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Bonjour, Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle www.histo...

Publié le par Michel Persin

Bonjour,

Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle

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Quelques petits contrat de travail ou d'apprentissage en direct du 17ème siècle

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De 1673 à 1676 -Thionville-Hayange - Contrats divers

Publié le par Persin Michel

1675 – Hayange forge la Rodolphe - CDD de fondeur 

 

Le seigneur Rodolphe de la Roche Hullin [1], capitaine d’une compagnie de fusiliers francs à Thionville et maître de forge à Hayange d’une part et Nicolas Grisar maître fondeur résident à Longwy d’autre part.

 

 

(Photo : Vestiges du haut-fourneau de Dorlon de 1692 à Villancy près de Longuyon)

 

Lequel Nicolas Grisar a promis et s’oblige par les présentes envers le sieur de la Roche Hullin en qualité de maître fondeur pour une durée de six années qui se suivent à commencer au 1ernovembre 1675, à fondre toutes sortes de fer et à les aplatir comme les marchands le demanderont et que le sieur de la Roche Hullin en aura besoin.

 

Moyennant quoi, le sieur de la Roche Hullin paiera audit Grisar pour chaque mois la somme de 15 patagons, il devra aussi le loger, le chauffer et l’exempter des contributions, subventions et autres impositions qui pourront être mises sur la forge de Hayange.

 

Il devra aussi lui fournir autant d’ouvriers qu’il aura besoin pour fondre lesdits fer, lesquels seront payés par ledit la Roche Hullin qui devra aussi lui fournir le fer, le bois, le charbon et toutes les choses utiles sur les lieux sans que ledit Grisar ne soit obligé à autre chose que travailler. 

 

Ledit de la Roche Hullin promet en plus de payer au frère dudit Grisar pour chaque mois 6 écus blancs, pour travailler à la fenderie. De plus il a été accordé entre les parties qu’au cas où le sieur de la Roche Hullin n’aurait plus à fondre pendant quelques temps, il permettrait audit Grisar d’aller fondre chez les autres maîtres de forges pendant que le sieur de la Roche Hullin amassera du fer à fondre. Pendant le temps où ledit Grisar travaillera chez d’autres maîtres de forge et du jour qu’il partira de la forge d’Hayange avec ses gens jusqu’au jour où il reviendra à la forge de Hayange, ils ne seront pas payés par le sieur de la Roche Hullin.

Quand il travaillera à la forge de Hayange avec son frère aux taillands [2]et autres travaux de fenderie, ils seront payés comme des travailleurs ordinaires.

 

 

En foi de quoi tous s’obligent sur leurs biens personnels.

 

 

[1]De la famille de la Roche Girault qui fut seigneur de Bettange . Rodolphe de la Roche Hullin fut par la suite aide major et capitaine des portes de Thionville. Il avait construit une maison mitoyenne des soeurs clarisses de Thionville (actuel Hôtel de ville). C’est lui qui a fondé les forges de Hayange sur la Fensch en 1660.Il est mort en 1685 laissant 3 filles. C’est leurs descendants qui faillis vendirent en 1704, les forges à Martin de Wendel, fils de Christian de Wendel, lieutenant de chevaux légers de Charles IV de Lorraine.

[2]Les taillands étaient des roues tranchantes mues par la Fensch, servant à couper et fendre les fers plats. 

1676 – Thionville – Contrat d’apprentissage de cordonnier-tanneur

 

 

Le long de la rivière Fensch existait plusieurs moulins et usines qui tiraient parti de sa force motrice. Nous venons de voir les forges d’Hayange, il en existait aussi plus en amont de la rivière, vers Fontoy, entre-autre celle de « Gustal ». Son maître fondeur s’appelait Jean Pierre, il était employé également par le sieur de la Roche Hullin.

 

Ce Jean Pierre avait un fils qu’il prénomma Jean Pierre comme lui. Les forges de l’époque n’étaient guère rentables et les faillites se succédaient, le métier de fondeur était difficile.

