnerhof" et avec Alexis Collin époux de Elisabeth Schweitzer comme héritiers de Rémy Schweitzer, leur père et beau père.

Cette transaction n'a pour but que de terminer et assoupir tous les procès en cours :

En premier lieu, les dames de Marienthal veulent que Balthazar Schweitzer soit déchu du bail passé avec leur père en 1698 suite à la demande faite par le procureur du roi de la maitrise des eaux et forêts de Thionville contre les dames religieuses en sommation contre ledit Balthazar Schweitzer qui est passé en jugement suite à un procès en date du 5 du mois courant d'où il ressort que ledit Schweitzer et consors ont commis des dégradations dans les bois de "Kaufbush" ou "Herkenbush" et dans un autre bois appelé "Schock" situé au ban d'Optante. Dégradations pour lesquelles, une amende est réclamée, se montant à 680 livres tournois. Amende acceptée dans la transaction avec comme corollaire que ledit Schweitzer pourra continuer le bail comme prévu en 1698 avec son père, mais qu'il devra remettre immédiatement aux dames de Marienthal et pour toujours le bois dit "Herkenbush" qu'il exploitait comme faisant partie du bail.

De plus, il renonce aux 55 setiers de vin qu'il tirait des vignes de Guentrange en foi de quoi le sieur Laurent Elminger, admoniateur des dames religieuses, accepte de délai demandé par ledit Balthazar Schweitzer pour rétablir la maison, la grange, les écuries et dépendances de la métairie, travaux qui devront êtres terminés à la fin du bail soit dans les 6 années à venir.

Il devra payer en plus aux dames religieuses, une somme de 600 livres tournois et au sieur Elminger leur agent, une somme de 150 livres pour son travail dans cette transaction, bien entendu il paiera tous les frais de justice qui découlent de cette affaire.

Mais encore, Balthazar Schweitzer devait payer tous ans à son beau frère Alexis Collin, une rente en nature de 8 maldres de froment pour le fait qu'il ai abandonné ses droits, du fait de son épouse, sur le bail de 1698. Or, comme c'est lui qui paie toutes les amendes, taxes et frais de cette affaire, il est convenu avec son beau frère Alexis Collin et sa soeur Elisabeth qui ne leur livrera tous les ans que 5 maldres de froment et 2 chariots de foin pesant chacun 1000 livres.

(Aucun des participants ne sait signer sauf Laurent Elminger)

Une simple addition nous donne 1430 livres d'amendes et axes diverses à payer, ce qui est déjà une somme très importante à laquelle on doit ajouter la perte d'exploitation d'un bois qui ne sera plus dans le bail et la perte de 55 setiers de vin. Rajoutant à cela l'obligation de procéder aux réparations de l'ensemble de la métairie et nous voyons là que un rude coup porter à l'économie de cette famille à peine adoucie par la diminution de la livraison de grains à son beau frère Collin.

A cette date la métairie très importante, se compose de la maison de ferme, granges, écuries et dépendances avec une maison de vigneron à coté, les pressoirs et la cuverie. Elle comprend 54 nouées de vignes, 3 jours de prairies, 60 jours de terre, une prairie à Elange et au Colombier, plusieurs bois et d'autres biens mineurs.

A bientôt pour la suite et fin de cette historique de la ferme de Marienthal à Thionville.

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1706 - Thionville - Val Marie (suite 4…)

Publié le par Persin Michel

Le 27 avril 1706, Balthazar Schweitzer (fils de Rémy Schweitzer alias Suisse) et son épouse Elisabeth Terver de la cense de "Vonnerhof" achète à Jean Perrin, vigneron à Guentrange et à Elisabeth Collebrand sa femme, une vigne située en la "neuve côte", à Guentrange pour la somme de 26 écus blancs, soit 78 livres tournois, payées le jour même en bon argent blanc. (Personne ne sait signer)

Le 22 novembre 1709, un nouvel acte nous apprend que Madeleine Léonard veuve de Jacques Franze qui était tailleur d'habits à Thionville, reconnait devoir à Rémy Suisse (le père de Balthazar) habitant à la ferme de "Vonnerhof" la somme de 600 livres tournois que lui avait prêté le 5 mai 1704, en argent clair et comptant, la défunte Marguerite Koch, épouse de Rémy Suisse. Madeleine Léonard s'engage à rembourser cette dette de 600 livres tournois en 2 années, sous réserve de ses biens meubles et immeubles.

Cet acte nous apprend donc le décès de Marguerite Koch veuve de Rémy Suisse, mère de Balthazar Suisse (alias Schweitzer)

Le 2 septembre 1711, Rémy Suisse, alors veuf, et son fils Balthazar habitant à la cense de "Vonnerhof", tous les deux en leur nom, se portent fort pour Philippe Junger, laboureur à Elange et Marguerite Schweitzer sa femme, soeur de Balthazar Suisse (Alias Schweitzer). Associés avec le meunier de Thionville Nicolas Berty et Elisabeth Schweitzer son épouse, ils reconnaissent avoir vendu à Claude Bock, conseiller du roi et échevin à Thionville, une petite maison située près du pont de la ville.

Cette petite maison avait été acquise en 1688 par Rémy Suisse. La vente se fait contre une somme de 1200 livres tournois avec des conditions de paiement assez complexes car ils existent des dettes et des héritages imbriqués. Dans cet acte est cité monsieur de la Lamartinière, seigneur de Terville et d'Elange depuis 1704.

Ces quelques actes nous prouvent s'il en était besoin qu'être fermier de la cense de "Vonnerhof" ou "Marienthal" pouvait amener à un statut social relativement élevé.

La famille Schweitzer ou Suisse comptait de nombreux enfants, elle avait des biens et des intérêts dans plusieurs villages aux alentours de la cense, comme à Elange, Veymerange, Terville et Thionville.

On voit que le décès de Marguerite Koch épouse de Rémy Suisse entre 1707 et 1709 déclenche un processus de régularisation des héritages, comme la réclamation de la dette de Madeleine Léonard et la vente de la maison de Thionville.

Actes du notaire Robin ADM 3E7548/7584

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