Aussi Jean Pierre, le père, voulu pour son fils Jean Pierre, un métier plus facile ayant peut-être plus d’avenir car moins sujet aux aléas économiques. Il résolu donc de mettre son fils en apprentissage à Thionville chez un maître cordonnier-tanneur, Noël Citreu. [1]  

 

                                                                     

(Ci-dessus un cordonnier parisien au 18èmesiècle)

 

Le contrat stipulait que l’apprentissage durerait trois années, le maître s’engageant à loger, nourrir et blanchir l’apprenti et de le traiter humainement. Les habits et le linge de corps restant à la charge des parents. Lesdits parents paieront 20 écus blancs à savoir la moitié dans 8 ou 15 jours suivant la signature dudit contrat et le reste dans 18 mois.

 

Les parents s’engagent aussi à payer le droit au métier, quant à l’apprenti, il s’engage à bien apprendre et de son mieux le métier, de faire savoir au maître tout ce qu’il doit savoir sur son ouvrage et de ne pas s’absenter, ni servir ailleurs durant les trois années de son apprentissage. En cas de fugue ou de fuite [2], il sera recherché et quoi qu’il en soit, il devra obéir à son maître dans tous les choses qu’il lui commandera.

 

Le maître et les parents s’engagent sur leurs biens mobiliers et immobiliers réciproques et à bien respecter le présent contrat.

 

 

[1]A Thionville les cordonniers exerçaient aussi le métier de tanneur au sein de la même corporation de métier. Noël Citreu s’orthographiait aussi « Citron » et l’intéressé signe « Sittry »

[2]Il n’était pas rare à l’époque que les apprentis souvent très jeunes, (16 ans voir moins) devant les rigueurs du métier et l’inhumanité des maîtres se sauvent pour quelques jours ou pour toujours partant sur les chemins ou avec une armée de passage.

1673 – Thionville – Contrat d’apprentissage de chirurgien

 

Le sieur Antoine Avignon, maître chirurgien à Thionville, promet de prendre, recevoir et garder en son logis pour deux années qui se suivent à compter du 1erseptembre 1673, le nommé Guillaume Jadin, fils légitime du sieur Nicolas Jadin, vivant, maître chirurgien en cette ville et de la dame Broquard sa mère, présenté au service par Edmond Weyrich son beau-père. 

 

(Ci-dessus: extrait d’un tableau de Théobald Chartran, peint vers 1888, montrant

le chirurgien Ambroise Paré [1]au siège de Metz en 1552)

 

Ledit Avignon promet de lui montrer pendant deux années l’art de la chirurgie sans rien lui cacher de cette science et de le rendre capable au bout des deux années d’exercer cet art.

 

Pour cet apprentissage, ledit Weyrich a donné au sieur d’Avignon la somme de 30 rixdallers [2]payable en trois fois, soit 190 écus blancs dès à présent puis 10 écus blancs à la Saint-Jean prochaine et encore 10 écus blancs à la fin des 2 années d’apprentissage.

 

Si l’apprenti Guillaume Jadin, quitte sans raison légitime son maître, tout ce qui aura été donné restera acquis au sieur d’Avignon.

 

Guillaume Jadin se soumet à son maître d’apprentissage et au sieur Weyrich son beau-père et fera tout ce qu’il lui sera possible de faire pour bien apprendre. Son maître, Antoine Avignon promet en outre de bien le traiter en bon père de famille, sans rudesse ni aucune voie rigoureuse.

 

Au bout des deux années, son maître promet de lui donner congé par écrit signé de lui-même et de deux autres anciens maîtres du corps de métier.[3]

 

Chaque partie s’engage sur leurs biens mobiliers et immobiliers.

 

 

[1]Ambroise Paré (1510-1590) fut un anatomiste et chirurgien « militaire » célèbre qui mis au point la ligature des artères en lieu et place de la cautérisation par la brûlure qui tuait beaucoup de blessés.

Maintenant, il est certain que les chirurgiens thionvillois de l’époque n’eurent jamais un bien grand niveau d’expertise, certains sont restés célèbres à Thionville principalement pour leur mauvaise réputation.

[2]Où l’on voit que 30 rixdallers correspondent à 30 écus blancs soit 90 livres tournois de France

[3]Deux années pour apprendre le métier de chirurgien, trois années pour devenir cordonnier-tanneur, avec en plus une lettre écrite de fin d’apprentissage valant passeport dans la profession.

1667 – Thionville – Contrat d’apprentissage de boucher

 

 

Le 23 août 1667, Bastien Louvain de Thionville et Claude d’Arc, maître boucher de la même ville s’engagent en ce qui suit :

 

Le sieur Claude d’Arc, maître boucher de Thionville, s’engage à recevoir le fils de Bastien Louvain prénommé Pierre, âgé de 16 ans environ, comme apprenti boucher pendant trois années. Il promet de bien lui montrer fidèlement et sans rien lui cacher le métier de boucher et cela pendant trois années qui se suivent.

 

A la fin des trois années, il promet de lui donner ses lettres d’apprentissage et un habit valant 6 écus blancs.

 

En contrepartie son père Bastien Louvain donnera audit Claude d’Arc une maldre de moitange [1]chaque année, soit au bout de l’apprentissage, 6 maldres.[2]

 

Si le jeune apprenti, Pierre Louvain quitte avant la fin de son apprentissage, toutes les maldres données seront acquises par le sieur Claude d’Arc, alors le jeune Pierre Louvain pourra s’engager avec d’autres maîtres de la ville.

 

Pierre Louvain promet de bien fidèlement apprendre le métier de son maître et de lui obéir en tout.

 

Le présent contrat est fait en présence des témoins Jean Guénard et Jean Jayer et sur l’engagement de leurs biens réciproques.

 

 

[1]La maldre de moitange pèse à Thionville 297 livres de grains mélangés 

[2]Il était assez rare que l’apprentissage soit payé en nature de grains car cela nécessitait d’avoir un grenier pour le stocker. Toutefois, dans le cas des bouchers, nous avons vu que certains d’entre eux avaient des bêtes mises en élevage chez des fermiers pour les faire engraisser (Cran de chastel). Dans notre cas, l’apprentissage est payé en nature de grains, du moitange, soit un mélange de grains hors froment qui servait alors à nourrir les animaux pendant généralement deux ou trois années.  C’est à dire que ce boucher, Claude d’Arc, assurait par l’enseignement du métier à un apprenti, la nourriture de ses bêtes et leur engraissement avant l’abattage.

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Publié le par Michel Persin

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Bonjour, En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour...

Publié le par Michel Persin

Bonjour,

En ces temps de commémoration du centenaire de la grande guerre, un article sur le sujet pour mettre en exergue les particularités de l'Alsace Moselle

et quelques nouveautés (plans) de 1755 sur l'église Saint-Maximin.

Bonne lecture à tous

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Publié le par Michel Persin

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et quelques nouveautés (plans) de 1755 sur l'église Saint-Maximin.

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Guerre de 1914 - 1918 – Et juste un peu après à Terville

Publié le par Persin Michel

En 1914, nos villages étaient à l’heure prussienne depuis déjà plus de 40 ans. Les habitants en avaient la nationalité, la langue allemande était obligatoire, l’utilisation du français était punie. Les jeunes gens étaient enrôlés dans l’armée allemande puisqu’ils étaient allemands, toutefois la conscription et l’assimilation s’étant souvent mal passée, l’armée allemande, méfiante, incorporait de préférence les jeunes alsaciens et mosellans [1]dans des régiments situés en plein cœur de l’Allemagne puis la formation assurée, ils partaient pratiquement tous pour le front de l’est ou oriental, où malheureusement, ils tombèrent très nombreux  [2]`

 

Les premiers combats de cette grande guerre eurent lieu vers Pont à Mousson, vers Mercy-le Haut [3]et dans ces villages du plateau lorrain, assez éloignés de Thionville et des villages environnants pour que la population n’eut pas à en souffrir exagérément. L’avancée rapide des armées allemandes, malgré la résistance héroïque des troupes françaises, éloignèrent le front de l’est vers la Meuse et la Marne où la guerre s’enterra, se fixa pour quelques années.

 

L’inquiétude des familles se polarisa sur leurs enfants partis se battre avec les troupes allemandes en orient ou sur le front Est. N’oublions pas que 250000 jeunes mosellans et alsaciens furent engagés dans cette guerre du côté allemand, un peu plus de 50000 y perdirent la vie.

 

Thionville est une base arrière de l’armée allemande, une base logistique et sanitaire où l’on fait transiter et où l’on stocke le matériel, l’armement, les munitions et où l’on soigne les blessés. La population. est passée de 7255 habitants en 1871 à plus de 12000 en 1914. Le rationnement est en place depuis 1915 et en 1916 suite à la bataille de Verdun la ville passe sous autorité militaire. 

 

[1]Soit les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle cédés à l’Allemagne en 1871 par le traité de Francfort

[2]Voir « Soldats et monuments » pour Veymerange et Elange de Michel Persin – 2011 – Repro 2000 Yutz.

[3]En Meurthe et Moselle

Ce n’est qu’en 1917 et 1918 que les aviations alliées, encore bien jeunes techniquement et tactiquement bombardèrent les gares, usines et les entreprises industrielles de notre région.[1](Ci-dessous un Bréguet 14 bombardier équipant l’armée française)

 

 

 

En 1918, l’armée allemande, quoiqu’encore combative était fatiguée. Les armées alliées avec l’apport décisif des troupes américaines percent le front en plusieurs endroits reprenant une guerre de mouvements que l’armée allemande a du mal à contenir. A Kiel, les marins de la Kiegsmarine, se révoltent et créent des conseils de soldats et d’ouvriers rapidement suivis par une grande partie de la population allemande [1]. La révolution qui commence en Allemagne désorganise l’armée et l’administration civile. Le kaiser abdique le 9 novembre 1918 pour se réfugier en Hollande. 

 

[1]Révolution qui aboutira à la faible République de Weimar

Toute la belle organisation allemande tant vantée s’écroule, les officiers n’osent plus sortir en uniforme sous peine d’être rudoyés et dégradés par ceux-là même qu’ils commandaient encore hier, les civils se mêlent aux soldats. [1]

 

Après la signature de l’armistice, les troupes allemandes qui étaient encore au combat en Meuse reçoivent l’ordre de se replier sur la Sarre.

 

Les troupes françaises entrent dans Thionville le 22 novembre 1918.

 

Déferle alors la joie de la victoire. On fête les poilus et leurs alliés, on pleure et glorifie le sacrifice héroïque des morts et des blessés. On fait de beaux discours et on congratule les prisonniers de guerre qui rentrent de captivité.

 

Lentement, trop au goût des soldats, on démobilise les troupes, les renvoyant à leur vie civile qu’ils auront souvent du mal à réintégrer.

 

Bien entendu l’armée allemande fait de même et démobilise les soldats alsaciens et mosellans, qui pour leur malheur ont combattu à leur côté [2]. Ceux-là vont rentrer dans leurs foyers, faisant profil bas, l’amertume au cœur, regardés avec animosité et soupçon. 

 

Les civils allemands installés depuis des années, voir des dizaines d’années, subirent des vexations, des arrestations et au final beaucoup furent renvoyés en Allemagne avec 30 kg de bagages et un maigre pécule. 

 

Les biens allemands, maisons, usines, ateliers et commerces furent rachetés par des français, souvent à bas prix générant quelques fortunes inespérées. 

 

Après la liesse de la victoire, il fallut réorganiser la région et la chose ne fut pas simple. L’après-guerre fut morose pour bien des familles de notre région, certaines familles dont les enfants s’étaient mariés à des allemands furent divisées. Les postes les plus en vue dans l’administration ou dans le secteur privé échappèrent souvent aux Mosellans, toujours un peu suspects.

 

Et puis la culture germanique qu’ils avaient acquise depuis tant d’années fut difficile à remplacer par la culture française et on estime aujourd’hui que cela leur prit au moins deux générations.[3]

 

Ces précisons sont apportées pour bien montrer que rien en fut aussi facile qu’on pourrait le croire. La victoire n’est pas l’alpha et l’oméga de cette funeste « der des ders ». Même si les populations de Thionville et des villages alentours avaient assez peu soufferts des destructions matérielles inhérentes aux conflits armés, elles eurent également leurs lots de misères et de peines, souvent bien plus difficiles à surpasser qu’un dégât matériel.

 

Revenons donc à nos villages, ici Terville, pour me pas toujours se référer à la ville voisine.

 

 

[1]Thionville connaitraun comité de soldats et d’ouvriers conduit par un matelot et plusieurs officiers allemands seront pris sévèrement à parti en ville.

[2]Contre leur gré d’où leur nom de « malgré-nous » que leur a attribué Maurice Barrès

[3]En décembre 1918, on interdit aux Mosellans et Alsaciens de parler allemand en public après 22h, alors que pour beaucoup leur langue maternelle en était proche.

Terville eut à subir quelques désagréments de cette guerre comme le prouvent les 27 demandes de « Dommages de guerre » faites par les habitants. Pour 24 familles, ces dommages ne concernaient que des dégâts dans leurs champs (récoltes de pommes de terre volées par la troupe, foin et récolte de blé ou d’avoine de même). D’autres eurent des dégâts causés par la construction d’abris bétonnés [1]ou la pose de fil de fer barbelé. 

 

Effectivement, les allemands [2]avaient construit en 1915 sur le territoire de la commune de nombreux abris et casemates bétonnés :

 

20 abris de première ligne dans le bois de Terville et dans les prés sous ce bois

5 casemates dite de casernement dans le bois lui-même.

(Ces abris et casemates sont toujours visibles.)

 

21 abris de première ligne le long du ruisseau de Veymerange, cité des peupliers et de Verdun, abris aujourd’hui disparus.

 

Seules, trois familles eurent des dégâts plus importants :

 

La famille du meunier Auguste Gauvillé dont le moulin aura des tuiles et des chenaux abîmés par des éclats de bombes et quelques dégâts dans ses prés à cause de tranchées creusées là. 

 

[1]Concernant les abris bétonnés vous pouvez vous reporter au livre d’Eric Pierret « La grande ceinture fortfiée de Thionville 1914-1916 » paru en 2009 au Presses du Tilleul.

[2]Par les 2èmeet 11èmecompagnie du Lothringisches Infanterie-Régiment N°15

Le moulin "Rouge"

 

Ce moulin appelé aussi « Moulin Rouge » ou « Moulin de Daspich » était très ancien. Situé au confluent de la Fensch et du ruisseau de Veymerange, il fut une des pièces importantes du champ de bataille lors de la défaite française à la suite du siège de Thionville en 1639. Il a brûlé en 1932 et ne fut pas reconstruit.

 

La famille de Pierre Hirtzberger et Marie Orny son épouse, aubergistes au 98, rue de Verdun, eurent quelques dégâts (tuiles et chenaux) à leur maison et à leur commerce à cause de bombes d’avions lors du bombardement de la gare de Thionville.

 

La gare de Thionville et les installations industrielles furent bombardées une vingtaine de fois en 1918, en février, mars, en mai, en juin et en juillet par des escadrilles françaises et anglaises. La ville de Thionville ne fut pas épargnée, victime de l’imprécision des bombardements. Une quarantaine de personnes y laissèrent la vie.

 

Les dégâts les plus importants eurent lieu chez Charles Maire, cultivateur, qui verra le 2 décembre 1918 à 10h30 sa grange et une partie de sa maison détruites par un incendie qui fut imputé à une négligence des troupes américaines [1]qui étaient parties vers Thionville le matin même à 9h en laissant une bougie allumée dans la grange où elles avaient passé la nuit.

 

[1]C’était le 58èmerégiment d’infanterie américain qui avait cantonné à Terville.

La ferme en 2010
En 2018

 

Ces familles avaient demandé ces dommages de guerre dès 1920 et toutes furent indemnisées dans les années suivantes jusqu’en 1925 [1].

 

Le 6 décembre 1918 soit moins d’un mois après l’armistice du 11 novembre, le conseil municipal de Terville est reconstitué comme suit :

 

Membres de l’ancien conseil : (durant l’annexion)

Archen Jean, cultivateur

Maire Henri, boulanger et épicier

Clément Louis, couvreur

Léonard François, cultivateur

Klaine François, menuisier

Schweitzer Nicolas, cultivateur

Maire Charles, cultivateur

Kehr Jean, maréchal-ferrant

 

Nouveaux membres :

Picard Ernest, agent des postes

Clément Victor, propriétaire

Holstaine Joseph, jardinier

Hym Louis, menuisier

Filstroff Nicolas, ancien cultivateur nommé d’office car vétéran de la guerre de 1870 [2]

Le conseil ainsi reconstitué nommera comme maire :  Jean Archen 

Comme adjoint, Henri Maire

 

Concernant ces nominations d’office de vétérans de la guerre de 1870 qui eurent lieu dans plusieurs villages, il faut bien comprendre que souvent les parents, plus souvent les grands parents des soldats enrôlés dans l’armée allemande en 1914 avaient été eux-mêmes soldats dans l’armée française en 1870 lors de la guerre franco-prussienne. 

 

Guerre éclair, cruelle, que l’on avait perdue par incurie et impréparation et on le disait alors par désertion des généraux. L’abandon à l’Allemagne de l ‘Alsace et de la Moselle ne fut pas compris et encore moins l’acharnement des politiques et d’une grande partie des français à ne pas vouloir reconquérir ces provinces perdues, seuls quelques personnalités françaises militèrent pour la « revanche », elles furent traitées de militaristes, de « va en guerre » et autres noms d’oiseaux puis on oublia l’Alsace et la Moselle à leur triste sort.

 

[1]A Beauregard, les vitraux de l’église furent détruits par les détonations des bombes d’avion. A Thionville la synagogue à aussi souffert et l’église de Guentrange de même.

[2]A Veymerange, le vétéran de 1870 nommé au conseil municipal fut Gabriel Weber.

Alors à l’occasion de cette belle victoire de 1918, du retour au sein de la mère patrie des provinces perdues, on remit à l’honneur, provisoirement, les quelques patriotes survivants de cette vieille guerre de 1870 à la rancune tenace. Les honneurs, même insignifiants, ont très souvent le don de faire oublier les pires avanies.

 

Dans les années ayant suivi la grande guerre, la mairie de Terville va octroyer plusieurs dons en lien avec cette guerre.

 

Le 20 août 1919, la commune va voter une aide de 100 F pour la visite à Thionville du président de la République le 23 août 1919.

Le 21 août 1920, elle votera un don de 300 F pour la reconstruction de la commune d’Audun-le-Roman durement éprouvée par la guerre.

 

Le 1erfévrier 1926, elle votera un crédit de 30 F au comité des mutilés et réformés de guerre de la Moselle.

 

Le 13 janvier 1927, la commune votera un don de 100 F pour la construction de l’ossuaire de Douaumont.[1]

 

Le 16 janvier 1932, elle votera un don de 50 F pour les monuments aux morts sur l’emplacement des villages détruits pendant la grande guerre et qui ne seront jamais reconstruits.

 

Le 23 juin 1932, elle votera un crédit de 25 F pour la souscription du monument élevé à Pacy-sur-Eure à la mémoire d’Aristide Briand. [2]

 

Elle va aussi engager d’autres dépenses liées à son retour à la France, notamment à l’école pour les livres et les cartes, mais aussi pour les pompiers et les fêtes du 14 juillet.

 

Le 23 août 1921, elle va voter un budget de 3300 F pour les nouveaux uniformes des sapeurs-pompiers qui seront fournis par la maison Hannion et Leguil de Thionville.

 

Le 3 août 1924, elle va voter un budget de 1000 F pour les nouveaux casques des sapeurs-pompiers, en espérant obtenir 1000 F des anciens casques encore en bon état et revendus à un antiquaire.

 

En dehors des événements liés de près ou de loin à la première guerre mondiale, la mairie saura toujours se montrer généreuse et solidaire pour aider lors des catastrophes naturelles, ainsi le 14 août 1927, elle votera une somme de 100 F pour les victimes de la colonie de Madagascar ou pour les inondations dans le midi.

Elle ne sera pas en reste pour ses indigents, payant les frais des hospices des petites sœurs des pauvres ou de l’asile d’aliénés de Sarreguemines pour les membres de la communauté. 

 

Elle paiera aussi quelques indemnités à des familles dont les fils étaient partis à la guerre laissant des parents âgés sans la ressource de leurs bras.

 

[1]En 1919, l’ossuaire est une baraque en planche puis en 1923 un trio d’architectes, Léon Azéma, Max Edrei, Jacques Hardy va remporter la soumission pour la construction d’un véritable ossuaire qui sera inauguré le 7 août 1932. Terville fera partit des 122 villes donatrices.

[2]Aristide Briand né le 28 mars 1862 à Nantes et décédé le 7 mars 1932 à Paris. Ses cendres sont au cimetière de Cocherel dans l’Eure depuis le 3 juillet 1932. Il fut 11 fois président du conseil et 20 fois ministre. Il joua un rôle essentiel pendant la première guerre mondiale.

Monuments aux morts de Terville

 

Compléments aux articles sur la construction 

de la nouvelle église Saint-Maximin en 1755

 

Ce blog, média numérique, me permet de compléter ou rectifier certains articles écrits précédemment, en un mot de les faire vivre au gré des recherches ou découvertes.

 

Dans une série de trois articles écrits sur ce blog en 2016 [1], je vous avais fait le récit de la construction de la nouvelle église Saint-Maximin en 1755. 

 

Au cours de mes recherches sur le couvent des clarisses de Thionville, actuel hôtel de ville, j’ai retrouvé les plans de deux projets de construction de la nouvelle église Saint-Maximin, plans qui à l’époque furent écartés [2].

 

Vous les trouverez ci-dessous : (Plans de la BNF ayant appartenu à Antoine René de Voyer marquis de Paulmy

Projet du sieur Loriot architecte du roi

 

Projet du sieur Louis

[1]Mars, avril et mai 2016 sur le blog ou dans le livre « Miscellanées 2016 » paru au 1ertrimestre 2017 et consultable aux archives municipales de Thionville.

[2]Trop simple, trop cher

Ces deux plans ont été réalisés pour faire une étude sur la largeur du rempart à prévoir dans le cadre des deux projets.

 

 

Sources :

 

Pour ceux qui voudraient creuser le retour à la France de Thionville en 1918, je vous conseille de lire l’ouvrage « Thionville le retour à la France 1918-1925 » par Frédéric Gaudinet, Documents Thionvillois N°16 paru en 2008. C’est un ouvrage très complet sur le sujet que vous pouvez sans doute vous procurer aux archives municipales.

 

Sur les abris et casemates construites par les troupes allemandes vous trouverez votre bonheur dans l’ouvrage d’Eric Pierret « La grande ceinture fortifiée de Thionville 1914-1916 paru aux Presse du Tilleul en 2009.

 

Sur les monuments aux morts et les soldats de certains villages autour de Thionville, vous pourrez trouver des informations dans l’ouvrage de Michel Persin « Patrimoine -Soldats -Monuments - Croix et bildstocks » paru en 2015. (Voir au musée de la Tour aux Puces à Thionville)

 

Concernant Terville voir l'ouvrage de Michel Persin paru en 2013 "Terville, histoires retrouvées" Repro2000 Yutz

 

RECHERCHES

Guerre de 1914 - 1918 – Et juste un peu après à Terville

Ce blog contient à ce jour 220 articles sur des sujets divers.

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Bonjour une belle exposition à voir à la Tours aux Puces à Thionville à compter de ce jour. www.his...

Publié le par Michel Persin

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